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BILLET : L’illusion d’un cessez-le-feu en Ukraine — Poutine gagne du temps pendant que Trump tourne en rond
Crédit: Adobe Stock

La stratégie de l’enlisement calculé

Vladimir Poutine ne négocie pas la paix. Il n’a jamais négocié la paix. Il négocie le temps. Chaque round de discussions, chaque rencontre trilatérale, chaque pseudo-trêve lui offre ce dont il a le plus besoin : des jours, des semaines, des mois pendant lesquels ses troupes avancent, centimètre par centimètre, sur le terrain ukrainien. La stratégie est limpide pour quiconque veut la voir. La Russie dispose d’un avantage numérique en effectifs. Ses avancées incrémentales sur le champ de bataillevillage après village, position après position — signifient qu’elle est disposée à continuer la guerre aussi longtemps qu’il le faudra. Et pendant que le monde se congratule de pauses énergétiques de deux jours, les soldats russes creusent des tranchées, consolident des positions, préparent la prochaine offensive. Le cessez-le-feu est un outil de guerre pour Poutine. Pas un outil de paix.

Les analystes de Chatham House l’ont formulé avec une clarté dévastatrice : « Si Donald Trump croyait pouvoir persuader Vladimir Poutine de signer un cessez-le-feu complet en Ukraine, il l’apprend à ses dépens : la Russie est intéressée par la paix, mais uniquement à ses propres conditions. » Et ces conditions, la Russie les a énoncées avec une brutalité que la diplomatie ne parvient pas à masquer : la totalité du Donbass, y compris les territoires qu’elle n’a pas encore conquis. La neutralisation définitive de l’Ukraine. L’abandon de toute perspective d’adhésion à l’OTAN. En d’autres termes, la capitulation pure et simple. Habillée en négociation. Parfumée de diplomatie. Mais c’est de la capitulation. Et Poutine le sait. Et il a tout le temps du monde pour attendre que l’Ukraine s’effondre sous le poids de l’hiver, de la fatigue, de l’abandon progressif de ses alliés.

Poutine joue aux échecs pendant que Trump joue aux cartes. Le premier planifie dix coups à l’avance. Le second abat ses cartes en espérant que le bluff fonctionne. Mais on ne bluffe pas un joueur d’échecs. On ne bluffe pas un homme qui a transformé la guerre en patience et la diplomatie en arme de destruction massive.

Le Donbass, monnaie d’échange d’un empire qui ne cède rien

Le Donbass. Ce nom résonne comme un glas dans chaque salle de négociation. C’est le noeud gordien, le point de rupture, la ligne rouge que ni la Russie ni l’Ukraine ne veulent franchir. Moscou exige la totalité de la région est — y compris des villes et des territoires encore sous contrôle ukrainien. C’est demander à un pays de céder des terres qu’il contrôle encore militairement. C’est demander à des millions de gens de devenir sujets d’un régime qu’ils combattent depuis quatre ans. C’est inacceptable. Et Zelensky l’a dit : « Nous avons dit à plusieurs reprises que nous sommes prêts à des compromis qui mènent à une fin réelle de la guerre, mais qui ne sont en aucun cas liés à des modifications de l’intégrité territoriale de l’Ukraine. » Combien de fois devra-t-il le répéter ? Combien de fois devra-t-il expliquer qu’un pays souverain ne peut pas être découpé à la convenance de son agresseur ? Combien de fois le droit international devra-t-il être piétiné avant que quelqu’un, quelque part, ne dise « assez » ?

Les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner sont revenus des pourparlers d’Abu Dhabi en déclarant que les « accords fonciers » étaient le dernier point de blocage. Des accords fonciers. Le mot est révélateur. On ne parle pas de vies. On ne parle pas de communautés. On ne parle pas de familles enracinées depuis des générations. On parle d’immobilier. De terrain. De surface. Comme si le Donbass était un lot à vendre dans une vente aux enchères géopolitique. Et Poutine, pendant ce temps, attend. Il attend que l’hiver fasse son travail. Il attend que le froid tue ce que les missiles n’ont pas encore détruit. Il attend que l’épuisement de l’Ukraine devienne tel que même Zelensky sera contraint de céder. Car le temps, dans cette guerre, est un allié exclusif de Moscou.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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