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CHRONIQUE : Trump annonce des négociations avec l’Iran — la diplomatie du pistolet sur la tempe
Crédit: Adobe Stock

Pour comprendre où nous en sommes, il faut revenir sur le feuilleton diplomatique de 2025, ce rendez-vous manqué entre Washington et Téhéran qui a débouché sur la guerre plutôt que sur la paix. Tout a commencé par une lettre — un geste que Trump a voulu dramatique et historique. En mars 2025, le président américain a écrit directement au Guide suprême Ali Khamenei pour proposer de nouvelles négociations nucléaires. Une première. Khamenei n’a d’abord pas daigné répondre — l’orgueil d’un vieux révolutionnaire qui ne se plie pas devant l’Amérique. Mais ses conseillers l’ont alerté : la menace de guerre est réelle, la crise économique s’aggrave, le régime pourrait ne pas survivre à un double choc militaire et social. Fin mars, Téhéran a exprimé sa disposition à négocier.

Cinq tours de pourparlers se sont tenus entre avril et mai 2025, un ballet diplomatique entre Mascate et Rome, orchestré par la médiation d’Oman. L’envoyé américain Steve Witkoff et le ministre iranien Abbas Araghchi se sont rencontrés — dans des salles séparées, les messages relayés par le médiateur omanais Badr al-Busaidi. Même dans la négociation, ces deux pays ne peuvent pas se regarder en face. Le premier tour à Mascate a été qualifié de « constructif ». Le troisième, le 26 avril, a été décrit comme « beaucoup plus sérieux » par Araghchi. L’espoir semblait permis.

Et puis tout s’est effondré. Comme toujours au Moyen-Orient, l’espoir est un luxe qu’on ne peut se permettre que brièvement avant que la réalité ne le fracasse.

Le fossé infranchissable de l’enrichissement

Le noeud du problème était limpide dès le départ : les États-Unis exigeaient le démantèlement complet du programme d’enrichissement d’uranium iranien — zéro enrichissement, point final. Trump l’a dit à NBC le 4 mai 2025 : « Le démantèlement complet est tout ce que j’accepterai. » Le secrétaire d’État Marco Rubio a renchéri : les installations de Natanz, Fordow et Ispahan devaient être démantelées, tout l’uranium enrichi expédié « loin ». Pour l’Iran, c’était tout simplement inacceptable. L’enrichissement d’uranium est présenté comme un droit souverain, un acquis technologique national, une question de fierté pour un pays de 88 millions d’habitants qui se considère comme une civilisation millénaire. Araghchi l’a martelé : « Le démantèlement de l’enrichissement est inacceptable pour l’Iran. » Deux lignes rouges irréconciliables. Un mur contre un autre mur. Et entre les deux, la guerre.

L’offensive israélienne du 13 juin : la mort de la diplomatie

Le sixième tour de négociations était prévu le 15 juin 2025 à Oman. Quarante-huit heures avant, dans la nuit du 12 au 13 juin, Israël a lancé l’opération « Am Kelavi » — le Réveil du Lion. Deux cents avions de combat, 330 munitions larguées sur l’Iran. Le calendrier n’est pas une coïncidence — il est une obscénité. La diplomatie a été assassinée par les bombes, délibérément, sciemment. Neuf jours plus tard, le 22 juin, les États-Unis ont frappé à leur tour, détruisant les installations nucléaires de Fordow, Natanz et Ispahan avec des bombes de 30 000 livres et des missiles Tomahawk. Trump a proclamé que les États-Unis avaient « complètement et totalement détruit » ces sites. Le bilan officiel iranien : 935 morts, dont 132 femmes et 38 enfants. Le cessez-le-feu, annoncé unilatéralement par Trump sur Truth Social le 24 juin, n’était pas la paix — c’était une pause dans la destruction.

Pensez à Maryam, cette chercheuse en physique nucléaire de 34 ans qui travaillait dans un programme civil à Ispahan. Elle n’a jamais voulu fabriquer de bombe. Elle voulait que son pays maîtrise l’énergie nucléaire pour son développement. Les bombes américaines n’ont pas fait la distinction entre le civil et le militaire. Elles ne font jamais cette distinction. Et c’est exactement pour cela que la « solution militaire » au problème nucléaire iranien n’en est pas une — elle crée le problème qu’elle prétend résoudre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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