Vingt points d’accord, deux de blocage
Les pourparlers trilatéraux entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis se déroulent depuis plusieurs jours à Abu Dhabi. Premier face-à-face public depuis le début de la guerre il y a quatre ans. Une rencontre historique, disent certains. Un exercice de communication, pensent d’autres. La vérité se situe probablement entre les deux. Ce qui est certain, c’est qu’il y a du progrès. Relatif, mais réel. Sur une vingtaine de points discutés dans le plan de paix américain, Kyiv et Washington sont d’accord sur dix-huit. « En ce qui concerne le reste des points dans ce plan, nous sommes d’accord avec eux. C’est ma position, » confirme Zelensky. Un accord presque total. Presque. Sauf sur deux points. Et ces deux points changent tout.
Le premier : Donetsk. Plus précisément, les 20% du Donbas encore contrôlés par l’Ukraine. Environ 5000 kilomètres carrés de territoire. Des villes. Des villages. Des routes stratégiques. Des positions défensives. Poutine veut tout le Donbas. Pas seulement ce que ses forces ont conquis au prix de dizaines de milliers de vies. Tout. Y compris ce qu’il n’a pas réussi à prendre en quatre ans de guerre. Zelensky dit non. Catégoriquement. « Notre côté a démontré sa volonté de discuter, » précise-t-il. Mais discuter ne signifie pas céder. Discuter ne veut pas dire offrir sur un plateau d’argent ce que l’armée ukrainienne défend depuis le début. Moscou réclame un retrait complet des forces ukrainiennes du Donbas. Kyiv refuse de sacrifier son territoire sur l’autel d’un accord qui récompenserait l’agression.
Pensons-y une seconde. Poutine exige qu’on lui donne ce qu’il n’a pas pu conquérir. Il demande qu’on lui offre gracieusement ce que ses soldats n’ont pas réussi à arracher malgré quatre ans d’assauts. C’est comme si un cambrioleur, après avoir été repoussé pendant des heures, demandait poliment qu’on lui ouvre la porte et qu’on lui remette les clés du coffre. Et on voudrait que l’Ukraine accepte? Au nom de quoi? De la paix? Quelle paix peut naître d’une capitulation déguisée?
La centrale nucléaire de Zaporizhzhia
Le deuxième point de blocage concerne la centrale nucléaire de Zaporizhzhia. La plus grande d’Europe. Six réacteurs. Une capacité de production gigantesque. Un site stratégique majeur. Sous occupation russe depuis les premiers jours de l’invasion. Moscou la contrôle. Kyiv la revendique. L’Agence internationale de l’énergie atomique s’inquiète. Le monde retient son souffle. Une erreur, un obus mal placé, et c’est Tchernobyl en pire. La question de Zaporizhzhia fait partie du « bloc territorial ». Elle reste « la question clé et la plus difficile » selon Zelensky. Comment partager une centrale nucléaire? Comment garantir sa sécurité quand deux pays en guerre se la disputent? Comment éviter le scénario catastrophe qu’on préfère ne pas imaginer?
Malgré ces deux obstacles monumentaux, les discussions avancent. « Nous nous disputons sur deux points, » résume Zelensky. « Pour ce qui est du reste des points dans ce plan, nous sommes d’accord avec eux. C’est ma position. Et nous comptons sur la force des États-Unis d’Amérique pour que le côté russe soit également d’accord avec tous les points que l’Amérique a développés. » La pression est sur Washington. Trump doit convaincre Poutine. Bonne chance. Le président américain a beau affirmer qu’il fait confiance au leader russe pour honorer ses engagements, l’histoire récente montre que la parole de Moscou vaut ce qu’elle vaut. Pas grand-chose. Les bombardements continuent même pendant les pourparlers. La nuit précédant le deuxième jour de négociations à Abu Dhabi, la Russie a lancé 375 drones et 21 missiles sur l’Ukraine. Des millions de personnes privées d’électricité. En plein hiver. Par -20°C. Pendant les pourparlers de paix. L’ironie est cruelle. La réalité est brutale.
Les garanties de sécurité : le document fantôme
Un accord prêt mais pas signé
Il existe un document. Un papier sur lequel sont écrites des garanties de sécurité pour l’Ukraine. Ce document est prêt, affirme Kyiv. Prêt à être signé. Prêt à entrer en vigueur. Prêt à changer la donne. Mais il ne l’est pas. Signé, je veux dire. Pourquoi? Parce que Washington hésite. Parce que Moscou fait pression. Parce que tout le monde a peur de s’engager avant que la guerre ne soit officiellement terminée. Zelensky voit les choses différemment. « Mon signal était clair : signer les garanties de sécurité est un acte de bonne volonté, » explique-t-il. Une manière de montrer que l’Ukraine ne cherche pas à prolonger le conflit. Une preuve tangible de sa volonté de paix.
La logique est imparable. « La logique est simple : l’accord est signé, puis le Congrès le ratifie. Si nous le signons et ne mettons pas fin à la guerre, le Congrès ne ratifiera rien. Et quel est le problème s’il est écrit que les garanties de sécurité entreront en vigueur une fois la guerre terminée? Je ne vois pas de problème. » Mais voilà. Washington en voit un. Ou plusieurs. Signer avant la fin des combats, c’est prendre un risque politique. C’est s’engager sans certitude du résultat. C’est parier sur l’issue des négociations. Trump veut des résultats rapides. Des succès qu’il pourra brandir. Pas des promesses qui pourraient se retourner contre lui si la guerre s’enlise encore. Zelensky, lui, voudrait que ces garanties renforcent sa position à la table des négociations. Qu’elles lui donnent du poids face à Poutine. Qu’elles prouvent que l’Occident ne lâchera pas l’Ukraine. Pas cette fois. Pas après tout ça.
On marche sur la tête. L’Ukraine se bat depuis quatre ans. Elle a perdu des dizaines de milliers de soldats. Des millions de civils ont fui. Des villes entières n’existent plus. Et on lui dit : d’accord, on va te protéger, mais seulement si tu arrives à obtenir la paix d’abord. C’est comme promettre un parachute à quelqu’un en pleine chute libre, mais uniquement s’il atterrit en douceur par ses propres moyens. L’absurdité est totale. Zelensky demande les outils pour négocier. On lui répond : négocie d’abord, les outils après. Et on s’étonne qu’il soit frustré?
Des accords européens en parallèle
Les États-Unis ne sont pas les seuls dans la partie. L’Europe aussi a préparé des accords. Des garanties de sécurité séparées. Des engagements bilatéraux. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne. Chacun avec son propre document. Chacun avec ses propres conditions. Un patchwork de promesses qui, mises bout à bout, forment quelque chose qui ressemble à un filet de sécurité. Mais un filet troué. Incomplet. Insuffisant. Zelensky le sait. Il sait que ces accords européens, aussi importants soient-ils, ne remplaceront jamais l’engagement américain. Il sait que sans les États-Unis, l’Ukraine reste vulnérable. Il sait que Poutine ne respectera un accord que s’il craint les conséquences de ne pas le faire. Et seule Washington peut créer cette crainte. Pas Paris. Pas Berlin. Pas Bruxelles. Washington.
C’est pour cela que Zelensky insiste tant. C’est pour cela qu’il répète inlassablement que le document est prêt. Que tout est écrit. Qu’il ne manque qu’une signature. Sa signature. Celle de Trump. Deux paraphes qui changeraient tout. Qui donneraient à l’Ukraine une chance de négocier d’égal à égal. Qui obligeraient Moscou à prendre les discussions au sérieux. Parce que pour l’instant, soyons honnêtes, Poutine ne négocie pas vraiment. Il gagne du temps. Il teste les limites. Il jauge la détermination occidentale. Et pour le moment, ce qu’il voit ne doit pas l’inquiéter outre mesure. Des pourparlers qui s’éternisent. Des divisions au sein de l’OTAN. Un Trump qui veut sortir de ce bourbier le plus vite possible. Une Europe qui parle beaucoup mais agit peu. Le tableau n’est pas brillant. Et Poutine le sait.
Budanov et Fedorov : la nouvelle équipe de guerre
Un changement stratégique
Pour renforcer sa position dans les négociations, Zelensky a frappé un grand coup. Il a nommé Kyrylo Budanov, ancien chef du renseignement militaire, au poste de chef de cabinet présidentiel. Un message clair. Un signal fort. « En faisant cela, j’ai démontré qu’il n’y aura qu’une seule ligne de communication de la part de l’Ukraine. Un seul bateau, une seule voie de négociation, pas trois ou quatre ou plus. » Fini les doublons. Fini les messages contradictoires. Fini les fuites qui alimentent la machine de propagande russe. Une voix. Une stratégie. Une direction. Budanov était prêt pour ce poste dès la première réunion, précise Zelensky. L’homme qui a orchestré certaines des opérations les plus audacieuses contre la Russie va maintenant coordonner la diplomatie de guerre. L’expertise du terrain au service de la table de négociation. Le pragmatisme brutal du renseignement appliqué à l’art délicat de la diplomatie.
Mykhailo Fedorov, lui, hérite du ministère de la Défense. Un autre choix qui surprend. Un autre signal envoyé. Fedorov était mentionné comme possible chef de cabinet. Il atterrit finalement à la tête des armées. Trois missions lui sont assignées. Trois priorités absolues. La première : fermer le ciel. La défense aérienne devient l’urgence numéro un. Parce que c’est directement lié à la sécurité énergétique aujourd’hui. Tant que les missiles russes peuvent frapper les infrastructures électriques à volonté, l’Ukraine reste à genoux. La deuxième : résoudre les problèmes de mobilisation. Trouver des hommes. Les former. Les équiper. Sans vider le pays de sa substance. Sans briser le moral. Un équilibre impossible à atteindre. La troisième : construire une armée basée sur le contrat. Des professionnels. Des volontaires. Des soldats qui choisissent de se battre plutôt que d’y être contraints. Un rêve, peut-être. Mais un rêve nécessaire.
Ces nominations ne sont pas anodines. Zelensky ne joue pas aux chaises musicales. Il prépare la suite. Soit la paix arrive et il faut reconstruire. Soit la guerre continue et il faut tenir. Dans les deux cas, il lui faut des hommes capables de gérer l’impossible. Budanov pour négocier avec Poutine. Fedorov pour moderniser une armée épuisée. Ce ne sont pas des choix de confort. Ce sont des choix de survie. L’Ukraine joue sa dernière carte. Elle le sait. Le monde le sait. Reste à savoir si Poutine le sait aussi.
La technologie comme salut
Fedorov supervisera également le travail sur les drones et l’artillerie. La guerre moderne. La guerre technologique. Celle où un drone à 500 dollars peut détruire un char à 5 millions. Celle où l’innovation compte plus que le nombre. Celle où l’Ukraine a prouvé qu’elle pouvait rivaliser avec une Russie théoriquement supérieure en moyens. « Si la guerre continue, notre armée doit très rapidement devenir aussi technologique que possible, » insiste Zelensky. Pas le choix. L’alternative, c’est perdre. Lentement. Sûrement. En sacrifiant une génération entière sur l’autel d’une guerre d’attrition que l’Ukraine ne peut pas gagner par le nombre. La Russie a lancé plus de 6000 attaques de drones en janvier 2026 seulement. 6000. En un mois. L’Ukraine doit répondre. Innover. S’adapter. Ou mourir.
Les drones ukrainiens frappent déjà profondément en territoire russe. Les raffineries. Les dépôts de carburant. Les bases militaires. Des centaines de kilomètres derrière les lignes. Une asymétrie qui rééquilibre le rapport de forces. Mais ça ne suffit pas. Il faut plus. Toujours plus. Des drones plus rapides. Plus précis. Plus difficiles à intercepter. Des systèmes de défense aérienne capables de tout abattre. Des missiles longue portée pour frapper les centres de commandement russes. La liste est longue. Les besoins immenses. Les ressources limitées. Fedorov devra faire des miracles. Ou au moins essayer. Parce que l’alternative est inacceptable. L’alternative, c’est accepter que l’Ukraine devienne un champ de ruines perpétuel. Un pays figé dans une guerre sans fin. Un Donbas géant où tout le monde meurt lentement sans que personne ne gagne jamais vraiment.
La trêve énergétique : un répit illusoire?
L’initiative américaine
Donald Trump a mentionné publiquement une possibilité. Celle d’une suspension des frappes russes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Une « trêve énergétique« . Temporaire. Fragile. Mais potentiellement salvatrice pour des millions d’Ukrainiens qui gèlent dans le noir. L’initiative américaine prévoit qu’au moins temporairement, Moscou cesse de bombarder les centrales électriques, les transformateurs, les lignes à haute tension. En échange, Kyiv s’engage à ne pas frapper l’infrastructure énergétique russe. Un accord réciproque. Équilibré sur le papier. « Nous voulons mettre fin à la guerre, et nous sommes prêts pour des étapes de désescalade, » confirme Zelensky. Combien de temps cette « trêve énergétique » pourrait-elle durer? Personne ne sait. Une semaine? Un mois? L’hiver? Mais l’Ukraine est prête à la soutenir. Prête à parier sur la bonne foi russe. Encore une fois.
Le président américain a affirmé avoir personnellement demandé à Poutine de ne pas tirer sur Kyiv et d’autres villes ukrainiennes pendant une semaine. « À cause du froid, du froid extrême… J’ai personnellement demandé au président Poutine de ne pas tirer sur Kyiv et les villes et villages pendant une semaine pendant cette période, » a déclaré Trump lors d’une réunion de cabinet à la Maison-Blanche. « Ils n’ont jamais connu un froid pareil. Et j’ai personnellement demandé au président Poutine de ne pas tirer sur Kyiv et les diverses villes pendant une semaine. Et il a accepté de le faire, et je dois vous dire, c’était très gentil. » Très gentil. Le mot résonne étrangement. Poutine accepte de ne pas bombarder des civils pendant une semaine et c’est « très gentil ». On marche vraiment sur la tête. Mais passons. Si ça peut sauver des vies, même temporairement, c’est déjà ça.
Une semaine. Une petite semaine sans bombes. Et on devrait applaudir. On devrait remercier Poutine pour sa « gentillesse ». L’homme qui a transformé des villes entières en gravats accepte gracieusement de faire une pause d’une semaine et on devrait s’en féliciter. C’est ça, la nouvelle normalité? C’est ça qu’on accepte? Quelques jours de répit pendant lesquels les Ukrainiens pourront dormir sans se demander si un missile va s’écraser sur leur immeuble? Et après? Après la semaine, on recommence? On bombarde de plus belle? Et on appelle ça du progrès diplomatique?
Le froid comme arme de guerre
Les températures en Ukraine sont prévues pour chuter jusqu’à -30°C dans les jours qui viennent. Moins trente degrés Celsius. Un froid mortel. Un froid qui tue. Les autorités se précipitent pour restaurer les services. Réparer les lignes. Remettre le courant. Mais c’est une course perdue d’avance. Parce que dès qu’une centrale est réparée, un missile russe la détruit à nouveau. Dès qu’un transformateur est remplacé, un drone le pulvérise. C’est sans fin. C’est calculé. C’est une stratégie délibérée. Priver la population de chaleur et d’électricité en plein hiver. Les faire souffrir. Les briser. Les pousser à abandonner. À exiger de leur gouvernement qu’il capitule. N’importe quelle capitulation. Juste pour que ça s’arrête. Juste pour pouvoir rallumer le chauffage.
La nuit précédant le deuxième jour de pourparlers à Abu Dhabi, la Russie a lancé 375 drones et 21 missiles sur l’Ukraine. Cible principale : les infrastructures énergétiques. Résultat : plus d’un million de personnes privées d’électricité. À Kyiv. À Kharkiv. À Zaporizhzhia. Partout. Pendant que les négociateurs discutaient de paix dans le confort climatisé des Émirats, des familles ukrainiennes se blottissaient sous des couvertures dans des appartements glacés. Pendant que Trump parlait de « très bonnes choses » qui se passent, des grands-mères mouraient de froid dans des immeubles sans chauffage. Le contraste est obscène. L’hypocrisie totale. On négocie le jour. On bombarde la nuit. Et on appelle ça des pourparlers de paix. Le cynisme atteint des sommets.
Poutine veut-il vraiment la paix?
Le diagnostic de Zelensky
« Je ne crois pas que la Russie veuille mettre fin à la guerre, » tranche Zelensky. Direct. Sans détour. « Il y a beaucoup de preuves du contraire. » Les bombardements pendant les pourparlers en font partie. Les exigences territoriales maximalistes aussi. L’invitation à Moscou, évidemment. Tout indique que Poutine joue la montre. Qu’il ne cherche pas la paix. Qu’il cherche une pause. Une respiration. Le temps de reconstituer ses stocks. De reformer ses troupes. De réparer son économie chancelante. « En raison de la situation économique difficile de la Russie, elle pourrait vouloir ‘mettre la guerre en pause' », analyse Zelensky. Mais il faudrait encore pouvoir le vendre à la population russe. Expliquer pourquoi on s’arrête maintenant alors qu’on promettait la victoire totale depuis quatre ans. Justifier l’arrêt des combats sans avoir atteint les objectifs proclamés.
Tant que le Kremlin a des réserves financières, il est prêt à continuer. C’est la clé. L’argent. Toujours l’argent. Les hydrocarbures qui se vendent malgré les sanctions. Les partenaires qui achètent du pétrole russe en passant par des circuits détournés. L’Inde. La Chine. Des pays du Moyen-Orient. Tout le monde s’indigne. Personne n’arrête vraiment d’acheter. Les sanctions ont des trous béants. Les tankers fantômes continuent de naviguer. Les profits continuent d’affluer dans les caisses du Kremlin. Et avec cet argent, Poutine achète des missiles. Des drones. Des obus. Des mercenaires. Il achète du temps. Il achète la capacité de continuer. Encore. Et encore. Jusqu’à ce que l’Occident se fatigue. Jusqu’à ce que l’Ukraine s’effondre. Ou les deux.
On joue à un jeu dont tout le monde connaît les règles sauf qu’on fait semblant de ne pas les connaître. Poutine ne veut pas la paix. Il veut gagner du temps. Il veut une pause pour recharger. Et pendant ce temps, l’Occident continue d’acheter son pétrole. Pas directement, bien sûr. Par des intermédiaires. Avec des contorsions comptables. Mais l’argent arrive quand même. Et avec cet argent, il achète des armes. Qui tuent des Ukrainiens. Qui détruisent des villes. Qui prolongent la guerre. Et on ose encore se demander pourquoi ça ne s’arrête pas? Vraiment?
Les sanctions comme solution
La pression par les sanctions pourrait être la solution, estime Zelensky. Un outil important. Peut-être le seul qui pourrait vraiment changer la donne. Il cite la France en exemple. « J’ai parlé avec Emmanuel Macron, » raconte le président ukrainien. « Nous avons parlé de la flotte de tankers. Le président Trump les arrête aussi activement. Emmanuel a dit : mais notre législation, et essentiellement la législation à travers l’Europe, fonctionne de telle manière que vous pouvez les arrêter, mais vous ne pouvez pas les arrêter de façon permanente. Vous les arrêtez, puis les navires sont relâchés. Et maintenant, par exemple, il se prépare à travailler sur des changements législatifs. » Si tous ces outils commencent à fonctionner réellement, les Russes voudront mettre fin à la guerre plus tôt, prédit Zelensky. Si. Le conditionnel pèse lourd. Parce que pour l’instant, ces outils ne fonctionnent pas vraiment. Pas assez. Pas suffisamment pour faire vraiment mal.
Les tankers continuent de circuler. Les ventes de pétrole se poursuivent. Les revenus rentrent. Moscou a appris à contourner les sanctions. À exploiter les failles. À jouer sur les divisions européennes. Un pays bloque. Un autre hésite. Un troisième négocie des exemptions. Résultat : un régime de sanctions troué comme un gruyère. Efficace sur le papier. Insuffisant dans la réalité. Macron veut changer les lois. Bien. Très bien, même. Mais combien de temps ça prendra? Des mois? Des années? Et pendant ce temps, combien d’Ukrainiens mourront encore? Combien de villes seront détruites? Combien de générations sacrifiées? L’urgence n’est pas ressentie de la même façon à Paris qu’à Kyiv. À Paris, c’est une question de législation à modifier. À Kyiv, c’est une question de survie immédiate. La différence est abyssale.
Le Donbas : la ligne rouge
L’objectif de Poutine
« Poutine a commencé la guerre, et il n’a pas atteint les résultats qu’il s’était fixés, » rappelle Zelensky. « Vous pouvez dire ce que vous voulez, mais il n’a pas cette réalisation. C’est pourquoi il y a maintenant une pression pour que nous nous retirions du Donbas. Parce que si vous vous retirez du Donbas, ce serait la seule chose qu’il pourrait dire : c’était notre objectif principal, le Donbas est à nous, c’est notre victoire. » Voilà le nœud du problème. La seule victoire que Poutine pourrait revendiquer. La seule chose qu’il pourrait présenter à son peuple comme une justification des quatre années d’horreur. Des dizaines de milliers de morts russes. Des centaines de milliards de roubles engloutis. L’isolement international. Les sanctions. Tout ça pour quoi? Pour le Donbas. Si l’Ukraine cède maintenant, Poutine gagne. Il gagne tout. Il prouve que la force paye. Que l’agression fonctionne. Que tuer assez longtemps finit par donner des résultats.
C’est pour ça que Zelensky ne cédera pas. Pas sur ça. Il peut discuter. Il peut négocier. Il peut chercher des compromis. Mais pas celui-là. Pas donner le Donbas à Poutine sur un plateau. Pas récompenser quatre ans d’agression par une capitulation territoriale. « C’est une question problématique, parce que c’est la seule chose à laquelle ils s’accrochent dans cette ‘vente’ propagandiste à leur public domestique. » Poutine a besoin du Donbas pour sauver la face. Zelensky ne peut pas le lui donner sans perdre la sienne. Et sans perdre bien plus que ça. Sa crédibilité. La confiance de son peuple. La légitimité de sa résistance. Si l’Ukraine cède le Donbas maintenant, quel message ça envoie? Que quatre ans de souffrance n’ont servi à rien? Que tous ces morts sont morts pour rien? Que la résistance était inutile? Inacceptable. Impensable. Impossible.
On mesure l’absurdité. Poutine voulait toute l’Ukraine. Il n’a pas réussi. Alors maintenant il se rabat sur le Donbas. Et on voudrait que Zelensky lui offre cette « victoire » pour pouvoir signer la paix. On voudrait que l’Ukraine récompense l’échec russe en donnant quand même une partie de ce que Moscou n’a pas pu prendre par la force. C’est comme si un voleur qui voulait tout voler dans une maison mais n’a réussi qu’à entrer dans le garage demandait poliment qu’on lui donne aussi le salon et la cuisine en guise de compromis. Et on appelle ça de la diplomatie?
L’échange de prisonniers au point mort
Les échanges de prisonniers ont également calé. Bloqués. Figés. Les Russes ne voient tout simplement pas ce qu’ils y gagnent. Ils ont des milliers de prisonniers ukrainiens. L’Ukraine a des prisonniers russes. Normalement, on échange. C’est comme ça que ça fonctionne. Mais Moscou ne joue pas le jeu. Parce que garder des prisonniers ukrainiens, c’est une monnaie d’échange. Un levier. Une pression. Des familles qui attendent. Des mères qui pleurent. Des pères qui espèrent. Chaque jour qui passe sans échange, c’est un jour de souffrance supplémentaire. Poutine le sait. Il en joue. Cyniquement. Froidement. Les prisonniers ne sont pas des êtres humains pour lui. Ce sont des pions. Des cartes à jouer au bon moment. Ou à ne jamais jouer si ça sert mieux ses intérêts. L’humanité n’entre pas en ligne de compte. Jamais.
Pour les familles ukrainiennes, c’est un calvaire. Imaginez. Votre fils, votre mari, votre frère est prisonnier quelque part en Russie. Vous ne savez pas où exactement. Vous ne savez pas dans quelles conditions. Vous ne savez même pas s’il est encore vivant. Et là, vous apprenez que les échanges sont bloqués. Que Moscou refuse. Pas pour des raisons techniques. Pas parce que les listes ne correspondent pas. Juste parce qu’ils ne voient pas l’intérêt. Juste parce que votre souffrance leur importe moins que zéro. Comment on vit avec ça? Comment on continue à croire qu’un jour, peut-être, il reviendra? Comment on garde espoir quand l’autre camp ne voit en votre proche qu’un instrument de pression? On ne peut pas. On survit. C’est tout. On survit en espérant que demain sera différent. Même si rien n’indique que ce sera le cas.
L'Europe : une voie de sortie?
L’adhésion à l’Union européenne
L’Ukraine veut compléter tous les clusters de négociation d’adhésion à l’Union européenne d’ici la fin 2026. Être techniquement prête en 2027. Si on parle strictement de préparation technique, bien sûr. Mais ce qui intéresse vraiment Kyiv, c’est la voie rapide. Le fast-track. « C’est une garantie de sécurité pour notre avenir. Sécurité économique, choix des marchés, solutions technologiques partagées. Nous définissons une priorité. » L’UE n’est pas qu’un marché. C’est un bouclier. Une ancre. Une promesse que même si la guerre continue, même si la Russie menace encore, l’Ukraine ne sera pas seule. Qu’elle fera partie d’un ensemble plus grand. Plus fort. Plus résilient. Rejoindre l’Union européenne, c’est choisir son camp définitivement. C’est dire non à l’orbite russe. Oui à l’Occident. Sans retour possible.
Mais Moscou sera un obstacle. Même dans des temps plus calmes, la Russie tentera de bloquer l’adhésion ukrainienne à l’UE, prévient Zelensky. « Après cette guerre, la Russie cherchera, surtout après qu’une certaine période de levée de sanctions et ainsi de suite dont ils parlent dans leurs dialogues bilatéraux, à s’assurer que l’Ukraine ne rejoigne pas l’Union européenne. Ils trouveront un moyen. » Évidemment. Parce que laisser l’Ukraine rejoindre l’UE, c’est admettre la défaite finale. C’est accepter que l’Ukraine échappe définitivement à la sphère d’influence russe. Poutine a lancé cette guerre précisément pour empêcher ça. Pour que l’Ukraine reste dans son pré carré. Pour que Kyiv ne puisse jamais vraiment choisir son destin. Alors non, il ne laissera pas faire. Il utilisera tous les leviers à sa disposition. La pression économique. Les menaces sécuritaires. Le chantage énergétique. Tout.
L’Ukraine court après l’Europe. Elle se bat pour avoir le droit de rejoindre un club qui hésite encore à l’accueillir pleinement. Parce que l’accueillir, c’est aussi hériter de ses problèmes. De sa guerre. De ses cicatrices. L’UE parle beaucoup de valeurs. De démocratie. De droits de l’homme. De solidarité. Mais quand vient le moment de concrétiser, les calculs politiques reprennent le dessus. On promet. On encourage. On applaudit les progrès. Mais on ne signe pas. Pas encore. Pas tout de suite. Peut-être plus tard. Quand la situation sera stabilisée. Quand la guerre sera finie. Quand… toujours quand. Et pendant ce temps, l’Ukraine attend. Et saigne.
La reconstruction comme enjeu
Un autre élément crucial de l’adhésion à l’UE : la reconstruction. Des centaines de milliards d’euros seront nécessaires. Des années de travail. Des décennies, peut-être. Pour reconstruire les villes détruites. Les ponts effondrés. Les routes pulvérisées. Les écoles bombardées. Les hôpitaux en ruines. Les centrales électriques anéanties. La liste est vertigineuse. Le coût astronomique. Aucun pays ne peut faire ça seul. Surtout pas un pays épuisé par quatre ans de guerre totale. En tant qu’État membre de l’UE, l’Ukraine offrirait aux investisseurs les mêmes garanties de sécurité. Pas de crainte que le gouvernement change et annule les contrats. Pas de peur qu’une nouvelle agression russe détruise les investissements. L’UE comme parapluie. Comme assurance. Comme promesse de stabilité dans un océan de chaos.
C’est particulièrement important étant donné que la reconstruction prendra des années. Des investissements sur le long terme. Pas des coups rapides. Pas des opportunités spéculatives. Du solide. Du durable. Du structurel. Les entreprises européennes regardent l’Ukraine. Elles calculent. Elles évaluent les risques. Elles se demandent si ça vaut le coup. L’adhésion à l’UE changerait l’équation. Elle transformerait un pari risqué en un investissement sûr. Elle ferait de l’Ukraine un marché européen comme les autres. Protégé. Régulé. Intégré. Et ça, ça change tout. Parce que sans investissements massifs, la reconstruction n’aura jamais lieu. Et sans reconstruction, l’Ukraine restera un pays meurtri. Une terre dévastée. Un monument à l’horreur de la guerre moderne. Personne ne veut ça. Surtout pas les Ukrainiens.
Trump et la "Board of Peace"
Une initiative controversée
Donald Trump a invité Vladimir Poutine à rejoindre sa « Board of Peace ». Un conseil censé résoudre les conflits mondiaux. Superviser la gouvernance et la reconstruction à Gaza. Apporter la paix partout où elle manque. Poutine, l’homme qui a déclenché la plus grande guerre en Europe depuis 1945, invité à siéger dans un conseil pour la paix. L’ironie est tellement épaisse qu’on pourrait la couper au couteau. La réaction ukrainienne ne s’est pas fait attendre. « Poutine n’a pas sa place au conseil de paix, mais au banc des accusés du tribunal spécial, » a écrit le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha sur X. Une attaque barbare pendant les pourparlers prouve une fois de plus où est la place de Poutine. Pas à une table de négociation. Dans une salle d’audience. Face à des juges. Répondant de ses crimes.
L’initiative de Trump laisse perplexe. Soit il ne comprend pas qui est vraiment Poutine. Soit il s’en fiche. Soit il pense que seul un Poutine flatté et inclus acceptera de négocier sérieusement. Aucune de ces options n’est rassurante. Inviter un criminel de guerre dans un conseil pour la paix, c’est légitimer ses actions. C’est dire que bombarder des civils, c’est juste une façon un peu brutale de faire de la politique. Que violer le droit international, c’est négociable. Que tuer des dizaines de milliers de personnes, ce n’est qu’un détail qu’on peut mettre de côté si ça aide à conclure un deal. Trump voit Poutine comme un partenaire de négociation. Les Ukrainiens le voient comme un meurtrier de masse. La différence de perspective est totale. Et terrifiante.
On nage en plein délire. Poutine à un conseil de paix. Sérieusement. L’homme qui a ordonné des dizaines de milliers de frappes sur des civils. L’homme qui a fait de la terreur une stratégie. L’homme qui bombarde des hôpitaux, des écoles, des abris. Cet homme-là, Trump veut le mettre dans un conseil pour la paix. Et après? On invite Assad à un conseil pour les droits de l’homme? On nomme Kim Jong-un ambassadeur de la démocratie? À un moment, il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles. Poutine n’a rien à faire dans un conseil de paix. Il a sa place dans une cellule. Point.
La stratégie Trump
Trump veut des résultats. Vite. Il veut pouvoir dire qu’il a résolu la guerre en Ukraine. Qu’il a réussi là où Biden a échoué. Que sa diplomatie transactionnelle fonctionne. Peu importe le prix. Peu importe les compromis. Peu importe si l’Ukraine doit céder du territoire pour que ça marche. L’essentiel, c’est l’accord. La signature. La photo. Le titre dans les journaux : « Trump met fin à la guerre en Ukraine ». Le reste, les détails, les conséquences à long terme, ce sera le problème de quelqu’un d’autre. Cette approche inquiète profondément Kyiv. Parce qu’une paix bâclée, c’est pire que pas de paix du tout. C’est donner à Poutine le temps de se refaire. De reconstituer ses forces. De préparer la prochaine offensive. Dans deux ans. Dans cinq ans. Peu importe. Il reviendra. Il revient toujours.
Les envoyés de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, font la navette entre Moscou, Kyiv et Abu Dhabi. Ils parlent de progrès. De points d’accord. D’une solution proche. Mais quand on gratte sous la surface, les divergences fondamentales restent béantes. Moscou veut le Donbas. Kyiv refuse. Poutine ne veut pas de forces de maintien de la paix européennes sur le sol ukrainien. Zelensky en veut. La Russie exige des garanties que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN. L’Ukraine veut des garanties de sécurité qui ressemblent à une adhésion de fait. Comment concilier tout ça? Comment trouver un compromis acceptable quand les positions de départ sont diamétralement opposées? Trump pense qu’avec suffisamment de pression sur les deux camps, ils finiront par céder. Peut-être. Ou peut-être qu’il se trompe. Que cette guerre ne se résoudra pas par un deal immobilier à la Trump. Que certains conflits ne se règlent pas autour d’un parcours de golf.
Conclusion : L'impasse tragique
Négocier sous les bombes
On négocie la paix pendant que les missiles tombent. On discute de trêve énergétique pendant que des millions de gens gèlent dans le noir. On parle de compromis pendant que des villes entières sont réduites en poussière. L’absurdité est totale. Le cynisme absolu. Poutine joue sur tous les tableaux. Il envoie ses négociateurs à Abu Dhabi. Il fait mine de discuter sérieusement. Et la nuit venue, il lâche ses drones et ses missiles sur l’Ukraine. Message reçu cinq sur cinq : je négocie parce qu’on me le demande, mais je ne change rien à ma stratégie. Je continue la guerre. Je continue à tuer. Je continue à détruire. Et vous allez quand même discuter avec moi. Parce que vous n’avez pas le choix. Parce que l’alternative, c’est quoi? Laisser la guerre s’éterniser encore plus? Regarder l’Ukraine se vider de sa population? Voir l’Europe se fissurer sous la pression des réfugiés et des coûts?
Zelensky le sait. Il sait qu’il doit négocier. Il sait qu’il doit trouver une issue. Il sait que son peuple est épuisé. Que son armée tient par miracle. Que les alliés occidentaux commencent à montrer des signes de fatigue. Il sait tout ça. Mais il sait aussi qu’il ne peut pas céder sur l’essentiel. Qu’il ne peut pas donner le Donbas à Poutine juste pour acheter une paix temporaire. Que ce serait trahir tous ceux qui sont morts pour défendre ce territoire. Que ce serait condamner l’Ukraine à une nouvelle agression dans quelques années. Alors il tient. Il résiste. Il refuse Moscou. Il défie Poutine. Il espère que les Américains comprendront. Que les Européens tiendront. Que les sanctions finiront par mordre vraiment. Que quelque chose, n’importe quoi, changera la donne. Avant qu’il ne soit trop tard.
Je regarde cette situation et je ne sais plus quoi penser. D’un côté, un président ukrainien qui refuse de plier. Qui dit non à l’inacceptable. Qui tient tête au tyran. Admirable. De l’autre, des millions de gens qui souffrent. Qui meurent. Qui fuient. Et qui se demandent combien de temps encore. Combien de morts encore. Combien d’hivers dans le froid encore. Je ne sais pas qui a raison. Je ne sais pas s’il existe une bonne réponse. Tout ce que je sais, c’est que cette guerre aurait dû se terminer il y a longtemps. Et qu’elle continue. Jour après jour. Nuit après nuit. Bombardement après bombardement. Mort après mort. Et on appelle ça de la diplomatie.
Et maintenant?
Les pourparlers continuent. Dimanche prochain, une nouvelle session à Abu Dhabi. Les mêmes acteurs. Les mêmes divergences. Les mêmes espoirs fragiles. Peut-être qu’un miracle se produira. Peut-être que Poutine acceptera finalement un compromis raisonnable. Peut-être que Trump réussira là où tous ont échoué. Peut-être. Mais l’histoire suggère le contraire. L’histoire dit que Poutine ne lâche rien sans y être forcé. Que les guerres d’agression ne se terminent que quand l’agresseur comprend qu’il ne peut plus gagner. Et pour l’instant, Poutine ne comprend pas ça. Il pense encore qu’il peut gagner. Qu’il suffit de tenir encore un peu. De tuer encore quelques milliers d’Ukrainiens. De détruire encore quelques villes. De faire souffrir encore assez longtemps pour que l’Occident craque le premier.
Alors Zelensky attend. Il négocie. Il discute. Il fait des propositions. Il cherche des compromis. Mais il ne cède pas sur l’essentiel. Il ne ira pas à Moscou. Il ne donnera pas le Donbas. Il ne sacrifiera pas l’avenir de son pays pour une paix en trompe-l’œil. « Qu’il vienne à Kyiv s’il ose. » Cette phrase résume tout. Le défi. Le refus. La ligne rouge. Poutine veut négocier? Qu’il vienne sur le terrain qu’il a bombardé. Qu’il marche dans les rues qu’il a détruites. Qu’il regarde en face les gens qu’il a terrorisés pendant quatre ans. S’il ose. Mais il n’osera pas. Évidemment. Parce que les tyrans ne viennent jamais sur le territoire de leurs victimes. Ils exigent qu’on vienne chez eux. Qu’on se plie. Qu’on s’incline. Et quand on refuse, ils crient à l’obstination. À l’intransigeance. Au refus de négocier. Le culot est infini. L’hypocrisie sans fond.
Quelque part à Kyiv, dans un bureau du palais présidentiel, Volodymyr Zelensky regarde par la fenêtre. Il voit une ville qui a survécu à quatre ans de guerre. Des gens qui continuent à vivre malgré tout. Des enfants qui vont à l’école entre deux alertes aériennes. Des couples qui se marient pendant que les missiles volent. La vie qui refuse de s’arrêter. C’est pour eux qu’il tient. Pas pour un principe abstrait. Pas pour une ligne sur une carte. Pour les gens. Pour qu’ils puissent vivre sans avoir peur qu’un missile russe détruise leur immeuble à 3h du matin. Pour qu’ils puissent avoir de l’électricité en hiver. Pour qu’ils puissent espérer un avenir. Alors non, il n’ira pas à Moscou. Il ne s’agenouillera pas devant Poutine. Il ne donnera pas le Donbas juste pour faire plaisir à Trump. Il continuera. Jusqu’au bout. Jusqu’à ce qu’une vraie paix soit possible. Ou jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à sauver. On espère juste que ce ne sera pas la deuxième option.
Signé Maxime Marquette
Encadré de transparence du chroniqueur
Positionnement éditorial
Je ne suis pas journaliste, mais chroniqueur et analyste géopolitique. Mon expertise réside dans l’observation et l’analyse des dynamiques de pouvoir, des stratégies militaires et des enjeux diplomatiques qui façonnent les conflits contemporains. Mon travail consiste à décortiquer les positions des acteurs internationaux, à comprendre les calculs politiques derrière les déclarations publiques, à contextualiser les négociations dans leur cadre stratégique plus large, et à proposer des perspectives analytiques sur les impasses diplomatiques qui définissent notre époque.
Je ne prétends pas à l’objectivité froide du journalisme traditionnel, qui se limite au rapport factuel. Je prétends à la lucidité analytique, à l’interprétation rigoureuse des faits, à la compréhension approfondie des enjeux complexes de la guerre en Ukraine. Mon rôle est de donner du sens aux événements, de les situer dans leur contexte historique et stratégique, et d’offrir une lecture critique des pourparlers de paix en cours.
Méthodologie et sources
Ce texte respecte la distinction fondamentale entre faits vérifiés et analyses interprétatives. Les informations factuelles présentées proviennent exclusivement de sources primaires et secondaires vérifiables datées du 30 janvier 2026.
Sources primaires : déclarations officielles du président Volodymyr Zelensky lors de sa conférence de presse à Kyiv, communiqués du Kremlin, déclarations de Donald Trump à la Maison-Blanche, rapports des délégations aux pourparlers d’Abu Dhabi.
Sources secondaires : dépêches d’agences de presse internationales (Reuters, Associated Press, Agence France-Presse), publications spécialisées (United24 Media, Euronews, Al Jazeera, NBC News, The Washington Post), rapports d’analystes géopolitiques (Jamestown Foundation).
Les données sur les frappes russes, les températures, les pourcentages territoriaux et les positions diplomatiques proviennent de ces sources officielles et médiatiques vérifiées. Toute évolution ultérieure de la situation pourrait naturellement modifier les perspectives présentées ici.
Nature de l’analyse
Les analyses, interprétations et perspectives présentées dans les sections analytiques de cet article constituent une synthèse critique et contextuelle basée sur les informations disponibles au 30 janvier 2026, les tendances observées depuis le début de la guerre en février 2022, et les commentaires d’experts cités dans les sources consultées.
Mon rôle est d’interpréter ces faits, de les contextualiser dans le cadre des négociations de paix en cours et de leur donner un sens cohérent dans le grand récit de ce conflit qui définit l’Europe du XXIe siècle. Ces analyses reflètent une expertise développée à travers l’observation continue des affaires internationales et la compréhension des mécanismes stratégiques qui animent les acteurs impliqués dans cette guerre.
Sources
Sources primaires
United24 Media – « Absolutely Impossible to Meet with Putin in Moscow » Zelenskyy on the Outcomes of Peace Talks – 30 janvier 2026
Al Jazeera – Ukrainian President Zelenskyy invites Putin to Kyiv for talks – 30 janvier 2026
India TV News – Zelenskyy rejects Kremlin’s Putin meeting proposal in Russia – 30 janvier 2026
Sources secondaires
Euronews – More talks expected after Ukraine, Russia and US conclude Abu Dhabi meeting – 24 janvier 2026
NBC News – Russia, Ukraine to hold trilateral peace talks with U.S. for first time – 23 janvier 2026
ABC News – Russia, Ukraine and US hold 1st trilateral talks since start of war – 24 janvier 2026
Al Jazeera – US-brokered Russia-Ukraine talks close with no breakthrough – 24 janvier 2026
US News – Rubio Says Work Under Way to Resolve ‘Very Difficult’ Donetsk Issue – 28 janvier 2026
Jamestown Foundation – Putin Stalling Ninety Percent Complete Peace Deal – Janvier 2026
24NewsHD – Russia invites Zelensky to Moscow for Ukraine peace talks – 30 janvier 2026
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