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CHRONIQUE : 204 fois l’enfer en vingt-quatre heures – L’Ukraine saigne pendant que le monde regarde
Crédit: Adobe Stock

Cinquante-deux fois le même cauchemar

Pokrovsk. Ce nom devrait évoquer la paix, la vie ordinaire, les rues animées d’une ville qui respire. Aujourd’hui, il résonne comme un champ de bataille sans fin. 52 affrontements en 24 heures. Faites le calcul. Un affrontement toutes les 27 minutes environ. Imaginez. Vous n’avez même pas le temps de reprendre votre souffle qu’il faut repartir au combat. Vous ne dormez pas. Vous survivez entre deux assauts. Vos mains tremblent sur l’arme. Vos oreilles bourdonnent des explosions qui ne s’arrêtent jamais. Vos yeux brûlent de fumée et de fatigue.

Les Forces russes ont jeté tout ce qu’elles avaient sur cet axe stratégique. Pourquoi Pokrovsk? Parce que c’est un nœud logistique crucial. Parce que le prendre signifierait couper des lignes de ravitaillement vitales. Parce que Moscou sait que chaque kilomètre arraché ici pèse lourd dans la balance de cette guerre d’usure. Alors ils frappent. Sans relâche. Sans pitié. 52 fois, les défenseurs ukrainiens ont repoussé l’assaut. 52 fois, ils ont dit non. 52 fois, ils ont payé le prix du sang pour tenir un bout de terre que le monde a presque oublié.

52 affrontements. Essayez d’imaginer. Juste essayez. Vous êtes là, dans le froid glacial de janvier, le sol gelé sous vos bottes, l’adrénaline qui pompe dans vos veines depuis des heures. Vous venez de repousser un assaut. Vous respirez. Vous vérifiez vos munitions. Et puis ça recommence. Encore. Et encore. Et encore. 52 fois. Et demain? Ça sera pareil. Ou pire. Comment on tient? Comment on garde sa santé mentale quand l’enfer est devenu le quotidien?

Les villages fantômes autour de Pokrovsk

Autour de Pokrovsk, les villages ont des noms. Chasiv Yar, Kostiantynivka, Toretsk — des noms qui apparaissent dans les rapports militaires comme des coordonnées sur une carte. Mais ce sont des lieux où des gens vivaient. Des maisons où des enfants jouaient. Des écoles où on apprenait à lire. Tout ça, pulvérisé par les bombes russes. Les habitants qui restent se terrent dans des caves. Ils comptent les secondes entre les explosions. Ils prient pour que la prochaine bombe ne tombe pas sur eux.

Un soldat ukrainien — appelons-le Dmytro, parce qu’il mérite un nom — témoigne dans un rapport militaire. Il décrit comment son unité a repoussé trois assauts successifs en deux heures. Trois fois où il a tiré sur des hommes qu’il ne connaissait pas. Trois fois où il a vu des camarades tomber. Trois fois où il s’est demandé si ce serait son tour. « On ne pense plus », dit-il. « On réagit. On tire. On survit. C’est tout. » Dmytro a 28 ans. Il devrait être en train de construire sa vie, pas de la défendre à coups de Kalashnikov dans une tranchée gelée.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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