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OPINION : La Russie invite Zelensky a venir negocier la paix a Moscou, le cynisme diplomatique eleve au rang de doctrine d’Etat
Crédit: Adobe Stock

Un piege tendu avec les manieres d’un diplomate

Inviter le president d’un pays que l’on bombarde quotidiennement a venir negocier dans sa propre capitale, il fallait oser. Le geste est aussi audacieux sur le plan diplomatique qu’il est revelateur sur le plan psychologique. En choisissant Moscou comme lieu de rencontre, le Kremlin ne propose pas un terrain neutre, il impose un terrain de domination. Le message sous-jacent est limpide : si Zelensky accepte, il legitimise de facto la position de force russe, se rendant dans la taniere du loup en supplicant. S’il refuse, la Russie peut le presenter devant la communaute internationale comme celui qui refuse la paix. C’est un piege a double detente, et chaque branche est acere. L’analyste militaire russe Petr Koltchine a lui-meme reconnu aupres de Pravda.ru que les declarations sur une eventuelle visite de Zelensky a Moscou « n’avaient aucune base reelle et relevaient d’une campagne d’information » plutot que d’une veritable disposition au dialogue. Quand vos propres experts admettent que l’invitation est un outil de propagande, la cause est entendue. Zelensky l’a compris depuis longtemps. Des la premiere invitation formulee en 2025, il avait retorque qu’il ne pouvait pas « se rendre dans la capitale d’un pays qui lance des missiles sur l’Ukraine chaque jour ». En janvier 2026, il a repondu avec une ironie mordante : « Si vous voulez que la rencontre n’ait pas lieu, invitez-moi a Moscou. » Puis, dans une pique qui fera date : « Il peut venir a Kyiv. »

Le precedent historique de la soumission deguisee en negociation

L’histoire de la diplomatie russe est jalonnee de ces invitations empoisonnees. De l’epoque tsariste aux sommets sovietiques, le lieu de la negociation n’a jamais ete un detail anodin dans la tradition politique de Moscou. Convoquer l’adversaire sur son propre sol est un acte de pouvoir, pas un geste de bonne volonte. Les negociations de Brest-Litovsk en 1918, les accords de Yalta en 1945, les sommets du Kremlin pendant la guerre froide : a chaque fois, le choix du lieu a structure le rapport de force. Inviter Zelensky a Moscou s’inscrit dans cette genealogie du pouvoir par la geographie. La proposition est d’autant plus ironique que la Cour penale internationale a emis un mandat d’arret contre Vladimir Poutine pour deportation d’enfants ukrainiens, lui interdisant de fait tout deplacement dans les pays signataires du Statut de Rome. Le president russe est prisonnier de ses propres frontieres, mais il invite le president d’un pays en guerre a venir dans les siennes. L’asymetrie est vertigineuse. Ouchakov a assure que « la securite de Zelensky serait garantie ». On se souviendra que Alexandre Litvinenko avait lui aussi recu certaines assurances avant de boire un the au polonium 210 a Londres en 2006. Que Sergei Skripal vivait tranquillement en Angleterre avant l’attaque au Novitchok de Salisbury en 2018. Les garanties de securite du Kremlin ont un historique que meme les plus optimistes des diplomates auraient du mal a ignorer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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