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CHRONIQUE : Quand un F-16 gonflable piège les drones russes Starlink et ridiculise la machine de guerre du Kremlin
Crédit: Adobe Stock

Anatomie d’un drone kamikaze connecté par satellite

Le BM-35, également connu sous le nom d’Italmas, représente une nouvelle génération de munitions rôdeuses russes qui redéfinit les paramètres de la guerre aérienne moderne. Ce drone à l’aile delta est propulsé par un moteur à essence deux temps avec une hélice propulsive située à l’avant du fuselage. Sa conception est paradoxalement rudimentaire : un fuselage en contreplaqué et une bouteille en plastique servant de réservoir de carburant. Pourtant, cette simplicité apparente cache une efficacité redoutable. Le BM-35 transporte une charge explosive estimée entre 40 et 50 kilogrammes, peut parcourir plus de 200 kilomètres et dispose de capacités de rôdage prolongées lui permettant de surveiller une zone avant de frapper. Son coût unitaire est estimé à environ 50 000 dollars, ce qui en fait un outil relativement accessible dans l’arsenal russe.

L’élément transformateur du BM-35 réside dans son intégration récente de la technologie Starlink de SpaceX. Avant cette modification, la portée opérationnelle du drone était limitée par les antennes terrestres ou les relais radio, le rendant vulnérable aux systèmes de guerre électronique ukrainiens. Avec Starlink, l’opérateur peut désormais ajuster le vol et sélectionner une cible en temps réel, quelle que soit la distance. La connectivité satellitaire permet aux systèmes sans pilote de maintenir le contrôle et la transmission de données même en présence d’une guerre électronique active, là où les canaux radio conventionnels sont supprimés. Selon l’Institute for the Study of War, basé aux États-Unis, la portée rapportée de 500 kilomètres des drones BM-35 équipés de Starlink met dans leur rayon d’action la majeure partie de l’Ukraine, toute la Moldavie, et des portions de la Pologne, de la Roumanie et de la Lituanie.

L’inquiétante prolifération des composants étrangers

L’analyse technique du BM-35 révèle un paradoxe troublant de la guerre moderne. Ce drone russe contient au moins 41 composants étrangers, provenant notamment de Suisse, des États-Unis et de Taïwan, la majorité étant d’origine chinoise. Son moteur peut être acheté librement dans le commerce, et l’assemblage du drone est si simple qu’il pourrait théoriquement être réalisé dans n’importe quel club d’aéromodélisme. Cette réalité soulève des questions fondamentales sur l’efficacité des sanctions internationales et sur la capacité de la Russie à contourner les restrictions imposées sur les exportations de technologies sensibles. Le fait que des composants occidentaux se retrouvent dans des armes utilisées contre l’Ukraine — un pays que l’Occident soutient officiellement — constitue une ironie particulièrement amère.

La question de Starlink ajoute une couche supplémentaire de complexité géopolitique. L’Ukraine a recueilli des preuves de centaines d’attaques par des drones russes équipés de terminaux Starlink, selon Serhii Beskrestnov, expert en technologies militaires et conseiller du ministère ukrainien de la Défense. Celui-ci a qualifié ces frappes d’attaques visant non des objectifs militaires, mais des villes arrière pacifiques et des villes de première ligne, y compris des immeubles résidentiels, parlant de terrorisme utilisant des technologies de communication pacifiques modernes. Le ministre ukrainien de la Défense, Mykhailo Fedorov, a indiqué le 29 janvier 2026 que Kyiv était en contact avec SpaceX d’Elon Musk concernant ces allégations, remerciant la présidente de SpaceX, Gwynne Shotwell, et Musk personnellement pour leur réponse rapide.

Je dois confesser mon malaise profond face à cette situation surréaliste. Starlink, la technologie qui a littéralement sauvé les communications ukrainiennes au début de l’invasion en février 2022, se retrouve désormais montée sur des drones russes qui bombardent des villes ukrainiennes. J’observe Elon Musk qualifier le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski d’« imbécile baveur » lorsque celui-ci soulève la question, sans jamais répondre sur le fond. Je trouve cette posture intellectuellement malhonnête et moralement inacceptable. La technologie civile utilisée comme vecteur de destruction militaire pose des questions éthiques auxquelles je crois que notre époque refuse de faire face avec la gravité qu’elles méritent.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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