Skip to content
ÉDITORIAL : Trump affirme que Poutine a accepté de ne pas bombarder Kyiv pendant une semaine — et le monde devrait frémir
Crédit: Adobe Stock

La réalité derrière les thermomètres

Pour comprendre la portée réelle de cette annonce, il faut d’abord comprendre ce que vivent les Ukrainiens en ce moment. L’hiver 2025-2026 est le plus froid depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022. À Kyiv, les températures ont plongé à moins 19 degrés Celsius. Le froid mordant dure depuis plus de deux semaines consécutives. Dans les appartements privés de chauffage, la température intérieure descend parfois à 10 degrés Celsius — huit degrés en dessous du minimum que l’Organisation mondiale de la santé considère comme sain pour la vie humaine. Certains habitants voient le givre se former sur les murs intérieurs de leurs logements. Des générateurs diesel, derniers recours contre l’obscurité, cessent de fonctionner tant le froid est intense. Les écoles ferment. Les commerces baissent le rideau. Les cafés et restaurants qui offraient habituellement un refuge chauffé sont contraints de fermer eux aussi. En décembre 2025, les résidents de Kyiv ont été privés d’électricité en moyenne 9,5 heures par jour, le réseau énergétique peinant à répondre à la demande hivernale sous les bombardements constants.

Et ce n’est pas un accident. Ce n’est pas une conséquence collatérale. C’est une stratégie délibérée. La Russie cible méthodiquement, systématiquement, obsessionnellement le réseau énergétique ukrainien depuis des mois. Les données du Service de sécurité d’Ukraine (SBU) sont accablantes : 256 frappes aériennes sur les installations énergétiques et les systèmes de chauffage depuis le début de la saison de chauffage en octobre 2025. Ce sont des frappes calibrées pour transformer l’hiver en instrument de souffrance. Pour faire du froid une arme. Pour forcer des millions de civils à choisir entre endurer et fuir. Selon les estimations des Nations Unies, 10,8 millions de personnes en Ukraine ont besoin d’aide humanitaire. L’ONU et ses partenaires s’apprêtent à lancer un appel humanitaire de 2,31 milliards de dollars pour 2026. Voilà la toile de fond contre laquelle se dessine la « promesse » de Poutine. Un décor de souffrance systémique, orchestrée, calculée.

Il y a quelque chose d’insupportable dans le fait de devoir écrire ces lignes. De devoir expliquer que transformer l’hiver en arme de guerre est un crime. Que cibler délibérément le chauffage de millions de personnes en pleine vague polaire n’est pas une « tactique militaire », c’est une cruauté organisée. Et quand Trump présente la pause d’une semaine comme une gentillesse de Poutine, je me demande sincèrement si quelqu’un, quelque part dans les couloirs du pouvoir, a la moindre idée de ce que signifie dormir dans un appartement à dix degrés avec un enfant de trois ans. Parce que c’est de ça qu’on parle. Pas de géopolitique. Pas de stratégie. De gens qui gèlent.

Kyiv sous les décombres et le givre

La capitale ukrainienne, autrefois vibrante, s’est transformée en une ville de survie. Plus de 1 200 espaces chauffés ont été mis en place à travers Kyiv, aux côtés de 68 points de chauffage supplémentaires installés par les services d’urgence et les partenaires humanitaires. Les Ukrainiens partagent sur les réseaux sociaux des astuces pour survivre aux coupures de courant : des dispositifs de chauffage artisanaux fabriqués à partir de briques et de bougies, des méthodes improvisées pour maintenir un semblant de chaleur dans des logements transformés en glacières. Ce qui frappe, au-delà de la souffrance, c’est la dignité. L’ingéniosité. La résistance quotidienne de gens ordinaires face à l’extraordinaire. Mme Olena, 67 ans, ancienne enseignante de Kyiv, dort avec trois couches de vêtements et un bonnet. Pas par choix. Parce que son immeuble n’a plus de chauffage depuis le bombardement du 13 janvier. Ce jour-là, la Russie a frappé le réseau électrique avec une telle violence que des centaines de milliers de foyers ont été plongés dans le noir et le froid. Le maire de Kyiv, Vitali Klitschko, a rapporté que près de 6 000 foyers avaient perdu leur chauffage après cette seule attaque du 9 janvier.

Et c’est là que la promesse de Trump prend toute sa dimension tragique. Même si Poutine respectait cet engagement d’une semaine — ce que rien, absolument rien dans son historique ne laisse présager — une semaine ne reconstruit pas un réseau électrique dévasté. Une semaine ne répare pas des mois de destruction systématique. Une semaine ne réchauffe pas un pays dont l’infrastructure énergétique a subi plus de 20 milliards de dollars de dommages. C’est comme offrir un pansement à quelqu’un qu’on a poignardé, et s’attendre à des remerciements. Sept jours de silence ne sont pas la paix. Ce sont une pause dans la destruction. Et quand la pause se termine — si elle commence même — les bombes reviennent. Elles reviennent toujours.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu