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CHRONIQUE : La machine à broyer ne s’arrête jamais – 279 combats en une seule journée sur le front ukrainien
Crédit: Adobe Stock

Quarante-deux assauts en vingt-quatre heures

Il y a un endroit en Ukraine où la guerre atteint des niveaux d’intensité rarement vus ailleurs sur la ligne de front. Un endroit dont le nom résonne désormais comme un symbole de cette lutte sans fin. Huliaipole. Cette petite ville de la région de Zaporizhzhia, qui comptait environ 14.000 habitants avant la guerre, est devenue l’une des cibles prioritaires de l’offensive russe. Le 30 janvier 2026, les forces russes y ont mené 42 tentatives d’avancée contre les positions des Forces de défense ukrainiennes. Quarante-deux. En une seule journée. Dans les zones autour de Huliaipole même, et vers les localités de Dobropillia, Radisne, Varvarivka, Zelene, Pryluky, Zaliznychne, Olenokostiantynivka, Sviatopetrivka et Staroukrainka. Des noms qui s’additionnent comme les perles d’un chapelet de souffrance.

Pendant des mois, ce secteur était resté relativement stable. Une ligne de front figée depuis les premiers temps de l’invasion en 2022. Puis, en novembre 2025, tout a basculé. La Russie a lancé une offensive massive visant à prendre Huliaipole. Entre début novembre et début janvier, les forces russes ont avancé de 18,5 kilomètres à une moyenne de 297 mètres par jour. Plus rapide que l’avancée à Pokrovsk, mais toujours d’une lenteur mortelle. Village après village, les Russes progressent. Rivnopillia, Yablukove, Solodke, Yehorivka, Danylivka. Des drapeaux russes apparaissent. Des routes sont coupées. La T-0401 reliant Pokrovske à Huliaipole est désormais sous contrôle russe. Les habitants qui restaient ont commencé à fuir. Selon le gouverneur de la région de Zaporizhzhia, Ivan Fedorov, il ne restait plus que 500 civils dans Huliaipole fin 2025. Cinq cents personnes sur quatorze mille. Les autres sont partis. Ont fui. Ont tout abandonné.

Quarante-deux assauts en une journée. J’essaie d’imaginer ce que ça veut dire. Un toutes les trente-quatre minutes environ. Sans arrêt. Du lever au coucher du soleil, et dans la nuit aussi. L’artillerie qui hurle, les drones qui bourdonnent, l’infanterie qui charge. Encore. Encore. Encore. Comment les défenseurs tiennent-ils? Comment fait-on pour ne pas devenir fou dans cet engrenage?

Une ville qui disparaît peu à peu

Au 15 janvier 2026, selon les analystes de DeepState, la majeure partie de Huliaipole était tombée sous contrôle russe. Des combats intenses se poursuivaient dans la partie ouest de la ville. Le 19 janvier, Vladyslav Voloshyn, porte-parole militaire ukrainien, décrivait la cité comme une zone grise. Ni complètement ukrainienne, ni totalement russe. Un no man’s land où les forces russes posaient des mines antipersonnel et antichar dans les zones qu’elles ne pouvaient tenir. Une tactique du scorpion : ce qu’on ne peut garder, on le rend inhabitable. Les rues de Huliaipole sont jonchées de décombres. Les immeubles éventrés par les bombardements se dressent comme des squelettes de béton. Les arbres calcinés témoignent de l’intensité des frappes incendiaires. Dans les caves, ceux qui n’ont pas pu partir vivent sous terre, comme pendant un siège médiéval. Ils sortent quand les bombardements se taisent, cherchent de l’eau, de la nourriture, tentent de survivre un jour de plus.

Le 19 septembre 2025, un drone russe avait attaqué une voiture civile dans Huliaipole. Un couple avait été tué. Mari et femme. Leurs noms ne sont pas dans les communiqués officiels. Juste « un couple ». Deux vies effacées en une seconde. Deux de plus dans le décompte macabre. Dans le secteur voisin d’Orikhiv, les défenseurs ukrainiens ont repoussé deux attaques le 30 janvier vers Lukianivske et Pavlivka. Dans le secteur Prydniprovske, une tentative d’avancée russe a échoué. Mais à Huliaipole, la pression ne faiblit pas. Quarante-deux assauts. Et demain, ce sera peut-être quarante-cinq. Ou cinquante. Jusqu’à ce que quelque chose cède. Jusqu’à ce que les lignes craquent. Ou que les Russes, épuisés, à court d’hommes, finissent par ralentir. Mais quand?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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