La construction patiente d’un arsenal sans precedent
Depuis fevrier 2022, l’Union europeenne a adopte dix-neuf paquets de sanctions successifs contre la Russie, constituant le regime de mesures restrictives le plus etendu jamais impose a un pays dans l’histoire de l’Union. Le 19e paquet, adopte le 23 octobre 2025, a marque une nouvelle etape decisive. Il interdit l’achat, l’importation et le transfert de GNL (gaz naturel liquefie) originaire de Russie ou exporte depuis son territoire, avec une entree en vigueur echelonnee : 25 avril 2026 pour les nouveaux contrats et 1er janvier 2027 pour les contrats a long terme anterieurs au 17 juin 2025. Les exemptions energetiques qui protégeaient encore les importations de Rosneft et Gazprom Neft ont ete supprimees. Pour la premiere fois, le paquet a explicitement inclus les plateformes de cryptomonnaies dans le perimetre des sanctions, interdisant aux operateurs de fournir tout service de crypto-actifs aux ressortissants, residents ou entites juridiques enregistrees en Russie. Les branches europeennes des grands exchanges mondiaux doivent desormais se conformer a cette interdiction, fermant un canal de contournement que Moscou exploitait avec une creativite croissante.
Du systeme financier a l’intelligence artificielle, un etau sectoriel
L’extension de l’interdiction transactionnelle au Systeme national de paiement par carte Mir, au Systeme de paiements rapides (SBP) et au systeme de messagerie financiere SPFS — l’alternative russe a SWIFT — illustre la volonte europeenne de verrouiller chaque porte de sortie du systeme financier russe. L’entree en vigueur de cette mesure, fixee au 25 janvier 2026, coincide presque jour pour jour avec la date de cette publication. Mais l’innovation la plus saisissante du 19e paquet se situe peut-etre dans un domaine inattendu : les services d’intelligence artificielle. Bruxelles a etendu les restrictions aux services spatiaux commerciaux — observation terrestre et navigation par satellite — et surtout a l’acces aux modeles et plateformes d’IA. En coupant la Russie des outils technologiques les plus avances de notre epoque, l’Europe ne cherche plus seulement a affaiblir l’economie de guerre russe : elle vise a handicaper structurellement la capacite du pays a innover, a se moderniser, a rester competitif dans la course technologique mondiale. C’est une forme de sanction existentielle, dont les effets ne se mesureront pleinement que dans dix ou vingt ans.
Mini-editorial.perseverance institutionnellestrategie de contournementorganisme vivant
La flotte fantome, ces navires que l'Europe traque a travers les oceans
Un reseau maritime obscur au service de l’economie de guerre
Imaginez un instant : des centaines de petroliers vieillissants, souvent depourvus d’assurance adequate, naviguant sous des pavillons de complaisance, changeant regulierement de nom et de proprietaire, transportant du petrole brut russe a travers les oceans du globe pour contourner le plafonnement des prix impose par le G7. C’est la realite de la « flotte fantome » russe, un reseau maritime clandestin qui constitue l’un des mecanismes de contournement les plus sophistiques jamais mis en place par un Etat sanctionne. Le 19e paquet de sanctions a interdit l’acces aux ports europeens et la fourniture de services lies au transport maritime pour 189 navires supplementaires identifies comme faisant partie de cette flotte. En decembre 2025, 43 autres navires ont ete ajoutes a la liste. Au total, des centaines de batiments sont desormais formellement designes. Le prix du petrole russe brut Oural est tombe a environ 47,60 dollars le baril, bien en dessous du plafond du G7 fixe a 60 dollars, signe que la pression combinee des sanctions, de la traque de la flotte fantome et de la conjoncture mondiale commence a comprimer les revenus petroliers du Kremlin.
Les figures de l’ombre exposees a la lumiere
Le 10 decembre 2025, les ambassadeurs de l’UE ont decide d’ajouter de nouveaux noms a la liste noire europeenne. Parmi les cibles les plus significatives figure Talat Safarov, homme d’affaires azerbaidjanais, PDG du groupe 2Rivers, une societe de negoce petrolier basee aux Emirats arabes unis, accusee de dissimuler l’origine reelle des cargaisons de petrole russe provenant de Rosneft. Son inscription sur la liste illustre une tendance majeure : l’Europe ne se contente plus de sanctionner des entites russes. Elle s’attaque desormais aux intermediaires, aux facilitateurs, aux hommes de l’ombre qui permettent au systeme de contournement de fonctionner, qu’ils soient azerbaidjanais, emiratis ou d’ailleurs. Les sanctions ont egalement frappe Dmitry Suslov, Fiodor Loukianov et Andrei Sushentsov, trois analystes de politique etrangere lies au club de discussion Valdai, accuses de diffuser de la desinformation pro-Kremlin, ainsi que plusieurs officiers du GRU impliques dans des cyberattaques contre l’Ukraine et des Etats membres de l’UE. Le message est limpide : la guerre informationnelle et la guerre cybernetique sont desormais traitees au meme niveau que la guerre economique.
L'economie russe, entre facade de resilience et fissures structurelles
Les chiffres derriere le discours officiel du Kremlin
Pendant plus de deux ans, le recit dominant sur les sanctions occidentales a oscille entre deux extremes : ceux qui predisaient un effondrement rapide de l’economie russe et ceux qui affirmaient avec assurance que les sanctions « ne fonctionnaient pas ». La realite de 2025, telle que les donnees la dessinent, se situe dans un territoire bien plus inquietant pour Moscou que ne le laissent croire les communiques triomphalistes du Kremlin. La croissance du PIB reel a chute a 1,1 % en glissement annuel au deuxieme trimestre 2025, apres un modeste 1,4 % au premier trimestre. Les indices PMI des services et de l’industrie manufacturiere sont entres en zone de contraction. La Banque mondiale a revise ses previsions a la baisse, anticipant desormais une croissance de seulement 0,9 % en 2025, 0,8 % en 2026 et 1 % en 2027. En termes cumules, le PIB reel russe est estime inferieur d’environ 12 % a ce qu’il aurait ete sans les sanctions, representant une perte cumulee superieure a 1 600 milliards de dollars. La banque centrale russe a porte ses taux d’interet a 21 % pour tenter de juguler une inflation qui erode le pouvoir d’achat et deprime la demande interieure.
L’impasse de l’economie de guerre
Vous pourriez objecter, et vous n’auriez pas entierement tort, que la Russie a malgre tout evite l’effondrement. C’est vrai. Mais a quel prix ? Les depenses militaires ont pratiquement double, passant de 3 a 4 % du PIB en 2019-2021 a un niveau projete de 6,2 % du PIB en 2025. La production industrielle liee a la guerre a bondi d’environ 50 %, tandis que le reste de l’economie stagne. C’est la definition meme d’une economie de guerre : un systeme qui cannibalise ses ressources civiles pour alimenter sa machine militaire. Le deficit budgetaire pour les sept premiers mois de 2025 a atteint environ 4 879 milliards de roubles, soit 2,2 % du PIB. Les recettes fiscales petrolieres de juillet ont plonge a 885,2 milliards de roubles, en baisse de 34 % sur un an. Les reserves liquides du Fonds souverain national ne s’elevaient plus qu’a 3 270 milliards de roubles en avril 2025. Environ 70 % des actifs du systeme bancaire russe sont desormais sous sanctions. La Russie est coupee des marches financiers internationaux, et son marche obligataire domestique est pratiquement gele par les taux d’interet prohibitifs. Comment appeler cela de la « resilience » ? C’est une survie sous perfusion militaire, dont le cout a long terme se comptera en decennies de developpement perdu.
Mini-editorial.indicateurs macroeconomiquestechnologiquement appauvriedemographiquement affaiblieindustriellement desequilibreemaladie chronique
Les 210 milliards geles, une epee de Damocles au-dessus du Kremlin
Le tresor immobilise de la banque centrale russe
Voici un chiffre qui merite d’etre contemple dans toute sa demesure : 289,5 milliards d’euros d’actifs souverains russes sont geles par les pays occidentaux depuis le debut de l’invasion. Sur ce total, 209 milliards d’euros se trouvent dans l’Union europeenne, dont 193 milliards chez Euroclear, le depositaire central de titres base en Belgique. En 2024, ces actifs ont genere plus de 6 milliards d’euros d’interets, dont pres de 5 milliards ont ete transferes a l’Ukraine. En 2025, la baisse des taux de la BCE a reduit ce rendement a 3,9 milliards d’euros, mais 2,6 milliards ont neanmoins ete reverses a la Commission europeenne au titre du mecanisme de « contribution exceptionnelle ». La Belgique, de son cote, preleve un impot sur les societes de 25 % sur les benefices d’Euroclear lies a la detention de ces reserves, ce qui a rapporte 1,7 milliard d’euros en 2024, integralement flechés vers l’Ukraine. Ces revenus constituent un flux financier regulier, mais la vraie question, celle qui hante les couloirs de Bruxelles et les chancelleries europeennes, est tout autre : peut-on aller plus loin et utiliser le capital lui-meme ?
Le pret de reparation, entre ambition historique et obstacles juridiques
En septembre 2025, la presidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a propose un concept inedit dans l’histoire des relations internationales : un « pret de reparation » pour l’Ukraine, adosse aux actifs russes geles, pouvant atteindre 210 milliards d’euros. L’idee est revolutionnaire : l’Ukraine emprunterait sur la base d’actifs appartenant a son agresseur, et ne rembourserait le pret que lorsque la Russie aurait paye ses reparations de guerre. La repartition indicative prevoit 95 milliards pour l’assistance macrofinanciere, dont 45 milliards pour le remboursement des prets du mecanisme ERA du G7, et 115 milliards pour soutenir les capacites industrielles de defense de l’Ukraine. En decembre 2025, le Conseil europeen a approuve un soutien de 90 milliards d’euros pour l’Ukraine en 2026-2027, le president du Conseil, Antonio Costa, declarant : « Nous nous sommes engages, nous avons tenu. » Mais les obstacles restent colossaux. La Hongrie, la Slovaquie et la Republique tcheque s’y opposent. La Banque centrale de Russie a deja depose une plainte reclamant des milliards de dommages a Euroclear. Aucun pays de la coalition n’a encore ose franchir le pas de la confiscation pure et simple des reserves, par crainte d’eroder les normes internationales sur l’inviolabilite des actifs souverains. L’epee reste suspendue.
Le regard depuis Ankara, entre deux mondes que tout oppose
La Turquie, alliee de l’OTAN et partenaire commerciale de Moscou
La source de cette information — le quotidien turc Cumhuriyet — n’est pas anodine. La Turquie occupe une position singuliere et fascinante dans ce conflit : membre de l’OTAN, candidate a l’adhesion a l’Union europeenne, fournisseur de drones Bayraktar a l’Ukraine, defenseur declaree de l’integrite territoriale ukrainienne et non-reconnaisseuse de l’annexion de la Crimee… mais aussi seul membre de l’OTAN a n’avoir adopte aucune sanction contre la Russie. Le commerce bilateral turco-russe a plus que double depuis 2022, culminant a 68 milliards de dollars cette annee-la avant de se stabiliser a 46 milliards en 2024. Le petrole brut russe a represente environ les deux tiers des importations petrolieres turques durant la majeure partie de 2024. Les raffineries STAR et Tupras ont traite des milliards d’euros de brut russe, reexportant des produits raffines vers des pays appliquant les sanctions. Le Parlement europeen a note, avec une exasperation a peine voilee, que le taux d’alignement de la Turquie sur la politique etrangere et de securite commune de l’UE, y compris les sanctions, est tombe a 5 %, le plus bas de tous les pays candidats a l’adhesion.
L’opportunisme strategique eleve au rang de doctrine
Faut-il condamner Ankara pour ce grand ecart permanent ? La reponse depend de la grille de lecture adoptee. Du point de vue occidental, la Turquie est un maillon faible de la coalition antisanctions, un facilitateur objectif du contournement russe, voire une plaque tournante pour les flux commerciaux illicites. Du point de vue turc, la politique d’autonomie strategique revendiquee par Ankara est une necessite vitale pour un pays qui se situe a la charniere geographique entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie centrale. La Turquie ne pretend appartenir ni a l’Occident stricto sensu, malgre son ancrage otanien et sa candidature europeenne, ni au Sud global, malgre sa demande d’adhesion aux BRICS. Elle revendique un entre-deux que certains qualifient de « diplomatie d’opportuniste adaptatif ». L’ajout de la Russie a la liste noire AML de l’UE aura des consequences indirectes mais reelles sur Ankara : les institutions financieres de pays tiers, y compris turques, devront desormais composer avec un risque reglementaire accru dans leurs transactions avec des entites russes, sous peine de compromettre leurs relations avec les banques europeennes. L’etau ne se referme pas seulement sur la Russie ; il exerce une pression centripete sur tous ceux qui commercent avec elle.
Mini-editorial.1999relation Ankara-Bruxellesdiplomatie par les sanctionsmaillon le plus faible
Les fissures internes, quand l'unanimite europeenne vacille
Budapest et Bratislava, les voix discordantes du concert europeen
Ne nous bercons pas d’illusions : l’unite europeenne sur les sanctions, si elle a tenu remarquablement depuis fevrier 2022, n’est pas un bloc monolithique. La Hongrie de Viktor Orban et la Slovaquie de Robert Fico constituent les deux voix les plus persistantes de la dissidence interne. Lors des negociations de renouvellement des sanctions en decembre 2025, les deux pays ont demande le retrait de certains noms de la liste noire. Ils n’ont pas ete jusqu’a bloquer l’adoption du paquet — le mecanisme de vote a la majorite qualifiee les en empeche sur la plupart des mesures –, mais leur opposition systematique impose des concessions, des exemptions, des negociations prolongees qui diluent parfois la portee des mesures adoptees. Le Conseil de l’UE a neanmoins reussi a prolonger les sanctions economiques jusqu’au 31 juillet 2026 et les sanctions ciblant les menaces hybrides russes jusqu’au 9 octobre 2026. L’edifice tient. Mais chaque renouvellement est un combat politique, une negociation epuisante ou la solidarite europeenne est mise a l’epreuve par les interets nationaux divergents.
L’ombre americaine et le spectre d’un desengagement transatlantique
A ces tensions internes s’ajoute une incertitude bien plus lourde de consequences : l’evolution de la posture americaine. Depuis le debut de l’annee 2025, la politique de sanctions des Etats-Unis s’est majoritairement reorientee vers l’Iran, les stupefiants et la cyberactivite, relegant la Russie au second plan. Le 12 fevrier 2025, le president Trump a annonce que des negociations pour mettre fin a la guerre commenceraient « immediatement », et le secretaire d’Etat Marco Rubio a indique que l’allegement des sanctions pourrait constituer une concession dans le cadre d’un reglement negocie. Pour l’Europe, ce scenario represente un cauchemar strategique : que se passerait-il si Washington decidait unilateralement de lever ses sanctions contre la Russie dans le cadre d’un accord de paix que l’Europe jugerait insuffisant ? L’architecture transatlantique des sanctions, construite pierre par pierre depuis 2022, pourrait se fissurer par le haut. L’inscription de la Russie sur la liste noire AML europeenne prend alors une dimension supplementaire : c’est aussi une maniere pour Bruxelles de graver dans le marbre reglementaire des mesures qui ne dependent pas du bon vouloir de Washington, une assurance-vie institutionnelle contre un eventuel revirement americain.
Le contournement, cette guerre dans la guerre que l'Europe peine a remporter
Les routes de la transgression, de Pekin a Dubai en passant par Tachkent
Soyons lucides : les sanctions, aussi elaborees soient-elles, ne fonctionnent jamais en vase clos. La Russie a deploye un ecosysteme de contournement d’une ampleur considerable, s’appuyant sur des pays tiers non-alignes — Chine, Inde, Emirats arabes unis, Turquie, Kazakhstan, Kirghizistan — pour maintenir ses flux d’importations de composants technologiques, de biens a double usage et de produits industriels essentiels a son effort de guerre. Le commerce de ces pays avec la Russie a spectaculairement augmente depuis 2022, de maniere inversement proportionnelle a la chute du commerce russo-europeen. Au troisieme trimestre 2025, le commerce UE-Russie est tombe a environ 13 milliards d’euros, son niveau le plus bas depuis 2002. Mais une partie de ce commerce s’est simplement deplacee vers des intermediaires situes dans des juridictions non sanctionnantes. Revelation recente et edifiante : en janvier 2026, un rapport a mis au jour un systeme postal clandestin — baptise « courrier de l’ombre » — operant depuis Berlin, exploitant les controles plus legers sur le courrier international pour acheminer des biens interdits vers Moscou. L’ingeniosite du contournement n’a d’egale que la determination de ceux qui en profitent.
La riposte europeenne, entre traque et cooperation avec les pays tiers
L’Europe est-elle condamnee a jouer au chat et a la souris indefiniment ? Pas necessairement. L’inscription de la Russie sur la liste noire AML constitue precisement un outil de pression indirecte sur les pays tiers. Desormais, toute institution financiere d’un pays non-europeen — qu’elle soit chinoise, indienne, emiratie ou turque — qui maintient des relations commerciales etroites avec des entites russes s’expose a un risque reglementaire accru dans ses interactions avec le systeme financier europeen. Les banques de ces pays devront effectuer des verifications renforcees sur toute transaction ayant un lien avec la Russie, sous peine de voir leurs relations de correspondance bancaire avec les institutions europeennes compromises. C’est un levier puissant, car l’acces au systeme financier de la zone euro reste infiniment plus precieux pour la plupart des economies emergentes que leurs echanges avec la Russie. Le Fonds monetaire international estime les besoins de l’Ukraine a 137 milliards d’euros pour 2026-2027. La Commission evalue les besoins du budget ukrainien 2026 a 43 milliards d’euros d’aide internationale, dont seulement 22 milliards etaient fermement confirmes en novembre 2025. Chaque euro que les sanctions empechent d’atteindre le tresor de guerre russe est un euro qui n’aura pas a etre mobilise par les contribuables europeens pour soutenir l’Ukraine. La logique est aussi simple que brutale.
Et maintenant, vers ou va cet etau qui ne cesse de se resserrer
Les scenarios d’un futur encore incertain
Ou en serons-nous dans un an ? La question merite d’etre posee avec la plus grande honnetete intellectuelle. Plusieurs trajectoires sont envisageables. Dans le scenario optimiste, les negociations de paix aboutissent, les sanctions deviennent un levier de negociation effectif, et leur levee progressive accompagne un retrait russe et un accord de securite credible pour l’Ukraine. Dans le scenario pessimiste, le conflit s’enlise, les Etats-Unis se desengagent unilateralement, l’Europe se retrouve seule a porter le poids des sanctions et du soutien a l’Ukraine, tandis que la Russie continue de contourner les mesures restrictives grace a ses partenaires alternatifs. Dans le scenario intermediaire — et probablement le plus vraisemblable –, les sanctions continuent de s’accumuler, le 20e puis le 21e paquet seront adoptes, le commerce UE-Russie poursuit sa chute vers des niveaux residuels, l’economie russe s’enfonce dans une stagnation chronique deguisee en economie de guerre, et l’Europe apprend, lentement mais surement, a vivre avec une Russie durablement hostile a ses frontieres orientales. La liste noire AML n’est pas un point final ; c’est un point de non-retour.
La finance comme prolongement de la guerre par d’autres moyens
Carl von Clausewitz ecrivait que la guerre est « la continuation de la politique par d’autres moyens ». Au XXIe siecle, la finance est devenue la continuation de la guerre par d’autres moyens. L’Europe l’a compris, peut-etre tardivement, mais avec une clarte desormais implacable. L’inscription de la Russie sur la liste noire du blanchiment d’argent n’est ni un caprice bureaucratique ni un geste symbolique. C’est une arme structurelle, concue pour s’inscrire dans la duree, pour survivre aux alternances politiques, pour resister aux pressions diplomatiques, pour agir silencieusement mais inexorablement sur le tissu economique d’un pays qui a choisi de faire la guerre a son voisin. L’etau financier europeen n’a pas la brutalite spectaculaire des missiles. Il n’a pas la visibilite mediatique des offensives terrestres. Mais il possede quelque chose que les armes conventionnelles n’ont pas : la patience. Et dans une guerre d’usure, c’est peut-etre la patience, plus que la puissance de feu, qui finira par avoir le dernier mot. L’histoire jugera si l’Europe a eu raison de miser sur cette arme silencieuse. Mais une chose est certaine : en ce jour de janvier 2026, la decision est prise, l’etau est serre, et la Russie, qu’elle le reconnaisse ou non, en ressent deja les effets dans chaque artere de son economie.
Signé Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise reside dans l’observation et l’analyse des dynamiques geopolitiques, economiques et strategiques qui faconnent notre monde. Mon travail consiste a decortiquer les strategies politiques, a comprendre les mouvements economiques globaux, a contextualiser les decisions des acteurs internationaux et a proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redefinissent nos societes.
Je ne pretends pas a l’objectivite froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je pretends a la lucidite analytique, a l’interpretation rigoureuse, a la comprehension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon role est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et strategique, et d’offrir une lecture critique des evenements.
Methodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits verifies et analyses interpretatives. Les informations factuelles presentees proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires verifiables.
Sources primaires : communiques officiels des gouvernements et institutions internationales, declarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, depeches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).
Sources secondaires : publications specialisees, medias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche etablies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).
Les donnees statistiques, economiques et geopolitiques citees proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’energie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monetaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interpretations et perspectives presentees dans les sections analytiques de cet article constituent une synthese critique et contextuelle basee sur les informations disponibles, les tendances observees et les commentaires d’experts cites dans les sources consultees.
Mon role est d’interpreter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques geopolitiques et economiques contemporaines, et de leur donner un sens coherent dans le grand recit des transformations qui faconnent notre epoque. Ces analyses refletent une expertise developpee a travers l’observation continue des affaires internationales et la comprehension des mecanismes strategiques qui animent les acteurs globaux.
Toute evolution ulterieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives presentees ici. Cet article sera mis a jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiees, garantissant ainsi la pertinence et l’actualite de l’analyse proposee.
Sources
Sources primaires
Cumhuriyet – AB’den Rusya karari: Kara listeye alindi – Janvier 2026
Commission europeenne – La Commission ajoute la Russie a la liste des juridictions a haut risque – 3 decembre 2025
Conseil de l’UE – Chronologie des sanctions contre la Russie – Mis a jour en continu
Conseil de l’UE – Prolongation des sanctions economiques – 22 decembre 2025
Conseil de l’UE – Impact des sanctions sur l’economie russe – 2025
Sources secondaires
Skadden – L’UE adopte le 19e paquet de sanctions – Novembre 2025
RFE/RL – Bruxelles ajoute de nouveaux noms a la liste noire – Decembre 2025
Carnegie Endowment – L’inclusion de la Russie sur la liste noire financiere de l’UE – Decembre 2025
OSW Centre for Eastern Studies – La Russie ajoutee a la liste noire AML de l’UE – 10 decembre 2025
Squire Patton Boggs – Inscrire le risque Russie dans le droit europeen – Decembre 2025
Atlantic Council – L’economie russe en 2025 : entre stagnation et militarisation – 2025
German Marshall Fund – Pourquoi les sanctions contre la Russie fonctionnent – 2025
Chatham House – L’economie « Forteresse Russie » face a la stagflation – Septembre 2025
Brookings – Statut des actifs souverains russes geles – 2025
Carnegie Endowment – La strategie europeenne sur les actifs russes – Octobre 2025
LSE – La diplomatie « opportuniste adaptative » de la Turquie avec la Russie – 30 juillet 2025
High North News – Comment la Turquie est devenue le bureau arriere des sanctions russes – 2025
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