Le 1er juin 2025 : cinq bases, cinq fuseaux horaires
Pour comprendre la vidéo publiée fin janvier 2026, il faut remonter à ce qui constitue probablement l’opération la plus audacieuse de toute la guerre : l’opération Toile d’araignée — « Spiderweb » en anglais, « Pavutyna » en ukrainien. Le 1er juin 2025, le SBU a lancé une frappe coordonnée contre cinq bases aériennes russes réparties sur un territoire immense : Belaya en Sibérie, Dyagilevo dans la région de Riazan, Ivanovo Severny, Olenya dans l’oblast de Mourmansk — près de l’Arctique — et Ukrainka en Extrême-Orient. Cinq bases, cinq oblasts, cinq fuseaux horaires. La portée géographique de l’attaque est sans précédent dans l’histoire de cette guerre. Cent dix-sept drones ont été déployés simultanément, ciblant les actifs de l’aviation stratégique à longue portée de la Russie — les bombardiers Tu-95, les Tu-22M3, des appareils datant de l’ère soviétique dont la production a cessé depuis la dissolution de l’URSS en 1991. Ces avions sont littéralement irremplaçables.
Quand un pays perd des bombardiers stratégiques qu’il ne peut plus fabriquer, ce n’est pas juste une perte matérielle — c’est un pan entier de sa doctrine de dissuasion qui s’effondre. Et tout cela grâce à des drones guidés par des pilotes assis dans des bureaux en Ukraine.
La ruse des camions : l’ingéniosité qui défie la superpuissance
Mais le plus stupéfiant dans l’opération Toile d’araignée, c’est la méthode. Le SBU a publié des photos montrant comment les drones ont été dissimulés sous des toits de cabanes en bois, elles-mêmes chargées sur des camions. Des chauffeurs russes ordinaires, ne se doutant de rien, ont été engagés pour conduire ces camions à travers le territoire russe jusqu’à proximité des bases ciblées. Une fois le camion arrivé à destination, le chauffeur recevait un appel téléphonique lui indiquant de s’arrêter. Dès l’arrêt du véhicule, le toit de la cabane s’ouvrait par télécommande et les drones prenaient leur envol, pilotés depuis l’Ukraine. Chaque pilote visait les points vulnérables des appareils — les réservoirs de carburant dans les ailes, par exemple — avec une précision remarquable. Selon deux responsables américains cités par Reuters, une vingtaine d’appareils militaires ont été touchés lors de cette seule opération, dont dix détruits. Le Financial Times a estimé que les appareils endommagés ou détruits représentaient environ 20 % de la flotte opérationnelle d’aviation à longue portée de la Russie. Le SBU, lui, avance un bilan encore plus lourd : 41 appareils endommagés ou détruits, pour des dommages estimés à sept milliards de dollars.
Des cabanes en bois sur des camions. Des chauffeurs qui ne savent même pas ce qu’ils transportent. Des pilotes de drones opérant depuis l’autre bout du pays. C’est du génie tactique pur, et c’est exactement le genre d’ingéniosité qui rend cette guerre si différente de tout ce que l’histoire militaire a connu.
La guerre des drones : une révolution militaire en temps réel
Le drone à 500 dollars contre l’avion à 50 millions
Ce que cette vidéo « greatest hits » illustre de manière spectaculaire, c’est la révolution fondamentale que les drones ont apportée à la guerre moderne. Selon l’OTAN, les drones ukrainiens sont responsables de plus de 65 % des chars russes détruits depuis le début du conflit. Des drones FPV — « first person view », pilotés en vue subjective — construits à partir de composants commerciaux coûtant entre 300 et 1 000 dollars, détruisent régulièrement des blindés, des systèmes d’artillerie et des positions fortifiées valant des millions de dollars. Cher lecteur, avez-vous déjà réfléchi à ce que cela signifie pour l’avenir des conflits armés ? Un adolescent passionné de drones de course peut, avec un minimum de formation, piloter un engin explosif capable de neutraliser un char d’assaut moderne. L’Ukraine a produit au moins un million de drones en 2025, avec des plans pour en fabriquer 2,5 millions supplémentaires. Le ministère ukrainien de la Défense a alloué plus de 2,5 milliards de dollars aux fabricants locaux de drones, signant des contrats avec 76 entreprises. C’est une industrie de guerre entière qui s’est construite en quelques années, fondée sur l’innovation rapide, le prototypage 3D et l’intelligence artificielle.
Le rapport coût-efficacité est si dévastateur qu’il force chaque armée du monde à repenser sa doctrine. Pourquoi investir des milliards dans un chasseur furtif quand un essaim de drones à mille dollars chacun peut neutraliser la base d’où il opère ?
L’intelligence artificielle et les drones sans GPS
Les ingénieurs ukrainiens ne se sont pas contentés de bricoler des drones commerciaux. Ils ont développé des modèles augmentés par l’intelligence artificielle, capables d’opérer sans signal GPS — une innovation cruciale face aux systèmes de brouillage russes de plus en plus sophistiqués. Certains drones sont désormais guidés par fibre optique, reliés par câble à leur station de contrôle, les rendant totalement imperméables au brouillage électronique. D’autres disposent de capacités autonomes, capables de poursuivre leur mission même en cas de perte de communication avec l’opérateur. Cette course technologique permanente se déroule à une vitesse hallucinante : de nouveaux variants de drones sont conçus, testés et déployés en quelques semaines seulement, grâce à l’impression 3D et au prototypage rapide. Comme le souligne le Chatham House, l’avantage de l’Ukraine réside dans sa capacité à innover rapidement, face au complexe militaro-industriel russe, plus centralisé et bureaucratique. Pensez-y : pendant que Moscou prend des mois pour approuver une modification technique, Kiev a déjà déployé trois générations successives de contre-mesures.
La guerre en Ukraine n’est plus seulement un conflit territorial — c’est un laboratoire grandeur nature pour l’avenir de la guerre. Chaque innovation testée sur le champ de bataille ukrainien sera étudiée, copiée et adaptée par toutes les armées de la planète.
La réponse russe : des abris bétonnés et un aveu d'impuissance
Construction frénétique sur quatorze aérodromes
Face à cette hémorragie aérienne, la Russie a été contrainte de réagir. Le renseignement militaire britannique a révélé en juillet 2025 que Moscou avait lancé un programme massif de construction d’abris durcis pour protéger ses avions. Ces structures, dotées de toits en dôme, de portes blindées anti-souffle et recouvertes de terre pour une protection supplémentaire, sont en cours de construction sur pas moins de quatorze aérodromes. Les bases concernées incluent Millerovo, Koursk Est, Hvardiiske, Kirovskoye, Sébastopol et Saky en Crimée occupée, ainsi que Yeisk, Krymsk, Primorsko-Akhtarsk, Khanskaya en Adyguée, et des sites à Akhtubinsk, Borisoglebsk et Lipetsk. Même la base stratégique d’Engels, qui abrite les bombardiers stratégiques Tu-160, fait l’objet de travaux colossaux avec des hangars de 60 mètres sur 65 et 26 mètres de hauteur. Mais voilà le paradoxe fondamental : ces abris en béton peuvent résister aux drones et aux sous-munitions, mais demeurent vulnérables aux missiles de croisière comme le Storm Shadow/SCALP ou le Neptune ukrainien modernisé. La construction de ces abris est, en elle-même, un aveu d’échec stratégique de la part de Moscou — un pays qui se targue de posséder la deuxième armée du monde se retrouve contraint d’enterrer ses avions sous des dômes de béton pour les protéger de drones construits avec des pièces de commerce électronique.
La Russie ne construit pas ces abris par choix stratégique — elle les construit par peur. Et cette peur, ce sont des ingénieurs ukrainiens travaillant dans des ateliers improvisés qui l’ont créée, drone après drone, frappe après frappe.
Les incarnations humaines de cette guerre des drones
Les visages derrière les machines
Derrière chaque frappe montrée dans cette vidéo, il y a des êtres humains. Il y a le pilote de drone FPV du SBU, ancien passionné de drones de course, dont les réflexes aiguisés par des milliers d’heures d’entraînement lui permettent de guider un engin explosif dans l’ouverture d’un hangar à des centaines de kilomètres de distance. Il y a l’ingénieure ukrainienne qui a quitté son poste dans une entreprise civile pour rejoindre une des 76 entreprises de fabrication de drones sous contrat avec le ministère de la Défense, travaillant des nuits entières sur des prototypes en impression 3D. Il y a le chauffeur russe anonyme, un civil ordinaire embauché pour transporter un chargement qu’il croyait banal, ne se doutant pas qu’il convoyait la destruction de bombardiers stratégiques de son propre pays. Il y a le technicien de maintenance sur la base de Belbek en Crimée, qui a vu son MiG-31 flambant neuf, avec sa charge de combat complète, partir en fumée en décembre 2025 sous l’impact d’un drone kamikaze. Et il y a les officiers du SBU qui ont planifié l’opération Toile d’araignée, orchestrant depuis l’Ukraine une attaque simultanée sur cinq fuseaux horaires avec la précision d’un chef d’orchestre dirigeant une symphonie de destruction. Ces hommes et ces femmes ne sont pas des abstractions statistiques. Ce sont des individus qui, chacun à leur manière, incarnent la réalité humaine d’une guerre technologique que l’on a trop tendance à réduire à des chiffres et des acronymes.
La guerre moderne se joue autant dans les bureaux que sur le champ de bataille. Les héros de cette guerre ne portent pas toujours un uniforme — certains portent des lunettes FPV et tapent sur un clavier.
Le contexte politique : quand Trump s'en mêle
L’opération Toile d’araignée et la Maison-Blanche
L’impact de la campagne ukrainienne contre les bases aériennes russes ne s’est pas limité au champ de bataille. Elle a eu des répercussions politiques jusqu’à Washington. Selon The War Zone, l’opération Toile d’araignée a été directement mentionnée lors d’un appel téléphonique entre le président Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine au cours de l’été 2025. Le timing de cette conversation suggère fortement que les frappes spectaculaires du SBU ont contribué à provoquer cette discussion entre les deux dirigeants. Pour l’Ukraine, c’est une validation stratégique majeure : ses opérations de drones ne servent pas seulement à détruire du matériel ennemi, elles façonnent l’agenda diplomatique international. Chaque avion russe détruit au sol est un argument de plus en faveur de l’Ukraine dans les négociations de paix éventuelles, une démonstration que ce pays de 44 millions d’habitants peut infliger des dommages disproportionnés à une puissance nucléaire. Mais posons-nous la question qui fâche : est-ce que cette démonstration de force change véritablement le calcul de Poutine, ou ne fait-elle que renforcer sa détermination à poursuivre la guerre coûte que coûte ?
La guerre se gagne autant dans les chancelleries que sur le terrain. Et en publiant cette vidéo « greatest hits », le SBU ne s’adressait pas seulement à l’opinion publique ukrainienne — il envoyait un message au monde entier.
Le bilan global du SBU en 2025 : quatre milliards en défense aérienne détruite
Au-delà des avions : radars, S-400 et usines de drones
La vidéo publiée le 28 janvier ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le 19 janvier 2026, soit neuf jours plus tôt, le SBU avait déjà annoncé que son unité Alpha avait détruit ou neutralisé des systèmes de défense aérienne russes d’une valeur estimée à quatre milliards de dollars au cours de l’année 2025. Nous parlons ici de lanceurs S-300, S-350 et S-400 — le fleuron de la défense anti-aérienne russe — ainsi que de systèmes radar avancés et de stations de commandement. Au total, le SBU revendique la destruction d’équipements russes d’une valeur combinée de quatre milliards de dollars pour l’ensemble de l’année 2025. À cela s’ajoutent les frappes contre les infrastructures de production. Plusieurs halls de fabrication ont été détruits à l’usine Atlant Aero de Taganrog, qui produisait le fameux drone russe Molniya — « Éclair » en russe. En frappant les usines de drones ennemis, l’Ukraine ne se contente pas de détruire les armes — elle coupe la chaîne de production à la source. L’accompagnement textuel de la vidéo du SBU le résumait parfaitement : « L’ennemi est habitué à se sentir en sécurité dans ses arrières profonds. Mais pour les forces spéciales d’Alpha, la distance a depuis longtemps cessé de compter. »
Quand vous additionnez les milliards en avions détruits, en défense aérienne neutralisée et en usines ravagées, le portrait qui émerge est celui d’une armée ukrainienne qui a appris à frapper là où ça fait le plus mal — au portefeuille de la machine de guerre russe.
Ce que cette vidéo change — et ce qu'elle ne change pas
L’impact psychologique et la propagande
Ne nous leurrons pas : une vidéo de compilation, aussi spectaculaire soit-elle, ne gagne pas une guerre. La Russie continue de bombarder les villes ukrainiennes avec des bombes planantes, des missiles de croisière et ses propres drones Shahed d’origine iranienne. Les pertes ukrainiennes en équipement ont même dépassé celles de la Russie en 2025, selon le site d’analyse Oryx, inversant une tendance qui tenait depuis le début de l’invasion à grande échelle. Les hubs logistiques ukrainiens et les infrastructures arrière subissent une pression croissante des frappes russes de moyenne portée. La guerre continue de faire rage, avec son lot quotidien de victimes civiles et de destructions. Cependant, l’impact psychologique et symbolique de cette vidéo est indéniable. Elle démontre aux citoyens russes que leur armée n’est pas invincible, que leurs bases aériennes ne sont pas imprenables, que la guerre qu’on leur présente comme une « opération spéciale » maîtrisée est en réalité un conflit où leur propre territoire est frappé en profondeur. Et pour les alliés de l’Ukraine en Occident, c’est la preuve que l’aide militaire et le soutien technologique portent leurs fruits.
Une vidéo ne remplace pas une victoire sur le terrain. Mais dans une guerre où l’information est une arme, chaque image d’un avion russe en flammes est un projectile tiré dans la bataille des perceptions.
Les leçons pour le monde entier
Le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) de Washington, le Chatham House de Londres et de nombreux autres think tanks ont déjà tiré des leçons fondamentales de cette guerre des drones. La doctrine militaire traditionnelle, fondée sur des plateformes coûteuses — chars, navires de guerre, avions de combat de cinquième génération — est remise en question par l’efficacité dévastatrice d’engins low cost et consommables. L’Ukraine a démontré qu’avec suffisamment d’ingéniosité, de technologie accessible et de détermination, un pays plus petit peut saigner une puissance militaire bien supérieure. Ce modèle inspire déjà les petites nations et même des acteurs non étatiques, qui voient dans l’approche ukrainienne un plan directeur pour la guerre asymétrique du futur. Vous pensez que c’est exagéré ? Demandez aux stratèges du Pentagone ce qui les empêche de dormir la nuit. Ce n’est plus le chasseur furtif chinois de sixième génération — c’est l’essaim de dix mille drones à mille dollars pièce qui pourrait submerger les défenses d’un porte-avions à dix milliards. La vidéo « greatest hits » du SBU n’est pas qu’un document de propagande ukrainienne. C’est un aperçu de l’avenir des conflits armés.
Les guerres du futur ne seront pas gagnées par celui qui a l’avion le plus cher, mais par celui qui sait construire le drone le plus intelligent avec le budget le plus petit. L’Ukraine vient d’écrire le premier chapitre de ce nouveau manuel de guerre.
La question fondamentale : et maintenant ?
La course technologique qui ne s’arrêtera pas
La publication de cette vidéo marque un moment charnière, mais certainement pas une conclusion. La course aux armements entre drones offensifs et défenses anti-drones ne fait que s’accélérer. La Russie construit ses abris bétonnés, renforce ses systèmes de guerre électronique, développe ses propres capacités de drones — Poutine a demandé une production annuelle de 1,4 million de drones, soit dix fois le chiffre de 2023. L’Ukraine, de son côté, continue d’innover avec des drones guidés par IA, des modèles à fibre optique insensibles au brouillage, et des tactiques toujours plus audacieuses. Qui gagnera cette course ? Personne ne le sait avec certitude. Mais ce qui est clair, c’est que la guerre en Ukraine a définitivement changé le visage de la guerre moderne. Chaque armée du monde regarde ces vidéos avec une attention obsessionnelle, prenant des notes, adaptant ses doctrines, investissant dans ses propres programmes de drones. La vidéo du SBU n’est pas seulement un outil de propagande — c’est un cours magistral sur la guerre du XXIe siècle, offert gratuitement au monde entier par des combattants qui se battent pour leur survie nationale. Et tant que cette guerre durera, nous pouvons nous attendre à d’autres « greatest hits ». Parce que pour l’unité Alpha du SBU, comme elle le dit elle-même, la distance a depuis longtemps cessé de compter.
L’Histoire retiendra peut-être que la plus grande révolution militaire du XXIe siècle n’a pas été conçue dans les laboratoires du Pentagone ou du Kremlin, mais dans les ateliers improvisés d’un pays en guerre, par des hommes et des femmes qui n’avaient d’autre choix que d’innover ou de mourir.
Le dernier mot : la distance a cessé de compter
Un message au monde entier
En publiant cette vidéo compilation, le SBU n’a pas seulement voulu impressionner ou intimider. Il a voulu documenter. Documenter le fait qu’un service de renseignement, armé de drones assemblés dans des ateliers et dissimulés dans des camions, a réussi à infliger plus d’un milliard de dollars de pertes à la deuxième puissance militaire mondiale — au sol, sur ses propres bases, à des milliers de kilomètres du front. C’est un message adressé à la Russie, certes, mais aussi à chaque allié occidental qui hésite encore sur le niveau de soutien à accorder à l’Ukraine, à chaque diplomate qui pense que ce pays devrait négocier depuis une position de faiblesse, et à chaque citoyen du monde qui se demande si cette guerre peut encore être gagnée. La réponse de l’Ukraine est dans cette vidéo : oui, la distance a cessé de compter. Et la détermination, elle, n’a jamais été aussi forte.
Quand on regarde cette vidéo, on ne voit pas seulement des explosions et des carcasses d’avions. On voit un pays entier qui refuse de mourir, qui transforme chaque composant électronique en arme, chaque atelier en arsenal, chaque ingénieur en soldat de l’ombre. Et c’est cette détermination, plus que n’importe quel drone, qui finira par écrire le dernier chapitre de cette guerre.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Ce texte est une chronique – il reflète le point de vue de son auteur et ne prétend pas à l’objectivité journalistique au sens classique du terme. L’auteur s’appuie sur des faits vérifiables, mais les interprète librement pour nourrir le débat public.
Maxime Marquette est chroniqueur spécialisé en géopolitique et en questions internationales. Ses textes sont publiés sur la plateforme mad-max.ca.
Sources
Sources primaires
The War Zone — Ukrainian Drone Strikes On Parked Russian Aircraft Seen In « Greatest Hits » Video
Wikipedia — Operation Spiderweb
Kyiv Post — Spiderweb Strikes Cripple 34% of Russian Bomber Fleet in $7 Billion Blow
Sources secondaires
CNN — New footage reveals the impact of Ukraine’s audacious drone attack on Russian air bases
LBC — Watch the moment Ukrainian drones tear into Russia’s airfields, destroying 15 aircraft
Al Jazeera — Ukrainian drones target Russian airbases in unprecedented operation
CSIS — The Russia-Ukraine Drone War: Innovation on the Frontlines and Beyond
Chatham House — What Ukraine can teach Europe and the world about innovation in modern warfare
Bloomberg — How Ukraine’s Drone Arsenal Shocked Russia and Changed Modern Warfare
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.