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CHRONIQUE : La Russie ressuscite une base militaire fantôme à la frontière finlandaise — quand le silence des satellites hurle la menace
Crédit: Adobe Stock

Severomorsk-2 et Olenya : les bases où dorment les bombes nucléaires

Si les casernes et les hangars de Petrozavodsk constituent la mâchoire inférieure de cette menace, les aérodromes du Grand Nord en sont la mâchoire supérieure. Les images satellites du 12 mai 2025 ont révélé une présence terrifiante sur la base de Severomorsk-2 : au moins trois bombardiers stratégiques Tupolev Tu-95, escortés par 11 chasseurs. Les Tu-95 ne sont pas des avions ordinaires. Ce sont les vétérans de la dissuasion nucléaire russe, capables de transporter des missiles de croisière à charge nucléaire sur des milliers de kilomètres. Leur présence à Severomorsk-2, à portée de la Scandinavie et de l’Europe occidentale, n’est pas anodine. C’est une déclaration. Sur la base d’Olenya, près d’Olenegorsk dans la région de Mourmansk, à moins de 150 kilomètres de la Finlande, le nombre d’aéronefs militaires augmente également, avec notamment des bombardiers à long rayon d’action Tu-22. Chaque avion supplémentaire sur ces tarmacs est un mot ajouté à une phrase que Poutine écrit avec du kérosène et de l’acier.

Pensez à Antti, un agriculteur finlandais de Joensuu, à quelques dizaines de kilomètres de la frontière russe. Chaque matin, il se lève avant l’aube pour nourrir ses vaches laitières. L’hiver, il travaille dans un noir presque total, la neige crissant sous ses bottes, les étoiles brillant au-dessus de sa tête. Quelque part au-delà de cette forêt de bouleaux qu’il voit depuis sa fenêtre, des bombardiers stratégiques capables de rayer sa ferme de la carte sont alignés sur un tarmac. Antti ne pense pas à la géopolitique. Il pense à ses vaches, à sa fille qui étudie à Helsinki, au prix du fourrage. Mais la géopolitique, elle, pense à lui. Elle pense à sa ferme, à sa route, à son village, à chaque kilomètre carré de territoire finlandais qui se trouve désormais dans le rayon d’action de ces machines de mort. Et c’est précisément pour des gens comme Antti que la Finlande a rejoint l’OTAN. Parce que la neutralité, face à un prédateur, n’est qu’un autre mot pour dire solitude.

Les bombardiers Tu-95 ont été conçus dans les années 1950 pour porter la mort nucléaire aux quatre coins du globe. Soixante-dix ans plus tard, ils sont toujours là, stationnés à moins de deux heures de vol de Stockholm, d’Oslo, d’Helsinki. Si cela ne vous donne pas des sueurs froides, c’est que vous n’avez pas compris le monde dans lequel vous vivez.

Le régiment radiotechnique : les yeux électroniques de Poutine

Ce que les images satellites ne montrent pas toujours, mais que les analystes militaires savent, c’est que la base de Petrozavodsk accueille également un régiment radiotechnique équipé d’environ dix stations radar. Ces radars ne sont pas des instruments défensifs innocents. Ce sont les yeux électroniques d’une machine de surveillance qui scrute le ciel finlandais, estonien, letton et lituanien à chaque seconde. Chaque avion de l’OTAN qui décolle, chaque rotation de patrouille, chaque exercice d’entraînement est capté, analysé, catalogué. Le régiment radiotechnique est la première ligne de la guerre de l’information, celle qui permet de savoir avant d’agir, de voir avant de frapper. En décembre 2024, les autorités régionales ont confirmé la création d’une brigade du génie ferroviaire à Petrozavodsk, avec un quartier général opérationnel et un bataillon déjà fonctionnel. Plus tôt cette année, des journalistes locaux ont révélé que la ville accueillait désormais le quartier général d’une division aérienne mixte, commandant directement la base aérienne de Besovets. L’infrastructure de commandement est en place. Les yeux sont ouverts. Les oreilles écoutent. Et les muscles se contractent.

Qui commande ce régiment ? Quel officier russe, assis devant ses écrans dans le froid carélien, surveille les cieux de la Scandinavie en ce moment même ? A-t-il une famille ? Des enfants qui jouent dans la neige de Petrozavodsk pendant que leur père traque les signatures radar des F-35 finlandais ? Ces questions ne sont pas rhétoriques. Elles sont fondamentales. Parce que derrière chaque station radar, derrière chaque caserne, derrière chaque bombardier, il y a des êtres humains pris dans l’engrenage d’une machine géopolitique qui les dépasse. Des hommes qui obéissent à des ordres venus du Kremlin, sans savoir — ou sans vouloir savoir — que ces ordres mènent le monde au bord du précipice.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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