Moscou n’a pas tardé à réagir, mais à sa manière habituelle, mêlant ouverture apparente et conditions inacceptables. Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique de Vladimir Poutine, a affirmé que la Russie « n’a jamais refusé et ne refuse pas ce type de contact ». Voilà qui pourrait sembler encourageant, si la suite n’était pas révélatrice de la stratégie du Kremlin.
Car Moscou pose une condition qui en dit long : la rencontre devrait avoir lieu à Moscou même. Zelensky serait invité à se rendre dans la capitale de l’État qui bombarde quotidiennement les villes ukrainiennes, qui est accusé de crimes de guerre par la Cour pénale internationale, et dont le président fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Ouchakov a eu l’audace d’assurer que « la sécurité et les conditions de travail de Zelensky seraient pleinement garanties » si celui-ci acceptait de venir négocier sur le territoire de son agresseur.
Cette proposition relève soit de la provocation pure, soit d’une incompréhension totale des réalités diplomatiques. Imaginer un instant que le président ukrainien puisse se rendre à Moscou, c’est méconnaître fondamentalement les enjeux symboliques d’une telle démarche. Ce serait reconnaître de facto une forme de vassalité, un rapport de force en faveur de la Russie que les faits sur le terrain ne justifient pas.
La vérité, c’est que Poutine joue un jeu bien connu : afficher une ouverture de façade tout en posant des conditions qu’il sait inacceptables, afin de pouvoir ensuite rejeter la responsabilité de l’échec des négociations sur son adversaire. C’est exactement ce qui s’est passé à Istanbul en 2022, et il serait naïf de croire que la tactique a changé.
Istanbul 2022 : le spectre de l'accord avorté
Pour comprendre les enjeux actuels, il faut revenir sur cet épisode méconnu du grand public mais crucial pour saisir la dynamique des négociations russo-ukrainiennes. Au printemps 2022, quelques semaines seulement après le début de l’invasion, des pourparlers intensifs ont eu lieu à Istanbul. Un document a même été produit, le fameux « Communiqué d’Istanbul », également appelé « Traité sur la neutralité permanente et les garanties de sécurité pour l’Ukraine ».
Ce document prévoyait que l’Ukraine renonce à son ambition d’adhérer à l’OTAN en échange de garanties de sécurité internationales. Les négociateurs étaient, selon plusieurs sources, proches d’un accord. Vladimir Medinsky, qui dirigeait la délégation russe, avait même évoqué des avancées significatives.
Puis tout s’est effondré. La version du Kremlin, répétée depuis par Poutine lui-même, accuse l’ancien Premier ministre britannique Boris Johnson d’avoir torpillé l’accord en se rendant à Kiev le 10 avril 2022 pour convaincre Zelensky de ne pas signer. La vérité est sans doute plus nuancée, mais le fait demeure : une fenêtre d’opportunité s’est refermée, et des centaines de milliers de morts plus tard, nous nous retrouvons à discuter des mêmes questions, avec un rapport de force profondément modifié.
Les tentatives de mai 2025 de relancer des pourparlers à Istanbul ont elles aussi échoué. Zelensky avait invité Poutine à le rencontrer « personnellement » dans la métropole turque. Le Kremlin a refusé le déplacement de son président, envoyant à la place Medinsky, le même négociateur qu’en 2022. Zelensky a qualifié ces négociations de « performance politique » et de « diplomatie artificielle » visant à gagner du temps.
Abu Dhabi : les premiers pas d'une nouvelle ère diplomatique
Les pourparlers trilatéraux des 23 et 24 janvier 2026 aux Émirats arabes unis marquent néanmoins une rupture avec les impasses précédentes. Pour la première fois depuis février 2022, des représentants de Moscou et de Kiev se sont retrouvés dans le même pays, au même moment, pour discuter d’un plan de paix structuré.
La configuration des délégations était révélatrice des priorités de chaque partie. Du côté américain, Steve Witkoff, émissaire spécial de Donald Trump, était accompagné de Jared Kushner, gendre du président et conseiller influent, ainsi que du secrétaire à l’Armée Dan Driscoll et du général Alexus Grynkewich, commandant suprême de l’OTAN. Une délégation de poids qui témoigne de l’engagement personnel de Trump dans ce dossier.
La Russie a envoyé l’amiral Igor Kostyukov, chef du renseignement militaire (GRU), à la tête d’une délégation essentiellement composée de militaires. Kirill Dmitriev, envoyé de Poutine pour les questions économiques, a mené des discussions parallèles avec Witkoff sur les aspects financiers d’un éventuel accord. L’Ukraine était représentée par Roustem Oumerov, chef du Conseil national de sécurité et de défense, accompagné du chef d’état-major Andriï Hnatov et de Kyrylo Boudanov, chef du renseignement militaire ukrainien.
Ces pourparlers avaient été précédés d’une rencontre marathon entre Witkoff, Kushner et Vladimir Poutine lui-même, au Kremlin, dans la nuit du 22 au 23 janvier. Près de quatre heures de discussions qui, selon les sources américaines, n’ont pas permis de résoudre les points de blocage principaux, mais ont ouvert la voie aux discussions d’Abu Dhabi.
Les deux jours de négociations se sont achevés sans accord, mais avec un engagement mutuel à poursuivre le dialogue. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié les échanges de « constructifs » tout en soulignant qu’un « travail significatif » restait à accomplir. Zelensky, dans son allocution du soir, a confirmé que de nouvelles rencontres étaient prévues pour le 1er février.
Le plan en 20 points : une architecture fragile
Au coeur des négociations actuelles se trouve un document-cadre en 20 points, élaboré depuis novembre 2025 sous l’impulsion de l’administration Trump. Selon Zelensky, ce plan est « à 90% agréé », les garanties de sécurité américano-ukrainiennes sont « à 100% convenues », et la dimension militaire est elle aussi finalisée.
Mais les 10% restants sont précisément les plus explosifs. Comme l’a souligné Sybiha, deux questions demeurent irrésolues : les territoires et la centrale nucléaire de Zaporizhzhia. Et c’est précisément pour trancher ces questions que Zelensky se dit prêt à rencontrer Poutine directement.
La structure envisagée pour l’accord final est également révélatrice des tensions sous-jacentes. Il ne s’agirait pas d’un traité trilatéral unique, mais de deux accords bilatéraux distincts : l’un entre les États-Unis et l’Ukraine, l’autre entre les États-Unis et la Russie. Cette architecture évite à Moscou et Kiev de signer ensemble un document commun, reflet de l’impossibilité actuelle d’une reconnaissance mutuelle directe.
Les garanties de sécurité promises à l’Ukraine constituent un élément central du dispositif. Les États-Unis, accompagnés d’environ 35 nations formant une « Coalition des volontaires », se sont engagés sur un cadre de 15 ans prévoyant une assistance militaire continue, la reconstruction des forces armées ukrainiennes et la mise en place d’un système de surveillance du cessez-le-feu. Zelensky affirme que ce document est « 100% prêt », même s’il reste à le signer formellement.
Zaporizhzhia : l'épée de Damoclès nucléaire
Si la question territoriale mobilise l’essentiel de l’attention médiatique, le dossier de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia est peut-être plus critique encore pour la sécurité européenne. Cette installation, la plus grande centrale nucléaire d’Europe avec ses six réacteurs, est occupée par les forces russes depuis mars 2022. Et depuis près de quatre ans, elle constitue une source d’inquiétude majeure pour l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Les chiffres donnent le vertige. Avant la guerre, la centrale disposait de dix lignes électriques pour assurer son alimentation. Aujourd’hui, il n’en reste que deux, dont une seule véritablement fonctionnelle. Le 13 décembre 2025, le site a perdu pour la douzième fois toute alimentation électrique externe, contraignant les opérateurs à démarrer les générateurs diesel d’urgence pour maintenir le refroidissement des réacteurs.
Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, ne cesse de tirer la sonnette d’alarme : « La situation en matière de sûreté et de sécurité nucléaires ne s’améliore clairement pas. Au contraire, les risques augmentent. » Certes, les réacteurs sont à l’arrêt depuis plus de trois ans, ce qui réduit le niveau de danger par rapport à une centrale en fonctionnement. Mais en cas de panne prolongée de tous les systèmes d’alimentation, y compris les générateurs diesel, le combustible nucléaire pourrait entrer en fusion si l’électricité n’était pas rétablie à temps.
L’instabilité persistante du réseau électrique ukrainien, régulièrement ciblé par les frappes russes, aggrave encore cette vulnérabilité. L’AIEA a négocié des cessez-le-feu localisés autour de la centrale pour permettre des réparations essentielles, mais ces accords restent fragiles et temporaires.
Pour l’Ukraine, reprendre le contrôle de Zaporizhzhia est une question de souveraineté autant que de sécurité. Pour la Russie, cette centrale représente un levier de pression considérable et un symbole de son emprise sur le territoire ukrainien. Résoudre ce contentieux nécessitera vraisemblablement une solution créative, peut-être une forme d’administration internationale temporaire ou un accord de démilitarisation de la zone.
La question territoriale : le noeud gordien
Aussi complexe que soit le dossier nucléaire, c’est la question des territoires qui constitue le véritable noeud gordien des négociations. La Russie occupe actuellement environ 20% du territoire ukrainien, incluant la Crimée (annexée en 2014), une grande partie du Donbass (régions de Donetsk et Louhansk), ainsi que des portions significatives des régions de Zaporizhzhia et Kherson.
La position officielle du Kremlin, réaffirmée par Dmitri Peskov après les pourparlers d’Abu Dhabi, est que l’Ukraine doit céder l’intégralité des quatre régions que la Russie prétend avoir annexées en septembre 2022, y compris les portions qu’elle ne contrôle pas militairement. Concrètement, cela signifierait que Kiev devrait abandonner environ 5 000 kilomètres carrés supplémentaires de territoire dans le Donetsk, une région que l’Ukraine défend bec et ongles.
Pour Zelensky et l’écrasante majorité de l’opinion publique ukrainienne, une telle concession est impensable. Céder des territoires à l’agresseur reviendrait à valider le principe selon lequel les frontières internationales peuvent être modifiées par la force, un précédent aux conséquences incalculables pour l’ordre mondial.
Steve Witkoff a affirmé, avant les pourparlers d’Abu Dhabi, que les négociations n’achoppaient plus que sur « une seule question » et que celle-ci était « résoluble ». Cette déclaration optimiste contraste avec la réalité des positions affichées par les deux parties. À moins que les États-Unis n’aient obtenu en coulisses des assurances qui n’ont pas été rendues publiques, l’écart entre les demandes russes et les lignes rouges ukrainiennes semble encore considérable.
L'ombre de Trump sur les négociations
L’implication personnelle de Donald Trump dans ce processus de paix est à la fois un atout et une source d’incertitude. Le président américain, qui avait promis durant sa campagne de mettre fin à la guerre « en 24 heures », a manifestement revu ses ambitions à la baisse. Mais son engagement reste total, comme en témoigne l’envoi de ses proches collaborateurs, y compris son propre gendre, pour mener les négociations.
Trump n’hésite pas à user de son style caractéristique pour faire pression sur les deux parties. Lors du Forum économique mondial de Davos, il a déclaré que Poutine et Zelensky seraient « stupides » de ne pas signer un accord de paix. Une formulation peu diplomatique, mais qui traduit une volonté de pousser les protagonistes vers un compromis, quitte à malmener les sensibilités.
Plus inquiétante pour Kiev est la tendance de Trump à sembler parfois s’aligner sur les positions du Kremlin. Lors d’une conférence de presse en février 2025, le président américain avait affirmé que « l’expansion de l’OTAN vers l’Est avait provoqué la Russie et mené à la guerre en Ukraine », reprenant presque mot pour mot la rhétorique de Poutine. Il avait également suggéré que Kiev portait une part de responsabilité dans le conflit.
Plus récemment, Trump a déclaré penser que Poutine était « prêt à conclure un accord », mais que « l’Ukraine est moins prête à le faire ». Ce type de déclaration, même s’il relève probablement de la tactique de négociation, alimente les craintes ukrainiennes d’être poussées vers un accord défavorable par leur principal allié.
Pour autant, l’administration Trump a également fourni des garanties substantielles à Kiev. Le plan de sécurité de 15 ans, les engagements de la Coalition des volontaires, la poursuite de l’aide militaire : autant d’éléments qui témoignent d’une volonté américaine de ne pas abandonner l’Ukraine à son sort.
L'Europe face à ses responsabilités
Dans ce grand jeu diplomatique, l’Europe apparaît singulièrement absente. Les pourparlers d’Abu Dhabi étaient trilatéraux : États-Unis, Russie, Ukraine. L’Union européenne, malgré ses déclarations de solidarité et ses milliards d’euros d’aide, n’était pas à la table des négociations.
Cette absence est d’autant plus préoccupante que l’enjeu de ces discussions dépasse largement le sort de l’Ukraine. Ce qui se joue, c’est l’avenir de la sécurité européenne pour les décennies à venir. Le président polonais Karol Nawrocki l’a dit sans ambages : « Qu’un accord de paix soit signé ou non, la Russie restera une menace pour l’Europe. »
Les services de renseignement européens partagent cette analyse. Le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, a averti en novembre 2025 que la Russie pourrait « tester les limites françaises et européennes d’ici 3 à 4 ans », avec un risque de « choc » violent. Les ambitions de Moscou, rappelle-t-il, ne se limitent pas à l’Ukraine. Les pays baltes, considérés comme le talon d’Achille de l’OTAN, pourraient être les prochaines cibles.
Dans ce contexte, laisser les États-Unis négocier seuls avec la Russie le sort du continent européen relève de l’inconscience stratégique. Les garanties de sécurité promises à l’Ukraine seront-elles effectivement mises en oeuvre si la Russie viole un éventuel accord ? Les Européens sont-ils prêts à défendre les principes qu’ils proclament, ou se contenteront-ils de regarder Washington décider de leur avenir ?
L’heure est venue pour l’Europe de prendre ses responsabilités. Cela signifie renforcer drastiquement ses capacités de défense, développer une véritable autonomie stratégique, et s’assurer une place à la table des négociations. L’avenir de la sécurité européenne ne peut pas être décidé uniquement entre Washington et Moscou.
Le spectre de Minsk
Pour les observateurs avertis, les négociations actuelles rappellent douloureusement les accords de Minsk de 2014 et 2015, censés mettre fin au conflit dans le Donbass. Ces accords, jamais véritablement appliqués, ont permis à la Russie de maintenir une pression constante sur l’Ukraine tout en gagnant du temps pour préparer l’invasion de 2022.
Le risque existe qu’un nouvel accord, même signé en grande pompe, ne soit qu’un intermède avant une reprise des hostilités. C’est pourquoi les garanties de sécurité sont si cruciales. Sans mécanisme crédible de dissuasion et de réponse en cas de violation, tout accord de paix ne sera qu’un bout de papier.
Zelensky en est parfaitement conscient. Son insistance sur des garanties de sécurité robustes, impliquant non seulement les États-Unis mais aussi les Européens, vise précisément à éviter de répéter l’erreur de Minsk. L’Ukraine ne peut pas se permettre de signer un accord qui la laisserait vulnérable à une nouvelle agression dans quelques années.
Le face-à-face qui pourrait tout changer
Revenons à la proposition initiale de Zelensky : une rencontre directe avec Poutine pour trancher les questions des territoires et de Zaporizhzhia. Cette offre, si elle se concrétisait dans des conditions acceptables pour les deux parties, pourrait effectivement débloquer une situation apparemment inextricable.
Les sommets entre dirigeants ont parfois produit des résultats que des mois de négociations techniques n’avaient pas réussi à obtenir. La rencontre entre Reagan et Gorbatchev à Reykjavik en 1986, bien qu’elle n’ait pas abouti immédiatement, avait ouvert la voie à la fin de la Guerre froide. Plus proche de nous, les accords d’Abraham entre Israël et plusieurs pays arabes ont été rendus possibles par l’implication directe des dirigeants concernés.
Un face-à-face Zelensky-Poutine, s’il avait lieu, serait chargé d’une intensité dramatique considérable. D’un côté, le comédien devenu président de guerre, symbole de la résistance ukrainienne, dont le pays subit depuis près de quatre ans une agression d’une violence inouïe. De l’autre, le maître du Kremlin, ancien officier du KGB, responsable de la plus grande guerre en Europe depuis 1945, objet d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.
Ces deux hommes incarnent deux visions irréconciliables du monde. Pour Zelensky, l’Ukraine est une nation souveraine dont le destin appartient à son peuple, et qui a le droit de choisir librement ses alliances. Pour Poutine, l’Ukraine fait partie de la sphère d’influence naturelle de la Russie, et son rapprochement avec l’Occident constitue une menace existentielle qu’il fallait empêcher par tous les moyens.
Peuvent-ils trouver un terrain d’entente ? L’histoire nous enseigne que les compromis les plus improbables sont parfois possibles quand les circonstances l’exigent. La lassitude de la guerre, la pression internationale, les calculs politiques internes : autant de facteurs qui pourraient pousser les deux dirigeants vers un accord, même imparfait.
Vers une paix juste ou une capitulation déguisée
La grande question qui se pose est celle de la nature de l’accord qui pourrait émerger de ces négociations. S’agira-t-il d’une paix juste, qui respecte les principes du droit international et la souveraineté ukrainienne ? Ou d’une capitulation déguisée, qui récompenserait l’agression russe et établirait un précédent dangereux pour l’ordre mondial ?
Les signaux sont contradictoires. D’un côté, l’implication américaine et les garanties de sécurité promises suggèrent que l’Occident n’abandonnera pas l’Ukraine. De l’autre, les pressions pour parvenir rapidement à un accord, quitte à faire des concessions sur les territoires, alimentent les craintes d’un compromis aux dépens de Kiev.
Pour l’Ukraine, les lignes rouges sont claires : pas de reconnaissance de l’annexion des territoires occupés, maintien de la perspective d’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN à terme, garanties de sécurité crédibles et contraignantes. Accepter moins serait trahir le sacrifice de centaines de milliers de soldats et de civils ukrainiens tombés pour défendre leur pays.
Pour la Russie, l’objectif minimal semble être la reconnaissance de facto de ses conquêtes territoriales, la neutralisation de l’Ukraine en tant que menace stratégique, et la levée au moins partielle des sanctions économiques. Poutine ne peut pas se permettre de sortir de ce conflit sans pouvoir revendiquer une forme de victoire devant son opinion publique.
Entre ces positions, l’espace pour un compromis acceptable par tous est étroit. Mais il existe peut-être. Des solutions créatives sur le statut des territoires contestés, une période de transition pour Zaporizhzhia, des mécanismes de sécurité innovants : les négociateurs devront faire preuve d’imagination pour trouver des formules qui permettent à chaque partie de sauver la face.
Conclusion : l'heure de vérité approche
Nous sommes à un moment charnière de l’histoire européenne. Les prochaines semaines, avec les pourparlers prévus le 1er février et l’éventuelle rencontre Zelensky-Poutine, pourraient déterminer le cours des événements pour les années, voire les décennies à venir.
La proposition de Zelensky de rencontrer directement Poutine pour résoudre les questions les plus sensibles est un pari audacieux. Elle témoigne d’une volonté de prendre des risques pour mettre fin à un conflit dévastateur, mais elle expose aussi l’Ukraine à des pressions considérables pour accepter des compromis douloureux.
La réponse du Kremlin, avec son invitation piégée à Moscou, montre que la route vers la paix reste semée d’embûches. Poutine n’a manifestement pas renoncé à ses ambitions maximalistes, même s’il est peut-être prêt à les poursuivre par d’autres moyens que la guerre ouverte.
L’Europe, grande absente des négociations actuelles, doit impérativement se réveiller. Son avenir est en jeu, et elle ne peut pas se contenter de regarder Washington décider de son sort. Le renforcement des capacités de défense européennes, la solidarité avec l’Ukraine, l’affirmation d’une voix européenne dans les négociations : autant de chantiers urgents qui ne peuvent plus attendre.
Quant à nous, observateurs de ce drame historique, nous ne pouvons qu’espérer que la raison l’emportera sur la folie guerrière. Que les dirigeants sauront trouver le chemin d’une paix juste et durable. Et que les sacrifices consentis par le peuple ukrainien n’auront pas été vains.
L’histoire jugera. Mais l’histoire s’écrit maintenant, sous nos yeux, dans les salles de négociation d’Abu Dhabi, de Moscou et de Kiev. Le face-à-face Zelensky-Poutine, s’il a lieu, pourrait décider du sort de l’Europe. Prions pour qu’il soit à la hauteur des enjeux.
Signé Maxime Marquette
Sources
United24 Media – Zelenskyy Ready to Meet Putin to Resolve Territory and Zaporizhzhia Nuclear Plant Issues
TRT World – Ukraine says Zelenskyy ready to meet Putin over territories, nuclear plant in peace talks
Ukrinform – Zelensky ready to meet with Putin over two most sensitive issues
Anadolu Agency – Zelenskyy ready to meet with Putin to address sensitive issues in peace plan
Euronews – Abu Dhabi hosts Russia-Ukraine peace talks
Al Jazeera – Ukraine-Russia-US hold talks in Abu Dhabi
ABC News – Russia, Ukraine and US hold 1st trilateral talks since start of war
CNN – Ukraine hails first trilateral talks with Russia and US as constructive
IAEA – Update 333 Director General Statement on Situation in Ukraine
IAEA – Nuclear Safety, Security and Safeguards in Ukraine
NPR – U.S. offers Ukraine 15-year security guarantee as part of peace plan
CNBC – Abnormal hatred between Putin and Zelenskyy making it hard to reach peace deal
The Hill – Steve Witkoff touts progress in Russia, Ukraine peace talks
TRT Francais – Paix en Ukraine: Zelensky pret a rencontrer Poutine
La Nouvelle Tribune – La Russie invite Zelensky pour une rencontre avec Poutine a Moscou
7762739.html »>Franceinfo – Plan de paix en Ukraine nouvelles rencontres
Le Grand Continent – Dans la negociation sur Ukraine Poutine dupe Trump
192648.htm »>OTAN – Reponse de OTAN a invasion de Ukraine par la Russie
IFRI – Guerre en Ukraine un conflit arme entre la Russie et OTAN
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