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CHRONIQUE : Zlagoda, Grabovsky et les villages que le monde oublie de compter pendant que la carte de la guerre change en silence
Crédit: Adobe Stock

L’incursion de décembre et le rapt de cinquante-deux civils

Si Zlagoda représente l’avancée lente et méthodique, Grabovsky — également translittéré Hrabovske — incarne la brutalité frontale. Le 18 décembre 2025, environ cent soldats russes ont franchi la frontière et sont entrés dans ce village de l’oblast de Soumy, dans la communauté de Krasnopillia. Ce qui s’est passé ensuite relève du crime de guerre documenté. Les troupes russes ont rassemblé les habitants restants — principalement des personnes âgées qui avaient refusé l’évacuation — et les ont d’abord enfermes dans l’église locale. Puis elles les ont transportés de force en territoire russe. Le président Volodymyr Zelensky a confirmé que 52 civils, dont des personnes âgées de plus de 89 ans, ainsi que 13 militaires ukrainiens, avaient été capturés. Le ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiha a comparé cet acte aux méthodes de Daech et du Hamas. Le Statut de Rome qualifie ce type d’acte de crime de guerre (article 8) et, en raison de son caractère systématique, de crime contre l’humanité (article 7). L’image de ces personnes âgées, poussées hors de leur propre église vers un pays envahisseur, devrait hanter chaque conscience. Elle ne le fait pas. Et c’est peut-être le crime le plus silencieux de cette guerre.

Le minage de Grabovsky et l’échec de l’avancée vers Riasne

Après l’incursion initiale, les forces russes avaient un objectif tactique clair : progresser depuis Grabovsky vers le village voisin de Riasne. Cet objectif a échoué. Comme l’a expliqué Viktor Trehubov, porte-parole militaire ukrainien : « Ils sont entrés et procèdent au minage à distance pour empêcher les contre-attaques ukrainiennes. Il semble qu’ils aient prévu d’avancer plus loin dans Soumy, mais cela n’a pas fonctionné. » La Russie a donc recouru au minage à distance du village de Grabovsky, le transformant en un piège mortel plutôt qu’en un tremplin stratégique. Les forces ukrainiennes ont lancé des contre-attaques depuis Riasne et Taratoutino, mais sans succès. Après deux semaines de consolidation, le ministère russe de la Défense a officiellement annoncé la « libération » de Grabovsky le 5 janvier 2026. L’expert militaire Pavlo Narozhnyi estime toutefois que Grabovsky et Riasne ne présentent pas d’importance stratégique majeure. L’incursion visait plutôt à intimider la population et à servir de diversion. Mais comment peut-on qualifier de « diversion » une opération qui déporte 52 êtres humains ? Quand la tactique militaire engloutit la dignité humaine, les mots eux-mêmes perdent leur sens.

Mini éditorial. Le général Guerassimov s’est vanté de la prise de deux petits villages ruraux frontaliers comme preuve de succès militaires significatifs. Saisissons l’absurdité : la deuxième armée du monde, dotée d’un arsenal nucléaire, brandit la capture de hameaux habités par des retraités octogénaires comme un trophée de guerre. Ce n’est pas de la puissance militaire. C’est l’aveu d’une stratégie d’épuisement qui confond la terre conquise et la guerre gagnée. Les villages ne sont pas des victoires. Ce sont des blessures.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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