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EDITORIAL : Zelensky a Davos, le president en guerre qui a fait trembler les certitudes de l’Europe tout entiere
Crédit: Adobe Stock

L’Europe « perdue », un continent reduit a sa geographie

Ce que Zelensky a dit a Davos n’etait pas un discours. C’etait un requisitoire. Devant les dirigeants les plus puissants de la planete, le president ukrainien a prononce des phrases d’une brutalite calculee qui resteront dans les annales de la diplomatie europeenne. « L’Europe donne encore l’impression d’etre une geographie, une histoire, une tradition, pas une veritable force politique, pas une grande puissance », a-t-il assene. Puis, enfonçant le clou : « L’Europe reste un kalidoscope fragmente de petites et moyennes puissances. » Chaque mot pesait comme une pierre lancee dans la vitrine des illusions europeennes. Zelensky ne se contentait pas de critiquer. Il deconstruisait methodiquement le mythe d’une Europe unie et forte que Bruxelles s’evertue a projeter sur la scene internationale. Et il le faisait avec une precision chirurgicale, s’appuyant sur des faits que personne dans la salle ne pouvait contester. Puis, la phrase qui a cristallise le malaise : « L’Europe semble perdue, essayant de convaincre le president americain de changer. Mais il ne changera pas. Le president Trump aime qui il est. » Dans cette seule phrase, Zelensky detruisait toute la strategie diplomatique europeenne des douze derniers mois, celle qui consistait a tenter de ramener Trump a la raison. L’homme en treillis venait de dire tout haut ce que les couloirs de Bruxelles murmuraient tout bas : cette strategie avait echoue.

Le « Jour de la marmotte » de la diplomatie europeenne

Mais Zelensky n’en avait pas fini. Empruntant une metaphore au cinema americain, il a compare la politique etrangere europeenne au film « Un jour sans fin » (Groundhog Day) : « Nous vivons dans le Jour de la marmotte. » Une image devastatrice de justesse. Car l’annee precedente, deja a Davos, Zelensky avait conclu son discours par ces mots : « L’Europe doit savoir comment se defendre. » Un an plus tard, rien n’avait change. Et il se retrouvait la, contraint de repeter exactement la meme mise en garde. Cette repetition forcee portait en elle toute la frustration d’un homme qui voit son pays saigner pendant que ses allies debattent sans fin. Avez-vous deja eu cette sensation de parler dans le vide, de repeter le meme message sans que personne ne bouge ? C’est exactement ce que vivait le president ukrainien ce jour-la. Sauf que dans son cas, chaque jour de retard se mesure en vies humaines perdues, en immeubles detruits, en familles dechirees. La politique etrangere europeenne etait devenue, sous ses yeux, une boucle temporelle sterile ou les memes discours produisaient les memes non-resultats. Et le correspondant du Wall Street Journal, Bojan Pancevski, a confirme que cette comparaison avait profondement agace plusieurs delegations presentes.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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