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ÉDITORIAL : Trump affirme que Poutine a promis de ne pas frapper Kyiv pendant une semaine, et les drones continuent de tuer
Crédit: Adobe Stock

Ce que le président américain a réellement dit

Reprenons les mots exacts. Trump a déclaré, lors de cette réunion de Cabinet : « J’ai personnellement demandé au président Poutine de ne pas tirer sur Kyiv et les villes et villages pendant une semaine, durant ce froid extraordinaire. » Puis il a ajouté que Poutine « avait accepté ». La formulation mérite qu’on s’y arrête. Trump ne dit pas qu’un accord formel a été signé. Il ne dit pas qu’un cessez-le-feu a été négocié par les canaux diplomatiques. Il dit qu’il a demandé. Et que Poutine a dit oui. Entre amis. Entre hommes. Comme on se fait une faveur. L’avenir de millions de personnes résumé à un échange entre deux dirigeants dont l’un bombarde un pays souverain depuis bientôt quatre ans.

Le président américain a également évoqué la situation humanitaire en Ukraine, qualifiant le froid d’« extraordinaire ». Les températures, effectivement, n’ont rien d’ordinaire. Moins 20 degrés la nuit ces dernières semaines. Moins 13 en journée. Et les prévisions pour ce week-end annoncent le pire : jusqu’à moins 28 degrés dans certaines régions. Le genre de froid où les générateurs diesel cessent de fonctionner — ces mêmes générateurs qui maintiennent un semblant de vie quand le réseau électrique s’effondre. Trump a reconnu l’urgence. Mais entre reconnaître l’urgence et y répondre efficacement, il y a un gouffre que les mots seuls ne comblent pas. Surtout quand ces mots n’engagent, en définitive, que celui qui les prononce.

Une annonce sans confirmation, sans cadre, sans garantie

Ce qui frappe dans cette déclaration, c’est ce qui manque. Pas de communiqué conjoint. Pas de mécanisme de vérification. Pas de calendrier précis — quand commence cette « semaine » ? Quand finit-elle ? Que se passe-t-il après ? Les frappes reprennent comme si de rien n’était ? Et surtout : aucune confirmation du côté russe. Poutine n’a rien dit publiquement. Le Kremlin se tait. Quelques blogueurs militaires russes proches de l’armée ont évoqué des « cessez-le-feu partiels » imposés plus tôt dans la journée, mais rien d’officiel. Rien de vérifiable. Des rumeurs dans le brouillard de guerre.

La question qui se pose est brutale : Trump annonce-t-il quelque chose de réel, ou construit-il un récit ? Le président américain a fait de l’art de la déclaration unilatérale une marque de fabrique. Affirmer d’abord, vérifier ensuite — ou jamais. Dans le contexte d’une guerre qui a déjà coûté des centaines de milliers de vies, cette méthode n’est pas seulement risquée. Elle est dangereuse. Parce que chaque fausse promesse de paix éteint un peu plus l’espoir de ceux qui s’y accrochent. Et en Ukraine, l’espoir, c’est parfois tout ce qui empêche de s’effondrer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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