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CHRONIQUE : Les pétroliers fantômes de Poutine naviguent librement — pourquoi le Royaume-Uni refuse de les saisir
Crédit: Adobe Stock

Le paradoxe britannique est saisissant. En mai 2025, le premier ministre Keir Starmer a annoncé avec une fanfare médiatique impressionnante le plus grand paquet de sanctions jamais imposé contre la flotte fantôme russe : 100 pétroliers sanctionnés d’un coup, des navires ayant transporté plus de 24 milliards de dollars de pétrole russe depuis début 2023. Starmer lui-même a déclaré, le regard grave et la mâchoire serrée : « La menace que représente la Russie pour notre sécurité nationale ne peut être sous-estimée… nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour détruire son opération de flotte fantôme, affamer sa machine de guerre de ses revenus pétroliers et protéger les infrastructures sous-marines dont dépend notre vie quotidienne. » Des mots forts. Des mots historiques. Des mots qui, dans la pratique, se sont révélés aussi efficaces qu’un parapluie dans un ouragan. Car au total, le Royaume-Uni a sanctionné plus de 520 navires de la flotte fantôme — plus que tout autre pays au monde. Et pourtant, ces navires continuent de naviguer. En janvier 2026, une enquête de BBC Verify a révélé qu’au moins 42 pétroliers sanctionnés par le Royaume-Uni avaient traversé la Manche au cours du mois précédent. Quarante-deux. Après que Londres ait reçu un avis juridique confirmant que ces navires pouvaient légalement être arraisonnés.

Sanctionner 520 navires et en laisser passer 42 en un seul mois dans vos propres eaux, c’est l’équivalent géopolitique d’installer un panneau « interdiction de stationner » sur une autoroute et de s’étonner que personne ne s’arrête.

Pourquoi le Royaume-Uni ne saisit pas ces navires : les vraies raisons

La question brûle les lèvres de quiconque suit ce dossier avec attention : pourquoi le Royaume-Uni, avec sa Royal Navy légendaire, avec ses SAS et ses SBS parmi les forces spéciales les plus redoutées du monde, avec sa tradition de domination maritime séculaire, refuse-t-il de saisir physiquement ces pétroliers ? La réponse est un mélange toxique de pusillanimité juridique, de calcul politique et de faiblesse militaire inavouée. Premièrement, le droit international maritime est invoqué comme bouclier commode. Les sanctions nationales ne supplantent pas le droit international en dehors des eaux territoriales d’un État, généralement définies comme 12 milles nautiques depuis la côte. Même dans ces eaux, les navires bénéficient du droit de passage inoffensif — un principe sacro-saint du droit de la mer consacré par la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Arraisonner un navire en haute mer sans base juridique solide pourrait être qualifié de piraterie au sens du droit international — et c’est précisément l’accusation que Moscou brandirait avec délectation. Pensez à James Worthington, cet avocat spécialisé en droit maritime de la City de Londres, qui explique patiemment à ses clients que le Royaume-Uni ne peut pas simplement envoyer la Royal Navy arraisonner des navires en haute mer sans risquer un précédent juridique catastrophique.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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