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ÉDITORIAL : Newsweek simule des frappes nucléaires sur Moscou, Pékin et Pyongyang, et le monde regarde sans broncher
Crédit: Adobe Stock

Une bombe conçue pour effacer des villes entières

La B-83 n’est pas une arme comme les autres. Avec une puissance estimée à 1,2 mégatonne de TNT, elle représente environ 75 fois la force destructrice de Little Boy, la bombe larguée sur Hiroshima le 6 août 1945. Elle est la dernière bombe thermonucléaire à gravité en service dans les forces armées américaines, conçue pour être larguée depuis un bombardier stratégique B-2 Spirit. Son existence même témoigne d’une logique militaire qui défie l’entendement moral : créer un engin capable d’anéantir une métropole entière en une fraction de seconde. La B-83 a été développée au Lawrence Livermore National Laboratory et est entrée en service en 1983, en pleine escalade de la guerre froide sous Ronald Reagan. Elle devait répondre à la doctrine de destruction mutuelle assurée, cette aberration stratégique où la survie de l’humanité repose sur la promesse que toute agression nucléaire entraînerait la destruction totale des deux camps. Quarante ans plus tard, cette bombe existe toujours. Et un magazine la modélise sur des cartes en couleur, comme on jouerait à un jeu vidéo particulièrement macabre.

Le contexte géopolitique de la simulation

La publication de Newsweek ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans un contexte de tensions nucléaires sans précédent depuis la crise des missiles de Cuba en 1962. La guerre en Ukraine, déclenchée par l’invasion russe en février 2022, a remis la menace atomique au centre du débat mondial. Vladimir Poutine a multiplié les allusions à l’usage de l’arme nucléaire, allant jusqu’à signer, en novembre 2024, un décret approuvant une doctrine nucléaire actualisée abaissant le seuil d’emploi de ces armes. Le secrétaire de l’US Air Force, Frank Kendall, a lui-même averti qu’une « guerre avec la Chine ou la Russie n’est pas improbable, elle peut survenir à tout moment ». Newsweek a aussi analysé l’impact hypothétique de frappes nucléaires russes sur des villes américaines et des pays de l’OTAN, complétant ainsi un tableau bidirectionnel de la destruction. Nous ne sommes plus dans la spéculation abstraite. Nous sommes dans la planification visible, assumée, publique. Et c’est précisément ce qui devrait terrifier chaque être humain sur cette planète.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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