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CHRONIQUE : Réseaux sociaux – Interdits, poursuivis et réduits au silence, le moment de vérité est arrivé
Crédit: Adobe Stock

Des techniques empruntées aux machines à sous et aux cigarettes

La plainte déposée contre les géants de la Silicon Valley ne mâche pas ses mots. Elle accuse ces entreprises d’avoir « emprunté massivement aux techniques comportementales et neurobiologiques utilisées par les machines à sous et exploitées par l’industrie du tabac » pour concevoir leurs produits. Ce n’est pas une métaphore poétique. C’est une accusation factuelle, documentée, étayée par des milliers de pages de documents internes que les avocats des plaignants vont présenter au jury. Le défilement infini. Les notifications push. Les likes qui déclenchent des décharges de dopamine. Les algorithmes de recommandation qui savent exactement quel contenu vous gardera scotché à l’écran une minute de plus, une heure de plus, une nuit de plus. Tout cela a été conçu, testé, optimisé, déployé à l’échelle planétaire avec un objectif unique : maximiser l’engagement des jeunes utilisateurs pour générer des revenus publicitaires.

Les experts juridiques comparent déjà ce procès aux grandes batailles contre Big Tobacco dans les années 1990. Ces procès avaient révélé que les fabricants de cigarettes savaient depuis des décennies que leurs produits étaient mortels et créaient une dépendance, mais qu’ils avaient délibérément caché ces informations tout en ciblant les adolescents dans leurs campagnes marketing. Le règlement de 1998 avait forcé les compagnies de tabac à verser des milliards de dollars et à cesser de cibler les mineurs. Aujourd’hui, l’histoire se répète. Mais cette fois, le produit n’est pas une cigarette. C’est un écran. Et les victimes n’ont pas dix-huit ans. Elles ont parfois à peine six ans.

Quand j’ai lu que ces entreprises utilisaient les mêmes techniques que l’industrie du tabac, mon sang n’a fait qu’un tour. Les cigarettiers savaient qu’ils tuaient des gens. Ils ont continué. Pendant des décennies. Pour le profit. Et on voudrait nous faire croire que les patrons de la Silicon Valley sont différents ? Qu’ils ne savaient pas ? Les documents internes vont parler. Et je parie tout ce que j’ai qu’ils savaient. Qu’ils savaient parfaitement ce qu’ils faisaient à nos enfants.

La défense des géants technologiques

Meta et Google nient catégoriquement les accusations. Leur ligne de défense repose sur plusieurs arguments. Premièrement, ils affirment qu’il n’existe pas de définition clinique de l’« addiction aux réseaux sociaux » et que, même si une telle condition existait, aucune loi ne la reconnaît. Deuxièmement, ils soutiennent que même si leurs produits contribuaient à certains effets négatifs, il serait impossible de prouver un lien de causalité direct entre l’utilisation de leurs plateformes et les problèmes de santé mentale des utilisateurs. Troisièmement, ils invoquent le Premier Amendement, arguant que les décisions qu’ils prennent concernant le contenu constituent une forme de « discours protégé », tout comme la parole des citoyens est protégée contre la censure gouvernementale. Enfin, ils se retranchent derrière la Section 230 du Communications Decency Act, ce bouclier juridique qui protège les entreprises technologiques de toute responsabilité pour le contenu publié par des tiers sur leurs plateformes.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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