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ÉDITORIAL : 180 assauts russes en une matinée, et le front ukrainien refuse de plier
Crédit: Adobe Stock

77 tentatives russes sur un seul secteur

Le secteur de Pokrovsk est devenu l’incarnation même de cette guerre d’usure. 77 assauts lancés depuis l’aube du 29 janvier, dont 65 déjà repoussés par les défenseurs ukrainiens au moment du rapport. Les combats se concentrent autour de Rodynske, Kotlyne, Udachne, Molodetske, Filiia, Serhiivka et Novopidhorodnie. C’est un pilonnage méthodique. Les forces russes envoient des vagues d’infanterie, une après l’autre, avec une logique glaçante : submerger par le nombre, épuiser par la répétition, avancer mètre par mètre sur les cadavres de ceux qui précèdent. Depuis la chute d’Avdiivka en février 2024, l’offensive russe vers Pokrovsk a parcouru un peu moins de 50 kilomètres. En presque deux ans. L’avancée moyenne : 70 mètres par jour. Soixante-dix mètres payés au prix du sang.

Le commandement opérationnel Skhid (Est) confirme que les forces ukrainiennes tiennent encore des positions dans le nord de Pokrovsk, malgré les affirmations de la presse indépendante ukrainienne qui, dès décembre 2025, évoquait une consolidation russe sur la majeure partie des ruines de Pokrovsk et Myrnohrad. L’épicentre des combats s’est déplacé vers Rodynske et Krasnyi Liman, au nord de la ville. Ce qui était autrefois un hub logistique stratégique est devenu un paysage lunaire où chaque bâtiment effondré devient une position à défendre ou à prendre. Selon le CSIS (Centre d’études stratégiques et internationales), l’offensive de Pokrovsk illustre la nature fondamentalement attritionelle de cette guerre : des gains microscopiques obtenus au prix de pertes massives, sans percée décisive, sans manœuvre mécanisée restaurée, sans effondrement rapide de la ligne de front.

Soixante-dix mètres par jour. Je laisse ce chiffre infuser. Soixante-dix mètres. La longueur d’un terrain de football. C’est ça, le rythme de cette offensive russe qui devait, rappelons-le, conquérir l’Ukraine « en trois jours ». Sauf que chaque mètre est payé en vies. Des vies de gamins de vingt ans envoyés en première ligne, des vies de réservistes mobilisés qui n’avaient jamais tenu une arme. Et en face, des défenseurs qui savent que chaque mètre cédé, c’est un mètre de plus à reconquérir un jour. À quel moment cette arithmétique de l’horreur cesse-t-elle d’avoir un sens ?

Ce que Pokrovsk représente au-delà des tranchées

Pokrovsk n’est pas qu’un point sur une carte militaire. C’est un nœud ferroviaire, un carrefour logistique dont la prise complète donnerait aux forces russes un avantage opérationnel considérable dans la poursuite de leur objectif déclaré : la conquête totale de l’oblast de Donetsk. Le Kremlin a fait de cette région sa priorité absolue pour 2026. Après Pokrovsk et Myrnohrad, les analystes de l’ISW (Institute for the Study of War) anticipent les prémices de la bataille de Kostiantynivka, suivie d’une longue guerre d’attrition pouvant mener, en fin d’année, à la bataille de Slaviansk et Kramatorsk — les deux dernières grandes villes ukrainiennes du Donbass. L’enjeu dépasse la géographie. C’est l’identité même de l’Ukraine orientale qui se joue dans ces décombres.

Les données de l’ISW pour les quatre semaines se terminant le 13 janvier 2026 montrent que les forces russes ont gagné 79 miles carrés de territoire ukrainien — en baisse par rapport aux 215 miles carrés de la période précédente. En 2025, la Russie avançait en moyenne de 171 miles carrés par mois. Le ralentissement est réel, mais il ne signifie pas l’arrêt. L’armée russe continue de déployer des formations considérables sur toute la ligne de contact, compensant la qualité par la quantité, la stratégie par la brutalité. C’est une guerre où l’on mesure les gains en pas d’homme, et les pertes en générations.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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