Pour comprendre la gravite de la situation actuelle, il faut revenir sept mois en arriere. Dans la nuit du 21 au 22 juin 2025, les Etats-Unis ont lance l’am%C3%A9ricainessurlessitesnucl%C3%A9airesiraniens »>Operation Midnight Hammer, une attaque coordonnee contre les installations nucleaires iraniennes. Sept bombardiers B-2 ont largue 14 bombes GBU-57, des monstres de 13 600 kilogrammes chacune, sur les sites de Fordow, Natanz et Ispahan. C’etait la premiere utilisation operationnelle de ces armes anti-bunker, concues specifiquement pour detruire des installations souterraines.
Trump s’en est vante avec son aplomb habituel : « En juin, nous avons aneanti la capacite nucleaire de l’Iran. Ils etaient a environ un mois d’avoir une arme nucleaire. Nous devions le faire. » Cette affirmation merite d’etre examinee avec le scepticisme qu’elle merite. L’Iran enrichissait effectivement de l’uranium a 60% depuis 2021, un niveau dangereusement proche des 90% necessaires pour une arme. Selon l’AIEA, le pays disposait d’un stock theoriquement suffisant pour fabriquer plus de neuf bombes. Mais la decision de bombarder un pays souverain sans declaration de guerre formelle, sans mandat des Nations Unies, sans meme l’aval du Congres americain, constitue une violation flagrante du droit international.
Le president francais Emmanuel Macron l’a d’ailleurs souligne des le 23 juin 2025, declarant que ces frappes etaient « illegales » et reclamant un debat au Parlement. La Russie et la Chine ont denonce une « attaque illegitime », mettant en garde contre un « embrasement incontrolable » de la region. Ces avertissements resonnent aujourd’hui avec une acuite particuliere.
L'Iran en flammes : une revolution etouffee dans le sang
Pendant que l’armada americaine fait route vers le golfe Persique, l’Iran traverse la crise la plus grave de son histoire depuis la revolution de 1979. Les de2025-2026enIran »>manifestations qui ont debute le 28 decembre 2025 dans le bazar de Teheran ont rapidement embrase le pays tout entier. Ce qui a commence comme une protestation contre l’inflation galopante et la depreciation du rial s’est transforme en un mouvement revolutionnaire reclamant la fin du regime des mollahs.
Les chiffres de la repression donnent le vertige. Selon l’organisation americaine Human Rights Activists News Agency, au moins 6 126 personnes ont ete tuees, dont 5 777 manifestants, 214 membres des forces gouvernementales, 86 enfants et 49 civils. Le magazine Time, citant des sources internes au ministere iranien de la Sante, evoque un bilan depassant les 30 000 morts. Trente mille. Le chiffre est si enorme qu’il en devient abstrait, impossible a concevoir dans toute son horreur.
Le 8 janvier 2026, 1,5 million de manifestants ont deferlé dans les rues de Teheran. Le lendemain, ils etaient 5 millions a travers le pays. Le regime a reagi comme il sait le faire : en coupant Internet, en tirant sur la foule, en arretant massivement. Plus de 26 800 personnes ont ete incarcerees. Le guide supreme Ali Khamenei a donne le ton des le 3 janvier, affirmant que « les emeutiers devaient etre remis a leur place ».
Cette insurrection populaire place l’administration Trump dans une position paradoxale. D’un cote, le president americain peut pretendre que sa politique de « pression maximale » porte ses fruits, que le regime iranien s’effondre sous le poids des sanctions et de l’isolement international. De l’autre, une intervention militaire americaine risquerait de ressouder la population iranienne autour du regime, comme cela s’est produit a chaque fois qu’une menace exterieure a pese sur le pays.
La folie des grandeurs : Venezuela, Iran, et apres ?
Trump lui-meme etablit la comparaison : « C’est une flotte plus grande que celle envoyee au Venezuela. Comme pour le Venezuela, elle est prete, disposee et capable d’accomplir rapidement sa mission, avec celerite et violence si necessaire. » La reference au Venezuela n’est pas anodine. Dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, l’armee americaine a mene une 7718365.html »>operation de grande envergure contre ce pays, bombardant plusieurs sites strategiques et arretant le president Nicolas Maduro.
Cette intervention, menee sans mandat international, a sidere la communaute internationale. L’ONU a condamne des « executions extrajudiciaires » ne trouvant « aucune justification dans le droit international ». Mais Trump, enhardit par l’absence de consequences reelles, semble desormais convaincu que les Etats-Unis peuvent imposer leur volonte par la force a n’importe quel pays recalcitrant.
Le 4 janvier, a bord d’Air Force One, le president americain a menace Cuba, la Colombie et meme le Groenland d’une intervention similaire. La liste des cibles potentielles s’allonge avec une desinvolture terrifiante. Comme l’a note un expert cite par Public Senat : « La liste des pays menaces peut s’allonger, mais cela ne veut pas dire que chaque Etat connaitra le meme sort. » Maigre consolation.
L'Iran n'est pas le Venezuela
Mais il y a une difference fondamentale que Trump et ses conseillers semblent ignorer ou minimiser volontairement : l’Iran n’est pas le Venezuela. Ce pays de 88 millions d’habitants possede des forces armees aguerries, une profondeur strategique considerable, et surtout, une capacite de nuisance regionale sans commune mesure avec celle de Caracas.
La Mission iranienne aux Nations Unies l’a rappele dans sa reponse aux menaces trumpiennes : « La derniere fois que les Etats-Unis se sont lances dans des guerres en Afghanistan et en Irak, ils ont gaspille plus de 7 000 milliards de dollars et perdu plus de 7 000 vies americaines. L’Iran est pret a se defendre et a riposter comme jamais auparavant si necessaire. »
Le ministre iranien des Affaires etrangeres, Abbas Araghchi, a ete encore plus explicite : « Une confrontation totale sera desordonnee, feroce et durera beaucoup plus longtemps que les delais fantastiques qu’Israel et ses mandataires tentent de faire croire a la Maison-Blanche. » Cette mise en garde merite d’etre prise au serieux. L’Iran dispose de 40 000 a 50 000 soldats americains a portee de ses missiles, deployes dans les bases du Moyen-Orient. Une guerre totale pourrait rapidement transformer la region en un charnier a ciel ouvert.
Le verrou d'Ormuz : l'arme a double tranchant
Dans l’arsenal diplomatique iranien, il existe une menace que Teheran brandit regulierement : la fermeture du detroit d’Ormuz. Ce passage de 212 kilometres de long et 55 kilometres de large au point le plus etroit constitue le verrou du golfe Persique. En 2023, 20,9 millions de barils de produits petroliers y transitaient quotidiennement, representant 20% de la consommation mondiale et 25% du trafic petrolier international.
Une perturbation majeure de ce flux suffirait a faire grimper les prix du petrole a 120 dollars le baril, selon les analystes du groupe ING. L’Inde depend de ce detroit pour pres de la moitie de ses importations de brut. La Coree du Sud en tire 60% de son petrole. Le Japon, pres des trois quarts. Une fermeture d’Ormuz provoquerait une crise energetique mondiale aux consequences incalculables.
Mais cette arme est a double tranchant. Comme le souligne Samuele Furfari, professeur emerite a l’ULB : « Le detroit d’Ormuz est crucial pour tout le monde, ce serait suicidaire pour l’Iran de le bloquer. S’ils le font, ils vont se mettre a dos la Chine qui est leur principal client. » Entre 80 et 90% du petrole iranien est achete par Pekin, et transite par Ormuz. Fermer le detroit reviendrait pour Teheran a se couper de sa propre bouee de sauvetage economique.
Cette interdependance complexe illustre parfaitement le dilemme auquel sont confrontes tous les acteurs de cette crise : personne n’a interet a une escalade militaire, mais tout le monde semble s’y diriger inexorablement.
Le fantome de l'Irak : ces lecons que l'Amerique refuse d'apprendre
Il y a une ironie cruelle dans la posture actuelle de Donald Trump. L’homme qui a bati sa campagne de 2016 sur le rejet des « guerres sans fin » menees par ses predecesseurs se retrouve aujourd’hui a brandir la menace d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Les experts du Grand Continent ont documente cette evolution troublante, notant comment les neoconservateurs ont reussi a « refaconner le trumpisme » pour promouvoir une strategie de « regime collapse » en Iran.
Le « regime change », cette doctrine qui a guide l’intervention americaine en Irak en 2003, a produit des resultats catastrophiques. Vingt ans de violences confessionnelles, l’emergence de Daech, des centaines de milliers de morts civils, des milliards de dollars engloutis, et au final, un Irak toujours instable, toujours fragile, toujours au bord du gouffre. L’Afghanistan raconte la meme histoire : vingt ans d’occupation, des milliers de soldats americains tues, et un retrait chaotique en 2021 qui a ramene les Talibans au pouvoir.
Ces echecs cuisants auraient du vacciner definitivement les Etats-Unis contre la tentation interventionniste. Mais la memoire politique est courte, et les faucons de Washington ont la plume legere quand il s’agit d’ecrire des cheques que les soldats americains devront encaisser.
Le programme nucleaire iranien : une histoire de promesses trahies
Pour comprendre comment nous en sommes arrives la, il faut remonter a 2015 et a l’deViennesurlenucl%C3%A9aireiranien »>accord de Vienne sur le nucleaire iranien (JCPOA). Cet accord historique, negocie pendant 21 mois entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de securite plus l’Allemagne, representait un compromis fragile mais prometteur. L’Iran acceptait de reduire drastiquement son programme nucleaire en echange de la levee des sanctions internationales.
Les termes etaient stricts : l’Iran devait limiter son enrichissement d’uranium a 3,67%, reduire ses centrifugeuses de 20 000 a 5 060, et convertir le site souterrain de Fordow en centre de recherches. En contrepartie, le pays retrouvait l’acces aux marches internationaux et voyait ses avoirs geles debloques.
Puis vint le 8 mai 2018. Donald Trump, lors de son premier mandat, annonca le retrait americain de l’accord, le qualifiant de « plus mauvais accord jamais signe par les Etats-Unis ». Cette decision unilaterale a saborde des annees de diplomatie patiente et remis l’Iran sur la voie de l’enrichissement nucleaire. Depuis 2019, Teheran a progressivement abandonne ses engagements, poussant son enrichissement jusqu’a 60%, un niveau dangereusement proche du seuil militaire.
L’ironie est amere : c’est la politique de « pression maximale » de Trump qui a pousse l’Iran a accelerer son programme nucleaire, creant precisement la menace que les Etats-Unis pretendent aujourd’hui vouloir eliminer. Le serpent se mord la queue.
Les voix de la raison, noyees dans le vacarme belliciste
Face a cette escalade, quelques voix tentent de faire entendre la raison. Le chercheur Clement Therme, auditionne au Senat francais, a souligne le lien entre la repression interieure et la menace d’intervention americaine. Il pose la question cruciale : « Est-ce que les Etats-Unis sont prets a assumer le cout ? »
Ce cout, personne ne semble vouloir le calculer serieusement. Une guerre contre l’Iran ne serait pas une promenade de sante comme l’invasion de Panama en 1989 ou meme l’operation au Venezuela. L’Iran possede des missiles balistiques capables d’atteindre toutes les bases americaines de la region. Ses milices alliees au Liban, en Irak, en Syrie et au Yemen pourraient transformer le Moyen-Orient en un champ de bataille generalise. Le Hezbollah, meme affaibli par la recente guerre des 12 jours, dispose toujours d’un arsenal redoutable.
Trois pays du Golfe auraient recemment tente de convaincre Trump de « donner une chance » a l’Iran, selon la RTS. Meme les allies traditionnels de Washington dans la region semblent conscients que l’escalade militaire serait catastrophique pour tous.
La diplomatie ou la mort : un choix qui devrait etre evident
Le ministre iranien des Affaires etrangeres l’a dit clairement : « Les negociations ne vont pas avec les menaces. » Cette affirmation semble relever du bon sens le plus elementaire, mais elle se heurte a la doctrine trumpienne qui consiste a negocier le pistolet sur la tempe. Le probleme, c’est que cette approche ne fonctionne qu’avec des adversaires plus faibles, prets a ceder sous la pression. L’Iran, malgre ses difficultes interieures, n’est pas dans cette categorie.
La Mission iranienne a l’ONU a affirme etre « prete pour un dialogue base sur le respect et les interets mutuels », tout en prevenant que si le pays etait pousse, il se defendrait « comme jamais ». Cette ouverture diplomatique, aussi conditionnelle soit-elle, merite d’etre exploree. Mais pour cela, il faudrait que Washington accepte de traiter l’Iran en partenaire potentiel plutot qu’en vassal a soumettre.
L’histoire recente offre pourtant des exemples de negociations reussies avec des regimes adverses. L’accord JCPOA de 2015, malgre ses imperfections, a temporairement gele le programme nucleaire iranien sans qu’un seul coup de feu soit tire. Les accords d’Abraham, signes pendant le premier mandat de Trump, ont normalise les relations entre Israel et plusieurs pays arabes par la diplomatie plutot que par la force. Ces precedents montrent qu’une autre voie est possible.
Le prix du sang : combien de morts pour satisfaire l’ego presidentiel ?
Au-dela des considerations geopolitiques, il y a une question morale que nous refusons collectivement de regarder en face : combien de vies humaines sommes-nous prets a sacrifier pour les objectifs de politique etrangere americaine ?
Les manifestants iraniens qui tombent sous les balles du regime reclament la liberte. Leur courage merite notre admiration et notre soutien. Mais ce soutien doit-il prendre la forme de bombes americaines ? L’histoire des interventions occidentales au Moyen-Orient suggere que les civils sont toujours les premiers a payer le prix des « liberations » militaires.
Le bombardement de 2015 a Hawija, en Irak, a tue plus de 70 civils visant une usine de munitions de l’Etat Islamique. Ce bilan a ete longtemps minimise par les autorites americaines. Combien de Hawija l’Iran devra-t-il subir si Trump decide de passer a l’action ?
Et puis il y a les soldats americains eux-memes, ces jeunes hommes et femmes envoyes au front pour executer des ordres venus de Washington. Sept mille d’entre eux ne sont jamais revenus d’Afghanistan et d’Irak. Combien ne reviendront pas d’Iran ?
Le monde regarde, impuissant
La communaute internationale assiste a ce drame avec un melange de stupefaction et d’impuissance. L’Europe, divisee et affaiblie, peine a faire entendre sa voix. La Russie et la Chine condamnent mais ne peuvent guere faire plus. Les Nations Unies, paralysees par le veto americain au Conseil de securite, regardent le droit international se faire pietiner sans pouvoir reagir.
Nous vivons un moment charniere. Les regles qui ont structure l’ordre mondial depuis 1945 sont systematiquement bafouees par la premiere puissance militaire de la planete. L’invasion du Venezuela, les frappes sur l’Iran, les menaces contre Cuba et la Colombie : autant de violations flagrantes de la souverainete nationale et de la Charte des Nations Unies.
Comme l’a note un analyste de 7726000.html »>France Info : « Les Etats-Unis sont devenus une menace pour l’ordre international qu’ils ont construit. » Cette phrase resume a elle seule le paradoxe tragique de notre epoque.
Et maintenant ?
L’armada americaine continue sa route vers le golfe Persique. Les manifestants iraniens continuent de mourir dans les rues. Donald Trump continue de tweeter des menaces. Et le monde retient son souffle, attendant de voir si nous basculerons dans une guerre dont personne ne sortira vainqueur.
Les scenarios possibles sont tous sombres. Une frappe americaine limitee pourrait declencher une riposte iranienne massive, embrasant toute la region. Une invasion terrestre s’enliserait dans des annees de guerilla urbaine et de resistance acharnee. Meme une « victoire » militaire rapide laisserait les Etats-Unis face a la tache impossible de stabiliser un pays de 88 millions d’habitants.
La seule issue raisonnable reste la diplomatie. Un nouvel accord nucleaire, peut-etre plus strict que le JCPOA mais mutuellement acceptable. Une desescalade progressive des sanctions en echange de garanties verifiables. Un dialogue respectueux entre adversaires conscients que la guerre serait une catastrophe pour tous.
Mais cette issue suppose que la raison l’emporte sur l’ego, que la prudence triomphe de la bravade, que les interets a long terme priment sur les calculs electoraux a court terme. Rien n’est moins sur dans l’Amerique de Trump.
Conclusion : le choix qui nous appartient
Nous, observateurs de ce drame qui se joue sous nos yeux, avons tendance a nous sentir impuissants. Que peuvent les citoyens ordinaires face aux porte-avions et aux bombes anti-bunker ? Pas grand-chose, en apparence.
Et pourtant. L’opinion publique americaine de juin 2025 etait majoritairement opposee aux frappes sur l’Iran : 45% contre, 25% pour, 30% indecis. Cette opposition n’a pas empeche l’Operation Midnight Hammer, mais elle a limite l’appetit de l’administration pour une escalade immediate. Dans une democratie, meme imparfaite, la voix des citoyens compte.
Nous pouvons refuser l’inevitabilite de la guerre. Nous pouvons exiger de nos gouvernements qu’ils prennent position contre cette escalade. Nous pouvons rappeler les lecons sanglantes de l’Irak et de l’Afghanistan. Nous pouvons insister sur le fait que les vies iraniennes, americaines et de tous les peuples de la region ont de la valeur, et qu’aucun objectif geopolitique ne justifie leur sacrifice.
L’armada de Trump vogue vers l’Iran. Mais son destin n’est pas encore scelle. La diplomatie a echoue trop souvent dans l’histoire parce que les peuples ont laisse faire leurs dirigeants. Cette fois, peut-etre, nous pouvons faire autrement.
Peut-etre.
Signe Maxime Marquette
Les voix de la raison, noyees dans le vacarme belliciste
Face a cette escalade, quelques voix tentent de faire entendre la raison. Le chercheur Clement Therme, auditionne au Senat francais, a souligne le lien entre la repression interieure et la menace d’intervention americaine. Il pose la question cruciale : « Est-ce que les Etats-Unis sont prets a assumer le cout ? »
Ce cout, personne ne semble vouloir le calculer serieusement. Une guerre contre l’Iran ne serait pas une promenade de sante comme l’invasion de Panama en 1989 ou meme l’operation au Venezuela. L’Iran possede des missiles balistiques capables d’atteindre toutes les bases americaines de la region. Ses milices alliees au Liban, en Irak, en Syrie et au Yemen pourraient transformer le Moyen-Orient en un champ de bataille generalise. Le Hezbollah, meme affaibli par la recente guerre des 12 jours, dispose toujours d’un arsenal redoutable.
Trois pays du Golfe auraient recemment tente de convaincre Trump de « donner une chance » a l’Iran, selon la RTS. Meme les allies traditionnels de Washington dans la region semblent conscients que l’escalade militaire serait catastrophique pour tous.
La diplomatie ou la mort : un choix qui devrait etre evident
Le ministre iranien des Affaires etrangeres l’a dit clairement : « Les negociations ne vont pas avec les menaces. » Cette affirmation semble relever du bon sens le plus elementaire, mais elle se heurte a la doctrine trumpienne qui consiste a negocier le pistolet sur la tempe. Le probleme, c’est que cette approche ne fonctionne qu’avec des adversaires plus faibles, prets a ceder sous la pression. L’Iran, malgre ses difficultes interieures, n’est pas dans cette categorie.
La Mission iranienne a l’ONU a affirme etre « prete pour un dialogue base sur le respect et les interets mutuels », tout en prevenant que si le pays etait pousse, il se defendrait « comme jamais ». Cette ouverture diplomatique, aussi conditionnelle soit-elle, merite d’etre exploree. Mais pour cela, il faudrait que Washington accepte de traiter l’Iran en partenaire potentiel plutot qu’en vassal a soumettre.
L’histoire recente offre pourtant des exemples de negociations reussies avec des regimes adverses. L’accord JCPOA de 2015, malgre ses imperfections, a temporairement gele le programme nucleaire iranien sans qu’un seul coup de feu soit tire. Les accords d’Abraham, signes pendant le premier mandat de Trump, ont normalise les relations entre Israel et plusieurs pays arabes par la diplomatie plutot que par la force. Ces precedents montrent qu’une autre voie est possible.
Le prix du sang : combien de morts pour satisfaire l'ego presidentiel ?
Au-dela des considerations geopolitiques, il y a une question morale que nous refusons collectivement de regarder en face : combien de vies humaines sommes-nous prets a sacrifier pour les objectifs de politique etrangere americaine ?
Les manifestants iraniens qui tombent sous les balles du regime reclament la liberte. Leur courage merite notre admiration et notre soutien. Mais ce soutien doit-il prendre la forme de bombes americaines ? L’histoire des interventions occidentales au Moyen-Orient suggere que les civils sont toujours les premiers a payer le prix des « liberations » militaires.
Le bombardement de 2015 a Hawija, en Irak, a tue plus de 70 civils visant une usine de munitions de l’Etat Islamique. Ce bilan a ete longtemps minimise par les autorites americaines. Combien de Hawija l’Iran devra-t-il subir si Trump decide de passer a l’action ?
Et puis il y a les soldats americains eux-memes, ces jeunes hommes et femmes envoyes au front pour executer des ordres venus de Washington. Sept mille d’entre eux ne sont jamais revenus d’Afghanistan et d’Irak. Combien ne reviendront pas d’Iran ?
Le monde regarde, impuissant
La communaute internationale assiste a ce drame avec un melange de stupefaction et d’impuissance. L’Europe, divisee et affaiblie, peine a faire entendre sa voix. La Russie et la Chine condamnent mais ne peuvent guere faire plus. Les Nations Unies, paralysees par le veto americain au Conseil de securite, regardent le droit international se faire pietiner sans pouvoir reagir.
Nous vivons un moment charniere. Les regles qui ont structure l’ordre mondial depuis 1945 sont systematiquement bafouees par la premiere puissance militaire de la planete. L’invasion du Venezuela, les frappes sur l’Iran, les menaces contre Cuba et la Colombie : autant de violations flagrantes de la souverainete nationale et de la Charte des Nations Unies.
Comme l’a note un analyste de 7726000.html »>France Info : « Les Etats-Unis sont devenus une menace pour l’ordre international qu’ils ont construit. » Cette phrase resume a elle seule le paradoxe tragique de notre epoque.
Et maintenant ?
L’armada americaine continue sa route vers le golfe Persique. Les manifestants iraniens continuent de mourir dans les rues. Donald Trump continue de tweeter des menaces. Et le monde retient son souffle, attendant de voir si nous basculerons dans une guerre dont personne ne sortira vainqueur.
Les scenarios possibles sont tous sombres. Une frappe americaine limitee pourrait declencher une riposte iranienne massive, embrasant toute la region. Une invasion terrestre s’enliserait dans des annees de guerilla urbaine et de resistance acharnee. Meme une « victoire » militaire rapide laisserait les Etats-Unis face a la tache impossible de stabiliser un pays de 88 millions d’habitants.
La seule issue raisonnable reste la diplomatie. Un nouvel accord nucleaire, peut-etre plus strict que le JCPOA mais mutuellement acceptable. Une desescalade progressive des sanctions en echange de garanties verifiables. Un dialogue respectueux entre adversaires conscients que la guerre serait une catastrophe pour tous.
Mais cette issue suppose que la raison l’emporte sur l’ego, que la prudence triomphe de la bravade, que les interets a long terme priment sur les calculs electoraux a court terme. Rien n’est moins sur dans l’Amerique de Trump.
Conclusion : le choix qui nous appartient
Nous, observateurs de ce drame qui se joue sous nos yeux, avons tendance a nous sentir impuissants. Que peuvent les citoyens ordinaires face aux porte-avions et aux bombes anti-bunker ? Pas grand-chose, en apparence.
Et pourtant. L’opinion publique americaine de juin 2025 etait majoritairement opposee aux frappes sur l’Iran : 45% contre, 25% pour, 30% indecis. Cette opposition n’a pas empeche l’Operation Midnight Hammer, mais elle a limite l’appetit de l’administration pour une escalade immediate. Dans une democratie, meme imparfaite, la voix des citoyens compte.
Nous pouvons refuser l’inevitabilite de la guerre. Nous pouvons exiger de nos gouvernements qu’ils prennent position contre cette escalade. Nous pouvons rappeler les lecons sanglantes de l’Irak et de l’Afghanistan. Nous pouvons insister sur le fait que les vies iraniennes, americaines et de tous les peuples de la region ont de la valeur, et qu’aucun objectif geopolitique ne justifie leur sacrifice.
L’armada de Trump vogue vers l’Iran. Mais son destin n’est pas encore scelle. La diplomatie a echoue trop souvent dans l’histoire parce que les peuples ont laisse faire leurs dirigeants. Cette fois, peut-etre, nous pouvons faire autrement.
Peut-etre.
Signe Maxime Marquette
Sources
VN-202601260872.html »>BFMTV – Trump menace l’Iran avec une armada a 300 millions de dollars
NBC News – Trump warns Iran time for nuclear deal is running out
7770137.html »>France Info – Donald Trump previent l’Iran que le temps est compte
ABC News – Trump says massive Armada heading to Iran
La Presse – Jouer a la guerre
am%C3%A9ricainessurlessitesnucl%C3%A9airesiraniens »>Wikipedia – Frappes americaines sur les sites nucleaires iraniens
Breaking Defense – Operation Midnight Hammer
de2025-2026enIran »>Wikipedia – Manifestations de 2025-2026 en Iran
Human Rights Watch – Repression sanglante de manifestations en Iran
Amnesty International – Iran massacre sans precedent
Euronews – Death toll in Iran protest crackdown
Vie Publique – Le detroit d’Ormuz, verrou strategique
deViennesurlenucl%C3%A9aireiranien »>Wikipedia – Accord de Vienne sur le nucleaire iranien
Le Grand Continent – Regime collapse et neoconservateurs
Public Senat – Clement Therme au Senat
RTS – Pays du Golfe et Trump
France Info – Les Etats-Unis menace pour l’ordre international
Al Jazeera – US military moves to Middle East
Washington Post – Aircraft carrier reaches Middle East
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