Mais alors, pourrait-on arguer, peut-être que ces sacrifices titanesques permettent-ils au moins à la Russie d’accomplir ses objectifs militaires ? C’est ici que le rapport du CSIS devient véritablement accablant. Depuis 2022, les forces russes n’ont conquis que moins de 1,5 % du territoire ukrainien. En 2024, elles ont capturé environ 0,6 % de l’Ukraine, suivies d’un autre 0,8 % en 2025.
Entre début novembre 2025 et début janvier 2026, l’avancée russe s’est mesurée à environ 18,5 kilomètres, soit un rythme moyen de 297 mètres par jour. Pour les offensives les plus « glorieuses » de Moscou, comme celle de Pokrovsk, le rythme oscille entre 15 et 70 mètres quotidiens. Comme le note cruellement le rapport du CSIS, c’est « plus lent que presque toutes les grandes campagnes offensives de toutes les guerres du siècle dernier ».
Permettez-moi une comparaison historique qui devrait faire réfléchir les stratèges du Kremlin : l’offensive russe sur Pokrovsk avance plus lentement que les forces alliées lors de la bataille de la Somme en 1916, l’une des boucheries les plus absurdes de la Première Guerre mondiale. Quand votre performance militaire au XXIe siècle est moins impressionnante que celle d’armées utilisant des tactiques d’il y a plus d’un siècle, peut-être est-il temps de reconsidérer votre stratégie.
Le mythe de l’« élan » russe
« Malgré les affirmations d’un élan sur le champ de bataille en Ukraine, les données montrent que la Russie paie un prix extraordinaire pour des gains minimaux et est en déclin en tant que grande puissance », conclut le rapport. Cette phrase devrait être affichée dans tous les bureaux de l’administration Trump, où certains semblent convaincus que la victoire russe est « inévitable et imminente ».
Phillips O’Brien, professeur d’études stratégiques à l’Université de St. Andrews, ne mâche pas ses mots : « Les pertes massives de la Russie pour des gains minuscules seraient normalement considérées comme un signe de déclin de l’efficacité militaire. Cela remet certainement en question les affirmations de l’administration Trump et d’autres selon lesquelles la Russie serait une grande puissance marchant vers une victoire inévitable. »
L'Ukraine : la résilience face à l'agression
De l’autre côté de la ligne de front, l’Ukraine paie elle aussi un tribut terrible. Le CSIS estime les pertes ukrainiennes entre 500 000 et 600 000 militaires, incluant jusqu’à 140 000 morts. Le président Zelensky avait déclaré en février dernier à NBC News que 46 000 soldats ukrainiens avaient été tués et 380 000 blessés depuis 2022.
Ces chiffres sont épouvantables, mais ils révèlent aussi une réalité stratégique cruciale : le ratio des pertes sur le champ de bataille favorise l’Ukraine par un rapport de 2,5 pour 1, voire 2 pour 1. En termes militaires classiques, c’est la Russie — l’attaquant supposément supérieur — qui subit des pertes disproportionnées face à un défenseur déterminé.
Au rythme actuel, le rapport avertit que les pertes combinées russo-ukrainiennes pourraient atteindre 2 millions d’ici le printemps 2026. Nous approchons actuellement des 1,8 million de victimes totales des deux côtés. Deux millions. C’est l’équivalent de la population d’une grande métropole européenne, sacrifiée sur l’autel de l’ambition d’un seul homme.
La machine de guerre russe : recrutement désespéré et chair à canon
Face à cette hémorragie humaine, comment la Russie maintient-elle son effort de guerre ? La réponse révèle l’étendue du cynisme du régime Poutine. Selon le chef du renseignement militaire ukrainien, la Russie vise à recruter plus de 400 000 soldats en 2026. Pour y parvenir, Moscou a déployé un arsenal de mesures qui oscillent entre le pathétique et le criminel.
D’abord, les primes d’engagement astronomiques. Dans la région de Khanty-Mansi, en Russie centrale, un engagé peut recevoir environ 50 000 dollars en diverses primes — plus du double du revenu annuel moyen de la région. Certains reçoivent jusqu’à 2 millions de roubles (environ 25 000 dollars) comme bonus initial. S’ajoutent des allègements fiscaux, des effacements de dettes et d’autres avantages.
Mais les primes ne suffisent plus. Le recrutement s’étend désormais aux prisonniers et aux détenus en attente de jugement, une pratique initiée par le défunt chef mercenaire Yevgeny Prigozhin et adoptée par le ministère de la Défense. Des lois permettent maintenant de recruter tant les condamnés que les suspects dans des affaires criminelles. La Russie a également recours à l’enrôlement de centaines de milliers de détenus et au recrutement de personnes souffrant de conditions médicales chroniques, y compris le VIH et l’hépatite.
Les conscrits piégés
Malgré les affirmations du Kremlin selon lesquelles l’armée repose sur l’engagement volontaire, des rapports de médias et de groupes de défense des droits indiquent que les conscrits — ces hommes de 18 à 30 ans effectuant un service militaire obligatoire et théoriquement exemptés d’être envoyés en Ukraine — sont souvent contraints par leurs supérieurs à signer des contrats qui les envoient au combat.
Poutine a annoncé des plans pour élargir la mobilisation en repoussant l’âge de recrutement jusqu’à 40 ans, à compter du 1er janvier 2026. En 2024, la Russie avait déjà annoncé son intention d’augmenter le nombre de militaires actifs à 1,5 million d’ici 2026, soit une augmentation d’environ 180 000 sur trois ans.
Les mercenaires étrangers et les Nord-Coréens
Le désespoir russe se mesure aussi à l’internationalisation de son recrutement. En octobre dernier, la Russie avait mobilisé plus de 18 000 ressortissants étrangers de 128 pays, les Nord-Coréens constituant le plus important contingent de combattants étrangers.
L’implication nord-coréenne mérite qu’on s’y attarde. Selon les services de renseignement sud-coréens, plus de 2 000 soldats nord-coréens ont été tués en Ukraine — plus du double des chiffres précédemment rapportés. Les estimations totales des pertes nord-coréennes (tués et blessés) dépassent les 4 000, ce qui fait de cette guerre le troisième conflit le plus meurtrier de l’histoire nord-coréenne.
Les raisons de ces pertes élevées sont multiples : manque d’expérience au combat de première ligne, problèmes de communication dus à la barrière linguistique, et utilisation par la Russie de tactiques dites du « hachoir à viande » — mobilisant de grandes masses de troupes dans des zones de combat concentrées pour submerger l’ennemi, souvent au prix de lourdes pertes chez l’attaquant.
Des hommes de pays d’Asie du Sud, notamment l’Inde, le Népal et le Bangladesh, se plaignent d’avoir été dupés par des recruteurs leur promettant des emplois. Des officiels au Kenya, en Afrique du Sud et en Irak rapportent que la même chose est arrivée à leurs citoyens.
L'économie russe : le mirage de la résilience
Le Kremlin et ses sympathisants aiment à proclamer que l’économie russe a résisté aux sanctions occidentales. La réalité est considérablement plus nuancée et surtout plus sombre.
L’année 2025 a marqué la fin de la poussée de croissance de guerre de 2023-2024. Après deux années d’expansion de plus de 4 %, la croissance du PIB pour 2025 devrait ralentir à environ 1 % ou moins, avec les mêmes vents contraires susceptibles de persister jusqu’en 2026. L’Institut de prévision économique de l’Académie des sciences de Russie projette une croissance de 0,7 % en 2025 et de 1,4 % en 2026. Le Fonds monétaire international prévoit 0,6 % en 2025 et 1,0 % en 2026.
L’inflation reste obstinément élevée, dépassant 8 % — plus du double de l’objectif de la Banque centrale — tandis que le secteur de la défense continue d’absorber une large part de la main-d’œuvre et des revenus gouvernementaux. Le FMI prévoit que l’inflation en glissement annuel atteindra en moyenne 7,6 % cette année, en baisse par rapport aux 9,5 % de 2024.
Les grands perdants : les soutiens de Poutine
Ironiquement, les plus grands perdants dans cette économie surchauffée sont les soutiens traditionnels de Poutine : les travailleurs du secteur public, y compris les enseignants, les médecins, le personnel des forces de l’ordre et les retraités. Leurs salaires et prestations sont indexés sur les taux d’inflation officiels de 9 %, mais l’inflation réelle pour de nombreux ménages dépasse 20 %.
Les pénuries de main-d’œuvre sont devenues chroniques. Les pertes de la guerre, l’émigration et une forte baisse de l’afflux de migrants d’Asie centrale ont laissé la Russie face à une pénurie aiguë de travailleurs. Le chômage officiel reste extrêmement bas, à 2,2 %, mais les analystes affirment que cela masque probablement des problèmes « poussés à l’intérieur des entreprises », où ils prennent la forme d’un chômage caché par des heures de travail réduites.
Les limites de la capacité de production russe sont flagrantes. Les installations industrielles fonctionnent à 81 % de leur capacité, et 73 % des entreprises signalent des pénuries de main-d’œuvre.
Le gouffre budgétaire
Le déficit budgétaire fédéral pour 2025 devrait atteindre un record pour la Russie moderne : 5,7 billions de roubles (72 milliards de dollars), soit 2,6 % du PIB — bien au-dessus des 1,17 billion de roubles (15,2 milliards de dollars), ou 0,5 % du PIB, initialement prévus.
Pour la troisième année consécutive, les dépenses militaires dominent le budget fédéral, mais un aspect unique est l’allocation quasi exclusive des revenus étatiques supplémentaires à la défense — au détriment de tous les autres secteurs. Les dépenses de défense et de sécurité dépasseront 8 % du PIB et représenteront 40 % des dépenses fédérales totales, un record jamais vu depuis l’ère de la Guerre froide soviétique.
Comme le note le rapport du CSIS, la Russie est en train de devenir « une puissance économique de deuxième ou troisième rang », citant un déclin de la production manufacturière, une demande des consommateurs faible, une inflation élevée et une pénurie de main-d’œuvre qui ont conduit à une croissance économique de seulement 0,6 % en 2025.
Pokrovsk : la métaphore parfaite de l'absurdité russe
La bataille pour Pokrovsk illustre parfaitement le caractère absurde de la stratégie russe. Cette ville de l’est de l’Ukraine est devenue un objectif prioritaire de Moscou, et les forces russes y ont finalement pénétré début novembre 2025, avec des combats qui se poursuivent dans et autour de la ville désormais désertée.
Selon l’Institute for the Study of War (ISW), les forces russes ont saisi 4 831 km² en Ukraine et repris environ 473 km² dans l’oblast de Koursk en 2025 — environ 0,8 % du territoire ukrainien — contre 3 604 km² en 2024. Sur la base des données de l’état-major ukrainien, la Russie a subi 416 570 pertes en 2025, soit environ 78 victimes par kilomètre carré conquis.
Les tactiques russes à Pokrovsk en janvier 2026 révèlent le désespoir de l’offensive. Le commandant adjoint d’une brigade d’artillerie ukrainienne opérant dans la direction de Pokrovsk a rapporté que les forces russes continuent d’exploiter les mauvaises conditions météorologiques pour s’infiltrer dans les localités au nord de Pokrovsk en utilisant des groupes de un à trois militaires. Ils utilisent également des véhicules blindés, des automobiles légères, des véhicules tout-terrain et des motos pour tenter de s’emparer de villages.
Les forces russes mènent quotidiennement 20 à 30 frappes de bombes planantes guidées (KAB) contre les positions ukrainiennes dans la direction de Pokrovsk pour détruire les infrastructures et empêcher les militaires ukrainiens de prendre des positions défensives efficaces.
Le silence assourdissant du Kremlin
Face à ces chiffres accablants, quelle est la réponse officielle de Moscou ? Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré à NBC News que de tels rapports « ne devraient pas être considérés comme fiables », suggérant de « se concentrer sur les informations fournies par le ministère de la Défense ».
Le problème avec cette recommandation ? Le ministère russe de la Défense n’a fourni aucune estimation récente de ses morts, blessés ou disparus. Sa dernière déclaration sur les morts au combat remonte à septembre 2022, quand il affirmait que « juste moins de 6 000 » soldats russes avaient été tués. Depuis, silence radio.
Ce silence est en soi un aveu. Quand un gouvernement refuse de communiquer ses pertes militaires pendant plus de trois ans, c’est généralement parce que les chiffres sont inavouables.
Le média russe indépendant Mediazona, travaillant avec le service russe de la BBC et une équipe de bénévoles, a compilé une liste nominative des morts militaires russes qui dépasse maintenant les 163 000 noms. Et ce n’est qu’une fraction de la réalité, car cette méthode ne capture que les morts dont le décès a pu être documenté publiquement.
Les négociations de paix : l'éléphant dans la pièce
Pendant ce temps, les efforts diplomatiques se poursuivent. L’administration Trump a proposé un plan de paix en 28 points qui exigerait de l’Ukraine qu’elle renonce à sa région orientale du Donbass et à la Crimée, et qu’elle s’engage à ne jamais rejoindre l’OTAN. Cette proposition a été critiquée par l’Ukraine et ses alliés occidentaux comme étant trop favorable à la Russie.
En décembre, Zelensky a contre-proposé avec son propre plan en 20 points. Lors de leur rencontre au Forum économique mondial de Davos le 22 janvier 2026, Zelensky a annoncé que des responsables d’Ukraine, de Russie et des États-Unis tiendraient des réunions trilatérales pour la première fois à Abu Dhabi.
Selon l’envoyé américain Witkoff, les négociations pour un règlement de paix n’en seraient plus qu’à « une seule question finale » — les « accords territoriaux » sur l’Ukraine.
Trump lui-même a évoqué une « haine anormale » entre les dirigeants russe et ukrainien comme obstacle à la fin de la guerre. « Il y a une haine énorme entre le président Zelensky et le président Poutine. Ce n’est pas bon. Ce n’est pas bon pour les règlements », a-t-il déclaré à Davos.
La Russie, pour sa part, a donné une réponse tiède aux commentaires de Witkoff suggérant qu’un accord de paix était proche, Peskov déclarant seulement que « la discussion se poursuivra sur la question du règlement ukrainien ».
La perspective historique : les fantômes de la Seconde Guerre mondiale
Certains au Kremlin semblent croire que la Russie peut absorber n’importe quel niveau de pertes, invoquant le précédent de la Seconde Guerre mondiale. C’est une lecture terriblement erronée de l’histoire.
Oui, l’Union soviétique a perdu environ 10 millions de soldats et 14 millions de civils pendant la « Grande Guerre patriotique », et a persévéré malgré des pertes terribles et des revers répétés sur le champ de bataille pour atteindre la victoire finale. Mais cette comparaison ignore plusieurs différences cruciales.
D’abord, l’URSS combattait une menace existentielle — l’Allemagne nazie avait explicitement l’intention d’exterminer ou d’asservir les peuples slaves. L’Ukraine de 2026 ne menace en rien l’existence de la Russie.
Ensuite, l’URSS bénéficiait d’un soutien massif des Alliés occidentaux via le programme Lend-Lease. Aujourd’hui, c’est l’Ukraine qui reçoit ce soutien, tandis que la Russie subit des sanctions.
Enfin, la population soviétique de l’époque était considérablement plus jeune et plus nombreuse. La Russie d’aujourd’hui fait face à une crise démographique qui rend chaque perte humaine d’autant plus coûteuse pour l’avenir du pays.
Comme le note le rapport du CSIS, les pertes russes en Ukraine sont cinq fois supérieures aux pertes totales de toutes les guerres russes et soviétiques depuis la Seconde Guerre mondiale combinées, y compris la guerre d’Afghanistan et les deux guerres de Tchétchénie.
Poutine peut-il continuer ?
La question qui hante les analystes occidentaux est celle-ci : ces pertes catastrophiques peuvent-elles forcer Poutine à la table des négociations ? La réponse, malheureusement, n’est pas encourageante.
Comme l’a noté un analyste du CSIS : « Si vous regardez l’économie elle-même, elle ne va pas être ce dernier brin de paille qui brise le dos du chameau. Ce n’est pas catastrophique. C’est gérable. »
James Ford, ambassadeur adjoint britannique auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, a déclaré dans un discours la semaine dernière que « les pertes militaires russes, en termes de tués et de blessés, dépassent maintenant les taux de recrutement et de remplacement durables ». Mais cela ne signifie pas que le Kremlin changera de cap.
Poutine reste imperturbable face aux taux élevés de pertes et de décès. Et le ralentissement économique de la Russie est peu susceptible d’amener le Kremlin à la table des négociations — du moins pas à des conditions acceptables pour l’Ukraine ou l’Europe.
Une raison cynique explique cette apparente indifférence : Poutine peut accepter ces chiffres de pertes élevés parce que la plupart de ces soldats viennent de régions comme l’Extrême-Orient et le Caucase du Nord — et non de zones politiquement vitales pour lui comme Moscou et Saint-Pétersbourg. C’est la géographie de l’injustice dans sa forme la plus cruelle.
Le verdict de l'histoire
Au final, que nous dit cette guerre sur la Russie de Poutine ? Elle nous révèle un régime prêt à sacrifier des générations entières de ses propres citoyens pour conquérir quelques kilomètres de terre ukrainienne dévastée. Elle nous montre une économie qui se militarise au détriment de tout développement civil durable. Elle expose un système politique incapable de reconnaître ses erreurs ou de changer de cap face à l’évidence de l’échec.
Les chiffres du rapport CSIS ne sont pas seulement des statistiques. Derrière chaque unité de ce 1,2 million se trouve une tragédie humaine — une famille brisée, un avenir anéanti, un potentiel gaspillé. Et tout cela pour quoi ? Pour des gains territoriaux qui, même s’ils étaient maintenus, ne compenseraient jamais le coût humain, économique et moral de cette guerre.
La Russie de Poutine est en train de se saigner à blanc en Ukraine. Elle gagne peut-être 200 mètres par jour, mais elle perd son avenir. Et quand l’histoire jugera cette guerre, elle retiendra non pas les conquêtes territoriales marginales, mais le prix exorbitant que le régime de Poutine aura fait payer à son propre peuple pour satisfaire ses délires de grandeur.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : non pas d’une guerre de nécessité ou de survie, mais d’une guerre de choix, lancée par un homme qui a décidé que les vies de centaines de milliers de ses compatriotes valaient moins que quelques kilomètres de terres ukrainiennes. L’histoire a un nom pour ce genre de calcul. Elle l’appelle la folie du pouvoir absolu.
Signé Maxime Marquette
Sources
NBC News – Russia faces a heavy price for limited gains in Ukraine war, death toll estimates suggest
CSIS – Russia’s Grinding War in Ukraine
CNN – Russia’s 1.2 million casualties in Ukraine dwarf all its conflicts since World War II
PBS News – Report warns combined casualties in Russia’s war on Ukraine could soon hit 2 million
The Moscow Times – Russia’s Economy in 2026: More War, Slower Growth and Higher Taxes
Atlantic Council – The Russian economy in 2025: Between stagnation and militarization
Meduza – Stalling growth, falling oil prices, and the civilian sector sacrificed
ABC News – Russia offers cash bonuses, frees prisoners and lures foreigners to replenish its troops
Kyiv Independent – Russia aims to recruit over 400,000 soldiers in 2026
The Korea Herald – Over 2,000 North Korean troops killed in Ukraine war
Critical Threats – Russian Offensive Campaign Assessment, January 10, 2026
RBC-Ukraine – War forecast for 2026
CBS News – Trump administration’s proposed 28-point Russia-Ukraine peace plan
CNBC – Trump says ‘abnormal hatred’ between Putin and Zelenskyy making peace deal hard
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