Des chiffres qui défient l’entendement humain
Avant d’examiner les trois scénarios, il faut regarder en face ce que cette guerre a déjà coûté. Les chiffres sont si vertigineux qu’ils finissent par devenir abstraits — et c’est précisément le danger. Selon le Center for Strategic and International Studies de Washington, les forces russes ont subi environ 1,2 million de pertes depuis février 2022, dont quelque 325 000 soldats tués. Ce bilan dépasse celui de toutes les guerres menées par la Russie et l’Union soviétique depuis la Seconde Guerre mondiale combinées. En 2025, les forces russes ont enregistré plus de 400 000 pertes — une moyenne effarante de 35 000 par mois. Côté ukrainien, les estimations oscillent entre 60 000 et 140 000 soldats tués, selon les sources, et plus de 380 000 blessés reconnus officiellement par Zelensky. Les pertes civiles ukrainiennes en 2025 ont bondi de 31 % par rapport à 2024, avec au moins 2 514 civils tués et 12 142 blessés, selon les Nations unies. Au total, les pertes militaires combinées approchent les 1,8 million et pourraient atteindre les deux millions au printemps 2026. Chaque jour qui passe sans accord ajoute des centaines de noms à cette liste funèbre. Chaque semaine de tergiversation diplomatique se paie en vies humaines que nulle reconstruction ne pourra restituer.
Et pour quels gains territoriaux ? L’offensive russe sur Pokrovsk a progressé au rythme moyen de 70 mètres par jour — plus lentement que lors de la bataille de la Somme en 1916, l’une des plus meurtrières de l’histoire militaire. Depuis début 2024, la Russie n’a conquis que 1,5 % supplémentaire du territoire ukrainien. Le ratio entre les vies sacrifiées et les kilomètres gagnés est d’une obscénité mathématique qui devrait hanter chaque dirigeant assis autour de la table de négociation. L’économie russe, malgré les proclamations du Kremlin, montre des signes d’essoufflement manifestes : la croissance a chuté à 0,6 % en 2025, l’inflation reste élevée, les pénuries de main-d’oeuvre sont sévères, et la moitié du budget fédéral est désormais consacrée aux dépenses militaires et de sécurité intérieure. L’Ukraine, de son côté, a vu sa capacité de production électrique fondre de 33,7 gigawatts avant l’invasion à environ 14 gigawatts en janvier 2026. Le pays a besoin de 60 milliards de dollars de ses partenaires pour financer sa défense en 2026. Voilà le socle de réalité sur lequel reposent les trois scénarios qui suivent : un champ de ruines humain et économique qui rend la continuation du statu quo moralement et matériellement insoutenable.
Vous, lecteur, devant ces chiffres
Permettez-moi de m’adresser directement à vous, lecteur. Quand vous lisez « 1,8 million de pertes », que voyez-vous ? Un chiffre dans un article de plus sur une guerre lointaine ? Ou bien 1,8 million de visages, de familles brisées, de chaises vides autour de tables de dîner à Moscou, à Kiev, à Donetsk, à Marioupol ? Il est tentant de traiter ce conflit comme un problème géostratégique, un échiquier où l’on déplace des pions abstraits. Mais chaque pion est un fils, une mère, un professeur mobilisé, un ouvrier envoyé au front avec trois semaines de formation. Le danger, à ce stade du conflit, n’est pas seulement l’échec des négociations. C’est l’engourdissement moral qui nous gagne quand les chiffres dépassent notre capacité d’empathie. C’est la normalisation de l’inacceptable — cette habitude que nous prenons de lire les bilans quotidiens comme on consulte la météo. Les trois scénarios qui suivent ne sont pas des exercices intellectuels. Ce sont des bifurcations dont dépendent des centaines de milliers de vies. Chacun d’entre eux porte un prix humain spécifique. Et ce prix, au bout du compte, c’est nous tous qui le paierons — en sécurité, en stabilité, en confiance dans l’ordre international qui est censé nous protéger. La question que je vous pose est simple : lequel de ces prix êtes-vous prêt à accepter ?
Scénario un : l'accord négocié rapide — la paix des compromis douloureux
Les contours d’un cessez-le-feu négocié
Le premier scénario est celui que l’administration Trump présente comme son objectif prioritaire : un accord négocié rapide menant à un cessez-le-feu suivi d’un gel du conflit. Dans cette configuration, l’Ukraine conserverait le contrôle de son territoire actuel — c’est-à-dire environ 82 % de sa superficie reconnue internationalement — tandis que les zones occupées par la Russie resteraient sous contrôle russe de facto, sans reconnaissance juridique internationale. L’Ukraine renoncerait formellement à son adhésion à l’OTAN, une concession majeure qui arrache le coeur même de la politique étrangère ukrainienne depuis la révolution de Maïdan en 2014. En contrepartie, des garanties de sécurité occidentales concrètes seraient mises en place. Le sommet de Paris du 6 janvier 2026 a déjà esquissé les contours de ces garanties : la France et le Royaume-Uni ont signé une « Déclaration d’intention » prévoyant l’envoi de forces sur le sol ukrainien en cas d’accord de paix. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a précisé que Londres et Paris « établiraient des centres militaires à travers l’Ukraine » et construiraient des installations protégées pour les armes et l’équipement militaire. Une coalition de 35 pays s’est engagée à soutenir l’Ukraine contre toute agression future. Zelensky a par ailleurs évoqué la création d’une zone de libre-échange dans l’est de l’Ukraine sous contrôle de Kiev, une proposition économique qui pourrait adoucir l’amertume d’une amputation territoriale. Ce scénario, s’il se concrétisait, pourrait prendre forme dès les prochaines semaines, les deux parties ayant convenu de se retrouver à Abu Dhabi début février.
Mais quel Ukraine émergerait de cet accord ? Un pays amputé, certes, mais vivant. Un pays qui conserverait sa souveraineté sur la majorité de son territoire, son accès à la mer Noire (hors Crimée), ses grandes villes intactes ou reconstruites, et surtout — surtout — sa population survivante. Un pays adossé à des garanties de sécurité tangibles : des soldats français et britanniques sur son sol, une coalition internationale engagée, un programme de reconstruction économique financé par l’Occident. Mais aussi un pays hanté par l’abandon de millions de compatriotes vivant sous occupation russe dans le Donbass, à Zaporizhzhia, à Kherson, en Crimée. Un pays où chaque commémoration nationale rappellerait ce qui a été perdu. Un pays dont l’identité politique serait redéfinie par un traumatisme fondateur : avoir résisté quatre ans pour accepter un compromis que beaucoup qualifieraient de capitulation. Le risque politique intérieur est colossal : Zelensky survivrait-il à la signature d’un tel accord ? Les forces nationalistes ukrainiennes accepteraient-elles ce qu’elles percevraient comme une trahison ? L’histoire enseigne que les paix imposées par la fatigue engendrent souvent des ressentiments qui préparent les conflits suivants.
Le pari de la sécurité sans l’OTAN
Voici le paradoxe central de ce premier scénario : l’Ukraine obtiendrait des garanties de sécurité occidentales sans le cadre juridique de l’article 5 de l’OTAN, qui est la seule garantie ayant jamais fonctionné de manière crédible en Europe depuis 1949. Les centres militaires franco-britanniques et les installations de stockage d’armes constituent un engagement réel, mais ils ne sont pas l’OTAN. Le Mémorandum de Budapest de 1994, par lequel la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni garantissaient l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de sa renonciation à l’arme nucléaire, a démontré ce que valent les garanties de sécurité non contraignantes lorsqu’une puissance nucléaire décide de les ignorer. Comment garantir que la prochaine génération de dirigeants occidentaux honorera des engagements pris en 2026 ? La France déploiera-t-elle réellement ses soldats face à une nouvelle agression russe dans dix ans, sous un président différent, dans un contexte géopolitique transformé ? L’Allemagne, qui a refusé de s’engager à envoyer des troupes sur le sol ukrainien lors du sommet de Paris — préférant proposer un déploiement « sur le territoire OTAN voisin » — illustre déjà les limites de la solidarité européenne. Le chancelier Friedrich Merz a déclaré ne « rien exclure fondamentalement », une formulation d’une prudence extrême qui ne rassurerait personne à Kiev. Ce scénario repose donc sur un acte de foi : croire que des engagements bilatéraux tiendront là où un traité multilatéral n’a jamais été proposé. C’est un pari. Et l’Ukraine paierait le prix d’un pari perdu.
Mini-éditorial. Soyons honnêtes sur ce que signifie « renoncer à l’OTAN ». Ce n’est pas une concession technique. C’est une amputation stratégique. C’est dire à un peuple qui s’est battu quatre ans au nom de son appartenance au monde occidental qu’il n’aura jamais le droit de rejoindre l’alliance qui protège ce monde. C’est valider le principe selon lequel la violence militaire d’une puissance nucléaire peut imposer un veto permanent sur les choix souverains d’une nation indépendante. Quiconque prétend que cette concession est « raisonnable » devrait se demander comment il réagirait si on lui imposait la même logique. La paix a un prix. Mais il faut au moins avoir l’honnêteté de nommer ce prix au lieu de le dissimuler derrière des euphémismes diplomatiques.
Scénario deux : la guerre prolongée — l'épuisement comme horizon
Quand l’absence d’accord devient la norme
Le deuxième scénario est celui que personne ne souhaite ouvertement mais que beaucoup considèrent comme le plus probable : l’échec des négociations et la continuation de la guerre à une intensité réduite, mais toujours meurtrière. Dans cette hypothèse, les pourparlers d’Abu Dhabi et les rounds suivants n’aboutissent à rien de concret. La question territoriale reste un obstacle infranchissable : la Russie exige le retrait total des forces ukrainiennes du Donbass et la reconnaissance de ses annexions ; l’Ukraine refuse de céder un pouce de territoire supplémentaire. Trump, frustré par l’absence de résultats rapides, se désintéresse progressivement du dossier — un schéma que l’Institut Montaigne identifie comme l’un des deux risques majeurs de la séquence actuelle. La guerre continue, mais elle change de nature. Les grandes offensives cèdent la place à une guerre d’attrition le long de lignes de front quasi figées. Les frappes sur les infrastructures civiles ukrainiennes se poursuivent, maintenant la population dans un état de précarité permanente. Les recrutements forcés des deux côtés s’intensifient pour compenser les pertes. L’Ukraine, privée progressivement du soutien américain, dépend de plus en plus d’une Europe divisée qui peine à combler le vide laissé par Washington. La Russie, de son côté, poursuit sa transformation en économie de guerre, sacrifiant son développement à long terme sur l’autel de ses ambitions territoriales.
Ce scénario est celui de la lente hémorragie. Pas de capitulation spectaculaire, pas d’accord historique, mais un saignement continu qui affaiblit les deux belligérants sans qu’aucun n’atteigne ses objectifs. L’Ukraine conserverait son intégrité morale — elle n’aurait rien cédé — mais perdrait ses forces vives, sa jeunesse, son tissu économique. Sa capacité électrique, déjà réduite de moitié, continuerait de se dégrader. Les 60 milliards de dollars nécessaires à sa défense en 2026 deviendraient de plus en plus difficiles à obtenir d’alliés lassés. La Russie, elle, continuerait d’avancer de quelques dizaines de mètres par jour au prix de milliers de vies mensuelles, creusant une dette démographique et économique qui hypothéquerait son avenir pour des décennies. L’ancien directeur de la CIA, William Burns, a estimé les pertes russes à 1,1 million en janvier 2026. Combien faudra-t-il pour que le Kremlin considère le prix trop élevé ? Les sondages russes montrent que 66 % de la population soutient les négociations de paix. Ce chiffre traduit une lassitude que le pouvoir ne pourra pas ignorer indéfiniment. Mais Poutine n’est pas gouverné par les sondages. Il est gouverné par sa vision historique d’une Russie impériale restaurée — et cette vision n’a pas de prix.
L’Europe face à son propre reflet
Dans ce scénario de guerre prolongée, c’est l’Europe qui se retrouve face à ses contradictions les plus profondes. Un sondage YouGov de fin 2025 révèle l’ampleur des fractures : les Italiens, les Allemands et les Français sont profondément divisés sur les conditions acceptables d’un accord de paix, tandis que les Britanniques sont majoritairement pessimistes — 45 % estiment que les États-Unis ne respecteraient pas leur engagement au titre de l’article 5 de l’OTAN. Les termes jugés inacceptables par les opinions publiques européennes incluent l’interdiction pour l’Ukraine de rejoindre l’OTAN, la réintégration de la Russie au G8, et l’amnistie pour toutes les parties au conflit. Autrement dit, les Européens refusent les concessions nécessaires à la paix tout en souhaitant la fin de la guerre — une contradiction qui paralyse toute initiative. La Hongrie de Viktor Orban, qui se positionne comme pont entre Moscou et l’Occident — et dont le site Index.hu sert précisément de caisse de résonance à cette vision — incarne l’extrême de cette division européenne. Budapest plaide pour un cessez-le-feu immédiat et des négociations sans conditions, une position que Paris et Londres considèrent comme une capitulation déguisée. Entre la France qui promet des troupes et la Hongrie qui propose des concessions, l’Europe offre au monde le spectacle de son incapacité à parler d’une seule voix sur la crise la plus grave de son voisinage depuis 1945. Cette cacophonie stratégique est le terreau sur lequel prospère l’influence russe et le levier qu’exploite Trump pour imposer sa propre vision du règlement.
Mini-éditorial. La guerre prolongée n’est pas un « scénario » au sens neutre du terme. C’est un aveu d’échec collectif. C’est le constat que la communauté internationale est incapable d’arrêter un conflit dont elle connaît le bilan, les causes et les solutions possibles. Chaque mois supplémentaire de guerre représente environ 35 000 nouvelles victimes russes, des milliers de victimes ukrainiennes, des centaines de civils tués. Ce n’est pas un statu quo. C’est un abattoir en mouvement lent dont nous détournons le regard parce que les images sont devenues familières. La fatigue informationnelle ne diminue pas la souffrance réelle. Elle la rend simplement invisible à ceux qui ont le privilège de ne pas la vivre.
Scénario trois : l'accord imposé — quand Trump sort le marteau
La stratégie de la double pression
Le troisième scénario est le plus trumpien dans sa logique : un accord imposé par la force de la pression américaine sur les deux belligérants simultanément. Dans cette configuration, Trump, face à l’enlisement des négociations, décide de forcer la main à la fois à Kiev et à Moscou. Le levier sur l’Ukraine est évident et redoutable : la menace de couper l’aide militaire et financière américaine, qui représente la colonne vertébrale de l’effort de guerre ukrainien. Sans les armes, les munitions, le renseignement et les dizaines de milliards de dollars américains, l’Ukraine ne peut pas tenir face à la machine de guerre russe. Trump le sait, Zelensky le sait, et ce rapport de force asymétrique confère au président américain un pouvoir de coercition sans équivalent. Le levier sur la Russie est plus subtil mais tout aussi puissant : le renforcement drastique des sanctions, le gel des avoirs russes à l’étranger, l’intensification de la pression sur les pays tiers qui aident Moscou à contourner les restrictions existantes, et potentiellement — c’est le scénario le plus radical — la fourniture à l’Ukraine d’armements de nouvelle génération capables de changer l’équilibre du champ de bataille. Trump a déjà démontré sa capacité à surprendre en matière de politique étrangère. Ses menaces simultanées contre l’Iran, sa capture de Maduro, et ses positions sur le Groenland montrent un président qui n’hésite pas à utiliser tous les instruments de la puissance américaine pour obtenir ce qu’il veut. Appliquer cette logique au conflit ukrainien serait parfaitement cohérent avec son approche transactionnelle des relations internationales.
Ce scénario repose sur un postulat fondamental : que ni l’Ukraine ni la Russie ne peuvent se permettre de perdre le soutien — ou de subir l’hostilité — des États-Unis. Pour l’Ukraine, c’est une évidence stratégique. Pour la Russie, c’est moins immédiat mais tout aussi réel à moyen terme. Des sanctions américaines renforcées, combinées à une pression sur la Chine, l’Inde et la Turquie pour réduire leur coopération économique avec Moscou, pourraient accélérer significativement la dégradation de l’économie russe — déjà fragilisée par une croissance de seulement 0,6 %, une inflation persistante et une hémorragie de cerveaux. Le calcul de Trump est celui du dealmaker : créer une situation où le coût du refus est supérieur au coût de l’accord pour chaque partie. Quel Ukraine sortirait de ce scénario ? Probablement un pays aux frontières similaires à celles du premier scénario, mais avec une différence fondamentale : l’accord ne serait pas perçu comme un choix souverain de Kiev, mais comme une capitulation imposée par Washington. La blessure psychologique serait profonde. La relation avec les États-Unis en serait durablement empoisonnée. Et le précédent serait dévastateur : il confirmerait que les petites nations ne sont que des pions dans le jeu des grandes puissances, déplaçables et sacrifiables selon les calculs électoraux d’un président américain.
Les risques d’une paix dictée
Posons la question qui dérange : un accord imposé vaut-il mieux qu’une guerre sans fin ? Sur le plan strictement humanitaire, la réponse est oui. Chaque jour de cessez-le-feu sauve des vies. Chaque semaine sans bombardement permet à des familles ukrainiennes de dormir sans la terreur des sirènes. Chaque mois sans offensive évite des milliers de morts supplémentaires des deux côtés. Mais la diplomatie ne se réduit pas à un calcul utilitariste. Un accord imposé par Washington créerait un précédent géopolitique aux conséquences incalculables. Il validerait l’idée que l’agression militaire d’une puissance nucléaire peut être récompensée par des gains territoriaux permanents, pourvu que le coût de la guerre devienne suffisamment élevé pour que le « médiateur » américain décide de forcer le pays agressé à accepter sa défaite partielle. Quelles leçons en tireraient la Chine vis-à-vis de Taïwan ? L’Inde vis-à-vis du Pakistan ? L’Iran vis-à-vis de ses voisins ? Le message serait limpide : envahissez, tenez bon suffisamment longtemps, et l’Amérique finira par vous accorder ce que le droit international vous refuse. Par ailleurs, l’Institut Montaigne souligne un risque spécifique de la méthode Trump : que Poutine « gagne du temps » en utilisant les négociations pour consolider ses positions militaires et reconstituer ses forces, tout en attendant que la pression américaine sur Kiev produise des concessions supplémentaires. Dans ce cas, l’accord imposé ne serait pas un compromis équitable mais une victoire russe obtenue par la manipulation du processus diplomatique. Le troisième scénario est peut-être le plus efficace à court terme. Mais il pourrait être le plus destructeur à long terme pour l’ordre international fondé sur les règles que les démocraties occidentales prétendent défendre.
Mini-éditorial. Regardons la réalité en face. Trump ne s’intéresse pas à l’Ukraine en tant que nation souveraine dotée de droits inaliénables. Il s’intéresse à l’Ukraine en tant que dossier qu’il peut fermer pour revendiquer une victoire diplomatique. La différence entre ces deux perspectives est la différence entre une paix juste et une paix expéditive. Les deux arrêtent les bombes. Mais seule la première construit un avenir viable. L’histoire du XXe siècle regorge d’exemples de paix expéditives qui ont préparé les guerres suivantes. Versailles 1919. Munich 1938. La question que nous devons poser à l’administration Trump n’est pas « pouvez-vous obtenir un accord ? » mais « pouvez-vous obtenir un accord qui tienne ? »
Le facteur hongrois : quand Budapest murmure à l'oreille de Moscou
La source et son prisme idéologique
Il est essentiel de noter que l’analyse des trois scénarios qui a inspiré cette chronique provient d’Index.hu, le principal portail d’information hongrois. Ce n’est pas un détail anodin. La Hongrie de Viktor Orban occupe une position singulière dans le paysage géopolitique européen : membre de l’OTAN et de l’Union européenne, mais entretenant des relations privilégiées avec le Kremlin que la plupart des capitales occidentales considèrent comme incompatibles avec la solidarité atlantique. Orban a été le seul dirigeant européen à se rendre à Moscou pendant le conflit, le seul à plaider ouvertement pour un arrêt immédiat des livraisons d’armes à l’Ukraine, et le seul à qualifier les sanctions européennes contre la Russie d’erreur stratégique. La presse hongroise, même celle qui conserve une certaine indépendance comme Index.hu, opère dans un environnement médiatique façonné par cette orientation politique. Cela ne disqualifie pas l’analyse — les trois scénarios décrits sont largement partagés par les experts occidentaux — mais cela colore la présentation des options. La mise en avant d’un « accord rapide » comme scénario souhaitable et la relativisation des exigences ukrainiennes en matière de sécurité reflètent une perspective qui privilégie la fin des hostilités sur la justice des termes. Le lecteur informé doit garder cette grille de lecture à l’esprit en évaluant les probabilités respectives de chaque scénario.
La position hongroise est pourtant révélatrice d’une fracture européenne plus large que le seul cas Orban. Derrière les déclarations de principe sur la solidarité avec l’Ukraine, plusieurs gouvernements européens partagent en privé certaines préoccupations de Budapest : la lassitude face au coût économique du soutien à Kiev, la crainte d’une escalade nucléaire, et le désir pragmatique de normaliser les relations avec la Russie pour des raisons énergétiques et commerciales. L’Italie, l’Autriche, la Slovaquie et dans une certaine mesure l’Allemagne ont tous, à des degrés divers, exprimé des réserves sur la stratégie de confrontation maximale avec Moscou. La différence entre ces pays et la Hongrie n’est pas de nature mais de degré — et de franchise. Orban dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas. Cela fait de lui un partenaire utile pour le Kremlin et un irritant majeur pour les capitales qui maintiennent la ligne dure. Mais cela fait aussi de lui un indicateur avancé de ce que pourrait devenir la position européenne majoritaire si la guerre se prolonge encore deux ou trois ans. La fatigue stratégique n’est pas un phénomène hongrois. C’est un phénomène européen dont Budapest est simplement le symptôme le plus visible et le plus assumé.
Le renseignement ukrainien et le plan russe de partition
Pendant que Budapest joue les médiateurs autoproclamés, le renseignement ukrainien a révélé un document qui jette une lumière crue sur les véritables ambitions du Kremlin. Un plan stratégique russe détaille un projet de division de l’Ukraine en trois entités distinctes d’ici 2026, intégré dans une projection militaro-politique s’étalant jusqu’en 2045 et élaboré par le ministère de la Défense russe. Ce plan inclut plusieurs scénarios, dont l’installation d’un gouvernement pro-russe à Kiev ou d’un régime « neutre » empêchant toute adhésion à l’OTAN. Que ce document soit authentique ou qu’il constitue une opération de désinformation ukrainienne destinée à renforcer la position de Kiev dans les négociations, il met en lumière une réalité fondamentale : les objectifs de guerre russes vont bien au-delà de la simple question territoriale du Donbass. Le Kremlin ne cherche pas seulement des kilomètres carrés. Il cherche la destruction de l’Ukraine en tant qu’entité politique souveraine capable de faire ses propres choix stratégiques. C’est cette ambition maximale qui rend les trois scénarios si difficiles à évaluer : chacun d’entre eux suppose que la Russie se contentera d’un résultat partiel, alors que tout indique que Poutine vise un résultat total. La question n’est pas de savoir quel scénario est le plus « réaliste » mais quel scénario est suffisamment contraignant pour empêcher la Russie de revenir à la charge dans cinq ou dix ans.
Le prix de chaque chemin : une cartographie des souffrances
Ce que gagne et perd l’Ukraine dans chaque configuration
Mettons les trois scénarios côte à côte et examinons ce que chacun signifie concrètement pour l’Ukraine. Scénario un — accord négocié rapide : l’Ukraine perd environ 18 % de son territoire mais gagne la paix, des garanties de sécurité occidentales, un programme de reconstruction et la possibilité de se reconstruire comme nation européenne intégrée. Le coût humain immédiat chute drastiquement. Le coût politique est immense : un sentiment de trahison chez une partie significative de la population. Scénario deux — guerre prolongée : l’Ukraine ne perd rien de plus en termes de territoire (ou très peu, au rythme actuel de 70 mètres par jour) mais continue de saigner ses forces vives. La jeunesse émigre, l’économie s’effondre, les infrastructures sont détruites méthodiquement. Au bout de cinq ans, l’Ukraine qui émergerait serait une coquille vidée de sa substance même si ses frontières officielles restaient inchangées. Scénario trois — accord imposé : les termes territoriaux sont probablement similaires au premier scénario, mais la dynamique politique est radicalement différente. L’Ukraine serait perçue — et se percevrait — comme une victime de la realpolitik américaine, pas comme un acteur souverain ayant négocié un compromis difficile. La relation avec Washington en sortirait empoisonnée, et le ressentiment anti-américain pourrait paradoxalement rapprocher une partie de l’opinion ukrainienne de positions nationalistes hostiles à tout l’Occident.
Et la Russie ? Dans le premier scénario, Poutine obtient un résultat partiel qu’il peut présenter comme une victoire à son opinion publique : des territoires annexés de facto, une Ukraine hors de l’OTAN, la démonstration que la force militaire paie. Mais il n’obtient pas la destruction de l’Ukraine comme entité souveraine pro-occidentale, ce qui était son objectif initial. Dans le deuxième scénario, la Russie continue de s’affaiblir économiquement et démographiquement pour des gains territoriaux marginaux. Le risque d’instabilité intérieure augmente à mesure que les pertes s’accumulent et que l’économie se contracte. Dans le troisième scénario, la Russie obtient un résultat similaire au premier mais avec un bonus stratégique : la démonstration que les États-Unis sont prêts à abandonner leurs alliés quand le prix devient trop élevé. Ce précédent renforcerait considérablement la position de Moscou vis-à-vis de tous les pays de l’ancien espace soviétique. Pour l’Europe, le premier scénario est le moins mauvais : il stabilise le continent tout en exposant les limites de la solidarité transatlantique. Le deuxième est le pire : une guerre permanente aux portes de l’Union, avec des flux de réfugiés, des coûts économiques croissants et une fracture interne grandissante. Le troisième est le plus humiliant : il confirme que l’Europe est incapable de résoudre ses propres crises de sécurité sans le bon vouloir de Washington.
La variable oubliée : les peuples qui vivent sous les bombes
Dans toutes ces analyses stratégiques, une variable est systématiquement sous-estimée : la volonté des populations directement concernées. Les sondages montrent que 72 % des Ukrainiens approuveraient un plan de paix gelant les lignes de front avec des garanties de sécurité, sans reconnaître les territoires occupés comme russes. Ce chiffre est remarquable. Il montre un peuple qui a souffert quatre ans de guerre et qui est prêt au compromis territorial — mais pas à la soumission juridique. La nuance est fondamentale : accepter de ne pas récupérer immédiatement le Donbass n’est pas la même chose que reconnaître qu’il appartient à la Russie. Les Ukrainiens sont prêts à une pause, pas à un abandon. Du côté russe, les 66 % favorables aux négociations traduisent une lassitude que le régime poutinien ne peut plus masquer entièrement derrière sa propagande. Les mères russes qui ont perdu leurs fils ne se soucient pas de la « profondeur stratégique » du Donbass. Elles veulent que la guerre s’arrête. Mais leur voix ne pèse rien dans un système politique où les décisions de guerre et de paix sont concentrées entre les mains d’un seul homme. C’est la tragédie structurelle de ce conflit : les peuples des deux côtés veulent la paix, mais les structures politiques qui les gouvernent — une démocratie en guerre d’un côté, une autocratie militariste de l’autre — obéissent à des logiques qui ne correspondent pas nécessairement à cette aspiration populaire. Chers lecteurs, retenez ce paradoxe : la paix est majoritaire dans les deux pays, mais elle reste minoritaire dans les cercles de pouvoir qui décident du sort de millions de personnes.
L'équation impossible de Trump : gagner sans comprendre
Le deal artist face à l’histoire longue
Donald Trump aborde le conflit ukrainien comme il aborde tout : en homme d’affaires cherchant à conclure un deal. Sa force est sa capacité de disruption — personne avant lui n’avait réussi à mettre les trois parties autour d’une table. Sa faiblesse est son indifférence à la profondeur historique du conflit. Pour Trump, l’Ukraine est un problème à résoudre, pas une tragédie à comprendre. Il ne se soucie pas de savoir pourquoi les Ukrainiens se battent depuis la place Maïdan. Il ne s’intéresse pas aux siècles de domination russe qui ont forgé l’identité nationale ukrainienne. Il ne mesure pas ce que signifie, pour un peuple qui a survécu au Holodomor, la soumission à Moscou. Il voit des chiffres, des territoires, des leviers de pression — et il veut fermer le dossier avant les élections de mi-mandat. Cette approche transactionnelle peut produire des résultats à court terme. Les accords d’Abraham, signés lors de son premier mandat, ont démontré que la diplomatie du fait accompli peut fonctionner dans certains contextes. Mais le conflit israélo-arabe et le conflit russo-ukrainien ne sont pas comparables en échelle, en intensité ni en implications géopolitiques. Un accord bâclé sur l’Ukraine n’aurait pas les mêmes conséquences qu’un accord bâclé entre Israël et les Émirats. Il affecterait l’architecture de sécurité de tout le continent européen pour des décennies. Il redéfinirait les règles du jeu entre puissances nucléaires. Il déterminerait si le droit international reste un cadre opérant ou devient une fiction diplomatique.
La méthode Trump comporte un autre risque identifié par les analystes : celui de donner à Poutine exactement ce qu’il cherche — du temps. Si les semaines qui viennent sont consacrées essentiellement à des négociations sans résultat concret, la Russie pourrait utiliser cette pause diplomatique pour reconstituer ses forces, consolider ses positions et préparer de nouvelles offensives, tout en bénéficiant d’un ralentissement du soutien occidental à l’Ukraine justifié par « l’état des négociations ». Le paradoxe Trump est le suivant : sa volonté de conclure rapidement pourrait paradoxalement prolonger le conflit en donnant au Kremlin l’espace nécessaire pour renforcer sa position de négociation. L’empressement du dealmaker est l’allié objectif du stratège qui joue le temps long. Poutine a prouvé depuis quatre ans qu’il était prêt à payer n’importe quel prix — en vies russes, en économie, en relations internationales — pour atteindre ses objectifs en Ukraine. Rien dans les négociations actuelles ne suggère que cette détermination ait faibli. La question fondamentale n’est donc pas de savoir si Trump peut obtenir un accord. C’est de savoir s’il peut obtenir un accord que Poutine respectera. Et sur ce point, l’histoire récente n’offre aucune raison d’être optimiste.
La leçon que l’Amérique refuse d’apprendre
Mini-éditorial. Il y a une arrogance spécifiquement américaine dans la conviction que tout conflit peut être résolu par un accord commercial suffisamment bien négocié. Cette arrogance a produit des désastres en Afghanistan, en Irak, en Libye. Elle est en train de se déployer en Ukraine. Trump croit sincèrement qu’il peut résoudre en quelques semaines ce que des décennies de politique européenne n’ont pas résolu. Il a peut-être raison sur le constat — l’approche européenne n’a manifestement pas fonctionné. Mais il a probablement tort sur la solution. La paix durable en Europe de l’Est ne viendra pas d’un accord signé sous la pression d’un président américain pressé de tweeter sa victoire. Elle viendra d’un engagement de long terme qui combine dissuasion militaire, intégration économique, et transformation politique — à la fois en Ukraine et, un jour, en Russie. Trump n’a ni la patience, ni l’intérêt, ni la vision historique pour ce type d’engagement. Il peut arrêter les bombes. Il ne peut pas construire la paix.
Trois chemins, un seul verdict : l'Ukraine ne sortira pas indemne
Le deuil nécessaire et la reconstruction possible
Quel que soit le scénario qui se réalise, une certitude s’impose : l’Ukraine d’avant le 24 février 2022 n’existe plus. Elle ne reviendra pas. Les frontières de 1991 ne seront pas restaurées dans un avenir prévisible. Les villes détruites — Marioupol, Bakhmout, Avdiïvka — ne seront pas reconstruites à l’identique. Les morts ne reviendront pas. Les millions de réfugiés dispersés à travers l’Europe ne rentreront pas tous. Ce deuil collectif est la condition préalable à toute reconstruction. Tant que la classe politique ukrainienne et la société civile n’auront pas intégré cette réalité, aucun accord ne sera psychologiquement acceptable. Mais le deuil n’est pas la défaite. L’Ukraine qui émergera de cette guerre — quel que soit le scénario — sera un pays transformé. Un pays dont l’armée est devenue l’une des plus expérimentées et des mieux équipées d’Europe. Un pays dont la société civile a démontré une résilience extraordinaire. Un pays dont l’identité nationale a été forgée dans le feu d’une manière que des décennies d’indépendance paisible n’auraient jamais produite. Paradoxalement, Poutine a accompli ce que des générations de nationalistes ukrainiens n’avaient pas réussi : souder un pays, cristalliser une identité, rendre irréversible la rupture avec Moscou. L’Ukraine de 2026 est plus ukrainienne qu’elle ne l’a jamais été. Aucun accord, aucune concession territoriale, aucune pression américaine ne pourra défaire cette transformation. C’est la victoire silencieuse que les trois scénarios ne mesurent pas — parce qu’elle ne se négocie pas autour d’une table.
La reconstruction est l’autre horizon que les trois scénarios ouvrent de manière différente mais convergente. Dans les trois cas, l’Ukraine aura besoin de centaines de milliards de dollars de reconstruction sur des décennies. Les infrastructures énergétiques, les réseaux de transport, le parc immobilier, le système de santé, l’appareil productif — tout doit être rebâti. C’est un défi colossal, mais c’est aussi une opportunité historique. L’Ukraine peut se reconstruire non pas comme une copie de ce qu’elle était mais comme un modèle de modernité européenne — numérique, verte, résiliente. Les pays qui ont été détruits et reconstruits — l’Allemagne d’après 1945, le Japon d’après Hiroshima, la Corée du Sud d’après 1953 — sont souvent devenus des puissances économiques précisément parce que la reconstruction permet de repartir de zéro avec les technologies les plus avancées. Ce n’est pas un argument pour la destruction. C’est un argument pour l’espoir — une donnée que les trois scénarios de guerre et de paix oublient systématiquement d’intégrer dans leurs calculs géostratégiques.
Le mot de la fin appartient aux Ukrainiens
Au terme de cette analyse, une conviction s’impose. Les trois scénarios décrits par les analystes hongrois et repris par l’ensemble des observateurs occidentaux sont pertinents dans leur mécanique. Mais ils partagent un angle mort commun : ils traitent l’Ukraine comme un objet de la diplomatie internationale, pas comme un sujet. Ils analysent ce que Trump peut imposer, ce que Poutine peut exiger, ce que l’Europe peut offrir — mais ils sous-estiment ce que les Ukrainiens eux-mêmes sont prêts à accepter ou à refuser. Or, quatre ans de guerre ont démontré une chose au-delà de tout doute : ce peuple ne se laisse pas dicter son destin. Il s’est battu quand tout le monde prédisait sa chute en 72 heures. Il a résisté quand les experts annonçaient l’épuisement de ses ressources. Il a maintenu sa cohésion nationale quand les analystes prédisaient sa fragmentation. Tout accord qui ne prendra pas en compte cette détermination souveraine sera voué à l’échec, quelle que soit la pression exercée par Washington, Moscou ou Bruxelles. Trump peut poser ses cartes sur la table d’Abu Dhabi. Poutine peut brandir ses exigences territoriales. L’Europe peut offrir ses garanties plus ou moins crédibles. Mais c’est le peuple ukrainien — et lui seul — qui dira le dernier mot. Ce dernier mot ne sera peut-être pas celui que les grandes puissances veulent entendre. Mais il sera le seul qui compte.
Signé Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Positionnement editorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste. Mon expertise reside dans l’observation et l’analyse des dynamiques geopolitiques, economiques et strategiques qui faconnent notre monde. Mon travail consiste a decortiquer les strategies politiques, a comprendre les mouvements economiques globaux, a contextualiser les decisions des acteurs internationaux et a proposer des perspectives analytiques sur les transformations qui redefinissent nos societes.
Je ne pretends pas a l’objectivite froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je pretends a la lucidite analytique, a l’interpretation rigoureuse, a la comprehension approfondie des enjeux complexes qui nous concernent tous. Mon role est de donner du sens aux faits, de les situer dans leur contexte historique et strategique, et d’offrir une lecture critique des evenements.
Methodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits verifies et analyses interpretatives. Les informations factuelles presentees proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires verifiables.
Sources primaires : communiques officiels des gouvernements et institutions internationales, declarations publiques des dirigeants politiques, rapports d’organisations intergouvernementales, depeches d’agences de presse internationales reconnues (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse, Bloomberg News, Xinhua News Agency).
Sources secondaires : publications specialisees, medias d’information reconnus internationalement, analyses d’institutions de recherche etablies, rapports d’organisations sectorielles (The Washington Post, The New York Times, Financial Times, The Economist, Foreign Affairs, Le Monde, The Guardian).
Les donnees statistiques, economiques et geopolitiques citees proviennent d’institutions officielles : Agence internationale de l’energie (AIE), Organisation mondiale du commerce (OMC), Fonds monetaire international (FMI), Banque mondiale, instituts statistiques nationaux.
Nature de l’analyse
Les analyses, interpretations et perspectives presentees dans les sections analytiques de cet article constituent une synthese critique et contextuelle basee sur les informations disponibles, les tendances observees et les commentaires d’experts cites dans les sources consultees.
Mon role est d’interpreter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des dynamiques geopolitiques et economiques contemporaines, et de leur donner un sens coherent dans le grand recit des transformations qui faconnent notre epoque. Ces analyses refletent une expertise developpee a travers l’observation continue des affaires internationales et la comprehension des mecanismes strategiques qui animent les acteurs globaux.
Toute evolution ulterieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives presentees ici. Cet article sera mis a jour si de nouvelles informations officielles majeures sont publiees, garantissant ainsi la pertinence et l’actualite de l’analyse proposee.
Sources
Sources primaires
Index.hu — Orosz-ukran konfliktus: forgatokonyv a beketargyalashoz – 29 janvier 2026
ABC News — Russia, Ukraine and US hold 1st trilateral talks since start of war – Janvier 2026
CBS News — Ukraine agrees to peace proposal with only minor details to settle – Janvier 2026
Sources secondaires
Euronews — Abu Dhabi hosts Russia-Ukraine peace talks with territorial issues a priority – 24 janvier 2026
NBC News — Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time – Janvier 2026
Al Jazeera — Ukraine-Russia-US hold talks in Abu Dhabi with territory as key issue – 23 janvier 2026
CNN — US, Ukraine and Russia in first trilateral talks of the war – 23 janvier 2026
LBC — Millions of casualties, metres gained: Russia’s Ukraine war nears two million losses – Janvier 2026
Euronews — Russia suffers more losses than any country since WWII – 28 janvier 2026
Euronews — Where do Europe’s citizens stand on the Ukraine peace plan – 6 janvier 2026
ABC News — European nations commit to troops in Ukraine as part of milestone peace talks in Paris – Janvier 2026
Al Jazeera — US backs security guarantees for Ukraine as France and UK pledge troops – 6 janvier 2026
Le Grand Continent — Negocier avec Poutine et Trump : trois propositions pour mettre fin a la guerre – 9 janvier 2025
Institut Montaigne — Plan de paix russo-americain sur l’Ukraine – Janvier 2026
La Nouvelle Tribune — Trump fait des revelations sur une promesse de Poutine – Janvier 2026
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