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CHRONIQUE : « Qu’il vienne à Kyiv s’il ose » – Zelensky défie Poutine et claque la porte de Moscou
Crédit: Adobe Stock

Vingt points d’accord, deux de blocage

Les pourparlers trilatéraux entre l’Ukraine, la Russie et les États-Unis se déroulent depuis plusieurs jours à Abu Dhabi. Premier face-à-face public depuis le début de la guerre il y a quatre ans. Une rencontre historique, disent certains. Un exercice de communication, pensent d’autres. La vérité se situe probablement entre les deux. Ce qui est certain, c’est qu’il y a du progrès. Relatif, mais réel. Sur une vingtaine de points discutés dans le plan de paix américain, Kyiv et Washington sont d’accord sur dix-huit. « En ce qui concerne le reste des points dans ce plan, nous sommes d’accord avec eux. C’est ma position, » confirme Zelensky. Un accord presque total. Presque. Sauf sur deux points. Et ces deux points changent tout.

Le premier : Donetsk. Plus précisément, les 20% du Donbas encore contrôlés par l’Ukraine. Environ 5000 kilomètres carrés de territoire. Des villes. Des villages. Des routes stratégiques. Des positions défensives. Poutine veut tout le Donbas. Pas seulement ce que ses forces ont conquis au prix de dizaines de milliers de vies. Tout. Y compris ce qu’il n’a pas réussi à prendre en quatre ans de guerre. Zelensky dit non. Catégoriquement. « Notre côté a démontré sa volonté de discuter, » précise-t-il. Mais discuter ne signifie pas céder. Discuter ne veut pas dire offrir sur un plateau d’argent ce que l’armée ukrainienne défend depuis le début. Moscou réclame un retrait complet des forces ukrainiennes du Donbas. Kyiv refuse de sacrifier son territoire sur l’autel d’un accord qui récompenserait l’agression.

Pensons-y une seconde. Poutine exige qu’on lui donne ce qu’il n’a pas pu conquérir. Il demande qu’on lui offre gracieusement ce que ses soldats n’ont pas réussi à arracher malgré quatre ans d’assauts. C’est comme si un cambrioleur, après avoir été repoussé pendant des heures, demandait poliment qu’on lui ouvre la porte et qu’on lui remette les clés du coffre. Et on voudrait que l’Ukraine accepte? Au nom de quoi? De la paix? Quelle paix peut naître d’une capitulation déguisée?

La centrale nucléaire de Zaporizhzhia

Le deuxième point de blocage concerne la centrale nucléaire de Zaporizhzhia. La plus grande d’Europe. Six réacteurs. Une capacité de production gigantesque. Un site stratégique majeur. Sous occupation russe depuis les premiers jours de l’invasion. Moscou la contrôle. Kyiv la revendique. L’Agence internationale de l’énergie atomique s’inquiète. Le monde retient son souffle. Une erreur, un obus mal placé, et c’est Tchernobyl en pire. La question de Zaporizhzhia fait partie du « bloc territorial ». Elle reste « la question clé et la plus difficile » selon Zelensky. Comment partager une centrale nucléaire? Comment garantir sa sécurité quand deux pays en guerre se la disputent? Comment éviter le scénario catastrophe qu’on préfère ne pas imaginer?

Malgré ces deux obstacles monumentaux, les discussions avancent. « Nous nous disputons sur deux points, » résume Zelensky. « Pour ce qui est du reste des points dans ce plan, nous sommes d’accord avec eux. C’est ma position. Et nous comptons sur la force des États-Unis d’Amérique pour que le côté russe soit également d’accord avec tous les points que l’Amérique a développés. » La pression est sur Washington. Trump doit convaincre Poutine. Bonne chance. Le président américain a beau affirmer qu’il fait confiance au leader russe pour honorer ses engagements, l’histoire récente montre que la parole de Moscou vaut ce qu’elle vaut. Pas grand-chose. Les bombardements continuent même pendant les pourparlers. La nuit précédant le deuxième jour de négociations à Abu Dhabi, la Russie a lancé 375 drones et 21 missiles sur l’Ukraine. Des millions de personnes privées d’électricité. En plein hiver. Par -20°C. Pendant les pourparlers de paix. L’ironie est cruelle. La réalité est brutale.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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