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EDITORIAL : Mer d’Oman, trois flottes, un seul message – quand la Russie, la Chine et l’Iran unissent leurs vaisseaux pour redessiner l’ordre du monde
Crédit: Adobe Stock

De 2019 a 2026, une montee en puissance methodique

Il serait tentant de traiter cet exercice comme un evenement isole. Ce serait une erreur d’analyse fondamentale. Les manoeuvres navales conjointes Iran-Chine-Russie existent depuis 2019, et leur evolution raconte une histoire de consolidation militaire acceleree. En 2022, les trois marines ont organise un exercice dans le golfe d’Oman. En mars 2024, l’exercice « Marine Security Belt 2024 » a mobilise plus de vingt navires, des batiments de soutien et des helicopteres navals des trois pays. En mars 2025, l’edition « Security Belt-2025 », organisee pres du port iranien de Chabahar, a franchi un nouveau palier : quinze navires de combat, des batiments de soutien, des vedettes et des helicopteres ont participe aux manoeuvres, selon le ministere russe de la Defense et l’agence TASS. La Chine a deploye le destroyer lance-missiles Type 052D Baotou et le navire ravitailleur Gaoyouhu. Des navires observateurs de l’Azerbaidjan, de l’Afrique du Sud, d’Oman, du Kazakhstan, du Pakistan, du Qatar, de l’Irak, des Emirats arabes unis et du Sri Lanka etaient egalement presents. Cette trajectoire ascendante revele une planification strategique deliberee, pas une improvisation diplomatique.

Un exercice qui depasse largement la dimension symbolique

Quand des marines de trois pays differents operent ensemble, elles doivent resoudre des problemes concrets : interoperabilite des systemes de communication, coordination des manoeuvres de formation, protocoles de ravitaillement en mer, procedures d’identification ami-ennemi. Chaque exercice conjoint permet de lisser ces frictions operationnelles. En repetant ces manoeuvres annuellement depuis six ans, les marines russe, chinoise et iranienne ont construit une familiarite tactique qui, en cas de crise reelle, pourrait se transformer en capacite de combat coordonnee. Est-il exagere de parler d’une alliance navale en devenir ? Les faits suggerent que la question merite d’etre posee avec serieux. La presence de pays observateurs aussi divers que le Pakistan, le Qatar et l’Afrique du Sud indique par ailleurs que cette initiative seduit au-dela du seul trio fondateur. Le Sud global, comme on l’appelle desormais, observe avec interet cette alternative a l’architecture de securite maritime dominee par les Etats-Unis, et certains pays semblent tentes de s’y associer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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