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CHRONIQUE : Jour 1436 de la guerre en Ukraine — bilan d’une journée qui résume l’horreur ordinaire d’un conflit sans fin
Crédit: Adobe Stock

Parlons de ces trois morts de Zaporijjia. Parce qu’ils méritent qu’on s’arrête. Parce que derrière le chiffre « 3 » dans un bulletin de guerre, il y avait des vies. La nuit du 28 au 29 janvier, un drone russe a frappé un quartier résidentiel de la région de Zaporijjia. L’impact a provoqué un incendie majeur dans un immeuble d’habitation. Les services d’urgence se sont précipités sur les lieux, dans le froid glacial, pour tenter de sauver qui pouvait l’être. Trois personnes n’ont pas survécu. Une quatrième a été blessée. Sept maisons ont été endommagées. Une a été réduite en cendres. Ces trois personnes avaient des noms. Des familles. Des histoires. Peut-être que l’une d’entre elles venait de rentrer du travail. Peut-être qu’une autre dormait quand le drone est arrivé. Peut-être que la troisième essayait de garder sa maison au chaud malgré les coupures de courant. On ne saura probablement jamais. Parce que dans cette guerre, les victimes des régions éloignées du centre n’ont pas de visage dans les médias internationaux. Elles sont un chiffre dans un rapport, une ligne dans une liste d’Al Jazeera, un point de données dans une base de la Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

Trois morts dans un bombardement nocturne de Zaporijjia. Le monde n’a même pas cligné des yeux. Et c’est exactement le problème : quand trois morts de plus ne provoquent plus aucune réaction, c’est que la guerre a déjà gagné la bataille la plus importante — celle de notre indifférence.

Les pompiers de l’impossible

Viktor, pompier volontaire à Zaporijjia depuis le début de la guerre, est arrivé sur les lieux de l’attaque en vingt minutes. Il fait ça depuis près de quatre ans maintenant : se lever en pleine nuit, enfiler son équipement, rouler dans le noir vers un bâtiment en feu que personne n’a pu évacuer à temps. Le froid était mordant — les températures en Ukraine descendent régulièrement sous les moins quinze degrés ces semaines-ci. L’eau des lances à incendie gèle presque instantanément au contact des surfaces. Les pompiers ukrainiens travaillent dans des conditions que leurs collègues occidentaux considéreraient comme inhumaines. Et ils recommencent chaque nuit, parce que chaque nuit, les drones reviennent. Depuis décembre 2025, la Russie a intensifié ses attaques de drones de manière exponentielle : 5 649 drones lancés en décembre 2025, soit le triple de décembre 2024. C’est en moyenne 182 drones par jour. Chaque jour. Chaque nuit. Et chaque nuit, des Viktor se lèvent pour aller éteindre les feux que d’autres ont allumés depuis Moscou.

La région de Zaporijjia, nouvelle cible prioritaire

Zaporijjia n’est pas un nom qui fait la une des journaux occidentaux aussi souvent que Kiev ou Kharkiv. Et pourtant, cette région du sud-est ukrainien est devenue l’un des épicentres les plus dangereux du conflit. Les analystes de l’Institute for the Study of War (ISW) ont noté que l’avance russe « lente mais régulière » dans l’oblast de Zaporijjia menace désormais des villages situés à seulement sept kilomètres de la capitale régionale. Sept kilomètres. C’est la distance entre deux stations de métro dans une grande ville. C’est rien. Et pourtant, c’est tout ce qui sépare près d’un million d’habitants de la ligne de front. Les frappes sur les infrastructures civiles de la région ont laissé Zaporijjia et la région de Dnipropetrovsk « presque entièrement sans électricité » à plusieurs reprises en janvier. Des centaines de milliers de personnes vivent dans le noir et le froid, à portée de drone de l’armée russe. C’est ça, le quotidien du jour 1436 dans cette partie de l’Ukraine dont personne ne parle.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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