Regardons les faits en face, sans le voile de l’euphémisme diplomatique qui semble tant plaire aux chancelleries européennes. Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, nous avons assisté à un lent mais inexorable glissement. D’abord, l’unanimité occidentale face à l’agression. Puis, les premières fissures. Ensuite, les « fatigues » et les « lassitudes ». Et maintenant, en 2026, la normalisation rampante de l’idée qu’il faudrait bien finir par « trouver un arrangement ».
Le président tchèque Petr Pavel, lors de sa visite à Kyiv le 16 janvier 2026, a déclaré que l’Ukraine était « prête à faire des concessions douloureuses » pour mettre fin à la guerre, à condition qu’elles mènent réellement à la paix. Ces mots, prononcés avec les meilleures intentions du monde, résonnent étrangement avec ceux d’Édouard Daladier et Neville Chamberlain en 1938. Eux aussi parlaient de « concessions nécessaires » et de « réalisme diplomatique ».
Mais voilà le nœud du problème : avec qui négocie-t-on exactement ? Vladimir Poutine a démontré, année après année, qu’il ne respecte aucun accord, aucune promesse, aucun engagement. Le Mémorandum de Budapest de 1994, par lequel la Russie garantissait l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de la renonciation de celle-ci à son arsenal nucléaire ? Violé. Les accords de Minsk ? Violés. Les couloirs humanitaires promis ? Violés. Les cessez-le-feu annoncés ? Violés.
L’institut européen d’études de sécurité de l’Union européenne a classé un cessez-le-feu en Ukraine aux conditions de la Russie comme un risque de premier plan pour 2026. Et ils ont raison de s’inquiéter. Un tel accord ne réglerait rien : il ne ferait que récompenser l’agression, verrouiller les gains obtenus par la force, et laisser l’Ukraine structurellement vulnérable pour la prochaine offensive.
Les cinq leçons de Munich que nous refusons d'apprendre
En février 2025, alors que les dirigeants mondiaux se réunissaient au Bayerischer Hof de Munich pour la Conférence sur la sécurité, Euromaidan Press publiait une analyse cinglante sur les « cinq leçons de sécurité que le désastre de Munich 1938 a enseignées au monde ». Un an plus tard, force est de constater que ces leçons n’ont toujours pas été intégrées.
Première leçon : l’apaisement encourage l’agression. Hitler n’a pas été satisfait par les Sudètes. Six mois après Munich, il avalait le reste de la Tchécoslovaquie. Poutine n’a pas été satisfait par la Crimée en 2014. Il a lancé une invasion à grande échelle en 2022. Pourquoi serait-il satisfait par un accord qui lui donnerait 20% du territoire ukrainien ? L’histoire nous enseigne que les dictateurs expansionnistes interprètent les concessions comme des signes de faiblesse, non comme des gestes de bonne volonté.
Deuxième leçon : les garanties sans crédibilité ne valent rien. Comme le souligne le professeur Plokhii, les garanties ne fonctionnent que lorsque leur mise en œuvre correspond aux intérêts nationaux des États qui les accordent, ET lorsque l’agresseur potentiel est convaincu que ces États sont véritablement prêts à entrer en guerre. En 1939, Hitler ne croyait pas que Paris et Londres iraient réellement se battre pour la Pologne. Aujourd’hui, Poutine ne croit pas que l’Occident entrerait en guerre pour l’Ukraine. Et malheureusement, il a probablement raison.
Troisième leçon : l’isolement des démocraties facilite le travail des dictateurs. En 1938, la Tchécoslovaquie avait une alliance solide avec la France. Mais cette alliance a été abandonnée au moment crucial. Aujourd’hui, l’Ukraine compte sur le soutien occidental, mais ce soutien s’effrite progressivement. Un ancien commandant américain a déclaré en janvier 2026 que Trump avait « cédé l’Europe à la Russie ». Si l’Europe ne prend pas le relais avec détermination, l’Ukraine se retrouvera isolée, exactement comme la Tchécoslovaquie l’était il y a 88 ans.
Quatrième leçon : le temps joue contre ceux qui hésitent. Chaque mois de tergiversation permet à l’agresseur de consolider ses positions, de renforcer son armée, de préparer sa prochaine offensive. En 1938, Munich a donné à Hitler le temps d’absorber l’industrie tchèque et de renforcer sa machine de guerre. Aujourd’hui, chaque mois de négociations interminables permet à la Russie de reconstituer ses forces et de s’adapter aux sanctions.
Cinquième leçon : les régimes autoritaires s’alignent naturellement. Après Munich, l’axe fasciste germano-italo-japonais s’est consolidé. Aujourd’hui, nous observons un alignement croissant entre la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord. Ce n’est pas une coïncidence. Les autocrates du monde entier observent comment l’Occident réagit face à l’agression russe. Si nous fléchissons, ils en tireront les conséquences.
Le syndrome de l'autruche européenne
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky n’a pas mâché ses mots lors du Forum économique mondial de Davos en janvier 2026. Il a accusé l’Europe d’être « perdue », préférant essayer de convaincre le président américain de changer d’avis plutôt que de s’unir pour se défendre elle-même. « Au lieu de prendre la tête de la défense de la liberté dans le monde, surtout quand l’attention de l’Amérique se porte ailleurs, l’Europe semble perdue, essayant de convaincre le président américain de changer », a-t-il déclaré.
Cette critique est aussi juste que douloureuse. L’Europe aime débattre de l’avenir, mais évite de prendre des mesures concrètes aujourd’hui. Elle organise des sommets, publie des déclarations, exprime des « préoccupations », mais quand vient le moment d’agir avec détermination, elle se réfugie derrière les États-Unis ou invoque des contraintes budgétaires.
Le Carnegie Endowment for International Peace a averti que l’Europe devait prendre l’initiative en matière d’armement de l’Ukraine, évitant tout vide dangereux alors que les livraisons américaines se tarissent. Attendre que l’administration Trump change d’avis sur la guerre ne fera que prolonger des retards que ni l’Ukraine ni l’Europe ne peuvent se permettre. Une défaite de l’Ukraine serait catastrophique pour l’Europe, qui devrait alors faire face à une Russie agressive, pleine de rancœur et armée pour la prochaine guerre.
Ce scénario catastrophe n’est pas une spéculation alarmiste. C’est exactement ce qui s’est passé après Munich. Les démocraties ont cru acheter la paix. Elles n’ont fait que reporter la guerre tout en permettant à l’agresseur de se renforcer. Quand le conflit a finalement éclaté, il était bien plus dévastateur qu’il ne l’aurait été si l’on avait résisté dès le début.
Le "Never Again" polonais contre l'amnésie européenne
Il est révélateur que les voix les plus fermes contre l’apaisement viennent des pays qui ont le plus souffert des conséquences de Munich 1938. Le Premier ministre polonais Donald Tusk, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité en février 2025, a lancé un avertissement solennel : « Plus jamais » d’apaisement de l’agresseur.
Ce « plus jamais » n’est pas une formule rhétorique pour les Polonais. C’est le fruit d’une mémoire collective traumatique. La Pologne sait ce qu’il en coûte d’être la victime d’un accord passé entre grandes puissances par-dessus sa tête. Elle sait ce que signifie être envahie par un voisin que l’on croyait apaisé par des concessions. Elle sait que les garanties de sécurité ne valent rien si l’agresseur ne les croit pas crédibles.
Le ministre estonien des Affaires étrangères a lui aussi invoqué le spectre de Munich avant le sommet Trump-Poutine en Alaska en août 2025, avertissant qu’un tel tête-à-tête excluant l’Ukraine pourrait répéter l’apaisement de 1938. Les pays baltes, eux aussi, savent ce que signifie être à la merci d’une grande puissance qui décide de leur sort sans leur consentement.
Des dirigeants parlementaires de sept pays européens ont cité les « erreurs de Munich en 1938 » dans leur appel contre les concessions territoriales, déclarant : « Nous ne devons pas répéter les erreurs de Munich en 1938 », tout en plaidant pour l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN et la saisie des avoirs russes gelés.
L'ombre de Churchill sur nos consciences
Le 5 octobre 1938, Winston Churchill montait à la tribune de la Chambre des communes pour prononcer l’un des discours les plus prémonitoires de l’histoire politique. Face à l’euphorie ambiante qui avait accueilli l’accord de Munich, il déclara : « Nous avons subi une défaite totale et sans appel… Vous découvrirez que dans un laps de temps qui peut se mesurer en années, mais qui peut se mesurer en mois, la Tchécoslovaquie sera engloutie dans le régime nazi. Nous sommes en présence d’un désastre de première magnitude… nous avons subi une défaite sans guerre. »
Ces mots résonnent avec une actualité troublante. Remplacez « Tchécoslovaquie » par « Ukraine » et « régime nazi » par « sphère d’influence russe », et vous obtenez une description parfaitement applicable à la situation actuelle.
Churchill fut largement ignoré à l’époque. Le 6 octobre, les Communes votèrent 366 contre 144 en faveur de l’accord de Munich. Même Churchill et ses partisans ne votèrent pas contre, se contentant de s’abstenir. Churchill dut même faire face à une motion de défiance dans sa propre circonscription.
Mais l’histoire lui donna raison. Six mois plus tard, Hitler violait l’accord et avalait le reste de la Tchécoslovaquie. Un an après le « triomphe » de Chamberlain, les troupes allemandes envahissaient la Pologne et déclenchaient la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, qui sont les Churchill de notre époque ? Qui ose dire que l’empereur est nu, que les négociations actuelles ressemblent dangereusement à une capitulation déguisée, que l’Europe est en train de négocier sa propre défaite ?
Le piège américain et la responsabilité européenne
L’Europe s’est longtemps reposée sur le parapluie américain pour sa sécurité. Cette dépendance confortable l’a dispensée de prendre ses responsabilités en matière de défense. Mais l’administration Trump a changé la donne. Le retrait progressif du soutien américain à l’Ukraine place l’Europe face à un choix existentiel : assumer enfin sa propre défense ou accepter de devenir une zone d’influence disputée entre grandes puissances.
L’Institut européen d’études de sécurité de l’Union européenne préconise un nouveau paradigme pour 2026 : l’Europe doit adopter une approche plus transactionnelle envers les États-Unis, lier les questions commerciales à la sécurité européenne, et utiliser les leviers disponibles au sein du gouvernement américain avant les élections de mi-mandat.
Mais au-delà des tactiques diplomatiques, c’est une révolution mentale qui s’impose. L’Europe doit cesser de se percevoir comme un nain géopolitique dépendant de la protection américaine. Elle dispose des ressources économiques, industrielles et humaines pour assurer sa propre sécurité. Ce qui lui manque, c’est la volonté politique.
La France et le Royaume-Uni ont signé une « Déclaration d’intention » pour déployer des troupes en Ukraine afin de garantir tout accord futur. C’est un pas dans la bonne direction. Mais un pas ne suffit pas quand la maison brûle. Il faut une course, un sprint, une mobilisation générale des consciences et des moyens.
Les négociations comme arme de guerre
Il est crucial de comprendre que pour la Russie, les négociations ne sont pas un moyen de mettre fin à la guerre, mais un instrument de guerre parmi d’autres. Moscou négocie non pas pour trouver un compromis acceptable, mais pour obtenir à la table de négociation ce qu’il n’a pas pu obtenir sur le champ de bataille.
Un article d’Euromaidan Press l’exprimait ainsi : « Moscou ne se contente pas de négocier – elle prépare le terrain. En coulisses, des tactiques familières sont à l’œuvre, et les conséquences pourraient une fois de plus remodeler l’avenir de l’Europe. »
Un article du 10 janvier 2026 décrivait la frustration croissante de l’administration Trump face aux tactiques de négociation russes : « deux pas en avant, un pas en arrière ». Cette stratégie dilatoire permet à Moscou de gagner du temps tout en maintenant la pression militaire sur le terrain.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer l’a dit clairement : il ne peut y avoir de paix que si la Russie fait des compromis. Or, « Poutine ne montre pas qu’il est prêt pour la paix. » Pourquoi le serait-il ? Tant que l’Occident continue de négocier avec lui comme si ses demandes étaient légitimes, tant que personne ne fixe de ligne rouge crédible, il n’a aucune raison de s’arrêter.
Ce que l'histoire aurait pu être
Une leçon souvent oubliée de 1938 mérite d’être rappelée. À l’époque, le ministère de la Guerre et les services de renseignement allemands estimaient que le pays n’était pas prêt pour la guerre. Ils considéraient les défenses tchécoslovaques comme redoutables et un conflit ouvert contre la Grande-Bretagne et la France comme ingagnable. Des conspirateurs au sein de l’armée allemande préparaient même un coup d’État contre Hitler.
Mais la capitulation de Munich a coupé l’herbe sous le pied des conspirateurs. Sans menace crédible de guerre, il n’y avait aucun moyen de mobiliser une masse critique contre le régime nazi. Le complot s’est effondré.
Cette histoire alternative nous enseigne que la fermeté face à l’agression n’est pas seulement une question morale, mais aussi stratégique. En montrant qu’ils sont prêts à résister, les défenseurs de l’ordre international peuvent affaiblir les régimes agresseurs de l’intérieur. En capitulant, ils les renforcent.
L’historien Timothy Snyder a écrit : « Les Ukrainiens nous ont maintenus dans une sorte de 1938 suspendu, un 1938 qui a duré trois ans. L’année 1938 était loin d’être idéale, mais elle était bien meilleure que 1939 et la guerre mondiale. En résistant, essentiellement seuls, les Ukrainiens ont créé une ligne temporelle qui n’aurait pas existé autrement. »
Cette observation est cruciale. La résistance ukrainienne a non seulement défendu son territoire, mais elle a aussi donné au monde du temps – du temps pour se préparer, du temps pour comprendre la menace, du temps pour s’organiser. Si l’Europe gaspille ce temps précieux en négociations stériles et en apaisements contreproductifs, elle portera une lourde responsabilité devant l’histoire.
L'impératif de la lucidité
Soyons clairs sur ce que signifierait un accord de paix aux conditions de Poutine. Ce serait la reconnaissance que la force prime sur le droit. Ce serait l’abandon de millions d’Ukrainiens aux représailles d’un régime qui a systématiquement torturé, violé et assassiné les populations sous son occupation. Ce serait un signal envoyé à tous les autocrates du monde que l’agression armée est un moyen efficace de changer les frontières. Ce serait la fin de l’ordre international fondé sur des règles que l’Europe a tant contribué à construire depuis 1945.
Et par-dessus tout, ce serait une illusion de paix. Une pause, tout au plus, avant la prochaine agression. Car un agresseur récompensé est un agresseur encouragé.
Radio Free Europe/Radio Liberty rapporte que les analystes estiment que le conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale ne prendra probablement pas fin en 2026. L’obstacle principal à la paix reste la Russie, qui « semble n’avoir aucun intérêt à mettre fin aux combats, et encore moins à la guerre. »
Face à un adversaire qui ne veut pas la paix, qui utilise les négociations comme une arme, qui a violé systématiquement tous ses engagements passés, l’Europe n’a qu’une option rationnelle : la fermeté. Pas la fermeté rhétorique des communiqués diplomatiques, mais la fermeté concrète des actes – livraisons d’armes massives, saisie des avoirs russes, sanctions réellement appliquées, et préparation à une confrontation prolongée.
L'appel du devoir historique
L’Europe se trouve aujourd’hui à un carrefour historique comparable à celui de 1938. Mais contrairement à nos prédécesseurs, nous avons l’avantage de connaître l’histoire. Nous savons comment s’est terminé l’apaisement de Munich. Nous savons ce qu’a coûté la politique de la « paix à tout prix ». Nous savons que les dictateurs ne sont jamais satisfaits par les concessions.
Cette connaissance nous impose un devoir moral : ne pas répéter les mêmes erreurs. Ne pas sacrifier l’Ukraine sur l’autel d’une paix illusoire. Ne pas négocier notre propre défaite.
Les dirigeants européens qui, aujourd’hui, prônent des « compromis réalistes » et des « concessions douloureuses » devraient relire le discours de Churchill du 5 octobre 1938. Ils devraient méditer sur le sort de la Tchécoslovaquie. Ils devraient se demander comment l’histoire les jugera.
Car l’histoire juge sévèrement ceux qui, par faiblesse ou par calcul, ont abandonné les victimes de l’agression à leur sort. Elle juge sévèrement ceux qui ont préféré leur confort à leur devoir. Elle juge sévèrement ceux qui, face au choix entre le déshonneur et la guerre, ont choisi le déshonneur et ont eu la guerre quand même.
L’Europe doit cesser de négocier sa propre défaite. Elle doit se tenir aux côtés de l’Ukraine, non pas comme un geste de charité, mais comme un acte de survie. Car si l’Ukraine tombe, l’Europe sera la prochaine cible. Non pas nécessairement par une invasion militaire directe, mais par la déstabilisation, la subversion, le chantage énergétique, et l’érosion progressive de tout ce qui fait la civilisation européenne : la démocratie, l’État de droit, les droits de l’homme, la liberté.
En 1938, Winston Churchill concluait son discours par ces mots : « Il ne peut jamais y avoir d’amitié entre la démocratie britannique et le pouvoir nazi. » Aujourd’hui, nous pouvons dire la même chose du pouvoir poutinien. Il n’y aura pas de coexistence pacifique durable entre l’Europe démocratique et une Russie qui considère la démocratie comme une menace existentielle.
Le moment est venu de choisir. Pas demain. Pas après les prochaines élections. Pas quand les conditions seront plus favorables. Maintenant. Car chaque jour de tergiversation est un jour gagné par l’agresseur. Chaque signe de faiblesse est une invitation à l’escalade. Chaque concession non réciproque est une capitulation déguisée.
L’Europe a les moyens de faire face. Ce qui lui manque, c’est le courage de ses convictions. Ce courage, elle doit le trouver. Pour l’Ukraine. Pour elle-même. Pour les générations futures qui nous demanderont des comptes.
Munich 1938 reste une tache indélébile sur la conscience européenne. Faisons en sorte que Munich 2.0 n’ait jamais lieu.
Sources
Euromaidan Press – Europe must stop negotiating its own defeat
Euromaidan Press – Czech President in Kyiv: « Painful concessions » needed for peace
Euromaidan Press – 1939 Poland lesson: Harvard historian on Ukraine’s guarantees
Euromaidan Press – Former US commander: Trump « has ceded Europe to Russia »
Euromaidan Press – Trump runs out of patience with Putin’s negotiating tactics
Euromaidan Press – The 1938 Munich disaster: five ironclad security lessons
Euromaidan Press – Polish PM in Munich: « Never again » to appeasement
Euromaidan Press – Estonia warns: Trump-Putin summit could repeat Munich 1938
Kyiv Post – Five Things to Know: Munich Agreement 1938 and 2025
American Enterprise Institute – Ukraine Peace Treaty as bad as 1938 Munich’s appeasement
Radio Free Europe – Will Russia’s War Against Ukraine End In 2026?
Carnegie Endowment – Europe Must Lead to Prevent the Worst in Ukraine
EU Institute for Security Studies – Europe needs a new approach in 2026
CNBC – Zelenskyy at Davos criticizes Europe
Timothy Snyder – Appeasement at Munich
National Churchill Museum – Winston Churchill’s « Disaster of the First Magnitude » Speech
National WWII Museum – Appeasement and ‘Peace for Our Time’
Atlantic Council – Dispatch from Munich: The lessons of appeasement
Signé Maxime Marquette
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