Face aux menaces de Trump, la reponse iranienne est un exercice d’equilibrisme sur une corde raide au-dessus d’un precipice. Le ministre des Affaires etrangeres, Abbas Araghchi, a declare que les forces armees iraniennes sont pretes a repondre immediatement et puissamment a toute agression contre leur territoire. Il a ecrit sur les reseaux sociaux : Nos braves forces armees sont preparees — les doigts sur la gachette — a repondre immediatement et puissamment a TOUTE agression contre notre terre, notre air et notre mer bien-aimes. Le ton est martial, la posture est combative. Mais en meme temps, Araghchi a egalement declare : Notre position est claire. Les negociations ne peuvent avoir lieu sous la menace, et tout dialogue doit etre mene dans des conditions ou les menaces et les exigences excessives sont mises de cote.
C’est la quadrature du cercle iranienne. Montrer de la force sans provoquer une attaque. Exprimer une volonte de negocier sans paraitre faible. Rejeter les ultimatums tout en laissant une porte ouverte au dialogue. L’Iran a aussi precise, par la voix d’Araghchi, qu’il n’a recu aucune communication des Etats-Unis concernant une demande de negociations. Autrement dit, Trump parle de faire un deal, mais il n’a meme pas pris le telephone pour appeler. La menace militaire precede toute tentative diplomatique serieuse — et c’est precisement ce qui rend la situation si dangereuse.
On ne negocie pas avec un pistolet sur la tempe. On capitule ou on meurt. Et dans les deux cas, ce n’est pas de la negociation — c’est de la coercition deguisee en diplomatie.
L’evaluation des degats de l’Operation Midnight Hammer
Un rapport du Pentagone de juillet 2025 a estime que le programme nucleaire iranien avait ete retarde d’environ deux ans par les frappes. Les parties en surface de l’usine pilote d’enrichissement de Natanz, ou l’Iran produisait de l’uranium enrichi a 60 %, ont ete detruites, confirmees par l’AIEA. Le site d’Isfahan a subi des dommages considerables. Cependant — et c’est un detail crucial que Trump semble ignorer — un rapport de renseignement americain a revele que l’Iran avait deplace la majeure partie de son stock d’uranium enrichi avant les frappes, le laissant largement intact. Le ministre iranien des Affaires etrangeres Araghchi a confirme que les sites nucleaires avaient subi des dommages severes, mais la matiere fissile elle-meme, le coeur du probleme, a survécu. C’est comme detruire le coffre-fort sans savoir que le tresor a ete demenage la veille.
L’Iran a riposte — et pourrait le refaire
Il ne faut pas oublier un detail que les bellicistes de Washington preferent minimiser : l’Iran a riposte. Le 23 juin 2025, le lendemain de Midnight Hammer, l’Iran a bombarde la base aerienne d’Al Udeid au Qatar, qui heberge des troupes americaines. Aucun mort n’a ete enregistre — les avions militaires avaient ete evacues par anticipation — mais le message etait clair : l’Iran peut frapper les installations americaines dans la region. Et avec plus de 30 000 soldats americains deployes sur de multiples bases au Moyen-Orient, les cibles potentielles ne manquent pas. Qui seraient les premieres victimes d’une nouvelle escalade ? Pas les generaux dans leurs salles de commandement. Pas les presidents dans leurs bunkers. Ce seraient les jeunes soldats americains de 19 ou 20 ans stationnes dans des bases exposees a travers le Golfe. Pensez a Tyler Johnson, marine de 21 ans de l’Oklahoma, stationne a Al Udeid, qui a du courir vers un abri anti-aerien quand les missiles iraniens sont tombes. Sa mere a passe quatorze heures sans nouvelles de son fils.
Le contexte nucleaire : une bombe a retardement
Pour comprendre pourquoi cette crise est si explosive, il faut plonger dans les details techniques du programme nucleaire iranien. Avant les frappes de juin 2025, l’AIEA estimait que l’Iran avait produit un total de 160,1 kilogrammes d’uranium hautement enrichi a 60 % a Fordow. Le stock total d’uranium enrichi de l’Iran etait de 2 221,4 kilogrammes. L’Iran operait 101 cascades de centrifugeuses a Natanz, dont 82 etaient en fonctionnement. Le temps de breakout — le delai necessaire pour produire suffisamment d’uranium de qualite militaire pour une arme nucleaire — etait estime a deux a trois jours seulement par la Defense Intelligence Agency. Deux a trois jours. C’est le temps qu’il faut pour regarder une serie sur Netflix, pas pour empecher une proliferation nucleaire.
L’evaluation en mai 2025 estimait que l’Iran pouvait convertir son stock d’uranium enrichi a 60 % en 233 kilogrammes d’uranium de qualite militaire en trois semaines a l’installation de Fordow — assez pour neuf armes nucleaires. Neuf. Pas une. Neuf. Et malgre les frappes de juin, un rapport de renseignement americain indique que l’Iran avait demenage la majeure partie de son stock avant les bombardements. L’AIEA n’a trouve aucune preuve satellite d’un enrichissement renouvele, mais a note une activite pres des sites frappes. L’Iran n’enrichit peut-etre plus activement, mais les moyens et la matiere pour le faire existent toujours.
On ne desactive pas un programme nucleaire avec des bombes. On le retarde. On le cache. On le disperse. Et quand les bombardiers sont repartis, les centrifugeuses — ou leurs remplacantes — se remettent a tourner dans l’ombre, plus determinees que jamais.
La fin du JCPOA et le vide diplomatique
Le cadre diplomatique qui aurait pu prevenir cette crise n’existe plus. En octobre 2025, l’Iran a officiellement mis fin au JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), l’accord nucleaire negocie en 2015, declarant que toutes les restrictions sur son programme nucleaire etaient caduques. C’est Trump lui-meme qui, lors de son premier mandat en 2018, avait retire les Etats-Unis de cet accord, le qualifiant de pire accord jamais negocie. L’ironie est cruelle : l’accord que Trump a detruit limitait l’enrichissement iranien a 3,67 %. Aujourd’hui, l’Iran enrichit a 60 %, a un cheveu de la qualite militaire de 90 %. En brisant l’accord, Trump n’a pas empeche l’Iran de developper ses capacites nucleaires — il les a accelerees.
L’AIEA aveugle : naviguer sans instruments
La situation est encore aggravee par le fait que l’AIEA est pratiquement aveugle. L’Iran n’a fourni aucune information a l’agence sur le statut de ses stocks d’uranium enrichi. Le parlement iranien a adopte une loi empechant la cooperation avec les inspections, et en pratique, aucune inspection n’a lieu. Le directeur general de l’AIEA a clairement indique que l’agence perd sa capacite de verification. Nous sommes donc dans la situation la plus dangereuse possible : un pays au seuil de la capacite nucleaire militaire, sans surveillance internationale, sans accord diplomatique, sans mecanisme de verification, et avec un president americain qui agite une armada en criant des ultimatums sur les reseaux sociaux. Comment peut-on pretendre que cette approche fonctionne ?
Les sanctions et les tarifs : l'arme economique a double tranchant
Avant meme de parler d’armada, Trump a degaine son arme economique favorite. Le 12 janvier 2026, il a annonce un tarif de 25 % sur les biens de tout pays faisant des affaires avec l’Iran, avec effet immediat. Les principaux partenaires commerciaux de l’Iran — la Chine, la Turquie, les Emirats arabes unis et l’Irak — sont directement vises. La Chine, qui importe 80 % du petrole iranien, est la cible principale. L’ambassade chinoise a Washington a condamne cette politique, avertissant que Pekin prendrait toutes les mesures necessaires pour defendre ses interets. Le porte-parole du ministere chinois des Affaires etrangeres a rappele qu’il n’y a pas de gagnants dans une guerre commerciale.
Chers lecteurs, appreciez l’absurdite de la situation. Trump impose des tarifs qui punissent les partenaires commerciaux de l’Iran — y compris la Chine, avec laquelle les Etats-Unis entretiennent les relations economiques les plus complexes du monde — pour forcer l’Iran a negocier. Mais l’Iran n’a meme pas recu d’appel telephonique. Selon Brad Setser, expert du Council on Foreign Relations, empiler un tarif de 25 % sur les taux existants pour les partenaires commerciaux de l’Iran — y compris la Chine — pourrait introduire un choc significatif dans l’economie americaine elle-meme. C’est comme mettre le feu a votre propre maison pour enfumer votre voisin.
Les sanctions secondaires sont le miroir de la politique etrangere trumpienne : spectaculaires dans l’annonce, confuses dans l’execution, et potentiellement plus destructrices pour celui qui les impose que pour celui qu’elles visent.
L’Iran sous pression economique : le rial en chute libre
Il serait malhonnete de pretendre que les sanctions n’ont aucun effet sur l’Iran. Le rial iranien a perdu la moitie de sa valeur en un an. L’inflation est galopante. Les prix des denrees alimentaires ont explose. C’est precisement cette detresse economique qui a declenche les manifestations massives de decembre 2025, les plus importantes depuis la Revolution islamique de 1979. Mais la question que Trump refuse de poser est la suivante : la souffrance du peuple iranien rend-elle le regime plus enclin a negocier, ou plus determine a resister ? L’histoire des sanctions montre que la reponse est presque toujours la seconde. De Cuba a la Coree du Nord, de l’Irak de Saddam a la Russie de Poutine, les sanctions renforcent le recit du regime assiegé, et c’est le peuple qui souffre, pas les dirigeants.
La Chine dans l’equation : le joueur silencieux
La Chine est le joueur invisible mais essentiel de cette crise. En tant que principal importateur de petrole iranien et puissance protectrice de facto de Teheran, Pekin detient des leviers que Washington ne possede pas. Les tarifs de 25 % de Trump visent directement la Chine, mais l’idee que Pekin va cesser d’acheter du petrole iranien a cause de tarifs americains releve du voeu pieux. La Chine a ses propres interets strategiques au Moyen-Orient, et un Iran affaibli par l’Amerique pourrait devenir un Iran encore plus dependant de Pekin. Trump pourrait donc, paradoxalement, renforcer l’influence chinoise dans la region en pensant l’affaiblir. C’est de la geopolitique a l’envers.
Les manifestations iraniennes : la donnee que tout change
Le contexte de cette confrontation est radicalement different de celui de juin 2025 pour une raison majeure : les manifestations massives qui secouent l’Iran depuis le 28 decembre 2025. Ce soulevement, le plus important depuis la Revolution de 1979, a ete declenche par la chute du rial et l’explosion des prix alimentaires, avant d’evoluer en un mouvement plus large exigeant la fin du regime. La repression qui a suivi est d’une brutalite inouie. Les estimations varient enormement : le gouvernement iranien reconnait 3 117 morts, les organisations de droits humains comme HRANA documentent plus de 22 000 deces, et des sources medicales independantes citees par le magazine Time parlent d’au moins 30 000 tues dans les affrontements de rue.
Depuis le 8 janvier 2026, les autorites iraniennes ont impose un blackout internet quasi total. Le reseau national d’information iranien a ete completement deconnecte, meme a l’interieur du pays. Amnesty International a declare que les autorites iraniennes ont deliberement bloque l’acces a internet pour cacher l’etendue des violations graves des droits humains. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Turk, a declare que la brutalite en Iran se poursuit, avec des milliers de personnes, dont des enfants, tuees dans une repression securitaire qui s’est intensifiee le 8 janvier, avec l’utilisation de munitions reelles par les forces de securite contre les manifestants. Le Rapporteur special des Nations Unies a declare que les preuves justifiaient une enquete sur la possibilite que les massacres de manifestants constituent des crimes contre l’humanite.
Trump menace de frapper un pays dont le peuple est deja en train de se soulever. La question n’est pas de savoir si l’Iran a besoin de changement — c’est evident. La question est de savoir si des bombes americaines aideront ce changement ou le detruiront.
Le regime iranien instrumentalise la menace
Voici le paradoxe le plus cruel de la strategie de Trump. Les manifestants iraniens se battent contre leur propre gouvernement. Ils risquent leur vie dans les rues pour la liberte, pour la dignite, pour un avenir meilleur. Mais une attaque militaire americaine donnerait au regime exactement ce dont il a besoin : un ennemi exterieur pour rallier la population. Rien ne tue un mouvement de contestation interieure plus rapidement qu’une agression etrangere. Pensez a Nazanin Karimi, etudiante de 22 ans a Teheran, qui manifeste chaque soir depuis decembre malgre le risque d’etre tuee. Si les bombes americaines tombent sur son pays, sera-t-elle toujours dans la rue a protester contre le regime ? Ou sera-t-elle dans un abri, terrifiee, forcee de choisir entre un gouvernement qu’elle deteste et un envahisseur qu’elle craint ? La reponse est evidente.
Le role de la Turquie et des mediateurs
Derriere le bruit des canons et des tweets, une diplomatie discrete est a l’oeuvre. Le ministre turc des Affaires etrangeres, Hakan Fidan, a suggere publiquement que l’Iran est pret a negocier a nouveau le dossier nucleaire. Araghchi lui-meme a precise que l’Iran a toujours accueilli favorablement un accord nucleaire mutuellement benefique, equitable et juste — a condition qu’il soit libre de menaces. Des mediateurs tentent en coulisses de trouver une solution a la crise. Mais ces efforts diplomatiques sont constamment sabotes par les declarations publiques incendiaires de Trump, qui transforment chaque ouverture diplomatique en humiliation potentielle pour Teheran. On ne peut pas tendre la main et brandir le poing en meme temps.
L'analyse des experts : vers une confrontation inevitable ?
Les experts sont profondement divises sur l’issue de cette crise, mais ils s’accordent sur un point : la situation est extremement grave. Selon Jason Brodsky de l’organisation United Against Nuclear Iran, le Guide supreme iranien serait tres sceptique et resistant a accepter les exigences de Trump, et en l’absence d’un accord, Trump est tres susceptible d’autoriser une action militaire. L’institut Chatham House de Londres estime que l’objectif de Trump est de forcer l’Iran a une soumission strategique — un objectif qui va bien au-dela du simple dossier nucleaire. Radio Free Europe rapporte que l’Iran a peu de chances de capituler devant les exigences de Trump, qu’il percoit comme une demande de reddition totale.
Le secretaire d’Etat Marco Rubio a declare que Trump se reserve l’option defensive preemptive si les Etats-Unis ont des indications que l’Iran va frapper les forces americaines, qualifiant de sage et prudent d’avoir une posture de force dans la region. Mais qu’est-ce qu’une frappe preemptive defensive exactement ? C’est un oxymoron militaire, une contradiction dans les termes qui permet de justifier une attaque en l’appelant une defense. C’est la meme logique qui a conduit a l’invasion de l’Irak en 2003, avec les resultats catastrophiques que l’on connait.
Les experts de l’Atlantic Council ont raison de poser la question : que se passe-t-il le lendemain d’une frappe ? Parce que dans toute guerre, c’est le jour d’apres qui determine si la victoire militaire se transforme en catastrophe strategique.
Les scenarios qui se dessinent
Trois scenarios se dessinent a l’horizon. Le premier, le plus optimiste, voit l’Iran accepter une forme de negociation sous pression, probablement facilitee par la Turquie ou un autre intermediaire. Ce scenario est le moins probable, car les exigences de Trump sont si maximalistes que les accepter equivaudrait a une capitulation pour Teheran. Le deuxieme scenario est un statu quo tendu, ou Trump continue de faire monter la pression sans franchir le pas de l’action militaire, utilisant l’armada comme levier permanent. Ce scenario est possible, mais instable — un incident accidentel, un tir mal calibre, une erreur de communication, et tout peut basculer. Le troisieme scenario est une nouvelle campagne de frappes, plus large que Midnight Hammer, avec des consequences regionales imprevisibles. Et c’est ce troisieme scenario qui empeche les analystes de dormir la nuit.
Les lecons de l’Irak que personne n’a retenues
Il y a vingt-trois ans, les Etats-Unis ont envahi l’Irak sur la base de renseignements errones et de pretextes fabriques. Le resultat : des centaines de milliers de morts, une region destabilisee pour des decennies, l’emergence de l’Etat islamique, et une facture de plusieurs milliers de milliards de dollars pour le contribuable americain. L’Iran n’est pas l’Irak. Sa population est trois fois plus importante. Son terrain est plus vaste et plus montagneux. Son armee est mieux equipee. Ses mandataires sont plus nombreux et mieux organises. Et surtout, l’Iran a la capacite de fermer le detroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du petrole mondial. Une guerre avec l’Iran ne serait pas une repetition de l’Irak — ce serait un conflit d’une ampleur incomparablement superieure.
La position du Canada et du Quebec : spectateurs inquiets
Depuis le Quebec, nous regardons cette escalade avec un melange de stupefaction et d’anxiete. Le Canada, allie traditionnel des Etats-Unis et membre de l’OTAN, se retrouve dans une position inconfortable. Soutenir une aventure militaire americaine contre l’Iran serait politiquement suicidaire au pays. S’y opposer publiquement risquerait de provoquer la colere d’un president americain qui traite ses allies avec la meme brutalite que ses adversaires. La communaute irano-canadienne, forte de plusieurs centaines de milliers de personnes, vit dans une angoisse quotidienne pour leurs familles restees au pays. Pensez a Maryam Hosseini, proprietaire d’un restaurant iranien a Montreal, qui n’a pas de nouvelles de ses parents a Isfahan depuis le blackout internet du 8 janvier. Elle regarde les informations chaque soir, le coeur serre, en se demandant si demain sera le jour ou les bombes recommenceront a tomber.
Pour le Quebec, qui valorise la diplomatie multilaterale, le dialogue et la resolution pacifique des conflits, cette approche americaine est un cauchemar. Nous avons vu ce que la guerre en Irak a fait a la region. Nous avons vu les vagues de refugies, la destabilisation, le terrorisme qui a suivi. L’idee qu’un president americain puisse declencher un conflit encore plus devastateur, a coups de tweets et d’ultimatums, est terrifiante.
Le monde ne peut pas se permettre une autre guerre au Moyen-Orient. Les cicatrices de l’Irak ne sont meme pas encore refermees. Et pourtant, voila un president qui joue avec des allumettes dans une poudriere, convaincu que les flammes ne le toucheront pas.
L’impact economique mondial d’un conflit
Si la diplomatie echoue et que les armes parlent, les consequences economiques seraient mondiales. Le detroit d’Ormuz, que l’Iran peut menacer ou bloquer, est le goulot d’etranglement le plus critique du marche petrolier mondial. Une perturbation, meme partielle, des flux petroliers a travers ce detroit provoquerait une flambee des prix du petrole qui toucherait chaque consommateur sur la planete. Les marches financiers plongeraient. L’inflation, deja un fardeau pour des millions de families, exploserait. L’economie mondiale, encore fragile apres les chocs recents, subirait un coup dont elle mettrait des annees a se remettre. Et tout cela pour quoi ? Pour satisfaire l’ego d’un president qui confond la geopolitique avec un episode de reality TV.
Trump dit esperer ne pas avoir a frapper : faut-il le croire ?
La rhetorique de l’espoir arme
Trump a declare qu’il serait formidable si les Etats-Unis n’avaient pas a utiliser la force militaire contre l’Iran. Cette phrase, qui a fait le titre de la BBC, est un chef-d’oeuvre de communication ambigue. Elle suggere a la fois la moderation et la menace. Elle dit : je prefere la paix, mais je suis pret a la guerre. C’est une technique de negociation classique — le bon et le mauvais flic dans une seule personne. Mais dans le contexte d’une crise nucleaire, cette ambiguite n’est pas un atout diplomatique. C’est un detonateur. Car quand les mots peuvent etre interpretes de mille facons, les erreurs de calcul deviennent inevitables.
Les actions contredisent les paroles
Si Trump espere vraiment ne pas avoir a frapper l’Iran, pourquoi envoyer une armada ? Pourquoi annoncer des mouvements militaires sur Truth Social ? Pourquoi imposer des tarifs de 25 % qui punissent les partenaires commerciaux de l’Iran ? Pourquoi formuler des exigences si maximalistes qu’aucun gouvernement au monde ne pourrait les accepter sans perdre la face ? La reponse est soit que Trump ne comprend pas la dynamique qu’il a creee, soit qu’il veut la guerre et utilise la diplomatie comme alibi. Dans les deux cas, le resultat est le meme : une escalade qui s’auto-alimente, ou chaque geste de force appelle une reponse de force, jusqu’au point de non-retour.
L’Atlantic Council a raison de poser la question qui hante tous les analystes : Faut-il frapper l’Iran ? Et que se passe-t-il ensuite ? Parce que frapper est facile. C’est l’apres qui est impossible. L’Iran n’est pas un probleme qu’on resout avec des bombes. C’est un noeud gordien geopolitique qui necessite de la patience, de la subtilite, de la perseverance diplomatique — toutes des qualites qui sont absentes de la politique etrangere trumpienne.
Le monde retient son souffle. L’armada avance. Les doigts sont sur la gachette, des deux cotes. Et quelque part entre Washington et Teheran, la raison supplie qu’on lui accorde une derniere chance. Esperons, pour le bien de l’humanite tout entiere, que quelqu’un l’entende avant qu’il ne soit trop tard.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Ce texte est une chronique — il reflete le point de vue de son auteur et ne pretend pas a l’objectivite journalistique au sens classique du terme. L’auteur s’appuie sur des faits verifiables, mais les interprete librement pour nourrir le debat public.
Maxime Marquette est chroniqueur specialise en geopolitique et en questions internationales. Ses textes sont publies sur la plateforme mad-max.ca.
Sources
Sources primaires
BBC News — Trump says ‘it would be great’ if US ‘didn’t have to use’ military force on Iran
TIME — Trump Says ‘Massive Armada’ Heading to Iran, Compares to Venezuela
Al Jazeera — Iran rejects Trump’s threats, says ready to respond to any US attack
CNBC — Trump warns Iran an armada is heading its way and to agree a nuclear deal, or else
Sources secondaires
Chatham House — Trump’s objective is to force Iran into strategic submission
Wikipedia — United States strikes on Iranian nuclear sites (Operation Midnight Hammer)
CSIS — What Operation Midnight Hammer Means for the Future of Iran’s Nuclear Ambitions
Al Jazeera — How does US military build-up off Iran compare to the June 2025 strikes
CNBC — Trump says any country doing business with Iran will face 25% U.S. tariff
Atlantic Council — Should Trump strike Iran? What happens next if he does?
Euronews — Iran protests death toll could surpass 30,000, reports claim
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