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CHRONIQUE : Iran-USA — Trump menace, Téhéran promet la riposte, et le monde retient son souffle au bord du gouffre
Crédit: Adobe Stock

Téhéran ne reste pas muet. Et c’est ce qui rend la situation si explosive. Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, homme clé de la diplomatie iranienne, a écrit sur les réseaux sociaux une phrase d’une clarté glaçante : « Nos braves forces armées sont prêtes — le doigt sur la détente — à répondre immédiatement et puissamment à TOUTE agression. » Notez le mot en majuscules : TOUTE. Pas certaines agressions. Pas une agression de grande ampleur. Toute agression. C’est un engagement absolu, sans nuance, sans marge de manoeuvre diplomatique. Et Araghchi ajoute un élément crucial : l’Iran a tiré des « leçons précieuses » du conflit de douze jours avec Israël et les États-Unis en juin dernier, qui lui permettent de « répondre encore plus fortement, plus rapidement et plus profondément ». Ce n’est pas un bluff ordinaire. C’est une déclaration qui repose sur une expérience récente de combat, sur des ajustements militaires concrets, sur une préparation qui dure depuis sept mois. Quand Fatima, une étudiante en relations internationales de Téhéran, lit ces déclarations sur son téléphone, elle ne sait pas si elle doit y voir du courage ou de la folie. « Les deux, peut-être », murmure-t-elle.

Le problème avec les lignes rouges, c’est qu’elles ne servent qu’à ceux qui ont la retenue de ne pas les franchir. Et la retenue, en ce moment, semble cruellement absente des deux côtés.

Les mille drones : la nouvelle donne tactique

L’annonce par le chef de l’armée iranienne de l’attribution de mille drones aux régiments de combat n’est pas anecdotique. Elle signale une transformation doctrinale de l’appareil militaire iranien. L’Iran a observé attentivement ce qui s’est passé en Ukraine, où les drones ont révolutionné le champ de bataille. Téhéran, qui a fourni des drones Shahed à la Russie, connaît mieux que quiconque l’efficacité de ces engins peu coûteux mais dévastateurs contre des cibles de haute valeur. Les porte-avions américains, aussi puissants soient-ils, présentent ce que les Iraniens appellent des « vulnérabilités sérieuses » face à des essaims de drones. C’est la logique asymétrique dans toute sa pureté : on ne combat pas le géant avec les mêmes armes que le géant. On cherche ses faiblesses. Et le drone, bon marché, difficile à détecter en masse, capable de saturer les défenses, est l’arme idéale du faible contre le fort.

Le détroit d’Ormuz : le verrou stratégique de la planète

Les forces navales iraniennes ont annoncé des exercices militaires dans le détroit d’Ormuz les 1er et 2 février. Ce n’est pas un hasard. Le détroit d’Ormuz est le goulot d’étranglement énergétique mondial par lequel transite environ un cinquième du pétrole consommé sur la planète. Le fermer — ou simplement menacer de le faire — c’est prendre le monde entier en otage. Les prix du pétrole ont déjà bondi de plus de trois pour cent à l’annonce des menaces de Trump. Si le détroit devait être perturbé, même temporairement, les conséquences économiques seraient catastrophiques. Jean-Marc, analyste pétrolier à Montréal, résume la situation avec le pragmatisme des chiffres : « Chaque dollar d’augmentation du baril de pétrole, c’est des milliards de dollars supplémentaires qui sortent des poches des consommateurs du monde entier. Une fermeture d’Ormuz, même de quelques jours, ferait exploser les prix à des niveaux jamais vus depuis la crise de 1973. » Voilà ce qui est en jeu, au-delà de la géopolitique : le portefeuille de chaque citoyen de la planète.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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