Il faut appeler les choses par leur nom. Ce que l’administration Trump mene contre la communaute scientifique americaine est une guerre. Une guerre froide, bureaucratique, menee a coups de coupes budgetaires, de licenciements massifs et de censure ideologique. Depuis fevrier 2025, des milliers de postes de scientifiques federaux ont ete elimines au NIH, a l’EPA, a la NOAA, au CDC, a la FDA et dans les laboratoires nationaux. Plus de 25 000 personnes ont quitte les agences scientifiques, dont une majorite en debut de carriere. Plus de 7 800 subventions du NIH et de la NSF ont ete perturbees en 2025, et parmi celles qui n’ont pas ete retablies, 2 600 representent une perte de pres de 1,4 milliard de dollars.
Au total, 1,7 milliard de dollars en financement du NIH a ete retenu et plus de 2 200 subventions totalisant 3,8 milliards ont ete annulees. Les subventions R01, la colonne vertebrale du financement de la recherche, ont chute de 24 %. Des universites ont gele les embauches, retarde des essais cliniques et ferme des laboratoires. On ne parle pas ici d’ajustements budgetaires — on parle d’une demolition programmee de l’appareil scientifique le plus performant de l’histoire humaine.
Quand un gouvernement democratique sabote ses propres institutions scientifiques, il ne fait pas qu’affaiblir la recherche — il trahit une promesse fondamentale envers ses citoyens : celle de les proteger contre la maladie, contre les catastrophes, contre l’ignorance.
L’exode des cerveaux : quand l’Amerique se vide de ses meilleurs esprits
Le resultat le plus catastrophique et le plus irreversible de cette guerre contre la science est l’exode massif des cerveaux. Dans un sondage de la revue Nature mene aupres de 1 600 scientifiques, 75 % ont declare envisager de quitter les Etats-Unis. L’Europe et le Canada sont les destinations privilegiees. Le Conseil europeen de la recherche a vu le nombre de candidats americains pour ses bourses de debut de carriere presque tripler, passant de 60 pour l’appel 2024 a 169 pour 2026. Pour les bourses de chercheurs seniors, les candidats americains sont passes de 23 a 114 en deux ans. Pensez a David Hernandez, neuroscientifique a Stanford, pere de deux enfants, qui a demenage a Zurich apres que son financement de recherche sur Alzheimer a ete coupe. Il n’est pas parti par caprice — il est parti parce que son pays l’a abandonne.
L’Union europeenne se frotte les mains
Pendant que Washington detruit, d’autres construisent. L’Union europeenne a lance son initiative Choose Europe for Science, dotee de 500 millions d’euros sur 2025-2027. La Chine etend ses programmes de recrutement de talents. L’Australie, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Coree du Sud — tous deroulent le tapis rouge pour accueillir les cerveaux que Trump chasse. L’Universite d’Aix-Marseille pousse meme les autorites francaises a creer un statut de refugie scientifique. Avez-vous deja vu un pays si prospere provoquer un tel exode de ses propres talents ?
Le DOGE : la farce tragique d'Elon Musk
Le Department of Government Efficiency, cette creation fantasque d’Elon Musk rebaptisee d’un acronyme de cryptomonnaie, devait etre la revolution de l’efficacite gouvernementale. Musk avait promis 2 000 milliards de dollars d’economies annuelles. Un chiffre tellement delirant qu’il aurait du, a lui seul, disqualifier l’ensemble du projet. La realite ? Le DOGE a revendique 215 milliards d’economies estimees au 20 janvier 2026. Une enquete de Politico a revele que sur les 145 milliards reclames en contrats annules jusqu’en juin 2025, seuls 1,4 milliard — moins de 1 % — etaient de veritables economies verifiables. Les depenses federales, elles, ont augmente de 6 %, passant de 7 135 a 7 558 milliards de dollars. Le Cato Institute, un groupe de reflexion libertarien, a conclu que le DOGE n’a eu aucun effet perceptible sur la trajectoire des depenses mais a contribue a la plus grande reduction de personnel en temps de paix jamais enregistree.
Chers lecteurs, relisez ces chiffres lentement. Musk a promis de couper 2 000 milliards. Il en a reellement economise 1,4 milliard. C’est un taux de reussite de 0,07 %. Si un de vos employes vous promettait d’augmenter vos ventes de 100 % et qu’il livrait 0,07 %, vous ne lui donneriez pas une promotion — vous lui montreriez la porte. Et pourtant, les degats humains, eux, sont bien reels. Le gouvernement federal a perdu environ 212 000 employes, soit 9 % de sa main-d’oeuvre civile. Trois agences representent plus de la moitie des reductions : le Departement de la Defense avec plus de 60 000 postes, le Departement du Tresor avec plus de 30 000 et le Departement de l’Agriculture avec plus de 20 000.
Le DOGE n’etait pas un exercice d’efficacite. C’etait un exercice de demolition. On ne rend pas un gouvernement plus efficace en le vidant de ses competences — on le rend simplement plus incompetent, plus fragile, plus dangereux.
Le cout humain de la rationalisation
Derriere les chiffres, il y a des vies brisees. Pensez a Linda Washington, fonctionnaire au Departement des anciens combattants depuis vingt-deux ans, qui aidait des veterans souffrant de stress post-traumatique. Son poste a ete elimine en octobre 2025. Le VA prevoit de supprimer 35 000 emplois supplementaires dans le secteur de la sante. L’inspecteur general du Departement du Tresor a averti que la saison de declarations fiscales 2026 est a risque en raison des coupes importantes a l’IRS, signalant des defis de gestion majeurs. Les estimations de la professeure Brooke Nichols sont encore plus terrifiantes : les coupes du DOGE dans les programmes d’aide etrangere auraient contribue a environ 720 200 deces au premier janvier 2026, principalement des enfants. Ce n’est pas de la politique budgetaire — c’est de la negligence criminelle a l’echelle planetaire.
Musk quitte le navire qu’il a coule
Le comble de l’ironie ? Elon Musk lui-meme a quitte le DOGE en mai 2025, apres des revers juridiques et des conflits avec le cabinet de Trump. Il a qualifie le travail du DOGE de un peu reussi. Le DOGE a ensuite ete officiellement demantele. Mais le mal etait fait. Les fonctionnaires competents etaient partis. Les connaissances institutionnelles accumulees sur des decennies s’etaient evaporees. Et les lieutenants de Musk sont restes comme employes permanents dans les agences qu’ils avaient contribue a demanteler.
La guerre contre le climat : nier la realite au peril de la planete
Le 27 janvier 2026, les Etats-Unis sont officiellement sortis de l’Accord de Paris sur le climat. Le pays est desormais le seul au monde a s’etre retire de ce pacte qui vise a limiter le rechauffement planetaire a 1,5 degre Celsius au-dessus des niveaux preindustriels. Mais Trump ne s’est pas arrete la. Par decret executif, il a aussi suspendu le soutien americain a 66 organismes internationaux, dont la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, a laquelle les Etats-Unis avaient adhere en 1992, et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’evolution du climat, qui produit les rapports climatiques les plus importants du monde. Les Etats-Unis sont le premier et seul pays au monde a annoncer leur intention de se retirer de la CCNUCC. Trump a qualifie l’accord de Paris de rip off injuste et unilateral.
Comment peut-on, en 2026, alors que 23 evenements meteorologiques ont depasse le milliard de dollars en 2025 pour un total de 115 milliards, decider que le changement climatique n’existe pas ? Comment peut-on regarder les incendies, les inondations, les ouragans devastateurs et conclure que la solution est de demanteler les protections environnementales ? C’est l’equivalent d’un pompier qui eteint sa propre caserne pendant un feu de foret.
La sortie de l’Accord de Paris n’est pas qu’une posture politique. C’est un abandon de responsabilite envers les generations futures. C’est dire aux enfants et aux petits-enfants de l’Amerique : votre planete, votre probleme. Debrouillez-vous.
L’EPA : du gardien au fossoyeur de l’environnement
L’Environmental Protection Agency est devenue, sous Trump, l’antithese de sa mission. L’administration prevoyait de lui infliger une coupe de 55 %, incluant le demantelement de son principal bras de recherche. L’EPA recommande desormais de reconsiderer la conclusion de dangerosite de 2009, le fameux Endangerment Finding, qui lui donnait le pouvoir de reguler les gaz a effet de serre. Si la Cour supreme accepte l’argument de l’EPA selon lequel l’agence n’a pas l’autorite de reglementer les gaz a effet de serre en vertu du Clean Air Act, cela pourrait mettre fin definitivement a la regulation du carbone aux Etats-Unis. On parle ici d’un point de non-retour reglementaire qui pourrait accelerer la catastrophe climatique pour des decennies. Le reste du monde avance dans la transition energetique, la Chine investit massivement dans les renouvelables, l’Union europeenne accelere sa transition verte, et l’Amerique, elle, recule dans le passe.
La guerre contre l'education : fabriquer l'ignorance a grande echelle
Si vous voulez creer un age sombre, il y a un moyen infaillible : attaquer l’education. Et c’est exactement ce que fait l’administration Trump avec une determination qui confine a l’acharnement. Le Departement de l’Education a etabli un portail end-DEI pour recueillir les plaintes contre les programmes de diversite dans les ecoles. En fevrier 2025, une lettre Dear Colleague a etendu l’interpretation d’une decision de la Cour supreme contre l’action positive — l’appliquant non seulement aux admissions, mais aussi aux programmes academiques entiers. Les universites avaient 14 jours pour se conformer ou risquer de perdre leur financement federal. Quatorze jours pour renier des decennies de valeurs academiques. Quatorze jours pour choisir entre leurs principes et leur survie financiere.
Harvard a refuse de se soumettre et a intente un proces. En reponse, l’administration a gele plus de 2 milliards de dollars en financement — un juge a declare ce gel illegal en septembre 2025. Columbia a vu 400 millions coupes et a du negocier un reglement de 200 millions. L’ecole Wharton a rebaptise sa concentration en diversite sous le nom Leading Across Differences — de la novlangue orwellienne. Pensez a Jamal Robinson, etudiant de premiere generation a Brown, dont le programme doctoral a ete annule pour 2026-2027. Son reve universitaire, pulverise par un decret.
L’education est le dernier rempart contre la barbarie. Quand un gouvernement s’attaque aux universites, quand il punit les institutions qui osent penser differemment, il ne rationalise pas — il lobotomise une nation entiere.
Le programme TRIO : tuer l’ascenseur social
Le programme TRIO, qui aide les etudiants defavorises a acceder a l’universite, a vu 120 de ses programmes fermes sous pretexte qu’ils esperaient inscrire un nombre a peu pres egal d’hommes et de femmes. Vous avez bien lu. Des programmes d’acces a l’education pour les plus vulnerables ont ete fermes pour une question de parite dans les objectifs d’inscription. Trump a aussi propose d’eliminer le financement du programme Federal Work-Study et d’autres programmes de bourses, dans un plan visant a couper 163 milliards en programmes non militaires. L’objectif n’est pas voile : il s’agit de couper l’ascenseur social, de s’assurer que seuls ceux qui peuvent se payer une education y auront acces. C’est le retour a un monde ou la connaissance est un privilege, pas un droit fondamental.
La justice resiste, mais pour combien de temps ?
Les tribunaux resistent. En aout 2025, un tribunal federal a invalide la lettre Dear Colleague, jugeant qu’elle poussait des millions d’educateurs a craindre que leur discours legal puisse leur valoir des sanctions. En janvier 2026, la Maison-Blanche a abandonne son appel. Mais ne vous y trompez pas — ce n’est pas un recul strategique. C’est un repli tactique. L’administration cherchera d’autres mecanismes pour atteindre les memes objectifs autoritaires.
La guerre contre la presse : museler la voix de la democratie
Pas de democratie sans presse libre. C’est un axiome aussi vieux que la Republique americaine elle-meme, inscrit dans le Premier amendement de la Constitution. Et pourtant, ce que l’administration Trump inflige aux medias americains est une offensive sans precedent dans l’histoire moderne du pays. Les Etats-Unis se classent desormais au 57e rang sur 180 pays dans l’Index mondial de la liberte de la presse — le pire classement depuis que Reporters sans frontieres a commence a compiler cet index en 2002. Reflechissez a cela un instant. Le pays du Premier amendement, le pays qui a invente le journalisme d’investigation moderne, se retrouve derriere des dizaines de nations qu’il pretendait autrefois guider vers la liberte.
En 2025, on a recense 170 agressions contre des journalistes aux Etats-Unis, dont 160 par les forces de l’ordre. C’est presque autant que les trois annees precedentes combinees. Trump a publie au moins 215 messages anti-medias sur les reseaux sociaux, incluant des insultes et des menaces contre des journalistes individuels. L’Associated Press a ete bannie de la salle de presse de la Maison-Blanche en fevrier. Le New York Times a ete poursuivi pour 15 milliards de dollars. Le FBI a perquisitionne le domicile de la journaliste Hannah Natanson du Washington Post en janvier 2026 et saisi ses appareils electroniques. Des diffuseurs internationaux finances par le gouvernement — Voice of America, Radio Free Europe, Radio Free Asia — ont ete vides de leur substance, privant 427 millions de personnes dans le monde d’une source d’information independante.
Quand un president attaque la presse avec cette ferocite, ce n’est pas parce que les journalistes mentent. C’est parce qu’ils disent la verite. Et pour un pouvoir qui prospere dans le mensonge, la verite est l’ennemi le plus dangereux qui soit.
Le raid du FBI : le signal glacant d’une derive autoritaire
Jameel Jaffer, directeur du Knight First Amendment Institute de Columbia, a declare : Il est difficile de ne pas voir cela comme un effort pour intimider non seulement les journalistes, mais les sources qui communiqueraient avec eux. L’ACLU a averti que les restrictions a la liberte de presse sont le canari dans la mine de la regression democratique, comparant la situation a celle de la Hongrie et de la Russie. PEN America a qualifie cette premiere annee d’assaut le plus agressif contre la presse dans les temps modernes. En 2002, il y avait 40 journalistes pour 100 000 Americains. En 2025, huit. Ce n’est pas une evolution — c’est une extinction.
Les medias publics dans la ligne de mire
L’appel de Trump a supprimer le financement de NPR et de PBS menace l’acces a l’information de millions d’Americains dans les zones rurales et les communautes defavorisees. Le president de la FCC, Brendan Carr, coauteur du Project 2025, a lance des enquetes politiquement motivees contre CBS, ABC, NBC, NPR et PBS. Le message : couvrez-nous favorablement, ou subissez les consequences. Du chantage etatique, pur et simple.
Le Congres resiste -- mais les degats sont deja faits
Il faut reconnaitre une chose : le Congres americain, dans un rare elan bipartisan, a rejete les pires coupes budgetaires proposees par l’administration. La NASA recevra 24,44 milliards, seulement legerement moins que l’an dernier. La NSF conserve 938 millions pour ses programmes d’education, alors que l’administration voulait couper jusqu’a 75 %. L’EPA obtient environ 8,8 milliards — une baisse de 3,5 %, mais plus du double de ce que Trump avait demande. Le NIST recoit 1,847 milliard, plus du double du montant demande, soit une hausse de 21 % par rapport aux niveaux de 2024 et 2025.
Mais ne nous leurrons pas. Meme si les coupes les plus brutales ont ete bloquees, les degats sont largement irreversibles. Les scientifiques qui ont quitte le pays ne reviendront pas. Les programmes interrompus ne redemarreront pas du jour au lendemain. Et l’administration, comme le souligne Nature, pourrait bloquer le financement approuve par le Congres qui ne correspond pas a ses objectifs — comme elle l’a fait en 2025 avec la recherche sur la diversite et les energies propres.
Le Congres a sauve les meubles, mais la maison est en feu. Les pompiers legislatifs ont empeche l’effondrement total, mais les fondations sont fissurees, les murs sont noircis, et l’incendiaire est toujours a l’interieur du batiment, une allumette a la main.
La Chine observe, la Chine avance
Pendant que l’Amerique s’automutile, la Chine progresse vers le leadership scientifique mondial. Pekin investit massivement dans la recherche fondamentale, l’intelligence artificielle et les energies du futur, recrutant activement les chercheurs qui fuient les Etats-Unis. Chaque scientifique americain qui demenage a Shanghai emporte des decennies de savoir-faire financees par le contribuable americain. C’est un transfert de richesse intellectuelle d’une ampleur historique — entierement auto-inflige.
Des degats qui prendront une generation a reparer
Les experts sont unanimes : meme si un nouveau president inversait toutes les politiques de Trump demain, il faudrait des decennies pour reparer les dommages. Les connaissances institutionnelles perdues ne se reconstituent pas en quelques mois. La confiance des scientifiques internationaux, une fois brisee, met une generation a se reconstruire. C’est un probleme generationnel — un mal si profond qu’il survivra a ceux qui l’ont cause.
Le fisc en peril : couper les moyens de controle pour enrichir les riches
Dans la categorie des decisions absurdes sur le plan economique, la reduction drastique du financement de l’IRS merite une mention speciale. Le Congres a recupere des milliards de dollars en financement promis pour les auditeurs de l’IRS. Les experts estiment que cela pourrait entrainer entre 350 et 900 milliards de dollars en pertes de revenus d’ici 2036. Qui beneficie de la reduction des audits fiscaux ? Pas le contribuable ordinaire — celui-ci paie deja ses impots consciencieusement, souvent preleves directement a la source. Non, les beneficiaires sont les ultra-riches et les grandes corporations qui utilisent des stratagemes fiscaux complexes pour minimiser leurs contributions.
Couper le financement de l’IRS, c’est offrir un cadeau fiscal massif aux plus fortunes tout en creusant le deficit que le DOGE pretendait reduire. C’est comme si votre medecin decidait de casser le thermometre en vous disant que vous n’avez plus de fievre. Le probleme ne disparait pas — il devient invisible, ce qui est exactement le but recherche.
Quand un gouvernement coupe les moyens de percevoir ses propres impots, il ne fait pas des economies — il fait du sabotage fiscal au profit de ceux qui n’ont besoin d’aucune aide. C’est du Robin des Bois a l’envers : voler aux pauvres pour donner aux riches.
Le retrait du monde : l'isolationnisme comme doctrine de mort
L’age sombre que construit Trump ne se limite pas aux frontieres americaines. Le demantelement de l’USAID, absorbee par le Departement d’Etat apres avoir depense plus de 30 milliards en 2024, prive des millions de personnes dans le monde de soins medicaux, de nourriture et d’education. Pensez a Amina Diallo, infirmiere dans un programme finance par l’USAID au Niger, qui vaccinait des enfants contre la rougeole dans des villages recules. Son programme a ete coupe en mars 2025. Les enfants qu’elle vaccinait sont maintenant sans protection. Les estimations parlent de 720 200 deces lies aux coupes dans l’aide etrangere. Ce ne sont pas des statistiques — ce sont des noms, des visages, des familles detruites par une decision prise dans un bureau climatise de Washington.
Les radiodiffuseurs internationaux qui atteignaient 427 millions de personnes par semaine ont ete vides de leurs ressources. L’Amerique ne se retire pas seulement du monde — elle laisse un vide que d’autres puissances s’empressent de combler. La Russie, la Chine, l’Iran — tous observent avec satisfaction l’Amerique tourner le dos a ses responsabilites.
L’isolationnisme n’est pas de la sagesse. C’est de la lachet’e deguisee en souverainete. Un pays qui se replie sur lui-meme ne se protege pas — il s’asphyxie lentement, coupe du monde qui continue de tourner sans lui.
Le verdict : un pays en etat de regression volontaire
Le bilan d’une annee de demolition
Alors, ou en sommes-nous ? Faisons le bilan de cette premiere annee du second mandat de Donald Trump. La science americaine est en crise. Le systeme educatif est assiege. La presse est muselee. Les protections environnementales sont demantelees. La fonction publique est decimee. L’aide internationale est liquidee. Les alliances climatiques sont rompues. Les meilleurs cerveaux fuient le pays. Et au milieu de tout cela, les depenses gouvernementales n’ont meme pas diminue. C’est un exploit en soi : detruire autant sans meme realiser l’objectif proclame.
Les premieres victimes ne sont pas celles qu’on croit
Ce n’est pas un programme politique — c’est un programme de demolition. Ce n’est pas du conservatisme — c’est de la destruction pure, sans vision, sans horizon, sans lendemain. Et le plus tragique, c’est que les premieres victimes ne sont pas les elites cotieres que Trump pretend combattre. Ce sont les travailleurs ordinaires qui perdent acces aux soins de sante quand les hopitaux pour veterans ferment. Ce sont les familles rurales qui perdent leurs stations meteo locales quand la NOAA est coupee. Ce sont les etudiants defavorises qui perdent leurs bourses quand TRIO est demantele. Ce sont les enfants du monde entier qui meurent quand l’aide etrangere est coupee. Les partisans de Trump sont, ironiquement, ceux qui souffrent le plus de ses politiques.
L’Amerique de Trump ne redevient pas grande. Elle retrecit. Elle se referme. Elle s’appauvrit intellectuellement, moralement, strategiquement. Et le monde entier en paiera le prix. Parce que quand la premiere puissance mondiale plonge dans l’obscurite, elle assombrit l’horizon pour nous tous. Depuis le Quebec, on ne peut que constater avec stupefaction que notre plus grand partenaire commercial, notre allie le plus proche, se transforme en quelque chose qu’on ne reconnait plus. Et ca, chers lecteurs, ca devrait tous nous empecher de dormir.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Ce texte est une chronique — il reflete le point de vue de son auteur et ne pretend pas a l’objectivite journalistique au sens classique du terme. L’auteur s’appuie sur des faits verifiables, mais les interprete librement pour nourrir le debat public.
Maxime Marquette est chroniqueur specialise en geopolitique et en questions internationales. Ses textes sont publies sur la plateforme mad-max.ca.
Sources
Sources primaires
Brisbane Times — Trump is driving America into a new dark age
Nature — US science after a year of Trump: what has been lost and what remains
Science (AAAS) — Trump’s proposed budget would mean disastrous cuts to science
U.S. Senate Committee on Commerce — Science Survives Existential Threat From Trump Budget
NPR — The DOGE mindset is still central to the Trump administration’s agenda as 2025 ends
Sources secondaires
Nature — US brain drain: the scientists seeking jobs abroad amid Trump’s assault on research
Rolling Stone — Brain Drain: Scientists Are Fleeing the U.S. as Trump Cuts Funding
Columbia Journalism Review — In 2025, Press Freedom Came Under Direct Attack
E&E News (Politico) — Trump gutted climate rules in 2025. He could make it permanent in 2026
TIME — Trump’s Year of Government Cuts and What Lies Ahead
Inside Higher Ed — Trump Proposes Deep Cuts to Education and Research
Poynter — The numbers that defined the Trump administration’s attacks against the press in 2025
Euronews — Trump Tracker: How the US is rolling back climate progress in 2026
Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.