Trump n’a jamais été homme à masquer ses intentions derrière le vernis de la diplomatie. Dans les heures suivant la capture de Maduro, il a inventé un nouveau terme pour décrire sa politique étrangère : la « Doctrine Donroe », un jeu de mots narcissique sur la Doctrine Monroe de 1823. Cette doctrine, rappelons-le, stipulait que toute intervention européenne dans les affaires des Amériques serait considérée comme un acte hostile envers les États-Unis. Sous Theodore Roosevelt, le « Corollaire Roosevelt » de 1904 avait ajouté le droit d’intervention directe pour maintenir la stabilité régionale.
Trump va plus loin. Sa Stratégie de sécurité nationale proclame que les États-Unis « réaffirmeront et appliqueront un ‘Corollaire Trump’ à la Doctrine Monroe pour restaurer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental ». En clair : ce qui se passe dans les Amériques relève de Washington. La souveraineté des nations latino-américaines n’est qu’une concession gracieuse que l’Oncle Sam peut révoquer à tout moment.
Michael Cullinane, spécialiste de Theodore Roosevelt à l’Université d’État de Dickinson, a noté que Trump a appliqué la méthode rooseveltienne mais en omettant la partie « parler doucement ». Roosevelt préconisait de « parler doucement et porter un gros bâton ». Trump, lui, hurle et frappe d’abord.
Les enjeux géostratégiques : Un triangle d’influence à démanteler
La présence russe, chinoise et iranienne au Venezuela n’est pas un accident de l’histoire. Elle est le fruit de deux décennies de rapprochement stratégique, initié sous Hugo Chávez et intensifié sous Maduro. Pour Washington, cette présence représente une menace existentielle : des puissances rivales établies à quelques centaines de kilomètres des côtes américaines, dans un pays possédant les plus grandes réserves pétrolières du monde.
La Russie a investi massivement au Venezuela. Rosneft, le géant pétrolier russe dirigé par Igor Sechin — proche de Poutine et ami personnel de Chávez — a injecté environ 9 milliards de dollars dans l’industrie pétrolière vénézuélienne. Les analystes estiment que le total des investissements et prêts russes au Venezuela oscille entre 11 et 17 milliards de dollars. Plus inquiétant encore pour Washington : en 2019, lors des troubles qui menaçaient le régime de Maduro, quelque 400 mercenaires russes, présumément du Groupe Wagner, sont arrivés à Caracas pour assurer la sécurité du président. Ces contractants militaires privés seraient toujours actifs, formant les forces armées vénézuéliennes et protégeant les opérations minières dans la région de l’Orénoque.
La Chine a pompé environ 18 milliards de dollars dans l’économie vénézuélienne depuis 2005, selon l’American Enterprise Institute. La China National Petroleum Corporation (CNPC) détient une participation de 40% dans Sinovensa, dans la ceinture de l’Orénoque, principale région pétrolière du pays. Plus récemment, des entreprises privées chinoises peu connues ont pris des participations dans le secteur pétrolier amont, attirées par de nouveaux contrats de participation productive. La dette vénézuélienne envers Pékin dépasse les 10 milliards de dollars, et son remboursement reste incertain.
L’Iran, quant à lui, a tissé des liens qui vont bien au-delà du commerce. Téhéran a livré des vedettes d’attaque rapide Peykaap III équipées de missiles anti-navires, ainsi que des drones de conception iranienne. Le Venezuela a introduit un drone d’attaque à usage unique de style Shahed appelé Zamora V-1, dont le « langage de conception est indubitable » selon les experts. Mais c’est la présence du Hezbollah qui inquiète le plus Washington. Le réseau libanais, implanté au Venezuela depuis le milieu des années 1980 au sein de la diaspora libanaise locale, a développé des opérations financières et criminelles qui font du pays un hub pour le trafic de drogue et le blanchiment d’argent.
Rubio devant le Sénat : Le langage de l'empire
C’est dans ce contexte que Marco Rubio s’est présenté devant le Comité des affaires étrangères du Sénat le 28 janvier 2026. Son témoignage restera dans les annales comme un exercice de rhétorique impériale décomplexée.
« L’érosion de l’influence iranienne, russe ou chinoise, rien de tout cela n’aurait été possible tant que Maduro était là », a-t-il expliqué. Cette phrase est révélatrice. Elle confirme ce que les critiques de l’intervention soupçonnaient : l’objectif principal n’était pas de traduire Maduro en justice pour narcoterrorisme — ce n’était que le prétexte juridique. L’objectif était de démanteler le réseau d’alliances que le Venezuela avait construit avec les rivaux géopolitiques de Washington.
Rubio a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’une guerre : « Il n’y a pas de guerre contre le Venezuela, et nous n’avons pas occupé un pays. Il n’y a pas de troupes américaines au sol. » Cette distinction sémantique est cruciale pour l’administration Trump, qui cherche à éviter les complications constitutionnelles d’une déclaration de guerre formelle. Le sénateur Rand Paul a directement demandé si l’opération contre Maduro constituait un acte de guerre. « Nous ne croyons tout simplement pas que cette opération s’approche de la définition constitutionnelle de la guerre », a répondu Rubio, arguant que l’élection de Maduro en 2024 avait été contestée et qu’il avait été inculpé pour trafic de drogue aux États-Unis.
Cette gymnastique juridique ne convainc personne. L’envoi de 150 aéronefs militaires, le bombardement d’infrastructures sur le territoire d’un État souverain, l’extraction forcée de son chef d’État — si ce n’est pas un acte de guerre, alors les mots ont perdu tout sens.
La question des actions futures
Plus troublant encore : Rubio a laissé la porte ouverte à de futures actions militaires. « Nous ne sommes pas positionnés et ne nous attendons pas à prendre des actions militaires », a-t-il dit, avant d’ajouter qu’il refusait d’exclure de futures frappes pour protéger les intérêts américains. L’administration Trump « surveillera de près » la coopération du gouvernement intérimaire avec ses plans pour l’avenir du Venezuela. Les États-Unis sont « prêts à utiliser la force pour assurer une coopération maximale si d’autres méthodes échouent ».
Traduisons : le Venezuela est désormais sous surveillance américaine, et tout écart de conduite sera puni.
Delcy Rodríguez : La Maduriste sans Maduro
L’ironie suprême de cette intervention américaine au nom de la démocratie, c’est qu’elle a abouti à l’installation de Delcy Rodríguez — la vice-présidente de Maduro — comme présidente intérimaire. Selon le Miami Herald, un cercle de fonctionnaires vénézuéliens centré sur Delcy et son frère Jorge a secrètement proposé une feuille de route pour un Venezuela post-Maduro : un « gouvernement de transition » surnommé « Madurisme sans Maduro ».
Cette proposition a été transmise à l’envoyé américain Richard Grenell par l’intermédiaire de canaux qataris. Bien que l’administration Trump ait officiellement rejeté ces ouvertures, elle a néanmoins reconnu le gouvernement intérimaire de Rodríguez, invoquant la nécessité de stabilité.
La sénatrice Jeanne Shaheen et d’autres démocrates ont soulevé des préoccupations légitimes : Rodríguez n’a pris aucune mesure significative pour réduire l’influence iranienne, chinoise ou russe dans le pays. Certains sénateurs ont accusé l’administration de remplacer un autocrate par un autre.
Rubio a répondu avec un pragmatisme froid : « Nous traitons avec des individus qui, dans notre système, ne seraient pas acceptables à long terme. Mais nous sommes dans une phase de transition vers la stabilisation. Vous devez travailler avec les personnes actuellement en charge des éléments du gouvernement. »
Cette phrase mérite d’être méditée. Elle révèle la véritable hiérarchie des priorités américaines : d’abord l’expulsion des puissances rivales, ensuite (peut-être) la démocratie. María Corina Machado, la véritable gagnante de l’élection contestée de 2024 et lauréate du prix Nobel de la paix, a été reçue à la Maison-Blanche le 15 janvier. Elle a offert sa médaille Nobel à Trump — un geste d’une servilité confondante — mais n’a obtenu aucune promesse de soutien. Trump a même déclaré qu’il ne pensait pas que Machado avait suffisamment de respect au Venezuela pour gouverner.
Machado a exprimé de profondes réserves sur le leadership de Rodríguez : « Si Delcy Rodríguez reste, rien ne change vraiment. Il n’y aura pas d’État de droit, pas de confiance, pas de stabilité. Les Vénézuéliens ne rentreront pas chez eux sous une criminelle. » Mais ses paroles se perdent dans le vent. Washington a fait son choix.
Les réactions internationales : L'isolement américain
L’intervention américaine au Venezuela a provoqué un tollé international que l’administration Trump a superbement ignoré.
La Russie a qualifié la capture de Maduro de « violation grave de la souveraineté et du droit international ». Le ministère des Affaires étrangères a déclaré : « Les États-Unis ont commis un acte d’agression armée contre le Venezuela, ce qui suscite une profonde préoccupation et mérite condamnation. » L’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a été plus direct : « Nous ne pouvons pas permettre aux États-Unis de se proclamer comme une sorte de juge suprême, qui seul détient le droit d’envahir n’importe quel pays, d’étiqueter les coupables, de prononcer et d’appliquer des punitions indépendamment des notions de droit international, de souveraineté et de non-intervention. »
La Chine s’est dite « profondément choquée » par ce qu’elle a décrit comme une « utilisation flagrante de la force contre un État souverain et une action contre son président ». Pékin a qualifié l’intervention d’« acte hégémonique » qui « viole gravement le droit international et la souveraineté du Venezuela et menace la paix et la sécurité en Amérique latine et dans les Caraïbes ». Le ministre des Affaires étrangères Wang Yi a averti que « aucun pays ne devrait agir comme un ‘policier mondial’ ou prétendre être un ‘juge international' ».
Au Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie et la Chine ont appelé à la libération immédiate de Maduro, qualifiant les actions américaines de retour à une « ère d’anarchie ». Le secrétaire général António Guterres a déclaré que les actions américaines avaient des « implications inquiétantes pour la région » et constituaient un « précédent dangereux ».
Même parmi les alliés traditionnels de Washington, l’unisson n’était pas au rendez-vous. La haute représentante de l’UE, Kaja Kallas, a appelé à la retenue et à la désescalade, soulignant que le droit international et la Charte des Nations Unies devaient être respectés. Les dirigeants de gauche de la région — Brésil, Colombie, Chili, Mexique — ont largement condamné l’opération, tandis que les gouvernements de droite d’Argentine et d’Équateur l’ont accueillie favorablement.
Le précédent inquiétant
Les experts en droit international sont unanimes : cette intervention crée un précédent dangereux. Comme l’a noté un analyste de Brookings, c’est « l’intervention américaine la plus significative dans la région depuis l’invasion du Panama en 1989 ». Le message envoyé au monde est clair : les États-Unis ne considèrent plus le droit international comme une contrainte contraignante sur leur pouvoir.
L’analyste politique Ivan Preobrazhensky a résumé la situation avec une lucidité désarmante concernant le secteur pétrolier vénézuélien : « Là où [le secteur] n’est pas détruit, il y a des entreprises russes, iraniennes et chinoises. Bien sûr, les États-Unis veulent les pousser dehors. »
Le pétrole : Le véritable enjeu
Car au-delà des discours sur la lutte contre le narcoterrorisme et la promotion de la démocratie, il y a le pétrole. Toujours le pétrole.
Le Venezuela possède les plus grandes réserves pétrolières prouvées au monde : 303 milliards de barils, soit environ 17% des réserves mondiales — devant l’Arabie saoudite. Dans les années 1970, le pays produisait jusqu’à 3,5 millions de barils par jour, représentant plus de 7% de la production mondiale. Aujourd’hui, en raison de la mauvaise gestion, du manque d’investissement et des sanctions, la production moyenne n’est plus que de 1,1 million de barils par jour.
Dans ses remarques écrites au Sénat, Rubio a été explicite : les États-Unis attendent de Delcy Rodríguez qu’elle accorde aux entreprises américaines un « accès préférentiel » à la production pétrolière, qu’elle utilise les revenus pour acheter des produits américains et qu’elle mette fin aux livraisons de pétrole à Cuba.
Les sanctions américaines ont progressivement poussé le Venezuela vers la Chine, qui est devenue le principal acheteur du pétrole vénézuélien au cours de la dernière décennie. La Russie, l’Iran et le Venezuela utilisent des tactiques similaires pour vendre leur pétrole sanctionné à la Chine : pétroliers de la « flotte fantôme », transferts de navire à navire, réexportation via des pays tiers.
Ce que Washington veut, c’est inverser cette tendance. Récupérer le pétrole vénézuélien. Évincer les concurrents. La démocratie, si elle vient, sera un bonus bienvenu mais certainement pas une priorité.
L'ombre du Hezbollah et la rhétorique sécuritaire
Pour justifier son intervention, l’administration Trump a abondamment utilisé la rhétorique de la menace terroriste. Sur CBS, Rubio a déclaré : « C’est très simple, OK? Au 21e siècle, sous l’administration Trump, nous n’allons pas avoir un pays comme le Venezuela dans notre propre hémisphère, dans la sphère de contrôle et au carrefour du Hezbollah, de l’Iran et de toute autre influence maligne dans le monde. Ça n’existera tout simplement pas. »
La présence du Hezbollah au Venezuela est un fait documenté. Selon l’expert Walid Phares, « Le Hezbollah a une longue histoire au Venezuela et est apparu comme une préoccupation sécuritaire majeure en Amérique latine, particulièrement après les attentats du 11 septembre 2001. Les origines de la présence du Hezbollah au Venezuela remontent au milieu des années 1980, lorsque l’organisation a commencé à recruter des membres au sein de segments de la diaspora libanaise locale. »
L’Atlantic Council a documenté le « nexus Maduro-Hezbollah », montrant comment les réseaux soutenus par l’Iran ont contribué à maintenir le régime vénézuélien. Des experts américains ont témoigné devant le Congrès que le Hezbollah étend ses réseaux financiers et criminels en Amérique latine, particulièrement au Venezuela, alors que l’Iran est sous pression économique.
Cependant, les analystes du Washington Institute mettent en garde contre une exagération de cette menace. Les bateaux d’attaque CM-90, les vedettes Peykaap, les drones Mohajer et les réseaux liés au Hezbollah « ne s’additionnent pas pour former une seconde crise des missiles de Cuba ». Ce qu’ils créent, c’est une « bulle anti-navire et de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR) localisée dans les Caraïbes, liée à un régime fragile qui a l’habitude d’utiliser l’armée comme accessoire politique ».
Et maintenant? Les scénarios de l'après-Maduro
Trois semaines après la capture de Maduro, le Venezuela reste dans un état de suspension politique extraordinaire. Le régime chaviste est intact à 99,9%, privé seulement de sa tête. Les mêmes ministres, les mêmes généraux, les mêmes structures de pouvoir demeurent en place. La seule différence : ils doivent désormais rendre des comptes à Washington.
Delcy Rodríguez a fait volte-face. Après avoir initialement condamné l’intervention américaine, déclarant que le Venezuela « ne redeviendra jamais la colonie d’un autre empire », elle a rapidement adouci son ton. « Nous considérons comme une priorité d’évoluer vers une relation équilibrée et respectueuse entre les États-Unis et le Venezuela », a-t-elle écrit sur Telegram. « Nous adressons une invitation au gouvernement américain pour travailler ensemble sur un agenda de coopération orienté vers un développement partagé. »
Trump a répondu en annulant « la deuxième vague d’attaques précédemment prévue » contre le Venezuela, citant une coopération accrue avec Caracas. Des responsables du Département d’État visitent la capitale vénézuélienne, et le Venezuela s’apprête à envoyer une délégation à Washington.
Mais les questions fondamentales restent sans réponse. Quand y aura-t-il des élections? Machado, après sa rencontre avec Trump, a déclaré que le Venezuela tiendrait des élections « libres et équitables »… « éventuellement ». La sécurité, l’État de droit et la libération des prisonniers politiques doivent venir d’abord, a-t-elle dit. En d’autres termes : pas de calendrier.
Les millions de Vénézuéliens en exil — plus de 7 millions ont fui le pays au cours de la dernière décennie — attendent. Machado a insisté sur le fait que les futures élections doivent inclure les Vénézuéliens vivant à l’étranger, notant que des millions ont été empêchés de voter lors des scrutins passés.
Les leçons d'une intervention
Que retenir de cette séquence extraordinaire? Plusieurs leçons s’imposent.
Premièrement, le droit international est mort pour les superpuissances — s’il a jamais été vraiment vivant. Les États-Unis ont bombardé un pays souverain, kidnappé son président et l’ont traduit devant leurs tribunaux, tout en insistant sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un acte de guerre. La communauté internationale a protesté, puis s’est résignée. Aucune conséquence tangible n’a suivi.
Deuxièmement, la doctrine Monroe est de retour avec une brutalité renouvelée. L’hémisphère occidental est officiellement redevenu la chasse gardée de Washington. Trump a ouvertement menacé la Colombie d’un sort similaire, a déclaré que Cuba était « prête à tomber » et a suggéré que le Mexique pourrait être le prochain dans sa bataille contre les cartels de la drogue.
Troisièmement, la compétition entre grandes puissances se joue désormais dans l’arrière-cour américaine. La Russie, la Chine et l’Iran ont passé deux décennies à construire leur influence au Venezuela. En une nuit, les États-Unis ont rappelé au monde que la puissance militaire reste l’arbitre ultime des relations internationales. Comme l’a noté Foreign Policy, cette intervention démontre que ni la Chine ni la Russie n’oseraient tenter une opération similaire à Taiwan ou en Ukraine — le rapport de force n’est tout simplement pas le même.
Quatrièmement, le pétrole reste le sang de la géopolitique mondiale. Toute la rhétorique sur la démocratie et la lutte contre le terrorisme ne peut masquer l’enjeu fondamental : les 303 milliards de barils de réserves vénézuéliennes et la volonté américaine de les récupérer des mains de ses rivaux.
Conclusion : L'empire sans fard
Marco Rubio, fils d’immigrants cubains fuyant le castrisme, a passé sa carrière à dénoncer l’autoritarisme de gauche en Amérique latine. Le voici désormais orchestrant le renversement d’un gouvernement étranger et exigeant l’expulsion de puissances rivales comme conditions préalables à toute normalisation des relations.
L’ironie serait délicieuse si les conséquences n’étaient pas si graves. Car ce que l’intervention au Venezuela révèle, c’est que les États-Unis, sous l’administration Trump, ont abandonné toute prétention de respecter les règles qu’ils ont eux-mêmes contribué à établir après 1945. L’ordre international fondé sur des règles? Une contrainte pour les autres, pas pour l’hyperpuissance.
Rubio a raison sur un point : la présence russe, chinoise et iranienne au Venezuela ne sera probablement pas tolérée. Washington a les moyens de ses ambitions, et il vient de le démontrer de manière spectaculaire. Mais à quel prix?
Le Venezuela post-Maduro risque de devenir un État client dysfonctionnel, dirigé par les mêmes élites chavistes sous surveillance américaine. La démocratie promise restera un horizon lointain. Et le message envoyé au reste du monde — que la souveraineté nationale ne vaut que ce que vaut sa puissance militaire — continuera d’éroder les fondements d’un système international déjà fragilisé.
Dans son témoignage devant le Sénat, Rubio a déclaré que « beaucoup d’éléments au Venezuela accueillent favorablement un retour à l’établissement de relations avec les États-Unis sur de multiples fronts ». Sans doute. Mais ces « éléments » sont les mêmes qui ont prospéré sous Maduro. Le changement de maître ne signifie pas la fin de la servitude.
L’Amérique latine observe. Le monde observe. Et les leçons de janvier 2026 seront méditées longtemps après que les gros titres auront changé. Les États-Unis peuvent capturer qui ils veulent, bombarder qui ils veulent, imposer leurs conditions à qui ils veulent. C’est la prérogative de l’empire. Mais les empires, l’histoire nous l’enseigne, finissent toujours par payer le prix de leur hubris.
En attendant, Marco Rubio continue de témoigner devant le Sénat, Delcy Rodríguez continue de gouverner Caracas, María Corina Machado continue d’attendre, et le pétrole vénézuélien continue de couler. Vers qui? C’est toute la question.
Signé Maxime Marquette
Sources
TASS – US wants Venezuela to curtail Russian, Chinese, Iranian presence — Rubio
Axios – US urges Venezuela: Dismiss agents from China, Russia, Iran, Cuba
NPR – Marco Rubio tells senators Venezuela transition won’t be fast or easy
Kyiv Post – Rubio Casts Venezuela Move as Warning to Russia, Iran, China, Cuba
UnitedStatesinterventioninVenezuela »>Wikipedia – 2026 United States intervention in Venezuela
RFE/RL – How Will Turmoil In Oil-Rich Venezuela Impact Trade With Far-Flung Partners?
Fox News – Rubio: No more Iran Hezbollah presence in Venezuela following Maduro arrest
Vision Times – Venezuela Sees Regime Change After Delta Force Raid
Air & Space Forces Magazine – US Airpower Paved Way for Special Ops to Capture Venezuela’s Maduro
The Soufan Center – Venezuela After the Maduro Capture
CNN – From order to extraction: Inside the US capture of Nicolás Maduro
USNI News – Maduro, Wife Captured by American Forces
Al Jazeera – Venezuelan interim leader tones down criticism
Al Jazeera – Machado outlines a vision for Venezuela’s future
CNN – Venezuela’s Machado gave Trump her Nobel prize
Atlantic Council – The Maduro-Hezbollah Nexus
The National – Why do Iran and Hezbollah care about Venezuela?
CSIS – Russia and Iran in Latin America
reactionstothe2026UnitedStatesinterventioninVenezuela »>Wikipedia – International reactions to the 2026 United States intervention in Venezuela
Brookings – The global implications of the US military operation in Venezuela
Al Jazeera – China urges US to ‘stop toppling’ Venezuelan government
PBS – U.S. allies and adversaries alike use UN meeting to critique Venezuela intervention
US State Department – Secretary Rubio Before the Senate Committee on Foreign Relations
Al Jazeera – Rubio says Maduro abduction ‘strategic’ necessity
Roll Call – Rubio leaves door open to more military action in Venezuela
TIME – What Is the Monroe Doctrine, and How Is Trump Reasserting It?
Al Jazeera – What is the Monroe Doctrine?
Christian Science Monitor – Trump implements his corollary to Monroe Doctrine
Euronews – Venezuela’s ‘black gold’ allies
France 24 – Inside Venezuela’s oil industry
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