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EDITORIAL : Poutine accorde une pause de feu a Trump, et Berlin retient son souffle entre soulagement et suspicion
Crédit: Adobe Stock

L’heritage du gaz russe et la blessure du Zeitenwende

Pour comprendre pourquoi Berlin observe cette pause de feu avec un melange unique de soulagement et de suspicion, il faut remonter a la blessure originelle. En 2021, un an avant l’invasion, l’Allemagne dependait de la Russie pour 55 pour cent de son gaz naturel, 34 pour cent de son petrole et 26 pour cent de son charbon. Pres d’un tiers de l’ensemble de la demande energetique allemande etait couvert par Moscou. Le pipeline Nord Stream n’etait pas seulement une infrastructure. C’etait le symbole d’une doctrine, celle du « Wandel durch Handel », le changement par le commerce, cette conviction profondement ancree dans la politique etrangere allemande que le commerce et l’interdependance economique transformeraient la Russie en partenaire fiable. L’invasion de fevrier 2022 a pulverise cette illusion. Le chancelier Olaf Scholz avait alors proclame un « Zeitenwende », un tournant historique. Quatre ans plus tard, sous la chancellerie de Friedrich Merz, l’Allemagne a effectivement reduit sa dependance au gaz russe a pratiquement zero, construit des terminaux de gaz naturel liquefie a une vitesse inedite, et engage 11,5 milliards d’euros de soutien a l’Ukraine pour la seule annee 2026. Mais la cicatrice demeure. Chaque geste diplomatique de Poutine, chaque pause, chaque mot prononce avec une apparente bonne volonte, reveille a Berlin le souvenir douloureux d’avoir ete dupe pendant des decennies.

L’Allemagne, premier soutien europeen : les chiffres d’un engagement massif

Les chiffres parlent d’eux-memes, et ils racontent l’histoire d’une Allemagne qui a choisi son camp avec une determination remarquable. 11,5 milliards d’euros d’aide a l’Ukraine en 2026, dont une part substantielle consacree a la defense aerienne. Deux systemes Patriot supplementaires ont ete livres et mis en service des le 1er janvier 2026, dans le cadre d’accords de defense signes le 17 decembre 2025, d’une valeur de plus de 1,2 milliard d’euros. Au moins trois batteries IRIS-T SLM supplementaires sont prevues. Le financement de missiles americains GMLRS et de systemes Patriot se poursuit. Plus encore, Berlin et Kiev ont signe un memorandum pour la production conjointe d’armes a longue portee, et le chancelier Merz a explicitement declare : « Il n’y aura aucune restriction sur les armes a longue portee, l’Ukraine pourra pleinement se defendre et frapper des cibles militaires en dehors du territoire ukrainien. » Cette declaration a une portee considerable. Elle marque une rupture definitive avec la prudence du predecesseur Scholz, qui avait longtemps hesite a livrer des chars Leopard 2 et refuse l’envoi de missiles de croisiere Taurus. L’Allemagne a de facto succede aux Etats-Unis comme principal allie de l’Ukraine, sans toutefois disposer des moyens de les remplacer entierement.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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