Imaginez une seconde. Vous etes Olena, une mere de famille de 42 ans, dans un appartement du quartier Obolon a Kiev. Il fait moins dix-neuf degres dehors. Votre chauffage ne fonctionne plus depuis une semaine. L’electricite revient par intermittence, parfois quatre heures par jour, parfois pas du tout. Vos enfants dorment avec trois couches de vetements. L’eau de la toilette a gele. Votre voisine de 78 ans, Valentyna, n’ose plus sortir de chez elle parce qu’elle a peur de tomber dans le noir des escaliers sans eclairage. C’est la realite quotidienne de millions d’Ukrainiens en janvier 2026. Ce n’est pas de la fiction. Ce n’est pas un scenario de film catastrophe. C’est la consequence directe et deliberee de la strategie russe qui vise a transformer l’hiver en arme de destruction massive contre la population civile. Le premier ministre ukrainien Denys Chmyhal a declare devant le parlement qu’il ne reste « pas une seule centrale electrique en Ukraine que l’ennemi n’ait pas attaquee ». Pas une seule. Chaque turbine, chaque transformateur, chaque sous-station a ete ciblee methodiquement. Le reseau electrique ukrainien ne repond plus qu’a 60 pour cent des besoins du pays. A Kiev, les residents ont vecu en moyenne 9,5 heures sans electricite par jour en decembre. Et janvier est encore pire.
Il y a une obscenite fondamentale a utiliser le thermometre comme instrument de genocide. Quand les enfants ukrainiens risquent l’hypothermie dans leur propre maison, l’indifference du monde devient complicite.
Les chiffres de l’horreur energetique
Les statistiques sont accablantes et elles meritent d’etre enoncees avec toute la froideur qu’elles portent en elles. La nuit du 9 au 13 janvier, la Russie a lance une deuxieme salve massive en quatre jours, comprenant pres de 300 drones, 18 missiles balistiques et 7 missiles de croisiere ciblant huit regions du pays. A Kiev, environ 6 000 immeubles d’habitation — soit a peu pres la moitie du parc immobilier de la capitale — se sont retrouves sans chauffage ni electricite. Le 21 janvier, douze jours apres les frappes devastatrices, pres de 60 pour cent de Kiev restait sans electricite. Zelensky lui-meme a ecrit : « Ce matin, environ 4 000 immeubles a Kiev sont toujours sans chauffage, et pres de 60 pour cent de la capitale est sans electricite. » Dans la region de Dnipropetrovsk, pres de 800 000 personnes restaient privees de courant. Le directeur general de la compagnie energetique Yasno a declare que l’Ukraine entre dans une « nouvelle realite » avec des coupures programmees pouvant depasser 16 heures par jour. L’UNICEF a averti que la crise energetique expose les enfants ukrainiens aux risques d’hypothermie et de pneumonie. Cher lecteur, relisez ce chiffre : seize heures sans electricite par jour, par moins vingt. Comment un pays moderne peut-il survivre a cela?
L’urgence energetique declaree
Face a cette catastrophe, le president Zelensky a pris une decision qui en dit long sur la gravite de la situation : il a declare l’etat d’urgence energetique. Ce n’est pas un geste symbolique. C’est l’aveu que le systeme est au bord de l’effondrement total. Le premier ministre Chmyhal a precise que l’Ukraine devra installer jusqu’a 2,7 gigawatts de capacite de production d’ici la fin de l’annee pour repondre a ses besoins de consommation. Zelensky a reclame une acceleration des importations d’electricite et de materiel energetique de la part des partenaires occidentaux. Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, ancienne gloire de la boxe devenu le visage de la resilience de sa ville, a rapporte que 300 immeubles de grande hauteur restaient encore sans chauffage, contre 6 000 immediatement apres l’attaque. Mais cette amelioration relative ne doit tromper personne : la situation reste desesperee, et chaque nouvelle frappe russe replonge des quartiers entiers dans l’obscurite glaciale. Les Nations Unies ont lance un appel humanitaire de 2,31 milliards de dollars pour 2026 afin de soutenir 4,12 millions de personnes confrontees aux besoins les plus severes.
La strategie russe : bombarder pour negocier
Ne nous y trompons pas. Cette campagne de destruction n’est pas le fruit de la folie ou du hasard. C’est une strategie deliberee et calculee du Kremlin. Les analystes militaires sont formels : faute de percees significatives sur le champ de bataille, Moscou a choisi de frapper les infrastructures vitales ukrainiennes pour forcer des concessions territoriales a la table des negociations. L’equation est d’un cynisme absolu. En plongeant la moitie de l’Ukraine dans le noir et le froid en plein hiver, Vladimir Poutine espere que la souffrance civile deviendra si insupportable que Kiev n’aura d’autre choix que d’accepter ses conditions. C’est du chantage a la souffrance humaine, eleve au rang de doctrine militaire. Et cette strategie s’inscrit dans un calendrier precis. Les pourparlers trilateraux se profilent a l’horizon. La pression militaire sur le terrain s’est intensifiee. Chaque missile lance sur une centrale electrique est un argument supplementaire que Moscou pose sur la table des negociations. Comme l’a dit Zelensky lui-meme avec une lucidite desarmante : « Si les Russes voulaient serieusement mettre fin a la guerre, ils se concentreraient sur la diplomatie — pas sur les frappes de missiles, les pannes d’electricite, et les tentatives d’endommager nos centrales nucleaires. » Comment peut-on pretendre vouloir la paix quand on tire des missiles hypersoniques sur des villes endormies?
Moscou ne negocie pas. Moscou bombarde et appelle cela de la diplomatie. La nuance entre les deux concepts semble echapper a ceux qui, en Occident, plaident pour le « realisme » en politique etrangere.
Les centrales nucleaires dans la mire
Il y a un element dans ce dossier qui devrait faire fremir toutes les capitales europeennes, et pas seulement Kiev. Le HUR, le renseignement militaire ukrainien, a revele que la Russie etudie des options pour frapper des sous-stations connectees aux centrales nucleaires ukrainiennes. L’objectif serait de priver ces centrales de leur alimentation externe, creant les conditions d’un potentiel accident nucleaire. On parle de l’Ukraine, qui possede quatre centrales nucleaires actives, dont la plus grande d’Europe, Zaporijjia, deja occupee par les forces russes depuis mars 2022. Frapper les sous-stations connectees a ces installations reviendrait a jouer a la roulette russe — sans mauvais jeu de mots — avec la securite nucleaire de tout le continent europeen. Un incident comparable a Tchernobyl n’affecterait pas seulement l’Ukraine. Les retombees radioactives ne connaissent pas les frontieres. La Pologne, la Roumanie, la Moldavie, la Slovaquie — toute l’Europe centrale et orientale serait potentiellement touchee. Vladimir Poutine est-il pret a franchir cette ligne rouge ultime? La question merite d’etre posee, meme si la reponse nous terrifie.
Le jeu trouble de Donald Trump
Et pendant que l’Ukraine gele et saigne, que fait la premiere puissance mondiale? Le 30 janvier 2026, Donald Trump a annonce que Vladimir Poutine aurait accepte de ne pas cibler Kiev et d’autres villes ukrainiennes pendant une semaine en raison des temperatures hivernales extremes. Une semaine. Sept jours de repit, presentes comme une grande victoire diplomatique. Pardonnez-moi, mais permettez-moi de rire — d’un rire jaune, celui qui vient quand l’absurdite depasse l’entendement. Depuis quand est-ce un accomplissement diplomatique d’obtenir d’un agresseur qu’il cesse temporairement de bombarder des civils pendant une vague de froid? C’est comme feliciter un pyromane d’avoir accepte de ne pas mettre le feu a l’hopital pendant le week-end. La barre morale est si basse qu’elle se trouve sous terre. Zelensky, lui, a tempere cette annonce en avertissant la veille que la Russie planifiait une nouvelle frappe a grande echelle malgre les pourparlers en cours. Le president ukrainien sait, lui, que les promesses du Kremlin ont la solidite d’un flocon de neige dans un incendie. Combien de « cessez-le-feu » et de « pauses humanitaires » la Russie a-t-elle violes depuis le debut de cette guerre? La reponse est : tous. Sans exception.
Trump negocie avec Poutine une pause d’une semaine et appelle cela de la diplomatie. Pendant ce temps, les Ukrainiens comptent les heures avant le prochain missile. La definition de « victoire » a manifestement change de sens en traversant l’Atlantique.
La question de l’aide militaire occidentale
Ivan Popov est technicien dans une sous-station electrique de la region de Kharkiv. Chaque matin depuis trois semaines, il se leve a quatre heures, enfile trois couches de vetements et part reparer ce que les missiles russes ont detruit pendant la nuit. Il travaille douze heures d’affilee, les mains engourdies par le froid, sachant parfaitement que son travail pourrait etre reduit a neant par la prochaine salve. Ivan ne demande pas de compassion. Il demande des systemes de defense aerienne. L’Ukraine a deploye en janvier 2026 deux systemes Patriot supplementaires fournis par l’Allemagne, dans le cadre d’accords d’une valeur de plus de 1,2 milliard d’euros. Les allies ont collectivement promis des systemes supplementaires, incluant des batteries Patriot des Etats-Unis et de la Roumanie, des composants des Pays-Bas, et un systeme SAMP-T de l’Italie. Des dizaines de systemes tactiques — NASAMS, HAWK, IRIS-T — sont egalement en route. Mais Zelensky ne cesse de le repeter : les livraisons sont insuffisantes et trop lentes. Quand chaque nuit apporte une nouvelle vague de 200 drones et plusieurs dizaines de missiles, l’ecart entre les promesses et les livraisons se mesure en vies humaines perdues.
La communaute internationale entre indignation et inaction
La Cour penale internationale a emis des mandats d’arret contre deux hauts responsables militaires russes pour les attaques contre le reseau energetique ukrainien, qualifiant ces actes de crimes de guerre deliberement concus pour nuire a la population civile. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a accuse la Russie d’attaquer le systeme electrique national ukrainien malgre les informations publiques completes et verifiees sur les consequences devastatrices pour la population. Les dirigeants europeens ont condamne les frappes comme « escalatoires et inacceptables ». Le chef de la diplomatie europeenne a declare que la reponse de Poutine a la diplomatie etait « davantage de missiles et de destruction ». Tout cela est tres bien. Les communiques sont rediges dans un francais ou un anglais impeccable. Les condamnations sont fermes et sans equivoque. Mais a quoi servent les mots quand les missiles continuent de pleuvoir? Les Nations Unies estiment qu’il faudra 280 millions de dollars rien que pour l’aide d’urgence hivernale, dans le cadre du plan de reponse couvrant la periode d’octobre 2025 a mars 2026, pour 1,7 million d’Ukrainiens vulnerables. Et le plan humanitaire global pour 2026 s’eleve a 2,31 milliards de dollars. La communaute internationale sait deplorer, mais semble incapable d’agir a la hauteur de l’urgence. Cher lecteur, a quel moment l’indignation devient-elle simplement une forme polie de lachete?
Les communiques de condamnation s’empilent sur les bureaux diplomatiques comme la neige sur les ruines de Kiev. Mais les communiques ne rechauffent personne et n’arretent aucun missile.
Le precedent du Nouvel An
Pour ceux qui douteraient encore de la determination russe a poursuivre cette strategie de terreur, rappelons ce qui s’est passe dans la nuit du 31 decembre au 1er janvier 2026. La Russie a deliberement choisi le passage a la nouvelle annee pour lancer plus de 200 drones contre les infrastructures energetiques ukrainiennes. Zelensky a declare que « la Russie apporte deliberement la guerre dans la nouvelle annee ». Les forces de defense aerienne ukrainiennes ont abattu ou neutralise 176 des 205 drones qui ciblaient le pays. Mais meme un taux d’interception de 86 pour cent laisse passer suffisamment de projectiles pour causer des degats considerables. Tatiana Moroz, une grand-mere de 67 ans de la banlieue de Kiev, a passe le reveillon du Nouvel An dans son sous-sol, enveloppee dans trois couvertures, ecoutant le son des drones au-dessus de sa tete. Elle a confie aux journalistes : « Chaque annee, je fais un voeu a minuit. Cette annee, mon seul voeu etait de survivre jusqu’au matin. » Quand les voeux de Nouvel An se reduisent a la survie, quelque chose s’est fondamentalement brise dans l’ordre mondial.
L’attaque du 28 janvier : le terrorisme en plein jour
Les frappes ne se limitent pas aux infrastructures. Le 28 janvier 2026, la Russie a utilise un missile balistique Iskander-M et 146 drones dans une nouvelle vague d’attaques. Zelensky a denonce une frappe de drone sur un train de banlieue a Kharkiv comme un acte de « terrorisme », soulignant qu’environ 200 personnes se trouvaient a bord de ce train au moment de l’attaque. Un train de banlieue. Des travailleurs qui se rendaient a leur emploi, des etudiants qui allaient a l’universite, des gens ordinaires vivant leur vie ordinaire. Frappes par un drone de combat. C’est cela, la realite de la guerre en Ukraine en 2026. Ce n’est pas un conflit lointain et abstrait. Ce sont des etres humains dans un train de banlieue, a huit heures du matin, qui ne savent pas s’ils arriveront vivants a destination. Al Jazeera a rapporte qu’au moins trois personnes ont ete tuees dans les attaques russes du 28 janvier a travers l’Ukraine. Chaque mort est un univers qui s’effondre. Chaque victime avait un nom, une famille, des reves.
L'Ukraine entre resilience et epuisement
Ce qui force le respect, c’est la resilience extraordinaire du peuple ukrainien face a cette campagne de destruction systematique. Les equipes de reparation travaillent jour et nuit pour restaurer les lignes electriques. Les benevoles distribuent des generateurs, des couvertures, des thermos de the chaud. Les voisins s’entraident, partagent le peu qu’ils ont. Dmytro Levchenko, un electricien de 35 ans de la region de Dnipropetrovsk, travaille des quarts de seize heures depuis trois semaines pour reparer les infrastructures endommagees. « Chaque fois que je repare une ligne, je sais qu’elle peut etre detruite la nuit suivante », dit-il. « Mais je repare quand meme. Parce que chaque heure d’electricite que je peux donner a quelqu’un, c’est une heure de chaleur pour un enfant. » Cette resilience est admirable, mais elle a ses limites. L’epuisement physique et psychologique de la population est reel et croissant. Apres presque quatre ans de guerre, les nerfs sont a vif, les ressources s’amenuisent, et chaque nuit apporte son lot de terreur. Le plan de reponse hivernal de l’ONU souligne que les personnes agees et les personnes en situation de handicap sont les plus vulnerables, souvent incapables de quitter leur domicile meme lorsque les conditions deviennent dangereuses. La question n’est pas de savoir si l’Ukraine tiendra — elle tiendra, parce que c’est un peuple qui a fait de la survie un art. La question est de savoir a quel prix humain cette resilience se paie.
La resilience ukrainienne force l’admiration du monde entier. Mais l’admiration ne remplace ni un systeme Patriot ni un transformateur electrique. A un moment donne, il faut que l’admiration se transforme en action concrete.
Le moral de la population civile
Comment maintient-on le moral d’une nation entiere quand le froid, l’obscurite et la peur sont devenus des compagnons quotidiens? Les psychologues ukrainiens tirent la sonnette d’alarme depuis des mois. Le syndrome de stress post-traumatique affecte une proportion croissante de la population, et pas seulement les combattants. Les enfants qui grandissent avec les alertes aeriennes comme bruit de fond developpent des troubles anxieux a un rythme alarmant. Les enseignants rapportent que des eleves s’endorment en classe, epuises par des nuits passees dans les abris. Et pourtant, la vie continue. Les cafes de Kiev restent ouverts. Les librairies ne desemplissent pas. Les couples se marient, les bebes naissent, les etudiants passent leurs examens. Il y a dans cette normalite obstinee une forme de resistance qui est peut-etre la plus puissante de toutes. Refuser de laisser la terreur definir son existence, c’est la victoire quotidienne de chaque Ukrainien. Mais ne nous y trompons pas : cette force interieure n’est pas inepuisable. Et chaque frappe massive comme celle que Zelensky annonce l’erode un peu plus.
Ce que l'Occident doit comprendre -- maintenant
Il est temps de parler franchement, sans les circonlocutions habituelles de la diplomatie. L’Ukraine ne peut pas survivre indefiniment avec des promesses et des communiques. Quand Zelensky dit que les livraisons de systemes de defense aerienne sont insuffisantes, ce n’est pas de la rhetorique. C’est un constat fonde sur le calcul implacable du nombre de missiles lances versus le nombre d’intercepteurs disponibles. Chaque nuit ou des centaines de drones et des dizaines de missiles sont tires sur l’Ukraine, le stock d’intercepteurs diminue. Et quand ce stock atteint zero, les missiles frappent sans opposition. La production americaine de missiles PAC-3 a ete quadruplee dans les plans budgetaires, passant de 3 376 a 13 773 unites. Lockheed Martin a recu un contrat pour augmenter la production annuelle de 550 a 650 unites. C’est un pas dans la bonne direction, mais les cadences de production ne correspondent pas encore a la cadence de consommation sur le terrain. L’Ukraine a besoin de plus de systemes, plus vite, maintenant. Pas dans six mois. Pas apres les prochaines elections. Maintenant. Parce que le prochain missile n’attendra pas que la bureaucratie occidentale ait termine ses procedures d’approbation.
La democratie a ses vertus, mais la lenteur n’en est pas une quand des vies sont en jeu. Si l’Occident veut vraiment aider l’Ukraine, il doit agir avec la meme urgence que celle avec laquelle la Russie detruit.
Les lecons de l’histoire
Vous savez, il y a des moments dans l’histoire ou l’inaction porte un nom. Dans les annees 1930, on appelait cela l’apaisement. L’idee geniale selon laquelle si on donne assez de concessions a un dictateur expansionniste, il finira par se calmer. On connait la suite. Aujourd’hui, la situation n’est pas identique, mais les paralleles sont troublants. Un regime autoritaire qui annexe des territoires par la force. Une communaute internationale qui hesite entre la fermete et le compromis. Des populations civiles prises en otage par la violence d’Etat. Et des voix qui s’elevent pour dire qu’il faut etre « realiste » et accepter les « faits accomplis ». Le « realisme » d’aujourd’hui, c’est la capitulation de demain sous un autre nom. Si l’Ukraine tombe, ou si elle est forcee d’accepter une paix dictee par Moscou sous la pression des bombardements, le message envoye a tous les dictateurs de la planete sera limpide : la force paie. Et ce message ne restera pas confine a l’Europe de l’Est. Il resonera a Taiwan, en mer de Chine meridionale, dans le Golfe persique, partout ou un regime autoritaire convoite le territoire de son voisin. L’Ukraine n’est pas seulement un pays qui se bat pour sa survie. C’est le test grandeur nature de l’ordre international fonde sur des regles. Et pour l’instant, le resultat de ce test est loin d’etre concluant.
L'alerte de Zelensky n'est pas un cri dans le vide
Revenons a l’essentiel. Volodymyr Zelensky a lance un avertissement clair et documente : la Russie prepare une frappe massive imminente. Les renseignements sont formels. Les cibles sont identifiees. La strategie est connue. Ce qui reste inconnu, c’est la reponse du monde. Est-ce que les allies de l’Ukraine vont accelerer les livraisons de defense aerienne avant qu’il ne soit trop tard? Est-ce que les capitales occidentales vont enfin comprendre que chaque jour de retard se mesure en vies perdues et en infrastructures detruites? Est-ce que la communaute internationale va se montrer a la hauteur de ses propres principes? Ou est-ce que nous allons, une fois de plus, assister impuissants a la destruction methodique d’un pays et de son peuple, en nous consolant avec des communiques bien rediges et des sanctions qui ne changent rien sur le terrain? L’alerte de Zelensky n’est pas un cri dans le vide. C’est un appel a l’action. La question est de savoir si quelqu’un va y repondre avant que le prochain missile ne frappe. L’hiver ukrainien ne pardonne pas. Et la Russie non plus.
Zelensky ne demande pas la lune. Il demande des intercepteurs de missiles. La difference entre les deux, c’est que la lune ne sauve pas de vies. Les intercepteurs, oui. A nous de decider ce que valent les vies ukrainiennes.
Le verdict de l'histoire se decide maintenant
En fin de compte, ce qui se joue en Ukraine en ce mois de janvier 2026 depasse largement les frontieres de ce pays courageux. C’est notre conception meme de la civilisation qui est mise a l’epreuve. Un monde ou un Etat peut systematiquement detruire les infrastructures vitales d’un pays voisin, plonger des millions de civils dans l’obscurite et le gel, tirer des missiles hypersoniques nucleaires-capables sur des villes a une heure de l’OTAN, cibler des centrales nucleaires et des trains de banlieue — et ou la reponse internationale se limite a des condamnations verbales et des promesses de livraisons d’armes au compte-gouttes — ce monde-la n’est pas un monde sur. Pas pour l’Ukraine. Pas pour l’Europe. Pas pour personne. Zelensky a lance son alerte. Le compte a rebours est enclenche. L’histoire nous regarde, et elle jugera non pas ce que nous avons dit, mais ce que nous avons fait. L’horloge tourne. Les temperatures chutent a moins trente. Les drones bourdonnent dans le ciel noir de l’Ukraine. Et quelque part dans un bunker a Kiev, un president en guerre attend une reponse qui tarde a venir. La prochaine frappe massive est en preparation. Ce n’est plus une question de si, mais de quand. Et quand elle frappera, le monde ne pourra pas dire qu’il ne savait pas. Parce que Zelensky nous a prevenus. Il nous a tous prevenus.
Signe Maxime Marquette
Encadre de transparence du chroniqueur
Ce texte est une chronique — il reflete le point de vue de son auteur et ne pretend pas a l’objectivite journalistique au sens classique du terme. L’auteur s’appuie sur des faits verifiables, mais les interprete librement pour nourrir le debat public.
Maxime Marquette est chroniqueur specialise en geopolitique et en questions internationales. Ses textes sont publies sur la plateforme mad-max.ca.
Sources
Sources primaires
Kyiv Independent — « Russia is preparing new massive attacks, » Zelensky says
Ukrinform — Russians preparing new strike on Ukraine — Zelensky
UAWire — Zelensky warns Russia preparing new large-scale strike
Al Jazeera — Russia hits Ukraine with Oreshnik hypersonic missile: Why it matters
Sources secondaires
CNN — Hundreds of thousands of households in Kyiv are without power after Russian strikes
Euronews — Trump says Russia agreed to pause Kyiv strikes during extreme winter temperatures
Al Jazeera — At least three people killed in Russian attacks on Ukraine
ONU — Ukraine: Deadly Russian strikes push civilians deeper into winter crisis
Euronews — Almost half of Kyiv without heat and power as Russia batters Ukraine’s energy grid
Vatican News — Ukrainians freezing in the dark as Russia targets power grid
EA WorldView — Ukraine War: Zelensky Declares Energy Emergency
CNN — What is the Oreshnik missile, fired by Russia into Ukraine?
Kyiv Independent — Ukraine deploys two additional Patriot air defense systems
Al Jazeera — Russia targets Ukraine’s energy as trilateral talks loom
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