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CHRONIQUE : L’Amerique de Trump se mue en empire predateur — pendant que le Kremlin se vide, Washington devore le monde
Crédit: Adobe Stock

L’obsession petroliere comme boussole geopolitique

Pour comprendre la politique etrangere de Trump, il faut oublier les ideologies, les valeurs, les alliances. Il faut regarder une seule chose : le petrole. Tout ramene au petrole. Le Venezuela possede les plus grandes reserves prouvees au monde — plus de 300 milliards de barils. Le Groenland regorge de mineraux critiques et de potentiel energetique arctique. L’Ukraine possede des terres rares et des ressources energetiques considerables. La Russie exporte du petrole et du gaz qui font concurrence au petrole de schiste americain. Dans chaque dossier, la meme logique : controler la ressource. Pas la democratie. Pas les droits de l’homme. La ressource. Le slogan de campagne « Drill, baby, drill » n’etait pas une blague. C’etait un programme de politique etrangere. Forer. Extraire. S’emparer. Partout. Tout le temps. A n’importe quel prix politique, diplomatique, humain. Le petrole est le sang de l’empire, et l’empire a soif.

L’analyste du Grand Continent a pose la question qui derange : pourquoi Trump veut-il maintenant un blocage des exportations de petrole russe ? La reponse n’est pas humanitaire. Elle est economique. Le niveau actuel du prix du petrole est trop bas pour rentabiliser l’exploitation du petrole de schiste americain. En reduisant l’offre russe sur le marche mondial, les prix montent. Et quand les prix montent, les soutiens milliardaires de Trump — les magnats du schiste du Texas et du Dakota du Nord — voient leurs profits exploser. Voila la logique. Pas de geopolitique. Pas de valeurs. Du business. Les sanctions contre la Russie ne sont pas un instrument de justice. Elles sont un instrument de profit. Et les soldats ukrainiens qui meurent sur le front ne sont pas les victimes d’une guerre de liberation. Ils sont les dommages collateraux d’une guerre du petrole.

Il faut le dire crument : pour Trump, le monde est un gisement a exploiter. Les pays sont des concessions minieres. Les peuples sont de la main-d’oeuvre. Et la politique etrangere est un contrat d’extraction. Si vous pensez que j’exagere, regardez le Venezuela. Puis regardez le Groenland. Puis regardez l’Ukraine. Le patron n’est pas un homme. C’est un baril de brut.

Le petrodollar en crise — la vraie raison de l’agressivite americaine

Pour saisir l’urgence qui anime Washington, il faut remonter au 9 juin 2024. Ce jour-la, dans un silence mediatique assourdissant, l’Arabie saoudite a choisi de ne pas reconduire son accord historique avec les Etats-Unis sur le petrodollar. Cet accord, signe en 1974 entre Henry Kissinger et Riyad, etait le pilier invisible de la puissance americaine. Il obligeait les pays acheteurs de petrole saoudien a payer en dollars, creant une demande mondiale structurelle pour la monnaie americaine. Cette demande permettait aux Etats-Unis d’imprimer de la monnaie sans inflation catastrophique, de financer leur dette colossale, de maintenir leur hegemonie financiere. Et du jour au lendemain, le socle s’est fissure. L’Arabie saoudite vend desormais du petrole en yuan, en roupie, en euro. Et les Etats-Unis, prives de leur monopole monetaire, doivent trouver d’autres moyens de maintenir la suprematie du dollar. Ces autres moyens s’appellent : Venezuela. Groenland. Congo. Ukraine. Le petrole comme remplacement du petrodollar. La saisie physique des ressources comme substitut au controle financier. C’est la regression la plus spectaculaire de la politique americaine depuis un siecle.

Jake Sullivan, l’ancien conseiller a la securite nationale de Biden, avait pose les bases d’une politique de transition energetique et de cooperation multilaterale. Trump a jete tout cela a la poubelle. La strategie est desormais brutale : s’emparer des plus grandes reserves de petrole au monde et, ce faisant, retablir la force geopolitique du petrodollar par la force brute plutot que par le consentement. Le La Releve et la Peste l’a formule sans ambages : Trump veut retablir la puissance du petrodollar en « s’emparant des plus grandes ressources de petrole au monde ». Le verbe « s’emparer » est la. Net. Brutal. Colonial.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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