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CHRONIQUE : Gates, Musk, Lutnick — le pacte du silence des milliardaires face au monstre Epstein
Crédit: Adobe Stock

L’homme qui voulait sauver le monde, mais pas ses secrets

Bill Gates. Le nom evoque les ordinateurs, les vaccins, la lutte contre la malaria, les dons de dizaines de milliards de dollars. L’homme qui a quitte Microsoft pour se consacrer a guerir le monde. L’homme qui, dans l’imaginaire collectif, avait remplace l’image du monopoliste impitoyable des annees 1990 par celle du bienfaiteur planetaire. Et pourtant, dans les trois millions de pages liberees vendredi, il y a des brouillons de courriels rediges par Epstein en 2013 qui dressent un portrait radicalement different du saint laique de Seattle. Dans ces messages, Epstein affirme avoir aide Gates avec des affaires personnelles, y compris — et les mots font l’effet d’une detonation — lui avoir procure des medicaments pour faire face aux consequences de relations sexuelles avec des filles russes, et avoir facilite ses rendez-vous illicites avec des femmes mariees. Ces allegations n’ont pas ete prouvees. Epstein etait un manipulateur notoire, capable de tout inventer pour asseoir son pouvoir. Mais le simple fait que ces brouillons existent, qu’ils aient ete trouves dans les fichiers d’Epstein, que le lien entre les deux hommes ait ete assez etroit pour qu’Epstein se sente en droit d’ecrire de telles choses — voila qui devrait faire reflechir quiconque a un jour cru que la philanthropie lavait tout.

La question n’est pas de savoir si Gates a commis les actes decrits dans ces brouillons. La question est plus profonde, plus derangeante : pourquoi Bill Gates frequentait-il encore Jeffrey Epstein en 2013, cinq ans apres sa condamnation pour sollicitation de prostitution d’une mineure? Qu’est-ce qui pouvait bien pousser l’un des hommes les plus riches et les plus surveilles de la planete a maintenir un lien avec un predateur sexuel condamne? La reponse officielle de Gates a toujours ete la meme : il avait rencontre Epstein pour discuter de philanthropie, et il regrettait cette relation. Mais les documents de 2013 suggerent une intimite bien plus grande que ce que Gates a jamais admis publiquement. Epstein ne se contentait pas de connaitre Gates — il pretendait connaitre ses secrets les plus intimes. Et dans le monde des ultra-riches, celui qui connait vos secrets detient le pouvoir ultime.

Bill Gates a donne des milliards pour sauver des vies. C’est un fait incontestable. Mais aucun cheque, aussi gros soit-il, ne repondra jamais a cette question simple : pourquoi avoir continue a frequenter un homme condamne pour predation sur mineure? La generosite n’est pas une armure morale. Et la philanthropie n’a jamais ete un alibi.

Le chantage comme monnaie d’echange

Ce que les documents revelent, au-dela des allegations specifiques, c’est le mecanisme du pouvoir d’Epstein. Le financier ne gagnait pas son argent — il le prenait. Pas par la force brute, mais par la capture relationnelle. Il collectionnait les secrets. Il accumulait les informations compromettantes. Et il les utilisait comme monnaie d’echange, comme assurance-vie sociale. L’enqueteuse Whitney Webb a documente comment Epstein operait un systeme de chantage mutuel (kompromat) dans lequel chaque participant avait interet a proteger les autres pour se proteger lui-meme. Gates n’etait pas la victime d’Epstein. Gates etait un noeud dans le reseau. Un noeud puissant, utile, rentable. Et le fait que les brouillons de courriels d’Epstein contiennent des allegations aussi explosives sur la vie privee de Gates suggere que le financier savait exactement ce qu’il faisait : il documentait. Il archivait. Il se constituait un arsenal de pression contre l’un des hommes les plus puissants du monde. Non pas pour le detruire — mais pour le tenir. Pour le garder dans le cercle. Pour s’assurer que Gates, comme les autres, ne parlerait jamais.

Et Gates n’a pas parle. Pendant des annees, il n’a pas parle. Il a fallu que le New York Times revele en 2019 l’etendue de leurs rencontres pour que Gates commence a admettre, a contrecoeur, qu’il avait eu tort de frequenter Epstein. Il a fallu que son divorce avec Melinda en 2021 mette en lumiere les tensions provoquees par cette relation pour que le monde decouvre l’ampleur du mensonge. Et maintenant, en janvier 2026, les brouillons d’Epstein ajoutent une couche supplementaire d’obscurite a un tableau deja noir. La question qui hante est celle-ci : combien d’autres brouillons existent dans ces trois millions de pages? Combien d’autres secrets ont ete archives par un homme dont le metier veritable etait la collecte de vulnerabilites?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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