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CHRONIQUE : Le monde entier regarde l’Amerique s’effondrer — quand la presse internationale decortique les fichiers Epstein
Crédit: Adobe Stock

Un brouillon d’email qui fait le tour du monde

La presse indienne a saisi les revelations sur Bill Gates avec une voracite particuliere, et ce n’est pas un hasard. Gates est une figure monumentale en Inde, ou la Fondation Bill et Melinda Gates a investi des milliards de dollars dans la sante publique, l’education et l’agriculture. Dans un pays ou Gates est percu comme un sauveur philanthropique, les revelations des fichiers Epstein frappent avec une force decuplee. Le Business Standard rapporte en detail les brouillons de courriels d’Epstein dates de juillet 2013, dans lesquels le financier affirme que Gates lui aurait demande de l’aide pour obtenir des medicaments afin de faire face aux consequences de relations sexuelles avec des filles russes. Le media indien Zee News va plus loin, titrant explicitement que les fichiers affirment que Gates aurait contracte une MST aupres de filles russes et aurait demande des antibiotiques a donner secretement a son ex-epouse Melinda. Le BusinessToday indien reprend les memes allegations avec un titre encore plus direct. Ces titres, dans un pays de 1,4 milliard d’habitants, ont un impact sismique. L’homme qui distribuait des vaccins en Inde est soudain accuse — par des brouillons d’email d’un predateur mort — de comportements qui contredisent violemment l’image du bienfaiteur desinteresse.

Il faut mesurer ce que cela signifie. Bill Gates n’est pas un personnage lointain pour des centaines de millions d’Indiens. Sa fondation est presente dans les villages les plus recules du sous-continent. Son nom est associe aux programmes de vaccination, aux toilettes ameliorees, aux semences resistantes a la secheresse. Et voila que la presse de leur propre pays titre sur ses pretendues filles russes et ses MST cachees. Certes, ce sont des allegations non prouvees, contenues dans des brouillons d’emails rediges par un manipulateur notoire. Mais le mal est fait. L’image est fissuree. Et dans un monde ou la perception est reine, la fissure devient un gouffre. La Fondation Gates a nie les allegations d’infidelite. Mais un dementi, aussi categorique soit-il, ne peut pas rivaliser avec un titre en gras dans le Zee News lu par des dizaines de millions de personnes. Le brouillon d’Epstein a voyage plus vite et plus loin que tous les communiques de la fondation. C’est la loi implacable de l’information au XXIe siecle : le scandale voyage a la vitesse de la lumiere, le dementi arrive a pied.

L’Inde a donne a Gates le statut de quasi-divinite philanthropique. En retour, Gates — ou du moins son ombre dans les fichiers d’un predateur — lui offre aujourd’hui le spectacle de la chute. Il y a une lecon dans cette histoire que les medias indiens comprennent parfaitement : les sauveurs blancs venus de l’Ouest portent des secrets aussi lourds que leurs cheques sont gros. Et la philanthropie, en Inde comme ailleurs, n’a jamais ete une garantie de saintete.

WION News et le reportage photo qui ne laisse rien a l’imagination

WION News, le media indien d’information internationale, a publie un reportage photographique intitule sans detour : Fetes sauvages, drogues et allegations de MST — ce que les fichiers Epstein revelent sur Elon Musk et Bill Gates. Pas de conditionnel. Pas de peut-etre. Pas de selon certaines sources. Un titre qui frappe, qui choque, qui fait cliquer. Et derriere ce titre, des images, des captures d’ecran de courriels, des chronologies detaillees. Pour un lecteur indien qui decouvre l’affaire Epstein a travers ce prisme, l’image de l’Amerique qui emerge est sans appel : un pays ou les titans de la technologie menent des doubles vies, ou les philanthropes cachent des secrets sexuels, ou les hommes les plus admires du monde frequentaient un predateur condamne sans que le systeme judiciaire ne leve le petit doigt. L’Inde, qui entretient une relation complexe avec les Etats-Unis — faite d’admiration technologique, de dependance economique et de ressentiment postcolonial — trouve dans les fichiers Epstein la confirmation d’un soupcon ancien : l’Occident moralisateur est un edifice bati sur des fondations pourries. Les memes hommes qui viennent en Inde donner des lecons de gouvernance, de democratie et de droits humains sont ceux dont les courriels avec un predateur sexuel font aujourd’hui la une.

Et le Sunday Guardian Live, journal indien, titre sur les dernieres revelations des fichiers Epstein en detaillant les courriels entre Musk et Epstein datant de 2013, les demandes de visite de l’ile, et les liens frais avec Bill Gates. Le mot frais est important — il suggere que ces revelations ne sont pas de vieilles histoires rechauffees mais de nouvelles preuves de relations continues avec un predateur. Pour la presse indienne, ces fichiers sont un cadeau editorial : ils permettent de montrer que les geants americains, ces figures quasi mythologiques qui dominent l’economie mondiale, sont des hommes de chair et de faiblesses, avec des secrets que meme trois millions de pages ne suffisent pas a contenir.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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