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OPINION : Le Kremlin invite Zelensky a Moscou et le monde retient son souffle devant ce test diplomatique vertigineux
Crédit: Adobe Stock

Ce qui s’est vraiment passe les 23 et 24 janvier

Pour comprendre la portee de l’invitation moscovite, il faut revenir quelques jours en arriere. Les 23 et 24 janvier 2026, une reunion historique s’est tenue a Abu Dhabi. Pour la premiere fois depuis le debut de l’invasion russe a grande echelle en fevrier 2022, des representants de la Russie, de l’Ukraine et des Etats-Unis se sont retrouves autour d’une meme table. Le terme trilateral merite d’etre souligne. Depuis quatre ans, toutes les tentatives de mediation avaient echoue a reunir les trois parties simultanement. Les accords de Minsk etaient morts. Le format Normandie avait sombre. Les negociations d’Istanbul de mars 2022 s’etaient evanouies dans les accusations mutuelles de mauvaise foi. Abu Dhabi marque donc une rupture qualitative. Cote americain, la delegation etait menee par Keith Kellogg, envoye special, accompagne de Steve Witkoff, Jared Kushner et Brian Driscoll. La presence de Kushner, gendre de Donald Trump et figure incontournable de la diplomatie transactionnelle trumpiste, signale l’importance que la Maison-Blanche accorde a ce processus. Cote russe, cinq generaux figuraient dans la delegation, un signal clair que Moscou abordait ces discussions avec une dimension militaire operationnelle, pas seulement politique. Cote ukrainien, le ministre de la Defense Roustem Oumerov conduisait les echanges, choix revelateur d’une approche elle aussi ancree dans les realites du terrain.

Des progres reels ou une illusion diplomatique soigneusement orchestree

Zelensky lui-meme a qualifie les discussions d’Abu Dhabi de constructives. Le mot a ete repris par la partie americaine. Moscou a parle de discussions utiles tout en soulignant que des defis majeurs persistaient. Cette convergence lexicale est inhabituelle. Depuis quatre ans, les deux camps s’etaient accoutumes a decrire toute initiative diplomatique en des termes diametralement opposes. Le fait qu’ils emploient un vocabulaire relativement harmonise pour qualifier ces discussions est en soi un evenement. Selon un responsable americain cite par Reuters, les pourparlers ont porte sur les parametres possibles pour mettre fin a la guerre. Toutes les parties ont convenu de rendre compte a leurs capitales respectives et de coordonner les prochaines etapes avec leurs dirigeants. Une nouvelle session de consultations etait programmee pour le 1er fevrier. Mais ne nous laissons pas emporter par un optimisme premature. Le secretaire d’Etat americain Marco Rubio a identifie le differend territorial comme le point d’achoppement fondamental. Moscou exige le retrait des forces ukrainiennes de la totalite des territoires que la Russie revendique, y compris les 20 pour cent de la region de Donetsk qu’elle ne controle pas militairement. Kyiv refuse categoriquement de ceder des terres que la Russie n’a pas conquises sur le champ de bataille, craignant qu’elles ne deviennent un tremplin pour de futures incursions. Ce fosse territorial reste beant. Et aucune formule diplomatique, aussi constructive soit-elle, ne peut le combler sans que l’une des parties fasse des concessions majeures.

Mini editorial.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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