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OPINION : Trois murs se dressent entre l’Ukraine et la paix, et aucun ne tombera sans fracas
Crédit: Adobe Stock

L’Ukraine veut un bouclier, la Russie veut une cage

Deuxieme mur. Et peut-etre le plus redoutable, car il touche a la question existentielle de la survie meme de l’Ukraine en tant qu’Etat souverain. Les garanties de securite. Qu’est-ce que l’Ukraine attend ? Des engagements de defense mutuelle comparables a ceux de l’OTAN. L’article 5, en substance. Attaquez l’un de nous, vous nous attaquez tous. Plus concretement, un plan americain en vingt points envisage une adhesion de l’Ukraine a l’Union europeenne d’ici 2027, un calendrier ambitieux qui donnerait a Kiev un ancrage institutionnel solide dans le camp occidental. L’envoye americain Steve Witkoff a parle du plan de securite le plus solide jamais concu. La Grande-Bretagne et la France se sont engagees a deployer des troupes apres un accord. Sur le papier, l’architecture de securite semble impressionnante. Mais que veut la Russie en face ? L’exact oppose. Moscou exige l’exclusion permanente de l’Ukraine de l’OTAN. Pas un moratoire. Pas une pause. Une exclusion definitive, gravee dans le marbre d’un traite international. L’armee ukrainienne devrait etre plafonnee a six cent mille soldats, contre environ huit cent mille actuellement. Et, detail qui revele la profondeur des ambitions russes, Moscou reclame un droit de veto sur les decisions de defense ukrainiennes. Un droit de veto. C’est-a-dire la capacite d’empecher un Etat souverain de decider librement de sa propre politique de defense. Vous avez bien lu. La Russie ne demande pas simplement la neutralite de l’Ukraine. Elle demande sa subordination militaire.

Le piege de la neutralite imposee face a une menace permanente

Pour comprendre pourquoi les demandes russes sont percues a Kiev comme une condamnation a mort differee, il faut se placer dans la perspective ukrainienne. L’Ukraine a deja connu la neutralite. Le Memorandum de Budapest de 1994 lui promettait des garanties de securite en echange de l’abandon de son arsenal nucleaire, le troisieme plus important au monde a l’epoque. La Russie etait signataire de ce memorandum. Resultat : en 2014, Moscou a annexe la Crimee et soutenu les separatistes du Donbass. En 2022, la Russie a lance une invasion a grande echelle. Les garanties de securite sans dents, l’Ukraine connait. Et elle en a paye le prix en sang. Comment, dans ces conditions, demander a Kiev de faire confiance a de nouvelles promesses, surtout quand elles viennent accompagnees de restrictions qui la rendraient militairement vulnerable face a un voisin qui a deja prouve sa volonte d’agression ? La confiance du public ukrainien dans la mediation americaine a d’ailleurs sensiblement decline. Pas par antiamericanisme, mais par pragmatisme. L’Ukraine sait desormais que les promesses internationales ne valent que ce que valent les armees pretes a les faire respecter. Et quand la Russie refuse explicitement toute presence de troupes de l’OTAN sur le sol ukrainien, elle cherche precisement a vider ces garanties de leur substance. Un bouclier sans soldats derriere n’est qu’un bout de papier.

Mini editorial. Demander a l’Ukraine de renoncer a l’OTAN apres ce qu’elle a vecu, c’est comme demander a quelqu’un qui vient de se faire cambrioler de laisser sa porte ouverte en echange d’une promesse que le voleur ne reviendra pas. Le Memorandum de Budapest etait cense proteger l’Ukraine. Il n’a protege personne. Si l’histoire enseigne quelque chose, c’est que les garanties de securite sans mecanisme d’application sont des paroles en l’air. Et les paroles en l’air ne protegent pas des missiles.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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