Le président ukrainien a été catégorique dans son discours à la Réserve nationale historique et mémorielle de Babi Yar : « Si nous ne nous rassemblons pas, si nous ne nous souvenons pas des victimes — avant tout les victimes du peuple juif pendant l’Holocauste, pendant Babi Yar, où plus de 100 000 personnes ont été tuées et torturées — et des millions de personnes à travers le monde, le fascisme a une chance de renaître et de faire la guerre à l’humanité. »
Cette mise en garde n’est pas rhétorique. Elle s’ancre dans une réalité que Zelensky connaît intimement. Son grand-père, Semyon Ivanovitch Zelensky, fut le seul survivant de sa famille. Diplômé d’une académie militaire, il s’engagea dans l’infanterie dès le début de la guerre et combattit jusqu’à la victoire finale. « Sa poitrine était couverte de médailles », raconte le président. Mais derrière cette bravoure se cache une tragédie familiale sans fond.
Les trois frères de son grand-père furent exécutés par les nazis. Ses parents — les arrière-grands-parents du président actuel — périrent dans un incendie criminel : les occupants allemands mirent le feu à leur village entier. Le père, chef du village, fut abattu. Certains furent tués sur le coup, d’autres enterrés vivants dans des fosses communes. « Il n’avait plus personne », confie Zelensky à propos de son aïeul revenu de la guerre.
La grand-mère de Zelensky échappa à l’extermination en fuyant vers le Kazakhstan lors de l’évacuation des Juifs vers Almaty. Elle revint après la guerre dans une Ukraine où presque tous ceux qu’elle avait connus avaient disparu. C’est là, à Kryvyi Rih, que naquit celui qui deviendrait le premier président juif d’Ukraine — et qui se retrouve aujourd’hui à défendre son pays contre une nouvelle forme d’agression.
Le parallèle historique qui dérange
Zelensky n’a pas hésité à tracer une ligne directe entre l’histoire et le présent : « Tout comme le monde s’est uni pour vaincre les nazis en 1945, il doit agir de la même manière maintenant. » Cette comparaison, certains la jugeront excessive. D’autres y verront une vérité inconfortable que l’Occident préfère ignorer.
Car les chiffres de la guerre en cours donnent le vertige. Selon un rapport du Center for Strategic and International Studies publié le 28 janvier 2026, la Russie a subi environ 1,2 million de pertes militaires depuis février 2022, dont jusqu’à 325 000 morts — le plus grand nombre de décès enregistrés pour une grande puissance dans un conflit depuis la Seconde Guerre mondiale. L’Ukraine, avec sa population et son armée plus réduites, compte entre 500 000 et 600 000 pertes militaires, incluant jusqu’à 140 000 décès.
Les pertes civiles ukrainiennes pour la seule année 2025 s’élèvent à au moins 2 514 tués et 12 142 blessés — une augmentation de 31% par rapport à 2024 et de 70% par rapport à 2023, selon les Nations Unies. Le nombre total de victimes combinées pourrait atteindre les deux millions d’ici le printemps 2026, soit moins d’un mois avant le quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle.
Ces statistiques, aussi glaçantes soient-elles, ne représentent que des nombres. Derrière chaque chiffre se cache un être humain, une famille détruite, un avenir anéanti. Exactement comme à Babi Yar, où les 33 771 noms inscrits dans les registres nazis ne racontent qu’une infime partie de la tragédie humaine.
Babi Yar : anatomie d'un massacre programmé
Pour comprendre la portée du message de Zelensky, il faut revenir sur ce qui s’est passé dans ce ravin de Kyiv. Le 19 septembre 1941, les forces allemandes entraient dans la capitale ukrainienne. Cinq jours plus tard, des explosions provoquées par des mines soviétiques dévastaient le centre-ville. Les nazis trouvèrent là le prétexte qu’ils cherchaient pour déclencher l’extermination systématique des Juifs de Kyiv.
À partir du 26 septembre, des affiches furent placardées en russe, allemand et ukrainien : tous les Juifs devaient se rassembler le 29 septembre à Babi Yar avec leurs documents, leur argent et leurs vêtements chauds. Beaucoup crurent à une réinstallation. La réalité fut tout autre. Le Sonderkommando 4a, sous les ordres du SS-Standartenführer Paul Blobel, une unité spéciale de l’Einsatzgruppe C, exécuta méthodiquement les victimes par petits groupes, soutenu par des forces de police auxiliaires.
En deux jours, 33 771 personnes furent abattues — le plus grand massacre unique de l’histoire de l’Holocauste à cette date. Ce chiffre précis provient des rapports envoyés au quartier général des Einsatzgruppen à Berlin. Les victimes étaient principalement des femmes, des enfants, des personnes âgées et des personnes handicapées — tous ceux qui n’avaient pas fui avec l’Armée rouge.
L’horreur ne s’arrêta pas là. Pendant deux ans, jusqu’à la reprise de Kyiv par les Soviétiques en 1943, Babi Yar resta un lieu d’exécution. Juifs, Roms, prisonniers de guerre soviétiques, résistants, patients psychiatriques : tous y trouvèrent la mort. Les estimations soviétiques d’après-guerre parlent de plus de 100 000 victimes au total, mais le chiffre exact ne sera probablement jamais connu.
Les survivants de l'impossible
Parmi les rares survivants — au moins 29 sont connus —, le témoignage de Dina Pronicheva reste gravé dans la mémoire collective. Cette actrice du Théâtre de marionnettes de Kyiv fut forcée de marcher vers le ravin, de se déshabiller. Elle sauta avant d’être touchée, tomba sur un amas de cadavres et fit la morte. Quand les SS recouvrirent la fosse de terre, elle parvint à s’extraire du sol et à s’échapper. Son témoignage au procès de Nuremberg contribua à documenter l’impensable.
L’histoire de Babi Yar fut longtemps occultée par les autorités soviétiques. Le monument érigé initialement minimisait la tragédie juive, faisant référence aux victimes sans mentionner qu’environ un tiers d’entre elles étaient des Juifs massacrés fin septembre 1941. Ce n’est qu’après l’effondrement de l’Union soviétique que le nouveau gouvernement ukrainien a reconnu la nature spécifiquement juive du site.
Le 6 octobre 2021, les présidents de l’Ukraine, d’Israël et d’Allemagne ont inauguré un centre commémoratif pour les victimes sur le site du massacre. En septembre 2025, une cérémonie a permis d’ajouter 1 031 nouveaux noms à la base de données des victimes, grâce aux archives ukrainiennes ouvertes après l’invasion russe de 2022, portant le total documenté à 33 771. Ces noms furent lus un par un, arrachés à l’oubli quatre-vingts ans après leur mort.
L'Ukraine, cimetière oublié de la Shoah
Zelensky l’a souvent rappelé : environ un quart de tous les Juifs assassinés pendant l’Holocauste venaient d’Ukraine. Ce fait, largement méconnu hors des cercles académiques, place son pays au coeur de la géographie de l’extermination. Avant la guerre, l’Ukraine comptait l’une des plus importantes communautés juives d’Europe. Après, il ne restait presque plus rien.
Cette réalité historique confère une légitimité particulière aux paroles du président ukrainien. Quand il invoque l’Holocauste pour parler de la guerre actuelle, il ne récupère pas une tragédie étrangère. Il parle de son histoire, de sa terre, de sa famille. Le ravin de Babi Yar n’est pas un symbole abstrait pour lui : c’est le lieu où des gens comme ses arrière-grands-parents furent exterminés.
Cette dimension personnelle transparaît dans ses discours. Quelques jours avant son investiture en 2019, Zelensky s’est rendu sur la tombe de son grand-père pour y déposer des fleurs. Ce geste, loin des caméras, témoigne d’une connexion intime avec cette histoire qui façonne son identité et, aujourd’hui, sa présidence.
Les voix qui s'éteignent
À Auschwitz, le 27 janvier 2026, vingt-et-un survivants du camp d’extermination se sont rassemblés pour la commémoration du 81e anniversaire de la libération. Leur présence physique devient de plus en plus rare. En Israël, on dénombre encore 111 000 survivants de l’Holocauste avec une moyenne d’âge de 87 ans, dont 417 centenaires.
Bernard Offen, survivant de cinq camps dont Auschwitz, a pris la parole lors de la cérémonie. À presque 97 ans, ses mots portaient le poids d’une vie entière marquée par l’indicible : « Je vois la haine resurgir. Je vois la violence commencer à être justifiée à nouveau. Je dis cela parce que je suis un vieil homme qui a vu où mène l’indifférence. Et je dis cela parce que je crois — je crois vraiment — que nous pouvons choisir différemment. »
Offen a raconté le moment sur la rampe d’Auschwitz où il fut séparé de son père : « Mon père fut envoyé à gauche, vers la mort, et moi à droite. Je me souviens de ce moment — notre contact visuel et le sentiment que nous nous voyions pour la dernière fois. Il fut envoyé à la mort et on me donna une chance de vivre. Ensuite, ils tatouèrent un numéro sur mon avant-bras et je fus transféré dans un camp de transit. Là, quand j’ai demandé ce qui était arrivé à mon père, mes compagnons prisonniers m’ont répondu qu’il avait été transformé en fumée. »
Ces témoignages, filmés et préservés, constituent désormais l’essentiel de ce qui reste de la mémoire vivante. Le directeur du Musée d’Auschwitz, le Dr Piotr M. A. Cywiński, l’a souligné : les commémorations futures devront de plus en plus s’appuyer sur les paroles des survivants enregistrées dans le passé. Pour cette raison, la décision fut prise de s’abstenir de tout discours politique lors de la cérémonie du 81e anniversaire. Seules les voix des victimes et des survivants devaient être entendues.
Le passage du témoin
La cérémonie d’Auschwitz a également présenté un film comprenant de courtes réflexions de survivants sur la signification de la mémoire dans le monde contemporain. Parmi eux : Irene Weiss, Eva Szepesi, Lidia Maksymowicz, Janina Iwańska, Eva Umlauf, Barbara Wojnarowska-Gautier, Zdzisława Włodarczyk, Leon Weintraub, Bogdan Bartnikowski et Marian Turski. Ces noms représentent les derniers témoins directs d’une époque que l’humanité avait juré de ne jamais répéter.
Yossi Matias, s’exprimant au nom des donateurs à la Fondation Auschwitz-Birkenau, a évoqué la transition de la mémoire vivante à la mémoire historique : « Nous approchons d’un seuil critique. » Ce seuil, c’est le moment où il n’y aura plus personne pour dire « j’y étais ». Ce moment où l’Holocauste basculera définitivement du témoignage à l’histoire, avec tous les risques de relativisation que cela comporte.
Le thème choisi pour la commémoration de 2026 — « Bridging Generations », relier les générations — reflète cette préoccupation. La responsabilité du témoignage passe désormais aux deuxième et troisième générations, qui deviennent les nouveaux gardiens de cette mémoire. Mais peuvent-ils transmettre ce qu’ils n’ont pas vécu avec la même force que ceux qui l’ont enduré dans leur chair ?
L'unité comme seule réponse
Le message de Zelensky à Babi Yar s’inscrit dans une longue tradition d’appels à la conscience universelle. Mais il y ajoute une dimension d’urgence que seule une nation en guerre peut comprendre pleinement. « C’est une leçon claire de l’histoire : quand la haine contre un peuple n’est pas arrêtée, les autres ne doivent pas rester indifférents ou se tenir à l’écart. L’agression et le mépris de la vie des personnes et des nations entières ne doivent jamais prévaloir, et la protection de la vie doit être la responsabilité non seulement des courageux, mais de toute l’humanité. »
Ces paroles résonnent différemment selon l’endroit où l’on se trouve. Pour les Ukrainiens qui subissent quotidiennement les bombardements russes — deux morts à Kyiv le 28 janvier dans une frappe sur un immeuble résidentiel, neuf blessés à Odessa, Kryvyi Rih et Zaporijjia —, l’appel à l’unité internationale n’est pas une abstraction. C’est une question de survie.
Dans la nuit du 27 au 28 janvier, l’armée de l’air ukrainienne a rapporté que la Russie avait attaqué avec un missile balistique et 146 drones, dont 103 furent abattus ou détruits par la guerre électronique. Cette réalité quotidienne forme la toile de fond sur laquelle les mots de Zelensky prennent tout leur sens.
L'effondrement des infrastructures
La capacité électrique de l’Ukraine est passée de 33,7 GW au début de l’invasion à environ 14 GW en janvier 2026, selon The Economist. Les habitants de Kyiv subissent jusqu’à seize heures de coupures d’électricité par jour. L’Institut pour l’étude de la guerre estimait en décembre 2025 que la campagne de frappes russes était proche de diviser le réseau électrique ukrainien entre l’est et l’ouest, les régions orientales étant « au bord du black-out ».
Cette destruction méthodique des infrastructures civiles en plein hiver constitue, selon de nombreux observateurs, une forme de guerre contre la population elle-même. Les forces russes avancent à un rythme moyen de 15 à 70 mètres par jour dans leurs offensives les plus intenses — plus lent que presque toute campagne offensive majeure du siècle dernier — mais la guerre d’usure continue de faire des ravages.
Pour les Occidentaux confortablement installés loin des combats, le discours de Zelensky constitue un rappel inconfortable de leurs responsabilités. Pendant ce temps, les négociations de paix piétinent et l’attention mondiale se disperse vers d’autres crises.
Le fascisme ne meurt jamais vraiment
L’avertissement de Zelensky concernant la possible renaissance du fascisme n’est pas une hyperbole. L’histoire enseigne que les idéologies de haine ne disparaissent pas : elles se transforment, s’adaptent, trouvent de nouveaux visages et de nouveaux prétextes. Les survivants de l’Holocauste le savent mieux que quiconque.
Le président polonais Karol Nawrocki s’est joint aux survivants à Auschwitz pour une cérémonie de recueillement qui s’est achevée par des prières récitées par des membres du clergé juif et chrétien. Les forces allemandes nazies ont tué environ 1,1 million de personnes à Auschwitz, principalement des Juifs, mais aussi des Polonais, des Roms et d’autres. Le camp fut libéré par l’armée soviétique — le premier Front ukrainien — le 27 janvier 1945.
À Berlin, des bougies brûlaient au Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe, ce champ de 2 700 stèles de béton gris qui incarne le remords allemand. Ce monument, symbole puissant de la reconnaissance des crimes du passé, rappelle que la mémoire exige un engagement actif, pas simplement des rituels annuels.
Ukraine 2026 : les échos troublants de 1941
Les parallèles entre l’Ukraine de 1941 et celle de 2026 sont troublants, même s’ils ne sont pas parfaits. Dans les deux cas, un envahisseur cherche à détruire non seulement un État, mais une identité nationale. Dans les deux cas, des civils meurent par milliers simplement parce qu’ils existent. Dans les deux cas, le monde observe, hésite, temporise.
Les forces russes ont gagné en moyenne 171 kilomètres carrés par mois en 2025. Sur les quatre dernières semaines (mi-décembre 2025 à mi-janvier 2026), ce chiffre est tombé à 79 kilomètres carrés, une diminution par rapport aux 215 kilomètres carrés de la période précédente. Mais cette guerre d’attrition, si elle se poursuit, pourrait effectivement approcher les deux millions de victimes combinées.
Ce que Zelensky demande au monde, ce n’est pas de comparer l’Ukraine à l’Holocauste. C’est de tirer les leçons de l’Holocauste pour agir maintenant. La différence est cruciale. L’Holocauste fut possible parce que le monde a tardé à réagir, a préféré l’apaisement à la confrontation, a fermé les yeux sur les signes avant-coureurs. L’Ukraine d’aujourd’hui offre au monde l’occasion de ne pas répéter ces erreurs.
La responsabilité des nations
Zelensky a remercié les diplomates présents à Babi Yar et leurs pays pour leur soutien à l’Ukraine, notant que « l’Ukraine emprunte un chemin très difficile, mais un chemin qui mène certainement vers la justice. » Cette phrase contient à la fois une gratitude et une exigence. Le soutien existe, mais est-il suffisant ? Le chemin vers la justice sera-t-il assez court pour sauver ceux qui peuvent encore l’être ?
La commémoration de l’Holocauste nous rappelle que la justice arrive parfois trop tard. Les procès de Nuremberg ont condamné les bourreaux, mais n’ont pas ressuscité les victimes. Les monuments commémoratifs honorent les morts, mais ne consolent pas les survivants. La mémoire, aussi précieuse soit-elle, ne répare pas l’irréparable.
C’est pourquoi l’appel de Zelensky à l’unité n’est pas tourné vers le passé, mais vers l’avenir. Honorer la mémoire des victimes de l’Holocauste, ce n’est pas seulement se souvenir. C’est agir pour que de telles horreurs ne se reproduisent pas. C’est reconnaître que l’indifférence tue aussi sûrement que les balles.
Le devoir de mémoire comme devoir d'action
Zelensky a appelé les participants à « honorer la mémoire de tous — absolument tous — les victimes : adultes, personnes âgées, enfants — tous ceux qui ont été torturés par le régime fasciste. » Ces cérémonies, dispersées à travers le monde, convergent vers un même message : ne jamais oublier.
Mais le souvenir seul ne suffit pas. Il doit se transformer en vigilance active, en engagement concret, en refus de l’indifférence. Comme l’a dit Bernard Offen : « Nous pouvons choisir différemment. »
Le choix qui se présente aujourd’hui au monde est celui que Zelensky a posé clairement : soit l’unité qui sauve des vies, soit l’indifférence qui permet à la haine de triompher. Il n’y a pas de troisième voie. Il n’y a pas de neutralité possible face à l’agression. Ceux qui se tiennent à l’écart choisissent, par leur inaction, le camp des agresseurs.
Le premier président juif d'Ukraine face à l'histoire
Il y a quelque chose de vertigineux dans le fait que l’Ukraine, ce pays où s’est déroulé le massacre de Babi Yar, soit aujourd’hui dirigée par un président juif. Avec Volodymyr Groysman comme Premier ministre avant lui, l’Ukraine est devenue le premier pays autre qu’Israël à avoir simultanément un chef d’État et un chef de gouvernement juifs.
Zelensky décrit sa famille comme « une famille juive soviétique ordinaire ». La pratique religieuse étant largement interdite en URSS, sa famille n’était pas particulièrement observante, mais l’identité juive était présente, transmise malgré les contraintes du système. Cette identité, aujourd’hui, s’exprime dans son engagement pour la mémoire de l’Holocauste — un engagement qui n’est pas que cérémoniel.
L’ironie tragique de l’histoire veut que ce soit précisément cet homme, porteur de cette mémoire, qui doive aujourd’hui supplier le monde de ne pas détourner le regard pendant que son peuple est attaqué. L’ironie veut aussi que la Russie, dont l’Armée rouge — spécifiquement le premier Front ukrainien — a libéré Auschwitz, soit aujourd’hui celle qui bombarde les civils ukrainiens.
Conclusion : les vivants face aux morts
Dans le ravin de Babi Yar, les morts parlent encore à travers les vivants. Leurs voix, portées par les témoignages des survivants, par les archives récemment ouvertes, par les noms lus lors des cérémonies, continuent d’interpeller l’humanité. Elles posent une question simple : avez-vous appris ?
Volodymyr Zelensky, descendant de victimes et de survivants, héritier d’une histoire marquée par l’extermination, se fait le porte-voix de ces morts. Son message, prononcé en temps de guerre, acquiert une force particulière. Ce n’est pas un historien qui parle, ni un politicien en quête de symboles. C’est un homme dont le pays saigne, dont le peuple meurt, qui rappelle au monde ce qui arrive quand la haine n’est pas arrêtée.
La Journée internationale de commémoration de l’Holocauste, instaurée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2005, existe pour que l’humanité n’oublie jamais. Mais la mémoire sans action n’est qu’un rituel vide. Les survivants qui s’éteignent un à un nous ont transmis leur témoignage. À nous de décider ce que nous en faisons. À nous de choisir si leurs souffrances auront servi à quelque chose ou si elles se perdront dans l’indifférence des générations futures.
« Quand la haine et la guerre menacent les nations, l’unité qui sauve des vies est nécessaire. » Ces mots de Zelensky ne sont pas une opinion. Ils sont une leçon d’histoire, écrite dans le sang de millions de victimes. Une leçon que le monde, quatre-vingt-un ans après la libération d’Auschwitz, semble avoir besoin de réapprendre.
Signé Maxime Marquette
Sources
ArmyInform – « When Hatred and War Threaten Nations, Unity Is Needed » — President on the Holocaust
GlobalSecurity – If We Do Not Remember the Victims of the Holocaust, Fascism Has a Chance to Be Reborn
Ukrinform – Zelensky honors memory of Holocaust victims in Babyn Yar
PBS News – World pauses to commemorate International Holocaust Remembrance Day
Auschwitz Memorial – 81st Anniversary of Liberation
US Holocaust Memorial Museum – Mass Shootings at Babyn Yar
Holocaust Memorial Day Trust – The Babi Yar massacre
The Washington Post – Ukraine’s Jewish president lost family in the Holocaust
The Times of Israel – Zelensky gives new details about his family’s Holocaust history
Jewish Insider – Volodymyr Zelensky recalls his Jewish heritage
The Washington Post – Combined war casualties could hit 2 million
Defense News – Casualties in Ukraine war could hit 2 million
Russia Matters – Russia-Ukraine War Report Card January 2026
UN News – Ukraine: Massive overnight attack leaves millions in the dark
Vatican News – 81 years since the liberation of Auschwitz
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.