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CHRONIQUE : La colere de Zelensky a Davos — pendant que l’Ukraine brule, les elites sirotent leur champagne
Crédit: Adobe Stock

Le diagnostic brutal d’un continent paralyse

La phrase a claque comme un coup de fouet dans l’air feutre du Centre des Congres. « Au lieu de devenir une vraie puissance mondiale, l’Europe reste un kaleidoscope beau mais fragmente de petites et moyennes puissances. » Relisez cette phrase. Savourez-la. Car elle contient en une seule formule tout le diagnostic de la faillite europeenne. Zelensky ne parle pas comme un diplomate. Il parle comme un chirurgien de guerre qui decoupe la gangrene sans anesthesie. L’Europe, cette merveille culturelle, ce phare de la democratie, ce continent qui s’enorgueillit de ses valeurs humanistes — n’est aux yeux du monde qu’une collection de nains geopolitiques incapables de s’unir face a une menace existentielle. 27 pays. 27 opinions. 27 calculs electoraux. Et zero volonte politique commune. Pendant que Vladimir Poutine joue aux echecs avec la carte du monde, l’Europe joue au Monopoly avec ses propres regles, et chaque joueur triche pour proteger ses petits interets nationaux. Les Allemands veulent leur gaz. Les Hongrois veulent leur tranquillite. Les Francais veulent leur grandeur. Et l’Ukraine, elle, veut simplement survivre.

Le president ukrainien a martele son message avec une precision chirurgicale : « L’Europe semble perdue a essayer de changer le president americain plutot que de s’unir pour se defendre elle-meme. » Voila le coeur du probleme. L’Europe s’est construite sous le parapluie americain pendant des decennies, et maintenant que ce parapluie se referme — Donald Trump ayant mis fin a l’aide americaine a l’Ukraine — le continent se retrouve nu sous la pluie de missiles russes. Zelensky a appele a la creation d’une armee commune europeenne, affirmant que la confiance envers l’OTAN s’effrite. Il a exige que l’Europe fasse davantage pour endiguer l’afflux de petrole et de gaz russes qui continue de financer la machine de guerre du Kremlin. Mais ces appels resonnent dans le vide depuis quatre ans. Quatre annees pendant lesquelles l’Europe a debattu, consulte, negocie, et finalement… fait le strict minimum.

Soyons honnetes une seconde : Zelensky a raison et tout le monde le sait. L’Europe est un geant economique et un nain militaire. Cette verite-la, on peut la fuir dans les couloirs feutres de Davos, mais elle finira par nous rattraper. Et quand elle nous rattrapera, il sera trop tard pour supplier.

Le Groenland, symptome d’une impuissance continentale

Pour illustrer la paralysie europeenne, Zelensky a choisi un exemple devastateur : le Groenland. Quand Donald Trump a menace d’annexer ce territoire danois — allant jusqu’a evoquer l’utilisation de l’armee americaine — quelle a ete la reponse de l’Europe ? « Si vous envoyez 30 ou 40 soldats au Groenland, c’est pour quoi faire ? Quel message cela envoie-t-il ? », a lance Zelensky avec un mepris a peine contenu. Trente soldats. Contre la premiere puissance militaire du monde. C’est le niveau de reponse que l’Europe est capable de produire face a une menace directe sur son integrite territoriale. Trente soldats qui ne protegeraient « rien », selon les mots memes du president ukrainien. Cette image — trente soldats dans l’immensity arctique face aux ambitions d’un empire — est la metaphore parfaite de l’impuissance europeenne. Si l’Europe est incapable de defendre le Groenland, comment peut-on croire qu’elle defendrait l’Ukraine ? Comment peut-on croire qu’elle se defendrait elle-meme si demain Poutine decidait de tester les frontieres des pays baltes ? La reponse, Zelensky la connait. Et c’est pour ca qu’il crie.

Le Groenland est devenu le symbole d’une Europe qui a oublie ce que signifie la souverainete. Un continent qui possede la deuxieme economie mondiale mais qui tremble devant un tweet de Trump. Un continent qui finance des programmes spatiaux mais qui ne peut pas aligner assez de munitions pour aider un allie en guerre. Les 25 des 30 materiaux critiques identifies par l’Union europeenne se trouvent au Groenland, et c’est Washington qui menace de les saisir. Pas Moscou. Washington. L’allie suppose. Et l’Europe regarde, hebetee, comme un lapin dans les phares d’un camion.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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