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CHRONIQUE : Un ex-ambassadeur demonte la pretendue treve de Trump — preuves contre promesses sur le front ukrainien
Crédit: Adobe Stock

Steven Pifer n’est pas un commentateur de salon. C’est un homme qui a vecu la diplomatie americano-ukrainienne de l’interieur, un homme qui a negocie avec les Russes, qui a mesure la distance entre leurs mots et leurs actes avec la precision d’un horloger. Ambassadeur des Etats-Unis en Ukraine de 1998 a 2000, ancien sous-secretaire d’Etat adjoint charge de la Russie et de l’Ukraine, ancien assistant special du president au Conseil de securite nationale, aujourd’hui affilie au Centre pour la cooperation et la securite internationales (CISAC) de l’Universite Stanford, Pifer fait partie de ces voix qui refusent de confondre le spectacle avec la substance. Et ce qu’il voit dans l’approche de Trump envers Poutine, c’est un spectacle. Un spectacle dangereux, parce qu’il donne l’illusion du progres la ou il n’y en a pas. Quand Pifer affirme que « Moscou doit ressentir la douleur » pour que la paix soit possible, il ne parle pas de rhetorique. Il parle de sanctions reelles, de livraisons d’armes massives, de la saisie des avoirs de la Banque centrale russe. Pas de coups de telephone entre deux hommes qui se disent mutuellement qu’ils sont « formidables ».

Steven Pifer n’est pas un opposant ideologique — c’est un professionnel de la diplomatie qui a vu, de pres, a quel point les promesses du Kremlin sont conçues pour etre brisees.

« Trump se fait manipuler par Poutine » — le diagnostic sans appel

Les mots de Pifer sont sans ambiguite. Lors d’une entrevue precedente avec ABC News, il a declare que « de toute evidence, le president Trump s’est fait manipuler une fois de plus par Poutine ». Ce diagnostic, formule apres le sommet Trump-Poutine en Alaska a l’ete 2025, pourrait etre copie-colle sans modification pour decrire la situation actuelle. Lors de ce sommet, Trump avait exige un cessez-le-feu ou des « consequences ». Poutine avait refuse le cessez-le-feu. Et les consequences? Elles n’ont jamais materialise. Pifer l’a note avec une precision chirurgicale : « Le president Trump a menace de consequences, quoi, quatre ou cinq fois maintenant, et fixe des delais, et les Russes ont rate les delais, et Trump n’a rien fait. » Rien. Zero. Nada. Cette repetition du cycle menace-inaction est precisement ce qui rend la « pause » du 29 janvier si suspecte. Pourquoi Poutine accorderait-il une vraie concession a quelqu’un qui n’a jamais mis ses menaces a execution?

Berlin, 90% et le 10% qui peut tout faire exploser

Dans une entrevue plus recente accordee au Kyiv Post, Pifer a offert un eclairage crucial sur l’etat reel des negociations. Apres deux jours et demi de discussions intensives, des responsables americains, ukrainiens et europeens ont affirme etre « d’accord a 90% » sur un cadre pour mettre fin a la guerre. Mais c’est le dernier 10% qui est un champ de mines, avertit Pifer. Ce 10% concerne les garanties de securite pour l’Ukraine, la question des territoires occupes et, surtout, la volonte — ou l’absence de volonte — de Moscou de negocier serieusement. Pifer identifie quatre piliers d’un cadre de dissuasion credible, a commencer par un engagement a long terme pour batir une armee ukrainienne moderne et bien equipee, avec des discussions portant sur une force approchant les 800 000 soldats. Mais sans pression reelle sur la Russie, avertit-il, meme le meilleur cadre ne sera qu’un morceau de papier.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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