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CHRONIQUE : L’Iran face à l’armada américaine — l’arsenal de la République islamique peut-il vraiment faire trembler Washington ?
Crédit: Adobe Stock

C’est l’arme de dissuasion par excellence de Téhéran. L’Iran possède le plus grand arsenal de missiles balistiques du Moyen-Orient, estimé à plus de 3 000 missiles selon un rapport du CENTCOM. Parmi ceux-ci, environ 2 000 missiles à moyenne portée capables de frapper des cibles à 2 000 kilomètres, couvrant l’ensemble du Moyen-Orient et une partie de l’Europe. En mai 2025, l’Iran a dévoilé le Qassem Bassir, un nouveau missile balistique à moyenne portée doté d’une portée de 1 200 km et d’un système de guidage avancé. Mais la véritable fierté technologique de Téhéran, c’est le missile hypersonique Fattah, présenté en juin 2023. Filant entre Mach 13 et Mach 15 — soit entre 16 000 et 18 500 km/h — avec une portée de 1 400 km, ce missile fait de l’Iran le troisième pays au monde à maîtriser cette technologie, après la Russie et la Chine. Pensez-y un instant : un engin qui traverse le ciel à quinze fois la vitesse du son. Comment voulez-vous l’intercepter ? La question mérite d’être posée, même si des experts contestent sa véritable nature hypersonique.

Un arsenal de 3 000 missiles balistiques ne garantit pas la victoire. Mais il garantit que toute agression se paiera en sang, en infrastructures détruites et en chaos régional. C’est précisément le calcul de Téhéran — et il n’est pas dénué de logique.

Le Fattah — arme miracle ou propagande sophistiquée ?

Soyons honnêtes avec nous-mêmes et avec la réalité des faits. Le Fattah-1 est-il véritablement l’arme révolutionnaire que Téhéran prétend ? Certains analystes occidentaux nuancent sérieusement cette affirmation. Selon eux, le Fattah n’est pas un vrai missile hypersonique au sens où l’entendent les Russes ou les Chinois. C’est un missile balistique à moyenne portée équipé d’un véhicule de rentrée manoeuvrable, le fameux MaRV, qui ne peut effectuer des corrections de trajectoire que pendant la phase terminale de son vol. Les missiles hypersoniques russes et chinois, eux, maintiennent leur vitesse et leur manoeuvrabilité tout au long de leur trajectoire atmosphérique. Cela dit — et c’est crucial — le Fattah reste significativement plus difficile à intercepter que les missiles conventionnels. En juin 2025, lors de la confrontation avec Israël, des missiles Fattah-1 ont percé les couches successives du système antimissile israélien — Iron Dome, Barak 8, Arrow 3, David’s Sling — pour frapper des cibles à Tel-Aviv. Ce n’est pas rien. Ce n’est pas du tout rien.

La stratégie de saturation

Mais au-delà de la qualité individuelle de chaque missile, c’est la stratégie de saturation qui constitue la véritable menace. L’Iran a démontré sa capacité à coordonner des salves massives combinant drones, missiles de croisière et missiles balistiques pour submerger les défenses antimissiles adverses. Lors de l’attaque d’avril 2024 contre Israël, Téhéran avait lancé des vagues successives de munitions, utilisant des missiles plus anciens comme leurres pour épuiser les intercepteurs avant d’envoyer les missiles les plus performants. En octobre 2024, l’Iran a concentré son attaque sur 200 missiles balistiques à moyenne portée, dont au moins 39 ont atteint l’espace aérien israélien. La leçon est claire : même un système de défense aussi sophistiqué que celui d’Israël — qui bénéficie du soutien direct américain — ne peut pas tout arrêter quand les missiles arrivent en masse.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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