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CHRONIQUE : L’enfer de Pokrovsk — 135 affrontements en une matinee, le front ou l’Ukraine saigne et resiste
Crédit: Adobe Stock

Le feu sur tous les fronts

Le rapport de l’état-major du 31 janvier déroule une litanie de violence qui couvre l’intégralité de la ligne de front, du nord au sud. Dans le secteur de Lyman, dix-huit attaques ont été repoussées — dix-huit assauts sur des positions ukrainiennes défendant l’accès au Donbass septentrional. Dans le secteur de Houlaïpolé, en Zaporijjia, dix-huit autres attaques — là où une offensive russe à grande échelle est en cours, alimentée par des troupes redéployées depuis d’autres secteurs. Le secteur de Kostiantynivka a subi vingt-neuf attaques, dans une zone où les forces ukrainiennes se sont récemment repliées d’positions quasi encerclées au sud de la ville. Au nord, en Slobojantchyna septentrionale, les forces ukrainiennes et les troupes déployées dans la région de Koursk ont subi quarante-huit bombardements. La Slobojantchyna méridionale a enregistré quatorze attaques. Le secteur de Koupiansk a vu six affrontements. Sloviansk — cinq. Oleksandrivka — cinq. Orikhiv — deux. Chaque chiffre est un combat. Chaque combat est une vie mise en jeu. Et tout cela en une seule matinée, en un seul jour de cette guerre qui n’en finit pas de ne pas finir.

Mais c’est le secteur de Pokrovsk qui absorbe le choc principal. Plus du tiers de tous les combats. Plus du tiers de toute la violence. Comme un aimant qui attire le métal brûlant de la guerre, Pokrovsk concentre l’essentiel de l’effort offensif russe dans le Donbass. Pourquoi ? Parce que Pokrovsk est un noeud logistique crucial, un carrefour routier et ferroviaire qui alimente les défenses ukrainiennes dans toute la région. Prendre Pokrovsk, c’est couper les artères de la résistance ukrainienne dans l’est. C’est ouvrir la voie vers Dobropillia, puis vers Droujkivka et Kramatorsk — les derniers bastions ukrainiens dans le Donbass. La Russie le sait. L’Ukraine le sait. Et c’est pourquoi le combat y est si desesperement intense.

Vingt-neuf attaques à Kostiantynivka. Dix-huit à Lyman. Dix-huit à Houlaïpolé. Cinquante et une à Pokrovsk. Additionnez la souffrance. Multipliez par les vies brisées. Et dites-moi encore que cette guerre est un « conflit gelé ». Rien n’est gelé ici. Tout brûle.

Les pertes russes du jour — l’arithmetique du sang

Les chiffres de pertes communiqués par l’état-major ukrainien, même s’ils doivent être pris avec les précautions habituelles concernant les données en temps de guerre, dessinent un tableau de carnage. Dans le seul secteur de Pokrovsk, lors des journées récentes de combat d’intensité comparable, les forces ukrainiennes ont éliminé quarante-quatre combattants russes et en ont blessé vingt-sept. Elles ont également détruit cinquante drones, deux véhicules et endommagé six pièces d’artillerie. Ces chiffres ne sont qu’un instantané d’un seul secteur sur un seul jour. Multipliés par les dizaines de secteurs actifs et les centaines de jours de combat, ils révèlent l’ampleur du tribut humain que cette guerre prélève — des deux côtés. Parce que derrière chaque soldat russe tué, il y a aussi une mère quelque part à Saratov, à Novossibirsk ou à Grozny qui ne reverra jamais son fils. La guerre ne tue pas seulement des soldats. Elle tue des fils, des pères, des frères. Des deux côtés de la ligne de front.

Mais il faut aussi parler des pertes ukrainiennes, celles que l’état-major ne communique pas avec la même précision. Derrière chaque attaque repoussée, il y a des blessés ukrainiens évacués sur des brancards improvisés vers des points de stabilisation dans des caves transformées en infirmeries de fortune. Il y a des morts qu’on ne peut pas évacuer tout de suite parce que la zone est sous tir ennemi. Il y a des combattants qui se battent avec des éclats d’obus dans le corps parce qu’il n’y a personne pour les remplacer. Repousser quarante-sept attaques n’est pas un exploit abstrait. C’est un sacrifice concret, payé en chair et en sang par des hommes et des femmes qui n’avaient pas prévu de devenir des guerriers quand ils se sont réveillés un matin de février 2022. Le sergent Bohdan, vingt-six ans, ancien développeur informatique de Dnipro, défend un secteur au nord de Pokrovsk depuis octobre. Il m’a écrit : « On ne repousse pas une attaque. On survit à une attaque. Et on se prépare pour la suivante. »

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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