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OPINION : La Russie cherche la paix ? Anatomie d’un mensonge d’Empire
Crédit: Adobe Stock

Le mythe fondateur de l’invasion

Tout a commence par un mot : « denazification ». A l’aube du 24 fevrier 2022, Poutine est apparu a la television, le visage ferme, la voix grave, pour annoncer que l’objectif de son « operation speciale » etait de « proteger les populations qui depuis huit ans subissent humiliation et genocide de la part du regime de Kiev« . Demilitariser et denazifier l’Ukraine — voila le mandat qu’il s’est accorde lui-meme. Arretons-nous une seconde sur l’absurdite monumentale de cette accusation. Le president ukrainien Volodymyr Zelensky est juif. Sa famille a perdu trois membres dans la Shoah. Accuser son gouvernement de nazisme, c’est non seulement un mensonge — c’est une profanation de la memoire des six millions de victimes de l’Holocauste. Le Musee americain de l’Holocauste lui-meme a denonce cette appropriation obscene de l’histoire.

Mais la propagande ne fonctionne pas sur la logique. Elle fonctionne sur l’emotion, sur le reflexe, sur la peur ancestrale. En Russie, la Grande Guerre patriotique contre l’Allemagne nazie est le mythe fondateur de l’identite nationale. Vingt-sept millions de morts sovietiques. Cette blessure est inscrite dans chaque famille, chaque village, chaque allee de cimetiere. Poutine exploite cette douleur sacree avec un cynisme sans nom. Il instrumentalise la memoire des grands-parents pour faire accepter le meurtre des voisins. Il transforme une guerre d’agression imperialiste en croisade antifasciste, et des millions de Russes, nourris depuis des decennies de cette narration, suivent.

Que dirait un veteran soviétique de Stalingrad s’il voyait ce qu’on fait en son nom ? Si on lui montrait les corps des enfants de Ternopil, les immeubles eventres de Kharkiv, les fosses communes de Boutcha ? Ce detournement de la memoire des morts est peut-etre le crime moral le plus impardonnable de Poutine — plus encore que les bombes, il a empoisonne l’ame d’une nation entiere.

Un mensonge qui se fragmente

Le plus revelateur, c’est que meme le Kremlin n’arrive plus a maintenir la coherence de son propre mensonge. Une etude academique de 2025 publiee dans une revue internationale a revele la fragilite croissante du recit officiel russe. Au debut, la « denazification » signifiait renverser le gouvernement ukrainien. Puis, des avril 2022, face a l’echec devant Kiev, le mot a change de sens — il ne signifiait plus que la « liberation » des bataillons nationalistes. Le Departement d’Etat americain a identifie cinq recits mensongers fondamentaux deployes par la desinformation russe : l’encerclement par l’OTAN, le « genocide » au Donbass, la « denazification », la « desatanisation » — oui, vous avez bien lu, la desatanisation — et la defense de la souverainete russe contre l’Occident. Cinq mensonges, cinq couches de manipulation, empilees les unes sur les autres comme un millefeuille de cynisme. Rarement dans l’histoire de la propagande de guerre a-t-on vu un agresseur deployer autant de justifications contradictoires en si peu de temps.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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