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CHRONIQUE : 880 soldats russes sacrifiés en une seule journée — le compteur macabre de la machine de mort de Poutine
Crédit: Adobe Stock

Cinq chars, huit blindés, vingt systèmes d’artillerie

Le bilan du 31 janvier 2026 ne se limite pas aux pertes humaines. L’état-major ukrainien a également rapporté la destruction de 5 chars, 8 véhicules blindés de combat, 20 systèmes d’artillerie, 1 système de lance-roquettes multiples, 1 système de défense antiaérienne et 694 drones tactiques opérationnels. Chaque chiffre est un cratère. Chaque char détruit est une tonne d’acier tordu qui brûle dans un champ ukrainien, avec souvent ses trois ou quatre membres d’équipage encore à l’intérieur. Chaque système d’artillerie neutralisé est un canon qui ne crachera plus la mort sur des villages civils. Mais vingt systèmes d’artillerie détruits en une journée, c’est aussi le signe d’une intensité de combat effroyable. Pour que l’Ukraine détruise vingt pièces d’artillerie en 24 heures, il faut que ces pièces soient engagées activement, qu’elles tirent, qu’elles soient repérées et frappées. Cela signifie que les bombardements sont constants, que les obus tombent sans répit, que le fracas de l’artillerie est le bruit de fond permanent de cette guerre.

Les 694 drones abattus en une seule journée sont peut-être le chiffre le plus révélateur de la nature de cette guerre. Sept cents drones. Pensez à ce que cela signifie en termes de saturation du ciel. Pensez aux soldats ukrainiens dans leurs tranchées, levant les yeux vers un ciel qui bourdonne constamment, comme un essaim de guêpes mécaniques. Certains de ces drones sont des appareils de reconnaissance qui filment chaque mouvement. D’autres sont des drones kamikazes FPV pilotés par un opérateur assis dans un sous-sol, à des kilomètres de là, qui guide son engin vers un soldat individuel avec la précision froide d’un jeu vidéo. La guerre des drones a transformé le champ de bataille en un espace où personne n’est à l’abri, où chaque mètre carré est surveillé, où la mort peut venir de n’importe quelle direction, à n’importe quel moment, sous la forme d’un petit engin volant qui coûte quelques centaines de dollars et qui tue avec une efficacité que des systèmes d’armes à plusieurs millions ne peuvent pas égaler.

694 drones en une journée. Arrêtez-vous sur ce chiffre. Il y a deux ans, un tel nombre aurait semblé inconcevable. Aujourd’hui, c’est un mardi ordinaire sur le front ukrainien. La guerre du XXIe siècle se joue dans les airs, portée par des machines que des adolescents pourraient assembler dans un garage. Et nous n’avons encore rien vu.

Le bilan cumulé : une armée entière engloutie

Prenons du recul. Depuis le 24 février 2022, les pertes matérielles cumulées de la Russie sont vertigineuses : 11 619 chars, 23 977 véhicules blindés, 36 768 systèmes d’artillerie, 1 632 lance-roquettes multiples, 1 290 systèmes de défense antiaérienne, 435 avions, 347 hélicoptères, 119 928 drones, 4 205 missiles de croisière, 28 navires et bateaux de guerre, 2 sous-marins, 76 377 véhicules militaires et camions-citernes et 4 054 équipements spéciaux. Ces chiffres donnent le vertige. 11 619 chars. Pour mettre ce nombre en perspective, c’est plus que le nombre total de chars que possèdent ensemble la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne. La Russie a perdu l’équivalent de plusieurs armées européennes en matériel. Elle a perdu 435 avions — une force aérienne entière réduite en cendres. Elle a perdu 36 768 systèmes d’artillerie — un arsenal qui pourrait équiper toutes les armées du continent. Ces chiffres ne sont pas simplement impressionnants. Ils sont historiquement sans précédent pour une guerre conventionnelle au XXIe siècle.

Comment la Russie continue-t-elle de combattre après de telles pertes ? La réponse tient en un mot : les réserves soviétiques. Des milliers de chars T-62 et T-72 stockés dans des dépôts à travers la Russie sont extraits de leur sommeil rouillé, remis en état minimum et envoyés au front. Des obusiers des années 1960 sont sortis des arsenaux. Du matériel que les experts militaires occidentaux considéraient comme de la ferraille roule sur les routes ukrainiennes, conduit par des recrues qui ont à peine appris à faire la différence entre la marche avant et la marche arrière. C’est une guerre d’attrition dans sa forme la plus brutale, la plus primitive, la plus coûteuse en vies humaines. La Russie jette des hommes et du métal dans le broyeur ukrainien avec une prodigalité qui confine à la démence stratégique. Et le broyeur tourne. Il tourne chaque jour. Il a tourné le 31 janvier. Il tournera demain. Et les 880 d’aujourd’hui seront remplacés par les 880 de demain.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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