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CHRONIQUE : Une semaine de répit dans le froid ukrainien et Trump appelle ça un cadeau
Crédit: Adobe Stock

Ce que Trump a dit exactement

Les mots comptent. Surtout quand ils sortent de la bouche du président des États-Unis à propos d’une guerre qui a fait des centaines de milliers de victimes. Alors voici exactement ce que Donald Trump a déclaré lors de cette réunion du Cabinet : « À cause du froid, du froid extrême – ils ont le même que nous – j’ai personnellement demandé au président Poutine de ne pas tirer sur Kyiv et les villes et villages pendant une semaine. Ce n’est pas juste du froid, c’est un froid extraordinaire, un froid record. J’ai personnellement demandé au président Poutine de ne pas tirer sur Kyiv et les diverses villes pendant une semaine, et il a accepté de le faire. » Trump a ajouté que c’était « très gentil ». Il a précisé que beaucoup de gens lui avaient déconseillé d’appeler Poutine, convaincus que le chef du Kremlin refuserait une telle demande. « Nous sommes très heureux qu’il l’ait fait », a conclu le président américain.

Ce qui frappe dans cette déclaration, c’est l’absence totale de détails. Quand l’appel a-t-il eu lieu ? Trump ne l’a pas précisé. Quand le cessez-le-feu doit-il entrer en vigueur ? Silence. Quelle est sa portée exacte ? Les villes seulement, ou aussi les infrastructures énergétiques en dehors des centres urbains ? Mystère. La Maison-Blanche n’a pas répondu aux demandes de clarification des journalistes. Et le Kremlin ? Dmitri Peskov a décliné tout commentaire sur les affirmations de Trump. Ce n’est pas la première fois que les deux hommes concluent des accords en privé pour voir ensuite Moscou édulcorer ou ignorer les engagements. L’histoire de cette guerre est parsemée de promesses russes brisées. Pourquoi celle-ci serait-elle différente ?

J’ai relu les déclarations de Trump trois fois. Trois fois. Et à chaque lecture, quelque chose me dérange un peu plus. Ce ton. Cette légèreté. Comme si demander à un criminel de guerre de faire une pause dans ses crimes était un exploit diplomatique. Comme si une semaine sans bombes était un cadeau extraordinaire qu’on devrait accueillir avec gratitude. Une semaine. Dans une guerre qui dure depuis bientôt quatre ans. Quatre ans de bombardements, de massacres, de Boutcha, de Marioupol, de Ternopil. Et on voudrait qu’on applaudisse une semaine ?

Les négociations en toile de fond

Cette annonce ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans un contexte de négociations intenses menées par l’administration Trump pour tenter de mettre fin à la guerre. L’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre du président, ont participé la semaine dernière aux premières pourparlers trilatéraux de l’histoire du conflit, réunissant des représentants de l’Ukraine, de la Russie et des États-Unis à Abu Dhabi. Selon Witkoff, les discussions ont avancé : un « protocole d’accord de sécurité » serait « largement finalisé », de même qu’un « accord de prospérité ». Les négociations seraient « réduites à une seule question », sans que l’émissaire ne précise laquelle. Zelensky, lui, a été plus direct : « C’est le territoire. »

Car c’est bien là que tout se joue. La Russie exige que l’Ukraine cède le Donbas – Donetsk et Louhansk – comme condition préalable à tout cessez-le-feu. Poutine veut non seulement conserver les territoires qu’il occupe, mais aussi récupérer ceux que ses troupes n’ont pas encore conquis dans ces régions. Une capitulation pure et simple, selon Kyiv. Trump, lui, semble pencher vers une approche pragmatique : si ces territoires sont perdus de toute façon, autant les céder maintenant et arrêter les morts. Zelensky, soutenu par l’Union européenne, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, refuse catégoriquement. Cette semaine de trêve, si elle se concrétise, pourrait-elle être un premier pas vers un accord plus large ? Ou simplement une parenthèse humanitaire dans un conflit qui n’a aucune issue en vue ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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