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CHRONIQUE : Poutine exige que Zelensky negocie a Moscou — le piege le plus cynique de cette guerre
Crédit: Adobe Stock

Pourquoi le lieu compte autant que le contenu

Ne nous y trompons pas. Le choix de Moscou comme lieu unique de negociation n’a rien de logistique ni de pratique. Il est profondement, deliberement, vicieusement symbolique. Depuis des siecles, les empires convoquent leurs vassaux dans leur capitale pour leur dicter des conditions. C’est exactement ce que Poutine cherche a reproduire. En exigeant que Zelensky vienne a Moscou, il envoie un message devastateur au monde entier : l’Ukraine n’est pas un partenaire egal, c’est un subalterne qui doit venir rendre des comptes. Imaginez la scene un instant. Zelensky, president d’un pays en guerre, traverse les frontieres pour se retrouver dans la capitale de l’ennemi, entoure de la garde pretorienne du Kremlin, face a un Poutine triomphant dans son propre palais. Les cameras de la television russe diffuseraient ces images en boucle pendant des semaines. La propagande de Moscou aurait son moment de gloire ultime : le chef ukrainien, venu a genoux implorer la paix dans la capitale de celui qui le bombarde. C’est un piege a images, un piege a narration, un piege a dignite. Et quiconque ne voit pas cela est soit naif, soit complice.

Le precedent historique qui devrait nous alerter

L’histoire regorge de ces convocations humiliantes qui ont mene au desastre. Quand Neville Chamberlain s’est rendu a Munich en 1938 pour negocier avec Hitler, il pensait obtenir la paix. Il a obtenu le deshonneur et la guerre quand meme. Quand les dirigeants des pays baltes ont ete convies a Moscou en 1940, ils en sont repartis avec des ultimatums qui menaient directement a l’annexion sovietique. Quand le president tchecoslovaque Emil Hacha a ete convoque a Berlin en mars 1939, il a ete intimide au point de signer la capitulation de son propre pays. Le schema est toujours le meme : l’agresseur invite, l’invite cede, la propagande celebre. Zelensky le sait parfaitement. Et c’est pourquoi sa reponse, le 30 janvier, a ete aussi brillante que cinglante. Il a refuse net, en rappelant qu’il est pret a negocier dans n’importe quel pays, sauf la Russie et la Bielorussie. Puis il a ajoute, avec une ironie qui restera dans l’histoire diplomatique : je peux tout aussi bien inviter Poutine a Kyiv, qu’il vienne, s’il ose bien sur. Vous avez une idee de ce que ca prend comme courage politique pour repondre ca a un homme qui peut vous faire bombarder a tout moment?

Le lieu d’une negociation n’est jamais neutre. C’est le premier champ de bataille diplomatique. Et Poutine, en choisissant Moscou et en rejetant tout autre lieu, a revele qu’il ne cherche pas la paix mais la soumission pure et simple.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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