Quand les volontaires ne suffisent plus
Voici le probleme fondamental auquel fait face le Kremlin en ce debut 2026 : le vivier de volontaires est en train de se tarir. L’analyste Michael Kofman, l’un des observateurs les plus respectes du conflit, a pose un diagnostic brutal : en 2025, « plus de 90 % des soldats contractuels recrutes chaque mois servaient uniquement a couvrir les pertes ». Ce chiffre est vertigineux. Il signifie que la Russie ne recrute plus pour avancer — elle recrute pour survivre. Le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov, a confirme que la Russie avait atteint son quota de 403 000 recrues en 2025, soit une moyenne de 33 583 par mois. Pour 2026, ce quota a ete legerement augmente a 34 083 par mois. Mais comment combler ce besoin insatiable quand tous ceux qui voulaient bien se battre pour de l’argent l’ont deja fait ? C’est la question qui hante les couloirs du ministere russe de la Defense. Et la reponse, cher lecteur, est aussi previsible qu’abjecte : la coercition.
Il fut un temps ou le Kremlin pouvait seduire avec des primes faramineuses — l’equivalent de plusieurs annees de salaire dans les regions les plus pauvres. Ce temps est revolu. Desormais, c’est le baton qui remplace la carotte, et le baton frappe de plus en plus fort.
Le decret de la mobilisation rampante
Vladimir Poutine a signe un decret ordonnant la convocation de reservistes pour des exercices militaires en 2026. L’Institut pour l’etude de la guerre ne s’y est pas trompe : il s’agit selon eux d’une nouvelle etape de mobilisation deguisee visant a reconstituer les forces combattantes sans declencher la panique d’une mobilisation generale. Deux clauses de ce decret sont restees classifiees — un detail qui devrait alarmer quiconque suit ce conflit. Depuis le 1er janvier 2026, la conscription fonctionne desormais toute l’annee plutot que pendant des periodes designees. L’age limite pour les soldats contractuels a ete aboli en mai 2022 — on peut desormais signer un contrat jusqu’a 65 ans. Chaque mesure, prise isolement, peut sembler anodine. Prises ensemble, elles dessinent le portrait d’un regime qui gratte le fond du baril humain avec une obstination methodique. Vous pensez que j’exagere ? Le Kremlin vise des forces armees de 1,5 million de soldats d’ici 2026. Pour y parvenir, il faut recruter massivement tout en compensant des pertes colossales. L’equation est mathematiquement impossible sans recourir a la force.
Un regime qui doit classifier les clauses de ses propres decrets de mobilisation est un regime qui sait que la verite serait inacceptable pour sa propre population.
Les prisonniers, les migrants, les etrangers : la chair a canon des invisibles
Vider les prisons pour remplir les tranchees
Prenons un instant pour parler de Sergei. Non, je ne connais pas son nom de famille — personne ne le connait, car Sergei fait partie des 33 000 prisonniers qui ont disparu des prisons russes dans 35 regions du pays. Le vice-ministre russe de la Justice, Vsevolod Voukolov, a lui-meme confirme que la population carcerale russe est tombee a un minimum historique de 266 000 detenus. Ou sont passes les autres ? La reponse se trouve dans les tranchees de Bakhmout, de Pokrovsk, de Myrnohrad. La Fondation Jamestown a documente le processus : des representants du ministere de la Defense et des administrateurs locaux se rendent dans les prisons et menacent directement les detenus de consequences s’ils refusent de signer un contrat militaire. Les prisonniers subissent des pressions physiques et psychologiques. On les prive de sommeil. On falsifie leurs signatures sur les contrats. Dans certains cas documentes, on les tue pour avoir refuse de signer. Est-ce que vous realisez ce que je viens d’ecrire ? On tue des prisonniers russes parce qu’ils refusent d’aller mourir en Ukraine. C’est le niveau de barbarie auquel nous sommes rendus.
Quand un Etat doit vider ses prisons pour mener sa guerre, ce n’est plus une armee — c’est un systeme penitentiaire arme.
Les migrants comme monnaie d’echange
Et puis il y a Rustam. Rustam est venu du Tadjikistan pour travailler sur un chantier a Moscou, esperant envoyer de l’argent a sa famille restee a Douchande. Mais Vladimir Poutine a signe un decret qui oblige desormais les hommes etrangers demandant la residence permanente ou la citoyennete a signer un contrat militaire. Les recruteurs ratissent les mosquees et les centres d’immigration. On offre un raccourci vers la citoyennete — six a douze mois au lieu de cinq ans — en echange d’un engagement sur le front. Le chef du Comite d’enquete russe, Alexandre Bastrykine, a affirme qu’au moins 20 000 naturalises d’Asie centrale combattaient au front et que 10 000 autres avaient ete envoyes creuser des tranchees. Les nouveaux citoyens sont convoques dans les bureaux de migration et menaces de se voir revoquer leur statut s’ils refusent de combattre. Plusieurs pays ont reagi avec fermete : l’Inde a confirme que 44 de ses ressortissants combattaient pour la Russie et a exige que Moscou mette fin a cette pratique. Le Nepal a interdit a ses citoyens de se rendre en Russie pour y travailler. Cuba a condamne 26 personnes pour trafic humain lie au recrutement militaire russe. L’Afrique du Sud a lance une enquete sur 17 de ses citoyens retrouves sur le front. Pres de 200 etrangers de 37 pays ont ete captures combattant pour la Russie et sont actuellement prisonniers de guerre en Ukraine.
Le recrutement militaire russe n’est plus une politique de defense — c’est un reseau international de traite de personnes opere par un Etat souverain membre permanent du Conseil de securite des Nations Unies.
Les republiques ethniques : la geographie du sacrifice
Mourir pour Moscou quand on vit a 6 000 kilometres
Il y a une carte de la Russie que le Kremlin ne montrera jamais a la television. C’est celle des pertes par habitant. Sur cette carte, les regions les plus touchees ne sont pas Moscou ou Saint-Petersbourg — ce sont la Touva, la Bouriatie, l’Altai, le Tchoutchotka, le Bachkortostan. Des republiques ethniques, loin des centres de pouvoir, peuplees de minorites que le regime considere manifestement comme plus expendables que les Moscovites. La chercheuse Maria Vyouchkova a ete categorique : les republiques ethniques continueront de figurer parmi les dix premieres regions en termes de morts par habitant. Le chef de la Bouriatie, Alexei Tsydenov, n’a ni petrole ni industrie critique a offrir a Moscou. Alors il offre ce qu’il a : des hommes. La phrase d’un analyste resonne comme un verdict : fournir de la chair a canon pour la guerre est desormais considere comme le principal indicateur d’efficacite pour les gouverneurs russes. Relisez cette phrase. Elle contient a elle seule toute l’horreur bureaucratique d’un systeme qui a transforme ses propres citoyens en ressource militaire jetable, et leurs gouverneurs en fournisseurs de mort.
La guerre de Poutine ne tue pas la Russie de maniere uniforme — elle devore ses peripheries, ses minorites, ses pauvres. C’est une guerre de classe deguisee en guerre de civilisation.
Le silence des riches
Les donnees regionales sont eloquentes : les regions prosperes attirent peu de volontaires. Pourquoi un informaticien de Moscou signerait-il un contrat quand il gagne deja bien sa vie ? Pourquoi un entrepreneur de Saint-Petersbourg risquerait-il sa vie quand ses affaires tournent ? La guerre en Ukraine est devenue une taxe sur la pauvrete — une taxe payee en sang. Les fils des elites russes etudient a l’etranger, frequentent les restaurants branches de Dubai et postent des photos de vacances sur Instagram. Les fils des eleveurs bouriates, des pecheurs tchouktches et des ouvriers bachkirs meurent dans des tranchees boueuses pour 15 a 70 metres de terrain par jour. Vous voulez savoir pourquoi la Russie n’a pas connu de mouvement anti-guerre de masse ? Parce que ceux qui meurent n’ont pas de voix. Parce que les regions qui souffrent le plus sont celles qui ont le moins de poids politique. Parce que le systeme est concu pour que la douleur soit invisible a ceux qui pourraient la contester. C’est du colonialisme interne dans sa forme la plus brutale — et l’Europe commence enfin a le voir.
Moscou fait la guerre avec le sang des peripheries. C’est la definition meme d’un empire en decomposition : un centre qui se nourrit de ses marges jusqu’a l’epuisement total.
L'Europe ouvre enfin les yeux
Le reveil strategique
Ce qui a change en ce debut 2026, c’est que l’Europe ne detourne plus le regard. Les rapports s’accumulent. Les generaux europeens avertissent publiquement leurs populations de se preparer a la guerre. Le Straits Times de Singapour rapporte que l’Europe soumet desormais les pratiques de recrutement russes a un examen sans precedent. Bloomberg confirme que le bilan des morts russes pousse les capitales europeennes a reconsiderer l’ensemble de leur posture strategique. Le Conseil de l’Union europeenne a prolonge le mandat de la Mission d’assistance militaire EUMAM Ukraine jusqu’en novembre 2026, avec un budget de pres de 409 millions d’euros. Le Conseil europeen a approuve un pret de 90 milliards d’euros a l’Ukraine pour 2026-2027, remboursable uniquement lorsque la Russie indemnisera l’Ukraine pour les dommages causes. Les Etats membres ont demande pres de 50 milliards d’euros pour la defense aerienne et antimissile, les munitions et les missiles. Ce sont des chiffres sans precedent dans l’histoire de la construction europeenne. Jamais l’UE n’a investi autant dans sa defense. Et la raison est simple : les pratiques de recrutement de Moscou revelent un regime pret a tout, y compris a sacrifier des centaines de milliers de ses propres citoyens, pour atteindre ses objectifs.
L’Europe a longtemps cru qu’elle pouvait commercer avec le loup sans jamais se faire mordre. Les 1,2 million de victimes russes sont la preuve que ce loup n’hesite pas a devorer ses propres petits.
La guerre hybride en acceleration
Mais le reveil europeen n’est pas motive uniquement par la compassion envers les victimes russes du recrutement force. Il est aussi motive par la peur. Les rapports de renseignement confirment une multiplication par quatre des operations de sabotage russes en Europe en 2024 par rapport a l’annee precedente, avec une acceleration en 2025. Des incidents troublants se sont deja produits : une attaque russe contre un entrepot lie a l’Ukraine au Royaume-Uni, un incendie criminel dans une entreprise de defense aerienne en Allemagne. Le GLOBSEC avertit que l’intensification de la guerre hybride russe en 2026 decoule directement des faiblesses conventionnelles de Moscou. Plus la Russie s’affaiblit militairement en Ukraine, plus elle compense par des operations de sabotage, de desinformation et de destabilisation contre les pays europeens qui soutiennent Kiev. Environ 40 % de l’ensemble du budget federal russe en 2026 est consacre aux forces armees, a la police et aux services de securite. C’est un signal extraordinaire : la Russie s’est transformee en Etat-garnison, une forteresse militaire ou la population civile devient secondaire par rapport a l’effort de guerre.
Quand un pays consacre pres de la moitie de son budget a la guerre et a la repression, il ne reste plus grand-chose pour construire un avenir. La Russie ne planifie plus — elle survit.
Le CEPA sonne l'alarme : 2026, l'annee de tous les dangers
Un continent entre deni et preparation
Le Center for European Policy Analysis a qualifie 2026 de l’annee la plus dangereuse pour l’Europe. Ce n’est pas de l’alarmisme gratuit — c’est une analyse fondee sur des donnees convergentes. D’un cote, une Russie qui epuise ses reserves humaines a un rythme insoutenable, ce qui pourrait la pousser a des actes desesperes. De l’autre, une Europe qui, malgre les investissements records, reste militairement et diplomatiquement mal preparee. L’Euronews posait recemment la question qui fache : l’Europe est-elle prete pour la guerre ? La reponse, malheureusement, est nuancee. Les generaux europeens avertissent publiquement que les societes ouest-europeennes vivent dans le deni. Les budgets de defense augmentent, certes, mais les capacites industrielles ne suivent pas toujours. Les chaines d’approvisionnement en munitions restent fragiles. La production de defense est en expansion, mais elle part de si bas qu’il faudra des annees pour atteindre les niveaux necessaires. Et pendant ce temps, la Russie continue de produire des obus a un rythme que l’Europe ne peut pas encore egaliser, meme avec toute sa richesse et sa technologie. Le principal obstacle a la paix en 2026, selon les analystes de Radio Free Europe, reste la Russie elle-meme, qui ne semble avoir aucun interet a mettre fin aux combats, et encore moins a la guerre.
L’Europe se prepare, mais se prepare-t-elle assez vite ? C’est la question qui devrait empecher de dormir chaque ministre de la Defense du continent.
L’industrie de defense en chantier
Les chiffres parlent d’eux-memes. Jusqu’a 22,5 milliards d’euros en prefinancement pourraient etre debloques des mars 2026 pour accelerer la production de defense aerienne, de munitions et de missiles. C’est un montant colossal, mais est-ce suffisant ? Imaginons un instant Katarzyna, ingenieuse polonaise de 34 ans, qui travaille dans une usine de munitions pres de Radom. Son usine tourne a plein regime, trois equipes par jour, sept jours sur sept. Et pourtant, la production ne couvre qu’une fraction de ce que l’Ukraine consomme chaque mois sur le front. Katarzyna sait que chaque obus qu’elle produit finira dans le canon d’un howitzer ukrainien pointe vers une position russe. Elle sait aussi que la cadence est insuffisante. L’Europe a desindustrialise sa defense pendant trois decennies, persuadee que la paix etait acquise. Aujourd’hui, elle paie le prix de cette naivete. La question n’est pas de savoir si l’Europe peut produire suffisamment — elle le peut, a terme. La question est de savoir si elle le fera a temps.
L’Europe a desappris a fabriquer la guerre. Maintenant, elle doit reapprendre — et chaque jour de retard se paie en vies ukrainiennes perdues sur le front.
Les 165 000 noms que Moscou refuse de prononcer
Le travail de memoire contre la machine a oublier
Pendant que le Kremlin refuse de compter ses morts, d’autres le font a sa place. Le projet Mediazona, en collaboration avec la BBC et une equipe de benevoles, a recense les noms de plus de 165 661 soldats et contractuels russes dont la mort a ete confirmee au 13 janvier 2026. Ce chiffre represente une fraction du total reel — car il ne compte que les morts dont le deces a pu etre verifie par des sources publiques : avis de deces, publications sur les reseaux sociaux, sites gouvernementaux. Imaginez Natalia, une mere de Bouriatie, qui apprend la mort de son fils non pas par un officier venu frapper a sa porte, mais par une publication sur VKontakte. Imaginez-la chercher le nom de son enfant sur la liste de Mediazona, esperant et redoutant a la fois de le trouver. Ce projet de documentation n’est pas seulement journalistique — il est un acte de resistance contre l’oubli organise par l’Etat. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifie les recherches du CSIS de non fiables. C’est la seule reponse que Moscou ait jamais offerte : le deni, encore et toujours, comme si nier les morts pouvait les ressusciter.
Chaque nom sur la liste de Mediazona est une accusation. Et Moscou n’a pas assez de mensonges pour toutes les etouffer.
Le systeme craque
Les signaux d’un effondrement lent
Un observateur qui suit les soldats russes depuis trois ans et demi a titre son analyse de maniere eloquente pour Euromaidan Press : le systeme est en train de craquer. Les signes sont la, pour qui veut les voir. Les primes de recrutement ont explose — certaines regions offrent l’equivalent de plusieurs annees de salaire moyen — mais cela ne suffit plus. Les methodes de recrutement deviennent de plus en plus coercitives. Les reservistes sont appeles. La conscription est devenue permanente. Les prisonniers disparaissent. Les migrants sont pieges. Les etrangers sont trompes. Et malgre tout cela, plus de 90 % des nouvelles recrues ne font que remplacer les pertes. La pression sur la machine de guerre domestique russe sera plus forte en 2026 qu’a aucun autre moment au cours des quatre dernieres annees, selon les analystes. Le systeme ne s’est pas encore effondre, mais il grince de toutes parts. La question n’est plus de savoir s’il craquera, mais quand — et ce que Poutine sera pret a faire quand ce moment arrivera. Une mobilisation generale risquerait de provoquer des troubles sociaux majeurs. Une escalade nucleaire ? L’hypothese reste sur la table, aussi terrifiante soit-elle. Une negociation ? Elle requerrait d’admettre l’echec — ce que le regime semble incapable de faire.
Un systeme qui doit choisir entre la mobilisation generale et l’effondrement lent n’est pas un systeme en position de force — c’est un systeme qui negocie les termes de sa propre crise.
L’armee fantome des non-retours
Il y a un chiffre que personne ne mentionne assez : les forces armees ukrainiennes estiment les pertes russes totales a environ 1 237 400 militaires au 29 janvier 2026. Plus de 830 tues ou blesses pour la seule journee precedente. Le president Volodymyr Zelensky a lui-meme souligne l’acceleration : 35 000 occupants elimines en decembre, 30 000 en novembre, 26 000 en octobre. La courbe est ascendante, et chaque point de cette courbe represente des milliers de familles russes qui ne reverront jamais leurs fils, leurs peres, leurs freres. Pensons a Igor, 42 ans, ancien mecanicien automobile de Novossibirsk, qui a signe un contrat pour une prime equivalente a trois ans de salaire. Igor n’avait jamais tenu un fusil de sa vie. Il a recu deux semaines de formation, un uniforme use et un ordre de marche vers Pokrovsk. Igor fait probablement partie des statistiques aujourd’hui. Son nom figure peut-etre sur la liste de Mediazona, peut-etre pas. Mais son histoire se repete des milliers de fois par mois, dans une routine macabre que le Kremlin refuse d’admettre.
Chaque nouveau contrat signe sous la contrainte est un aveu d’echec du systeme. Et chaque corps qui ne revient pas est une dette que le regime accumule envers sa propre nation.
Ce que l'Europe doit comprendre — et vite
Au-dela de la compassion : l’urgence strategique
Cher lecteur, ne vous y trompez pas : ce qui se joue en Ukraine n’est pas un conflit lointain entre deux pays de l’ex-URSS. C’est un test existentiel pour l’ordre international et pour la securite europeenne. Les pertes massives russes ne sont pas seulement une tragedie humaine — elles sont un indicateur strategique. Elles revelent un regime pret a sacrifier une generation entiere pour ses ambitions imperiales. Un tel regime, pousse dans ses retranchements, est imprevisible et dangereux. L’Europe doit tirer trois lecons de cette situation. Premierement, le soutien a l’Ukraine n’est pas de la charite — c’est de l’autodefense par procuration. Chaque rouble que la Russie depense en Ukraine est un rouble qu’elle ne depensera pas pour destabiliser la Pologne, les pays baltes ou la Moldavie. Deuxiemement, les pratiques de recrutement russes sont des crimes contre l’humanite qui meritent une reponse juridique internationale, pas seulement des communiques de presse. Troisiemement, la course contre la montre est engagee : l’Europe doit renforcer ses capacites de defense plus rapidement que la Russie ne peut reconstituer les siennes.
La plus grande faiblesse de l’Europe n’est pas militaire — elle est psychologique. Elle refuse encore de croire que le pire soit possible.
Le mot de la fin : compter les morts ou prevenir les prochains
Au moment ou j’ecris ces lignes, le CSIS parle de 1,2 million de pertes russes. Mediazona a verifie 165 661 noms. Les forces armees ukrainiennes avancent le chiffre de 1 237 400. Les chiffres varient, mais le constat est unanime : la Russie paie un prix extraordinaire pour des gains minimaux et decline en tant que grande puissance. Cette phrase du rapport CSIS merite d’etre gravee dans le marbre des ministeres de la Defense europeens. Malgre ses pretentions de puissance retrouvee, la Russie de 2026 est un pays qui vide ses prisons, piege ses migrants, trompe des etrangers, saigne ses minorities ethniques et cache ses morts — tout cela pour gagner quelques dizaines de metres par jour dans un conflit qu’elle ne peut ni gagner ni arreter. La question que l’Europe doit se poser n’est plus combien de Russes sont morts mais que fera le Kremlin quand il ne pourra plus combler ses pertes. Car ce jour approche. Et ce jour-la, toutes les options seront sur la table — y compris les plus terrifiantes. L’Europe a le choix entre se preparer maintenant ou regretter plus tard. L’histoire, elle, ne pardonne pas les hesitations.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Ce texte est une chronique – il reflete le point de vue de son auteur et ne pretend pas a l’objectivite journalistique au sens classique du terme. L’auteur s’appuie sur des faits verifiables, mais les interprete librement pour nourrir le debat public.
Maxime Marquette est chroniqueur specialise en geopolitique et en questions internationales. Ses textes sont publies sur la plateforme mad-max.ca.
Sources
Sources primaires
CSIS — Russia’s Grinding War in Ukraine
The Straits Times — Russia’s War Death Tally Spurs European Scrutiny on Recruitment
Bloomberg — Russia’s War Death Tally Spurs European Scrutiny on Recruitment
Al Jazeera — Russian war deaths are rising to unsustainable levels, says Ukraine
Washington Post — Russia and Ukraine’s combined war casualties could reach 2 million soon
Sources secondaires
United24 Media — Putin Launches 2026 Stage of Covert Mobilization
Kyiv Post — Remote Russian Regions Pay the Price as Kremlin Hunts for Soldiers in 2026
The Moscow Times — Russia Needs Men to Fight in Ukraine in 2026
Jamestown Foundation — Russia Continues to Forcibly Recruit Prisoners and Migrant Workers
CNN — Moscow turns to deception, blackmail and bribery to sign up foreigners
Euromaidan Press — The system is finally cracking
CEPA — 2026 Europe’s Year of Living Dangerously
Euronews — Is Europe ready for war and what is Brussels doing to prepare?
Radio Free Europe — Will Russia’s War Against Ukraine End In 2026?
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