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CHRONIQUE : Le USS John F. Kennedy prend la mer — le mastodonte naval americain qui rebat les cartes de l’equilibre mondial
Crédit: Adobe Stock

Si le CVN-79 ne devait se distinguer par qu’une seule innovation, ce serait le systeme de lancement d’aeronefs electromagnetique, EMALS — Electromagnetic Aircraft Launch System. Pour comprendre l’ampleur de cette revolution, il faut d’abord savoir comment les porte-avions lancent leurs avions depuis des decennies. Sur les navires de la classe Nimitz, des catapultes a vapeur utilisent la pression de la vapeur generee par les reacteurs nucleaires pour propulser les appareils a la vitesse de decollage sur quelques dizaines de metres de pont. C’est un systeme brutal, efficace, mais qui impose des contraintes mecaniques enormes sur les cellules des avions et ne permet aucune modulation fine de la force de lancement. L’EMALS change tout. En utilisant un moteur a induction lineaire, il accelere les aeronefs de maniere progressive et parfaitement controlee. Le resultat : moins de stress sur les cellules, une duree de vie prolongee des appareils, la capacite de lancer aussi bien des chasseurs lourds que des drones legers sans pilote — une flexibilite que les catapultes a vapeur ne pouvaient tout simplement pas offrir. L’EMALS pese moins, coute theoriquement moins cher a entretenir, et ouvre la porte a l’integration de nouveaux types d’aeronefs dans les groupes aeriens embarques. Robert Chen, un ingenieur de 48 ans chez Huntington Ingalls, travaille sur le systeme EMALS depuis sa phase de conception. « C’est comme passer d’une machine a ecrire a un ordinateur », explique-t-il. « Les deux ecrivent des lettres, mais l’un offre des possibilites que l’autre ne peut meme pas concevoir. »

L’EMALS n’est pas simplement une amelioration incrementale. C’est un changement de paradigme. Et dans le domaine militaire, les changements de paradigme sont ce qui separe les puissances dominantes de celles qui subissent.

Les ascenseurs d’armes qui changent la donne

L’autre revolution technologique a bord du Kennedy, ce sont les ascenseurs d’armes avances (Advanced Weapons Elevators, AWE). Sur les porte-avions de la classe Nimitz, les munitions sont transportees des soutes vers le pont d’envol par des ascenseurs hydrauliques capables de lever 4 750 kilogrammes a une vitesse de 30 metres par minute. Sur le Kennedy, les AWE utilisent la propulsion electromagnetique — le meme principe que l’EMALS — pour lever 9 000 kilogrammes a 45 metres par minute. C’est quasiment le double de la charge et cinquante pour cent plus rapide. Mais l’amelioration ne s’arrete pas la. Les onze ascenseurs du Kennedy ont ete repositionnes pour ne plus interferer avec les operations aeriennes sur le pont d’envol. Les chemins de transport des munitions ont ete repenses pour eliminer pratiquement tous les deplacements horizontaux a l’interieur du navire, ce qui reduit les besoins en personnel et accelere considerablement les operations de rearmement. Le resultat de toutes ces innovations combinees est un taux de sorties aeriennes quotidiennes de 160 en operations soutenues, contre 120 pour les Nimitz, avec une capacite de pointe de 270 sorties en 24 heures contre 240 pour la generation precedente. Cher lecteur, ces chiffres ne sont pas abstraits. Chaque sortie supplementaire, c’est un avion de plus dans le ciel. Et dans un conflit de haute intensite, la difference entre 120 et 160 sorties par jour peut determiner l’issue d’une bataille navale.

Le radar qui voit tout

Le Kennedy se distingue egalement de son aine, le USS Gerald R. Ford (CVN-78), par un changement de radar significatif. Alors que le Ford embarque un Dual Band Radar couteux et complexe, le Kennedy a opte pour le Enterprise Air Surveillance Radar (EASR), un systeme base sur la technologie au nitrure de gallium (GaN), de la lignee du SPY-6. Ce choix n’est pas seulement technique — il est economique et strategique. L’EASR reduit les couts tout en augmentant la commonalite entre les porte-avions et les navires d’assaut amphibie, simplifiant la logistique et la maintenance a travers la flotte. Les capteurs du SPY-6 representent un bond generationnel dans la detection des menaces aeriennes, des missiles balistiques et des cibles furtives. Pour un navire concu pour operer dans des environnements contestes de haute intensite — pensez mer de Chine meridionale, Golfe persique, ou encore Atlantique Nord face a la menace sous-marine russe — disposer d’un radar capable de detecter et de suivre les menaces les plus avancees est litteralement une question de vie ou de mort pour les 4 500 marins a bord.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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