Chaque jour que passe l’USS Abraham Lincoln à patrouiller dans les eaux du Moyen-Orient coûte aux contribuables américains la somme astronomique de 2,5 millions de dollars. Nourriture, carburant pour les chasseurs (le porte-avions lui-même fonctionne à l’énergie nucléaire, mais ses avions engloutissent des milliers de gallons de kérosène quotidiennement), maintenance, réparations, soldes des 5 700 militaires supplémentaires déployés dans la région… Le compteur tourne. En un mois, c’est 75 millions de dollars. En quatre mois – durée estimée d’un déploiement prolongé – nous atteignons les 300 millions de dollars. Trois cents millions de dollars pour faire flotter une menace au large des côtes iraniennes.
Trois cents millions de dollars qui pourraient financer des hôpitaux, des écoles, des infrastructures. Trois cents millions de dollars jetés dans le golfe Persique pour permettre à un président de bomber le torse sur les réseaux sociaux. Car ne nous y trompons pas : cette démonstration de force relève autant de la politique intérieure que de la stratégie internationale. Trump sait que ses électeurs adorent les images de porte-avions fendant les flots, les vidéos de chasseurs décollant dans un rugissement de réacteurs, la rhétorique guerrière qui fait vibrer la fibre patriotique.
Mais à quel prix pour la stabilité mondiale ?
Une leçon d'histoire oubliée
La delacanonni%C3%A8re »>diplomatie de la canonnière n’est pas une invention trumpienne. Elle trouve ses racines dans le XIXe siècle, à l’apogée de l’impérialisme européen, quand les grandes puissances coloniales – Grande-Bretagne en tête – utilisaient la menace de leurs flottes de guerre pour arracher des concessions commerciales et politiques à des nations plus faibles. L’exemple le plus emblématique demeure les guerres de l’opium contre la Chine.
En 1840, une armada britannique – 16 vaisseaux de ligne, 4 canonnières, 28 navires de transport, 540 canons et 4 000 hommes – se présente au large de Canton. La Chine, coupable d’avoir voulu interdire le commerce de l’opium qui empoisonnait sa population, doit plier. Le traité de Nankin de 1842 impose à l’empire du Milieu des « traités inégaux » : indemnités colossales, extraterritorialité pour les ressortissants britanniques, ouverture forcée de cinq ports aux marchands occidentaux, cession de Hong Kong.
C’est cette tradition que Donald Trump ressuscite consciemment. Quand il invoque Theodore Roosevelt et sa doctrine du « Big Stick » – « parlez doucement et portez un gros bâton » –, quand il revendique ouvertement la doctrine Monroe pour justifier son intervention au Venezuela et ses menaces sur le Groenland, il ne fait pas que recycler des références historiques pour Twitter. Il réhabilite une vision du monde où le droit international n’est qu’un obstacle à contourner, où la souveraineté des nations ne vaut que ce que valent leurs armées, où la force prime le droit.
L’ironie cruelle de cette résurgence impérialiste, c’est qu’elle intervient précisément au moment où les conséquences catastrophiques de la diplomatie de la canonnière du XIXe siècle continuent de façonner les conflits contemporains. Les frontières arbitraires tracées par les puissances coloniales, les ressentiments accumulés pendant des décennies d’humiliation, la méfiance viscérale envers l’Occident – tout cela constitue le terreau des crises actuelles. Et Trump, loin d’en tirer les leçons, décide d’en rajouter une couche.
L'Iran au bord du gouffre
Pour comprendre le contexte de cette confrontation, il faut saisir l’état dans lequel se trouve la République islamique d’Iran en ce début d’année 2026. Le pays traverse la crise la plus grave de son histoire depuis la révolution de 1979. Les Iranianprotests »>manifestations massives qui ont éclaté le 28 décembre 2025 ont plongé le régime des mollahs dans une tourmente existentielle.
L’économie iranienne est en chute libre. Le rial a atteint son plus bas historique, s’échangeant à 1,5 million pour un dollar américain. L’inflation frôle les 50%. Le pouvoir d’achat des Iraniens s’est effondré de 90% en huit ans. Les prix alimentaires ont bondi de 72% en un an. La population, étranglée par les sanctions américaines réimposées depuis 2018 et aggravées par la guerre de douze jours avec Israël en juin 2025, ne supporte plus.
La répression qui s’est abattue sur les manifestants défie l’entendement. Selon les activistes et les organisations de défense des droits humains, au moins 6 126 personnes ont été tuées dans la répression. D’autres estimations, notamment celles du Sunday Times, évoquent entre 16 500 et 18 000 morts. Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme en Iran avance le chiffre effroyable de plus de 20 000 civils tués. Des sources internes au ministère iranien de la Santé parlent de Iranmassacres »>30 000 morts dans les seules 48 premières heures des massacres des 8 et 9 janvier.
C’est dans ce contexte de chaos interne, de régime aux abois, de population martyrisée, que Donald Trump choisit de brandir son armada. Face à un pays déjà à genoux, il ajoute la menace militaire extérieure à l’horreur de la répression intérieure. La question qui se pose alors est simple : s’agit-il vraiment de politique étrangère, ou d’acharnement sur un adversaire affaibli ?
L'Opération Midnight Hammer et ses séquelles
Car il faut rappeler que l’Iran a déjà subi les foudres américaines. En juin 2025, l’« Opération Midnight Hammer » – que Trump mentionne explicitement dans ses tweets – a vu les États-Unis se joindre à Israël dans une guerre éclair de douze jours contre la République islamique. Trois installations nucléaires clés ont été bombardées et détruites. Les capacités d’enrichissement d’uranium de l’Iran ont été sérieusement entamées.
Cette intervention, déjà, violait allègrement le droit international. Mais elle pouvait au moins se prévaloir d’un argumentaire – contestable, certes – de non-prolifération nucléaire. La menace actuelle, elle, ne s’embarrasse même plus de telles justifications. Trump exige que l’Iran « s’assoie à la table » et négocie « un accord juste et équitable – PAS D’ARMES NUCLÉAIRES ». Mais comment négocier avec un interlocuteur qui vous menace simultanément d’une attaque « bien pire » que les bombardements de juin ?
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a résumé le paradoxe avec une lucidité froide : « Les négociations ne vont pas avec les menaces. » Comment lui donner tort ? Aucune nation souveraine, fût-elle dirigée par un régime aussi détestable que celui des mollahs, ne peut accepter de négocier sous la menace directe d’une invasion. Ce serait capituler, et toute capitulation renforcerait paradoxalement les éléments les plus durs du régime, ceux-là mêmes qui justifient leur existence par la résistance à l’« arrogance américaine ».
La réponse iranienne : entre défi et réalisme
Téhéran, acculé, oscille entre la bravade et l’ouverture conditionnelle. La mission iranienne auprès de l’ONU a réagi sur X avec un mélange de fermeté et de porte entrouverte : « 7770137.html »>L’Iran se tient prêt pour un dialogue basé sur le respect et les intérêts mutuels – mais si on le pousse, il se défendra et répondra comme jamais ! »
Le ministre Araghchi a été plus explicite encore : « Nos braves Forces armées sont prêtes – avec leurs doigts sur la gâchette. » Quant à Ali Shamkhani, conseiller du Guide suprême Khamenei, il a prévenu qu’« une frappe limitée est une illusion » et que « toute action militaire des États-Unis, depuis n’importe quel endroit et à n’importe quel niveau, sera considérée comme le début d’une guerre ».
Ces déclarations ne relèvent pas de la pure rhétorique. L’Iran, malgré son affaiblissement, conserve des capacités de nuisance considérables. Son réseau de milices alliées – Hezbollah au Liban, Houthis au Yémen, milices chiites en Irak – peut frapper les intérêts américains et occidentaux dans toute la région. Ses missiles balistiques, s’ils ne peuvent atteindre le territoire américain, peuvent cibler les bases militaires américaines au Moyen-Orient, les installations pétrolières du Golfe, les navires transitant par le détroit d’Ormuz.
Une guerre ouverte entre les États-Unis et l’Iran ne serait pas une promenade de santé, même pour la première armée du monde. Elle déstabiliserait une région déjà en ébullition, provoquerait une flambée des prix du pétrole aux conséquences mondiales, et risquerait d’embraser tout le Moyen-Orient dans un conflit généralisé dont nul ne peut prédire l’issue.
L'isolement américain
Ce qui frappe, dans cette crise, c’est l’isolement croissant des États-Unis sur la scène internationale. La stratégie de Trump, loin de rallier les alliés traditionnels de Washington, les éloigne. Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite – pourtant rivaux régionaux de l’Iran – ont publiquement refusé de mettre leur territoire ou leur espace aérien à disposition d’une action militaire américaine. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a explicitement informé le président iranien que le royaume « ne permettra pas que son espace aérien ou son territoire soit utilisé pour des actions militaires contre l’Iran ».
Cette position saoudienne est révélatrice d’un basculement géopolitique majeur. Les monarchies du Golfe, échaudées par l’imprévisibilité américaine, cherchent désormais à préserver leurs propres intérêts, quitte à se démarquer de Washington. Elles savent qu’une guerre contre l’Iran se déroulerait dans leur voisinage immédiat, avec des conséquences catastrophiques pour leurs économies et leurs populations.
Au Forum économique mondial de Davos, le Premier ministre canadien Mark Carney a averti que la posture de politique étrangère de Trump représentait une menace directe pour la paix mondiale, la sécurité internationale et le système fondé sur des règles établi après la Seconde Guerre mondiale. L’ancien commandant adjoint de l’OTAN en Europe, le général Richard Shirreff, a été plus cinglant encore : « Sous Trump, les États-Unis sont passés d’un allié précieux à un prédateur impérial cupide. Cela affaiblit l’OTAN et crée des opportunités dangereuses pour la Russie. »
La Chine et la Russie, sans surprise, ont condamné la stratégie américaine. Moscou a qualifié les menaces de frappes supplémentaires contre l’Iran de « catégoriquement inacceptables ». Pékin a appelé les pays à « cesser de pousser pour des sanctions et d’inciter à la confrontation ». Mais au-delà de ces réactions prévisibles, c’est l’effritement du soutien occidental qui devrait inquiéter Washington.
Le précédent vénézuélien
L’ombre du Venezuela plane sur cette confrontation. L’Opération Absolute Resolve du 3 janvier 2026 constitue un précédent terrifiant. En quelques heures, les forces américaines ont bombardé le nord du Venezuela, neutralisé les défenses aériennes du pays, pris d’assaut le palais présidentiel de Caracas, capturé Nicolás Maduro et son épouse, et les ont transportés à New York pour y être jugés.
Trump a ensuite déclaré, avec une arrogance confondante, que les États-Unis allaient « diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions effectuer une transition sûre, appropriée et judicieuse ». La Pax Americana dans toute sa splendeur néocoloniale.
Peu importe que cette opération viole l’article 2(4) de la Charte des Nations Unies, qui interdit aux États membres le recours à « la menace ou l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État ». Peu importe que 125 pays du Mouvement des non-alignés aient identifié l’opération comme une violation du droit international lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. Peu importe que des dizaines de personnes – civils et militaires – aient péri dans les bombardements.
Le message est clair : l’Amérique de Trump ne reconnaît d’autre loi que celle du plus fort. Et ce message, l’Iran l’a reçu cinq sur cinq.
Le piège de l'escalade
La situation actuelle présente tous les ingrédients d’une escalade incontrôlable. D’un côté, un président américain qui a fait de la confrontation musclée sa marque de fabrique, qui jouit d’une popularité solide auprès de sa base électorale quand il joue les gros bras, et qui a déjà prouvé au Venezuela qu’il était prêt à passer des menaces aux actes. De l’autre, un régime iranien aux abois, confronté à la plus grave crise de son histoire, qui ne peut se permettre d’apparaître faible face à l’ennemi extérieur sous peine de s’effondrer.
Dans ce contexte, le moindre incident – un drone abattu, un navire arraisonné, une provocation d’une milice pro-iranienne – pourrait déclencher l’irréparable. Et les deux parties semblent presque chercher cet incident, l’une pour justifier une intervention, l’autre pour galvaniser une population qui ne demande pourtant qu’à vivre en paix.
Car c’est là l’ultime obscénité de cette confrontation : le peuple iranien, qui manifeste depuis des semaines contre un régime qui le martyrise, qui réclame la liberté et la dignité, se retrouve pris en étau entre les mollahs qui le massacrent et l’Amérique qui le menace. Trump prétend défendre les Iraniens contre leurs oppresseurs ? Mais ce sont les Iraniens ordinaires qui paieront le prix d’une guerre. Ce sont eux qui mourront sous les bombes américaines, comme ils meurent aujourd’hui sous les balles des Gardiens de la Révolution.
L'échec programmé de la coercition
L’histoire de la diplomatie de la canonnière nous enseigne une leçon que Trump semble incapable d’assimiler : la coercition militaire peut obtenir des victoires tactiques, mais elle engendre invariablement des défaites stratégiques à long terme. Les traités inégaux imposés à la Chine au XIXe siècle ont nourri un ressentiment qui explique en partie la méfiance actuelle de Pékin envers l’Occident. Les interventions américaines au Moyen-Orient – Irak, Libye, Syrie – ont créé plus de chaos qu’elles n’en ont résolu.
Même si les États-Unis parvenaient à obtenir la reddition de l’Iran par la menace, même s’ils obtenaient un accord nucléaire imposé sous la contrainte, que vaudrait-il ? L’Iran de demain, humilié et rancunier, n’aurait de cesse de reconstituer ses capacités dès que la pression se relâcherait. Comme l’Allemagne après le traité de Versailles, comme l’Irak après la première guerre du Golfe, la coercition pure ne produit que des paix temporaires et des revanches futures.
Un accord durable ne peut naître que de la négociation, du compromis, de la reconnaissance mutuelle des intérêts légitimes de chaque partie. C’est précisément ce que l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) avait tenté d’accomplir, avant que Trump ne le déchire lors de son premier mandat. L’ironie est cruelle : c’est en partie le retrait américain de cet accord, et les sanctions qui ont suivi, qui ont précipité l’Iran dans la crise économique actuelle, qui a provoqué les manifestations, qui ont entraîné la répression, qui justifie maintenant l’intervention américaine…
Le serpent se mord la queue, et c’est toujours le même peuple qui souffre.
Que peut-on encore espérer ?
Dans ce paysage désolant, y a-t-il encore place pour l’espoir ? La réponse est oui, mais elle exige un sursaut que rien ne laisse présager. Il faudrait que les alliés européens et asiatiques des États-Unis exercent une pression suffisante pour ramener Washington à la raison. Il faudrait que le Congrès américain joue son rôle constitutionnel de contrepoids au pouvoir exécutif. Il faudrait que les voix de la modération, tant en Iran qu’aux États-Unis, parviennent à se faire entendre par-dessus le vacarme des va-t-en-guerre.
Il faudrait, surtout, que quelqu’un rappelle à Donald Trump que la grandeur d’une nation ne se mesure pas à la taille de ses porte-avions, mais à sa capacité à construire la paix. Que Theodore Roosevelt lui-même, qu’il invoque si volontiers, avait obtenu le prix Nobel de la paix en 1906 pour avoir négocié la fin de la guerre russo-japonaise – pas pour avoir bombardé qui que ce soit. Que la véritable force est celle qui sait retenir son coup, pas celle qui frappe l’adversaire à terre.
Mais qui, dans l’entourage du président américain, oserait lui tenir ce discours ? Qui, dans cette administration où la loyauté prime la compétence, risquerait sa position pour défendre une politique étrangère fondée sur autre chose que le rapport de force brut ?
Le monde retient son souffle
En attendant, l’USS Abraham Lincoln poursuit sa route vers le golfe Persique. Ses chasseurs F-35C sont prêts au catapultage. Ses missiles Tomahawk sont chargés dans leurs tubes de lancement. Et quelque part dans les profondeurs de l’océan Indien, un sous-marin nucléaire américain attend probablement ses ordres, invisible et mortel.
Face à cette armada, l’Iran se prépare. Ses radars scrutent le ciel. Ses batteries de missiles sont en alerte. Ses pasdaran – les Gardiens de la Révolution – fourbissent leurs armes, trop heureux de pouvoir détourner l’attention des massacres qu’ils ont perpétrés contre leur propre peuple.
Et entre les deux, le monde retient son souffle. Les marchés pétroliers s’affolent. Les diplomates s’activent en coulisses. Les populations du Moyen-Orient se demandent si elles vont connaître, une fois de plus, les horreurs de la guerre.
La diplomatie de la canonnière est de retour. Elle n’a rien appris, rien oublié. Elle navigue vers nous à 30 nœuds, portée par un vent de folie que l’on croyait dissipé depuis longtemps. Et il n’est pas certain que le fragile édifice du droit international, déjà lézardé par tant de crises, survive à cette nouvelle tempête.
Donald Trump veut forcer l’Iran à négocier ? Il obtiendra peut-être une victoire à la Pyrrhus, un accord arraché sous la contrainte qui ne vaudra pas le papier sur lequel il sera écrit. Ce qu’il n’obtiendra jamais par la force, c’est une paix véritable. Car la paix ne se conquiert pas. Elle se construit. Et pour construire, il faut des architectes, pas des canonniers.
L’Histoire jugera sévèrement ceux qui, au XXIe siècle, ont choisi de ressusciter les fantômes du XIXe. Elle jugera plus sévèrement encore ceux qui, pouvant les arrêter, auront préféré regarder ailleurs.
Signé Maxime Marquette
Sources
VN-202601260872.html »>BFMTV – Trump menace l’Iran avec une armada à 300 millions de dollars
7770137.html »>France Info – Donald Trump prévient l’Iran que « le temps est compté »
Euronews – Voici la flotte massive américaine que Trump a envoyée en Iran
CNBC – Trump warns Iran an ‘armada’ is heading its way
TIME – Trump Says ‘Massive Armada’ Heading to Iran
NBC News – Trump warns Iran time for nuclear deal is running out
ABC News – Trump says ‘massive Armada’ heading to Iran
Al Jazeera – Iran rejects Trump’s threats
The Heritage Foundation – Trump Tries Gunboat Diplomacy With Iran
The Authority News – Trump’s gunboat diplomacy and the threat to global stability
WION News – The shocking daily cost to keep USS Abraham Lincoln sailing near Iran
Anadolu Agency – US ‘armada’ in the Middle East
Iranianprotests »>Wikipedia – 2025-2026 Iranian protests
Iranmassacres »>Wikipedia – 2026 Iran massacres
NPR – At least 6,126 people killed in Iran’s crackdown
Al Jazeera – Why is Iran’s economy failing
UnitedStatesinterventioninVenezuela »>Wikipedia – 2026 United States intervention in Venezuela
Brookings – Making sense of the US military operation in Venezuela
Chatham House – US capture of Maduro has no justification in international law
RT – Key allies deny airspace to Trump’s armada
dela_canonni%C3%A8re »>Wikipedia – Diplomatie de la canonnière
Cairn – Les guerres de l’opium : les canons de la liberté
NPR – What Teddy Roosevelt has to do with Trump’s moves
Press TV – Senior commander: Iran fully ready
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