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ÉDITORIAL : Washington tourne le dos, l’Europe se lève – le basculement historique du soutien à l’Ukraine
Crédit: Adobe Stock

Soixante-quinze ans de confort sous le parapluie américain

Posons la question qui dérange. Comment un continent de 450 millions d’habitants, doté d’un PIB combiné parmi les plus élevés au monde, a-t-il pu se retrouver si démuni face au retrait de son protecteur historique ? La réponse tient en un mot : habitude. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe a vécu sous le bouclier sécuritaire américain comme un locataire sous un toit qu’il n’a jamais payé à sa juste valeur. Les dividendes de la paix après la chute du Mur de Berlin en 1989 ont permis aux États européens de réduire méthodiquement leurs budgets de défense, de fermer des bases militaires, de démanteler des régiments, de transformer des casernes en logements étudiants. En 2023, les dépenses de défense de l’UE ne représentaient que 1,3 % du PIB collectif. Ce chiffre, à lui seul, raconte l’histoire d’un continent qui avait décidé, consciemment ou non, que la guerre était un concept du passé. L’invasion russe de l’Ukraine en février 2022 a administré un premier électrochoc. Mais c’est le retrait américain de 2025 qui a véritablement provoqué le réveil. Comme le dit un adage stratégique souvent attribué à Bismarck : « Les Européens n’apprennent que par la catastrophe. » La catastrophe est arrivée.

Le choc des chiffres entre Washington et Bruxelles

Les données sont implacables. Selon le Kiel Institute, l’Ukraine a reçu au moins 309 milliards d’euros d’aide de 41 pays depuis le début de la guerre. Les États-Unis ont été, pendant trois ans, le premier contributeur. L’UE, en tant qu’institution, arrive en deuxième position avec 63,19 milliards d’euros. Mais le rapport de force a basculé de manière spectaculaire en 2025. Tandis que Washington gelait ses livraisons, l’Europe a collectivement contribué 138 milliards d’euros, combinant l’aide communautaire et les contributions bilatérales. Pourtant, ce chiffre cache une réalité douloureuse : l’Europe n’a alloué qu’environ 4,2 milliards d’euros de nouvelle aide militaire en 2025, un montant que le Kiel Institute juge « largement insuffisant pour compenser l’arrêt du soutien américain ». Le fossé entre la volonté politique affichée et les capacités réelles de livraison reste le talon d’Achille de la réponse européenne. L’Europe veut porter l’Ukraine à bout de bras, mais ses bras ne sont pas encore assez musclés.

Il ne suffit pas de vouloir aider. Il faut pouvoir le faire. Et la différence entre les deux se mesure en usines de munitions, en chaînes de production de blindés, en stocks d’obus de 155 mm. L’Europe redécouvre, dans l’urgence, que la solidarité se forge aussi dans les ateliers industriels.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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