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CHRONIQUE : La Russie parle de paix en Ukraine et le monde entier devrait vomir de rage
Crédit: Adobe Stock

2014 : le vol de la Crimée sous les yeux du monde

Pour mesurer l’épaisseur de l’hypocrisie russe, il faut remonter à 2014. L’Ukraine venait de vivre la révolution de Maïdan, une insurrection populaire massive qui avait chassé du pouvoir le président pro-russe Viktor Ianoukovitch. Les Ukrainiens voulaient l’Europe, la démocratie, la liberté. La réponse de Poutine fut immédiate et brutale. Des soldats sans insignes, les fameux « petits hommes verts », ont envahi la Crimée. Pas de déclaration de guerre. Pas d’ultimatum. Juste des hommes armés qui prennent le contrôle d’une péninsule souveraine comme on vole un portefeuille dans le métro. Puis un « référendum » organisé sous la menace des armes, que l’Ukraine et l’intégralité de la communauté internationale ont rejeté comme illégal. La Crimée fut annexée. Le monde a protesté. Des sanctions ont été imposées. Et puis la vie a continué. Le sang n’avait pas encore suffisamment coulé pour que l’Occident se réveille vraiment. Ce vol en plein jour, cette annexion d’un territoire souverain au mépris total du droit international, c’est le premier acte de l’agression russe contre l’Ukraine. Et aujourd’hui, en 2026, Poutine exige que ce vol soit reconnu comme légitime dans n’importe quel accord de paix. L’agresseur veut que sa victime signe un papier disant que le vol était justifié.

Simultanément, en 2014, la Russie a alimenté une guerre séparatiste dans le Donbass, dans les régions de Donetsk et Louhansk. Des armes russes, des soldats russes déguisés en « volontaires », des chars russes. Le vol MH17 de Malaysia Airlines, abattu par un missile Bouk russe le 17 juillet 2014, tuant 298 personnes innocentes dont 80 enfants, est la preuve sanglante de cette implication. La Russie a nié. Comme toujours. Elle nie les corps dans les rues de Boutcha, elle nie les bombes sur le théâtre de Marioupol, elle nie le missile sur le vol MH17. Nier est le verbe favori du Kremlin.

Quand un pays envahit son voisin une première fois et que le monde se contente de sanctions molles, faut-il s’étonner qu’il recommence huit ans plus tard avec dix fois plus de violence ? L’histoire de l’Ukraine depuis 2014 est l’histoire d’une complaisance occidentale dont nous payons tous le prix aujourd’hui.

24 février 2022 : le jour où le monde a basculé

Le 24 février 2022 restera gravé dans l’histoire comme le jour où Vladimir Poutine a décidé de faire basculer l’Europe dans son pire cauchemar depuis la Seconde Guerre mondiale. À cinq heures du matin, les premiers missiles ont frappé Kyïv, Kharkiv, Odessa, Marioupol. Des colonnes de blindés longues de soixante kilomètres se sont dirigées vers la capitale ukrainienne. L’objectif était clair : prendre Kyïv en trois jours, renverser le gouvernement de Volodymyr Zelensky, installer un régime fantoche. La Russie appelait ça une « opération militaire spéciale ». Les Ukrainiens appelaient ça ce que c’était : une invasion. Une guerre d’agression. Un crime contre l’humanité. Le bruit des explosions à cinq heures du matin, les vitres qui tremblent, les enfants qui hurlent dans les abris souterrains du métro de Kyïv, les familles qui fuient avec un sac plastique contenant toute leur vie. Quatorze millions de personnes ont été déplacées. 7,8 millions ont fui le pays, provoquant la plus grande crise de réfugiés du XXIe siècle. Et c’est ce pays, cette Russie-là, qui aujourd’hui se présente à Miami pour parler de paix.

Les chiffres sont des gouffres de souffrance humaine. Au mois de décembre 2025, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme avait vérifié 14 775 morts civils, dont 755 enfants. Ce sont les chiffres vérifiés. Les chiffres réels sont probablement trois à cinq fois supérieurs. Derrière chaque chiffre, un visage. Liza, quatre ans, tuée dans sa poussette lors d’une frappe de missile sur Vinnytsia en juillet 2022. Sa mère, Iryna, a perdu ses deux jambes dans la même attaque. L’image de la poussette rose renversée sur l’asphalte ensanglanté a fait le tour du monde. Puis le monde a oublié. Comme il oublie toujours.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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